Critique – Joker

Joker

Sorti le 09 octobre 2019 et atteignant déjà les premiers places du Box-Office dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis, le film de Todd Philips (Very bad trip, A star is born…) Joker, accumule autant de succès que de polémiques. Mais pourquoi ? Qu’est ce qui bouscule tant la société à ce jour sur le film Joker ? GeekNplay va apporter sa vision des choses…

Avant toute chose, si vous n’avez pas vu le film Joker et que vous ne voulez pas être en apprendre davantage…Vous pouvez dès à présent quitter cette actualité. Pour ceux et celles qui sont encore là, nous allons dans un premier temps dresser l’identité du film Joker. Puis dans un second temps nous concentrer sur le film et ses références.

Joker est donc sorti le 9 octobre 2019 et est réalisé par Todd Phillips et scénarisé par Scott Silver et encore une fois Todd Phillips. Il est produit par : D.C Entertainment aux Etats-unis et dure 122 minutes. La bande originale a été composée par Hildur Guonadottir, qui a déjà travaillé sur une dizaine de films. Pour le casting, nous retrouvons :

  • Joaquin Phoenix : Arthur Fleck / le Joker
  • Robert De Niro : Murray Franklin
  • Zazie Beetz : Sophie Dumond
  • Frances Conroy : Penny Fleck
  • Brett Cullen : Thomas Wayne
  • Dante Pereira-Olson : Bruce Wayne
  • Shea Whigham : Inspecteur Burke
  • Bill Camp : Inspecteur Garrity
  • Douglas Hodge : Alfred Pennyworth

Voilà la carte d’identité du film Joker. Passons au scénario qui est très riche mais aussi rempli de twist (retournements) intéressants et surprenants !

Nous plongeons dans une version de Gotham City oppressante, violente, sinistre et même décadente. L’action du film se situe dans les années 80 et d’ailleurs le spectateur le remarque dès les premières minutes du Joker. Le tout est merveilleusement bien orchestré par une photographie, une ambiance et aussi une atmosphère propre à cette époque-là. Sans oublier la bande originale qui sublime et apporte sa contribution à la réussite de ce Gotham des années 80. Le personnage principal du film Joker, se nomme Arthur Fleck. Arthur est âgé potentiellement de 35 ans… Il travaille comme homme Sandwich dans les rues de Gotham et aussi dans les hôpitaux.

Portant, la plupart du temps un déguisement et maquillage de Clown, il déambule ainsi dans les rues pour faire la promotion de diverses enseignes avec l’aide de sa pancarte. Jusque là tout va bien me direz-vous ? Mais un jour, alors qu’il travaille devant une vitrine de magasin, Arthur se fait dérober sa pancarte par une bande d’adolescent. Notre personnage part à leur poursuite et finit par les rattraper dans une ruelle peu accueillante de Gotham. Pensant récupérer gentiment et de façon un peu innocente son outil de travail… Arthur Fleck se fait violemment agresser par l’un des voleurs et de là s’ensuit un véritable lynchage distribué par les ados. Une fois le supplice terminé, Arthur récupère non sans effort sa pancarte aussi brisé que lui.

Joker

De retour au bureau de la société pour laquelle il travaille, Arthur se fait tout logiquement (aux yeux du patron) enguirlander pour la pancarte brisée du commerçant en question. Car, oui mesdames et messieurs, l’état d’Arthur Fleck importe peu, voire pas du tout… Et d’ailleurs, c’est très représentatif de la thématique ou plutôt d’une des thématiques abordées dans le film Joker. Notre homme est toujours face à une société qui se moque, le méprise, le rejette et surtout ne le comprend pas.

Il faut dire qu’au-delà d’un physique plutôt ingrat, Arthur Fleck est porteur d’un handicap mental, que l’on pourrait presque qualifier de tic nerveux. En effet, qu’il soit seul ou en société, il peut se mettre subitement à rire et surtout ne sait pas s’arrêter et donc ne contrôle pas ce comportement. D’ailleurs ce dit comportement lui attire tout au long du film des ennuis. Car, oui la population de Gotham City ne comprenant pas les agissements d’Arthur, trouve comme solution, le mépris, les moqueries, les agressions…

Joker

Quelques temps après son agression, les jours se ressemblent et sont peu jouissif pour notre clown écorché. Il continue de travailler, puis rentre chez lui ou plutôt chez sa mère : Penny Fleck avec qui il vit. La routine de la soirée et tout aussi déplorable voir misérable que sa vie en général. Il s’occupe de sa mère, lui fait à manger, la lave, la couche… Puis après toutes ces tâches accomplies, Arthur devient acteur de ses soirées seul et livré à sa folie. On peut constater que le film soulève un thème bien actuel que ce soit aux Etats-Unis ou chez nous en France, le thème des aidants. Oui ces personnes qui se destinent et sont mêmes souvent obligés d’aider des membres de leur famille. Car les divers établissements sont trop chers, les places pas assez nombreuses… Au-delà de ça, il faut aussi souligner la fracture sociale que la situation d’aidant provoque. Bref là n’est pas le débat, mais ce film met le doigt sur ce point sensible dans la société.

Pour reprendre le fil de notre histoire, un jour lorsque Artur est en train de se changer pour son travail, un collègue nommé Randall l’interpelle et lui fait vite comprendre que pour se protéger dans les rues de Gotham, Il n’y a pas trente-six solutions. Il faut se défendre et pour se faire quoi de mieux qu’une arme à feu ! Donc “son ami” remet à Arthur un pistolet, dont la provenance semble douteuse… Surtout que Randall et les autres collègues d’Arthur, connaissent son état mental et savent qu’il ne devrait pas avoir d’arme.

Quant à Arthur, il se dit pourquoi pas et prend son cadeau, tout en continuant de se changer. Le soir venu, il prend le métro pour certainement rentrer chez lui. Dans son wagon, il est très vite spectateur d’une situation encore bien trop présente dans nos sociétés. Une jeune femme se fait lourdement aborder par trois jeunes pseudos boursiers de Gotham City. Ces derniers se faisant remettre en place dans un premier temps par la victime, ne vont pas tarder à être insultant et menaçant avec cette dernière. Dans un même temps, Arthur sentant la situation devenir tendue et hostile est rattrapé par son handicap et éclate littéralement de rire plusieurs fois.

Cette attitude ne plait guère aux trois hommes qui vont vite lâcher leur proie pour s’occuper de notre futur Joker. Se rendent compte du danger, mais ne pouvant pas maîtriser son handicap, Arthur continue de pouffer de rire sans retenue.

Joker

Ce qui était inévitable se produit, Arthur se fait complètement rouer de coups par les trois boursicoteurs en herbe. Pour se défendre, il repousse un des assaillants, saisi son arme et tire sur ce dernier le blessant mortellement. Pris dans une frénésie composée d’un mélange de peur, de rage et surtout de folie, Arthur se lance dans un véritable ball-trap avec nos trois gaillards. Il tue les trois hommes et par la même occasion vient de commettre son premier homicide, même un triple homicide. Ce qui va débrider son esprit et son attitude pour la suite du film. En parlant d’attitude, Arthur Fleck serait considéré suite à ces événements plus à un sociopathe qu’un psychopathe.

Dans le sens ou un psychopathe ne ressent aucun remords suite à ce genre d’actes. Mais dans le cas d’Arthur, on se rapproche clairement plus d’un sociopathe, car il agit de manière impulsive et l’origine de son trouble pourrait même être issue d’une liaison cérébrale. Les raisons de cette dite liaison nous seront livrées plus tard… Suite à cet acte de folie, Arthur reprend sa triste et misérable existence…

Joker

Dans ce film, on trouve beaucoup de références et en voici quelques-unes :

  1. Le “masque” que porte Arthur est une référence directe à un célèbre tueur des années 70 : John Wayne Gacy Jr. dit le clown tueur. En effet tout comme notre Joker, John Wayne Gacy Jr. se déguisait en clown dans les hôpitaux pour son travail liés à l’animation pour des enfants malades.
  2. Lors d’un meurtre, on peut voir très furtivement l’acteur Joaquin Phoenix passer sa langue sur sa bouche. Ainsi est la référence et même le clin d’œil à Heath Ledger l’un des interprètes du Joker au cinéma. Tout un symbole quant on sait que Heath Ledger est décédé en 2008 et se voit gratifié d’un oscar pour son interprétation dans « The Dark Knight ».
  3. Le fait que l’on découvre que Arthur dans sa jeunesse ait subit un mauvais traitement de la part de sa mère adoptive (souffrant elle-même d’un trouble psychologique) est une référence à un comics sorti en 2012 et racontant une variante de l’histoire du prince de Gotham. Dans cette dernière nous constatons que le Joker enfant a subit des violences par sa tante. D’ailleurs le nom de ce comics est : le deuil de la famille, si jamais vous avez envoie de le lire.
  4. Le nom de famille : Fleck signifie en Français : tâche, un mot fort et qui en dit long sur la vision de la société de Gotham vis-à-vis du futur Joker.

On peut également constater, que beaucoup d’acteurs ont voulu et ont interprété le Joker. Personnage fascinant, complexe et surtout un personnage blessé et incompris. C’est d’ailleurs peut être l’un des facteurs qui poussent les acteurs cités, à vouloir jouer ce personnage. Au risque parfois de ne pas séduire le grand public et les professionnelles du septième art… Comme pour Jared Leto, qui a interprété le Joker dans Suicid Squad et qui a reçu un paquet de critiques. Justifié ou pas, là n’est pas le débat. Et gardons à l’esprit que tous ces interprètes nous ont offert une vision différente à chaque fois, mais avec passion et fougue pour le prince de Gotham !

Se mettre dans la peau du Joker, attire aussi les récompenses cinématographiques. En voici la liste :

  1. 1990 : Nomination au BAFTA du meilleur acteur dans un second rôle pour Batman (1989) Jack Nicholson
  2. 1990 : Nomination au Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie pour Batman (1989) Jack Nicholson
  3. Dans le cas de Heath Ledger, beaucoup mais vraiment beaucoup de récompenses et autres nominations. Donc concentrons-nous sur la plus importante dans la carrière d’un acteur : 81e cérémonie des Oscars 2009 : Meilleur acteur dans un second rôle pour le rôle du Joker dans un drame d’action pour The Dark Knight (2008).

Qu’on le veuille ou non, le film Joker bouscule de nombreux codes de notre société. Des codes justifiés ou pas ? Chacun son avis, mais ce qui est sûr en revanche, c’est qu’après avoir vu ce film, on ne peut s’empêcher de se poser bien des questions. On peut aussi s’interroger sur notre propre regard vis-à-vis de personnes différentes par bien des manières… Si vous êtes d’accord ou en désaccord avec notre critique, n’hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires de GeekNPlay ou via les réseaux sociaux (FacebookTwitter).

Conclusion :

Après ces quelques références sur l’univers du Joker, il est temps de conclure cette review sur le film Joker. Le but est clairement d’avoir un résumé sérieux du film et de ce fait de s’en imprégner peut-être différemment que par le biais de votre cinéma. Et c’est également l’occasion de se replonger et même de vous intéresser à l’univers riche et complexe de ce personnage pas toujours compris mais qui lui, garde le sourire…

Joker

9

Note

9.0/10

POINTS POSITIFS

  • Bande son immersive et même saisissante
  • Le jeu d’acteur de Joaquin Phoenix sans fausse note
  • Passage entre l’imagination d’Arthur et réalité

POINTS NÉGATIFS

  • Pas de citation ou d’apparition de personnages phares : Harley Queen, le commissaire Gordon, Bullock…
  • Pas assez de présence dans l’asile d’Arkham
  • mmage que l’on ai pas de flash-back sur la jeunesse d’Arthur

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