TEST – Dropsy

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Disponible depuis 2015 sur PC et MAC, Devolver Digital vous propose de suivre les élucubrations de Dropsy sur votre Nintendo Switch En effet, le titre est sorti le 19/09/2022  sur la console hybride de Nintendo. L’occasion pour les fans du plombier de découvrir un point and click indépendant et singulier. Amateurs de pixels et d’histoire atypique, vous pourriez bien vous laisser séduire par ce titre développé par Tendershoot et A Jolly Corpse. Même nos lecteurs coulrophobes pourraient bien apprécier l’histoire de ce clown qui semble tout droit sorti des années 90.

Pour la petite histoire, Dropsy est né de l’imagination de Jay « Tendershoot » Tholen. A l’origine, il était utilisé comme boss dans un jeu de plate forme crée par le développeur alors âgé de 17 ans. C’est en 2008 qu’est partagée dans un forum l’idée de faire de son personnage le héros d’un jeu d’aventure en point and click. Les idées prennent forme et c’est en 2012 qu’une campagne Kickstarter est lancée. Un an plus tard, le 31 octobre 2013, la campagne rapporte 25000$ sur les 14000 demandés. Devolver Digital annonce dans la foulée vouloir éditer le jeu. Le studio A Jolly Corpse rejoint l’aventure en septembre 2014. C’est donc une année plus tard que Dropsy sort sur PC Windows, OS X et Linux.

Une histoire qui commence mal.

Une fois lancée, le titre vous plonge directement dans l’histoire. Lors d’une représentation, un incendie embrase le chapiteau d’un cirque entrainant la mort de plusieurs personnes dont celui de la vedette féminine qui se trouve être la mère de Dropsy le clown, personnage principal de l’histoire.
Suite à ce flashback, vous prenez les commandes du personnage alors qu’il évolue dans un monde cauchemardesque au bout duquel le sol se transforme en monstre et l’avale tout cru. Ce n’était heureusement qu’un mauvais rêve et vous vous réveillez en tombant du lit dans votre chambre. Vous découvrez alors que 5 ans se sont écoulés depuis la tragédie et que vous habitez sous un chapiteau en piteux état en compagnie de votre chien à la truffe rouge et votre père. Ce jour-là marque l’anniversaire de votre défunte mère… Vous allez donc devoir vous rendre au cimetière pour vous recueillir avec un présent à déposer sur la sépulture de celle qui vous a élevé.

Si la culpabilité de Dropsy n’a jamais été prouvée, il représente pourtant le coupable psychopathe idéal aux yeux de tous. En effet, vous vous rendrez bien vite compte que le personnage que vous incarnez avec son visage grotesque et édenté accuse un retard mental évident et à l’air de souffrir de troubles mentaux sévères. Malgré tout, son chien et son père l’aime pour ce qu’il est, c’est-à-dire une personne serviable qui n’hésite pas à vouloir faire des câlins à n’importe qui et n’importe quoi, à commencer par le réfrigérateur…

Sans vouloir vous spoiler, le but du jeu sera donc de parcourir la petite île, théâtre de ces événements, en récupérant des objets à droite à gauche afin de les donner aux bonnes personnes afin qu’elles soient heureuses. Peut-être iront-elles jusqu’à réviser leur jugement vous concernant. Se faisant, des événements interviendront, parfois drôles, quelques fois tristes voir effrayants mais toujours divertissants. Chemin faisant, notre grand enfant découvrira de sombres secrets sur le chemin sinueux de sa rédemption. Heureusement, ses compagnons les animaux l’aideront dans son aventure.

Pour ceux qui craignent que le titre bascule dans le pathos et dans la mièvrerie voir dans le gore, sachez que cette limite n’est jamais totalement franchi. Un bon point, car le trailer de lancement peut nous faire craindre le pire.
L’histoire de Dropsy est singulière et les péripéties de ses personnages sont donc divertissantes, jusqu’au final inattendu. Un bon point, car un point and click sans force narrative n’a que peu d’intérêt. Ce qui n’est donc pas le cas ici.

Une histoire sans textes et sans paroles.

Le titre de Tendershoot prend le parti-pris de ne pas proposer de dialogue. Ainsi, les communications passent par des pictogrammes plutôt que par des dialogues traditionnels basés sur du texte à choix multiples. Assez déstabilisant au début, on comprend malgré tout très vite les désirs et les pensés de nos interlocuteurs. Heureusement, car les énigmes s’avèrent parfois assez complexes, mais ne sont jamais abracadabrantes. Ainsi, avec une réflexion suffisamment poussée et de joyeux calins, Dropsy devrait pouvoir se sortir de situations parfois délicates sans difficultés. De plus, outre son chien, il pourra également compter sur une petite souris et un gentil oisillon pour l’aider dans ses tâches.
L’inventaire n’est jamais surchargé et il n’y a pas besoin d’associer les objets entre eux. De plus, tout fait vite sens. Votre chambre ne demande qu’à être rempli de dessins illustrant les câlins que vous avez pu faire aux gens ou objets. Tout ceci est une marque de trophée pour ce clown à la naïveté désarmante triste d’être mal aimé.

A noter enfin que nous sommes finalement assez libres dans cette histoire. Bien qu’il existe une trame principale, le monde se veut ouvert et vous pourrez donc résoudre les énigmes dans l’ordre que vous souhaitez. Rassurez-vous, une trame principale est bien présente et réserve bien des surprises.

Concernant la maniabilité, on pointe le curseur avec le stick gauche et on clique avec la touche A ou ZL. Petit bémol, on ne peut pas régler la vitesse du curseur, ni la ralentir par la pression d’une touche. Ce qui s’avère parfois compliqué lorsqu’on veut pointer un pixel spécifique. Toutefois, c’est bon gré mal gré que l’on se plie aux contraintes du support console. D’autant plus que les objets et endroits remarquables sont étincelants. Une option qui peut d’ailleurs être désactivée dans les réglages pour satisfaire les puristes du point and click.
Point notable, le tactile ne vous servira à rien.

D’un point de vue de la durée de vie, si arriver à la séquence finale ne vous prendra pas trop de temps, obtenir tous les « câlins » prolongera la durée de vie du titre. Dommage que ce portage ne propose pas de trophées comme sur la version Steam. Malgré tout, il me semble que cette adaptation comporte quelques niveaux qui n’existaient pas sur le support d’origine. Je pense notamment à la plage et au bar qui la juxtapose, ainsi qu’à l’étrange crabe de la côte ouest.
J’ai également était confronté à un bug qui a eu lieu lors de la transition animée sur la barque. Le jeu n’a jamais voulu me faire accoster. Malgré tout, en faisant passer le temps, j’ai pu embarquer sans soucis, mais avec appréhension, de nuit.
Enfin, les thèmes musicaux plantent le décor. Chris Schlarb et sa bande de ménestrels donnent sa touche musicale reconnaissable à chaque zone du jeu. De plus, de nombreuses K7 sont à découvrir tout au fil du jeu. L’occasion de découvrir des extraits d’œuvres indépendantes. Pour connaître les morceaux, n’hésitez pas à me MP.

Dropsy propose un esthétique résolument vintage

Les aventures de ce clown (qui n’a pas un visage de porte-bonheur) prennent place en 1991. Ainsi, l’esthétique semble également tout droit sortie de cette décennie. Du bon gros pixel et des animations minimalistes vous attendent donc dans cette aventure. Vous voilà prévenu. Ce n’est pas pour rien que Jay Tholen avait annoncé s’être inspiré d’EarthBound, Grim Fandango ou de The Neverhood pour créer son titre.
En allant plus loin, on pourrait même se dire que le monde est tel que le voit son protagoniste. Ainsi, Dropsy ne comprend pas ses interlocuteurs comme nous, d’où les pictogrammes. De même, il y a de fortes chances qu’il soit analphabète, d’où les textes difficiles à déchiffrer. Pourtant, chaque symbole correspond bien à une lettre de l’alphabet.
Le fait de proposer une alternance jour/nuit est également une bonne idée d’esthétisme, mais également de gameplay. Après tout, quand les chats dorment, les souris dansent.

A l’heure où les point and click sont tout lisses et prennent une direction artistique moderne comme c’est le cas avec Return to Monkey Island, voir même avec les aventures de Larry Laffer dans les suite de Leisure Suit Larry. Alors oui, la technique est peut être dépassée, mais ce parti pris de vous replonger quasiment 30 ans en arrière est agréable. Certes, cela ne plaira pas aux nouveaux venus, mais tant pis pour eux. Sachons profiter de ce pixel art minimaliste.

Conclusion

Au premier abord, le titre de Tendershoot semble relativement malsain. Avec son personnage malaisant et son postulat de départ dramatique, je m’attendais personnellement à une œuvre dérangeante au politiquement incorrect pouvant basculer à tout moment dans le WTF le plus trash. Finalement, je me suis retrouvé avec une œuvre à l’image de son protagoniste. En effet, sous ses airs hideux, le héros de cette aventure cache une bienveillance et une empathie déstabilisante. Ainsi, Dropsy nous interroge sur notre rapport à l’autre et nos préjugés. Le deuil, l’amitié et la haine sont les principaux thèmes de cette aventure au final flamboyant.
Dropsy est donc un titre qui devrait pouvoir vous donner le sourire en suivant les aventures de son protagoniste, grand enfant éternel. D’ailleurs, n’était-ce finalement pas là ce que recherchent tous les « vrais » clowns ? Voir les gens heureux et souriant autour d’eux ?

Dropsy

9.99
8

Note

8.0/10

POINTS POSITIFS

  • Un véritable point and click à l'ancienne
  • Le scénario
  • Un gameplay original
  • Le finish
  • Le prix

POINTS NÉGATIFS

  • Réservé aux initiés
  • Une durée de vie assez courte
  • Pas de trophée
  • Une maniabilité perfectible
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yancha

Rédacteur avec pas mal d'XP au compteur ayant grandi avec les bornes d'arcades à l'ère 8 et 16 bits.

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