Avec l’annonce de Rise of the Ronin, Team Ninja s’aventure pour la première fois dans l’univers des jeux en monde ouvert. Reconnu pour ses jeux au gameplay nerveux et ardu, mais jusqu’ici linéaire, Team Ninja a su se faire une renommée avec des séries emblématiques telles que Ninja Gaiden, et plus récemment, Nioh et Wo Long: Fallen Dynasty. Cette transition vers un format ouvert suscite une grande anticipation, surtout au vu des succès retentissants d’autres franchises et studios qui ont emprunté cette voie. Des titres comme Elden Ring et Breath of The Wild illustrent parfaitement le potentiel de cette transformation, chacun ayant été couronné Jeu de l’Année (GOTY) lors de leur lancement. L’exemple de ces géants du jeu vidéo, qui ont réussi à se réinventer en embrassant la formule open world après une longue tradition de linéarité, offre un aperçu prometteur de ce que pourrait devenir Rise of the Ronin pour Team Ninja. Alors est ce le cas ? Nous allons tacher d’y répondre dans notre test complet ! 

Rise of the Ronin est une fresque historique passionante de la fin de l’époque Edo 

Rise of the Ronin nous emmène dans un voyage captivant à travers le Japon du XIXe siècle, une époque clé juste avant l’industrialisation. Ce jeu, développé par Team Ninja, s’éloigne des époques féodales habituelles pour se plonger dans cette période moins explorée mais tout aussi importante de l’histoire du Japon. Il nous présente un pays en pleine réflexion, tiraillé entre l’envie d’ouvrir ses portes à l’Occident pour progresser technologiquement, et le désir de garder ses traditions en se préservant des influences extérieures.

Au cœur du jeu, on trouve le conflit entre le gouvernement du shogun, qui veut s’associer avec l’Occident, et les révolutionnaires, qui veulent garder le Japon isolé. Rise of the Ronin se distingue par sa capacité à éduquer en divertissant, en nous faisant découvrir une partie de l’histoire japonaise peu connue en France. Il nous fait rencontrer des personnages historiques réels et revivre des événements importants, ajoutant ainsi une dimension authentique et profonde à l’expérience. Avec Rise of the Ronin, Team Ninja nous offre une exploration historique riche et précise des derniers jours de l’époque Edo, enrichissant le genre vidéoludique par son approche sérieuse de l’histoire.

Les liens entre personnages sont au centre du jeu 

Dans Rise of the Ronin, tu te mets dans la peau d’un ronin sans nom, qui a perdu ses parents à cause des espions du shogun et qui rejoint un clan d’assassin. Chaque membre de ce clan forme un duo inséparable avec un autre, grâce à un pacte secret qui leur donne une force et une connexion incassables. Le jeu met en lumière cette relation dès le départ en te faisant créer deux personnages qui seront partenaires, ce qui joue un rôle clé dans l’histoire et le gameplay.

Du côté du gameplay, avoir un ou deux compagnons pendant les missions apporte des avantages spéciaux et permet de changer de personnage pour utiliser au mieux leurs compétences ou armes face aux ennemis. En fonction des partenaires choisis vous allez avoir des bonus sur vos stats ou sur certaines de vos compétences. Cette mécanique enrichit l’expérience mais aurait pu être mieux exploité dans les combats comme dans d’autres jeux comme Final Fantasy VII Rebirth ou God of War Ragnarok.

En plus des combats, interagir avec les NPC est crucial, car cela t’implique dans un conflit d’idées entre les supporters et les opposants du shogun. Développer des liens avec des personnages des deux côtés ne rend pas seulement l’histoire plus riche grâce à des révélations et des missions uniques, mais cela te permet aussi de former des liens plus personnels, y compris des relations amoureuses. Ces choix ont un impact sur le déroulement de l’histoire, ce qui ajoute une dimension supplémentaire aux décisions que tu prends. C’est d’ailleurs grâce à ces liens que vous allez choisir votre affiliation car vous allez débloquer des missions vous permettant d’en apprendre plus sur chaque groupe. Toute la nuance du conflit passe par ces missions. Car sans celle là le conflit parait non nuancé un camp se présentant clairement comme celui des méchants. Mais en explorant les différentes missions on comprends que l’ouverture vers l’occident offre des possibilité notamment médicale importante. On apprends également que les opposants au shogun ne sont pas si blanc.

Ce focus sur les relations et la psychologie des personnages est une avancée importante pour Team Ninja, qui apporte une profondeur et une finesse rarement vues dans ses jeux précédents. Cependant, je regrette le manque de personnalité du personnage principal. Le jeu aurait bénéficier d’avoir un protagoniste bien définit comme Sekiro ou Jin Sakai dans Ghost of Tsushima.

Rise of the Ronin propose un monde ouvert beaucoup trop daté…

En commençant ce test, j’ai voulu mettre en lumière ce qui, à mon sens, confère à Rise of the Ronin son charme unique : une fidélité historique impeccable et des relations entre personnages particulièrement soignées. C’est cette combinaison qui, selon moi, fait de Rise of the Ronin est un très bon jeu. Pourtant, Rise of the Ronin marque aussi le grand début de Team Ninja dans l’univers des mondes ouverts. Alors, comment s’en sont-ils sortis ? Penchons-nous sur la conception de leur monde et l’exploration qu’il offre.

Le jeu vous transporte à travers trois régions principales, chacune représentant une région réelle du japon (vous retrouverez Edo et Kyoto notamment) dans un moment distinct de l’histoire. Chaque région est découpée en plusieurs petites zones sur la map qui sont assombries lorsque vous commencez votre aventure. Ces zones auront un nombre d’objectifs annexes à réaliser et de collectibles à trouver pour compléter la zone. Plus vous réalisez des objectifs dans une zone, plus votre lien va augmenter. Il y a 3 niveaux de liens avec chaque zone, chaque palier atteint vous offrant de l’expérience et des récompenses diverses (objets et équipements). Chaque palier permettra également de révéler la zone sur la carte, enlevant le brouillard présent précédemment. Également, chaque palier révélera sur la carte les différents points d’intérêts de la zone. Une fois atteint le niveau 3, tout ce qu’il y a à faire sur la zone sera présent sur votre carte. Une mécanique classique mais qui supprime toute nécessité d’explorer. En effet, le niveau 3 est très facile à atteindre dans une zone et vous allez très rapidement avoir tous les points d’intérêts affichés sur votre carte.

C’est là que le bât blesse : une fois tous les points d’intérêt affichés, l’exploration devient une simple formalité. Vous placez un marqueur, vous téléportez, et hop, mission accomplie ! Cette mécanique, bien que pratique, vous prive de l’excitation de la découverte, réduisant le jeu à une suite de tâches à cocher. J’ai même tenté de briser cette routine en partant à l’aventure vers une zone sans objectif spécifique, seulement pour trouver un grand vide.

Ce choix de conception, bien que pratique, s’éloigne de ce qui rend les mondes ouverts si captivants. Des titres comme Breath of the Wild, Elden Ring, ou bien avant Skyrim ont prouvé que l’essence d’un monde ouvert réside dans son potentiel d’exploration, dans le frisson de l’inconnu. En se cantonnant à un enchaînement de points d’intérêt, Rise of the Ronin est en réalité une expérience linéaire , en contradiction avec l’esprit d’aventure que promet habituellement un monde ouvert.

… mais agréable à parcourir

Bien que le design du monde est clairement passé de mode, il demeure plaisant à explorer. Cela est du en grande partie à tout un éventail d’outils mis à disposition pour se déplacer à travers les différentes zones. La possibilité de courir, qui peut paraître évidente, se révèle en fait très pratique. Votre personnage se déplace rapidement sans jamais se fatiguer lors des phases d’exploration, permettant ainsi de traverser de vastes étendues très facilement. Les points d’intérêt et les checkpoints étant toujours à portée, la course est souvent suffisante pour se déplacer efficacement.

Cependant, si vous préférez une méthode de déplacement plus rapide, le jeu vous propose de monter à cheval. Assez tôt dans l’aventure, vous obtenez un cheval que vous pouvez appeler à tout moment. La gestion du cheval est simplifiée au maximum : il n’a ni santé, ni endurance, et aucun besoin de soins ou de nourriture. Avec seulement deux allures : le pas et le galop. Ainsi qu’une capacité de galoper sans fin, la conduite peut sembler peu réaliste, mais personnellement, j’apprécie cette simplicité, surtout en comparaison avec les systèmes plus complexes d’autres jeux en monde ouvert. (Je pense à toi Red Dead Redemption 2).

Le véritable atout en matière de déplacement, cependant, réside dans les deux outils qui ajoutent une dimension verticale à l’exploration : le grappin et la paravoile. Assez rapidement, vous vous équiperez de ces deux gadgets. Le grappin vous permet d’escalader divers bâtiments grâce à des points d’ancrage spécifiques et d’effectuer des mouvements aériens basiques mais jouissif. Il est aussi utile en combat, mais nous y reviendrons plus tard. Quant à la paravoile, elle fonctionne comme dans la plupart des jeux : en sautant dans le vide vous pouvez appuyer sur le bouton de saut pour déployer les ailes et planer sur de longues distances. Non seulement cela offre des vues panoramiques époustouflantes, mais c’est également un moyen de déplacement très efficace. En ville, des cerfs-volants peuvent même vous propulser plus haut, prolongeant ainsi votre vol. Ces outils enrichissent l’expérience en offrant de nouvelles manières d’aborder les zones, y compris les camps ennemis, et en introduisant des stratégies discrètes bienvenues dans le gameplay global du jeu.

Avec plein d’activités !

Explorer le vaste monde ouvert de Rise of the Ronin est une chose, mais que peut-on y faire concrètement ? Principalement, on se retrouve à prendre d’assaut des camps ennemis, ce qui constitue une bonne part des activités disponibles. Chaque zone du jeu abrite au moins un de ces camps, facilement repérables sur votre carte par des points rouges.

La structure de ces camps est assez standard : ils contiennent une série d’ennemis à éliminer, des adversaires de base ainsi qu’un ou deux plus coriaces, essentiellement des versions améliorées des premiers (avec plus de points de vie et une agressivité accrue). Une fois tous vaincus, le camp est libéré, se transformant parfois en un petit centre d’activité avec des marchands et un point de contrôle.

Ces camps sont au cœur de l’expérience de jeu, non seulement parce qu’ils sont nombreux, mais aussi parce que les missions principales suivent un schéma similaire. Elles sont plus longues et se concluent par un affrontement contre un boss unique. Ce qui rend ces camps particulièrement intéressants, c’est la liberté d’approche : infiltration et élimination discrète, attaque à distance, ou confrontation directe dans le style d’un samouraï. Cette variété d’approches, combinée aux différents styles de combat et armes proposés par le jeu, fait des camps un élément central du jeu.

Mais l’exploration ne se limite pas aux combats. Un autre aspect de l’exploration est la collecte de collectible notamment de chats. Disséminés à travers la carte, plus de 70 félins attendent que vous les trouviez et les caressiez. Bien que ce ne soit pas particulièrement difficile, certains chats peuvent s’enfuir à votre approche si vous faites trop de bruit. Mais avouons-le, qui résisterait à l’envie de caresser ces adorables petit chats ?

En outre, le jeu offre des défis plus arcade, tels que des champs de tir ou des épreuves de dextérité en paravoile. Ces activités ludiques permettent non seulement de remporter des récompenses in-game, mais aussi de se mesurer aux performances d’autres joueurs en ligne. Bien qu’elles ajoutent une touche sympathique à l’ensemble, leur nombre limité ne suffit pas à constituer une véritable alternative aux nombreux affrontements du jeu.

Les combats sont toujours le point fort dans Rise of the Ronin

Dans Rise of the Ronin, préparez-vous à une chose : vous battre, et beaucoup. Fidèle à la réputation de Team Ninja, les combats sont le cœur vibrant de l’expérience de jeu, et c’est exactement ce que nous venons chercher. Empruntant aux classiques des Soulslike, le jeu intègre des mécaniques familières : coups légers, coups chargés, esquive, garde, et bien sûr, la parade. Cette dernière, à l’instar de jeux comme Sekiro ou Wu Long, est centrale dans Rise of the Ronin. Mais ici, la parade est traitée différemment que dans la plupart des jeux du genre. Plutôt que d’être une action liée à la garde, elle dispose de son propre bouton, le “contre éclair”, une attaque à part entière qui inflige des dégâts même sans une parade réussie. Selon l’arme équipée, cette parade change de forme et doit être exécutée au moment précis pour être efficace, déstabilisant parfois l’adversaire en un seul coup, ou nécessitant une série d’enchaînements.

Le “contre éclair” est l’arme ultime dans Rise of the Ronin, capable de contrer n’importe quelle attaque, y compris les arts martiaux marqués par une aura rouge indiquant qu’ils ne peuvent être bloqués, seulement esquivés ou parés, tout comme les tirs ou les flèches ennemis.

En plus de cette mécanique, le jeu reprend le concept de postures de combat, similaire à ce qu’on trouvait dans Nioh. Chaque arme offre différentes postures qui affectent non seulement votre manière de combattre mais aussi l’efficacité contre les adversaires. À côté de la barre de vie de l’ennemi, un indicateur montre l’avantage de votre posture : bleu pour favorable, rouge pour défavorable, et gris si neutre. Une posture favorable augmente vos dégâts et la capacité à étourdir l’ennemi. Malgré la possibilité de changer rapidement de posture pour réaliser des combos, cette mécanique reste assez simple par rapport à Nioh, avec souvent peu de raisons de changer de posture en cours de combat, surtout que les ennemis, à l’exception de certains boss, ne modifient pas leur posture, réduisant ainsi la dimension stratégique du combat.

Votre arsenal comprend également des arts martiaux, des compétences spéciales plus puissantes que les coups basiques mais avec un temps de recharge et qui vous laissent souvent vulnérable. Elles varient selon votre posture et votre arme, offrant de multiples combinaisons à essayer.

Bien que Rise of the Ronin soit moins exigeant que les titres habituels de Team Ninja, les combats restent dynamiques et les parades particulièrement gratifiantes. La diversité des armes, tant à distance qu’en mêlée, assure une expérience de combat variée et toujours plaisante, même après des centaines d’affrontements. Team Ninja continue de nous époustoufler par sa maitrise des combats et si c’est un aspect qui vous a plus dans les opus précédants vous le serez également ici. A noté que sur la partie moins exigeante le jeu fait le sacrilège d’avoir 3 modes de difficulté.

Des défauts Team Ninjesque encore bien présent

Si vous êtes familier avec les jeux développés par Team Ninja, vous savez probablement qu’ils ont tendance à avoir certains défauts récurrents. Malgré leurs qualités indéniables, en particulier dans la fluidité et l’intensité des combats où ils sont parmi les meilleurs dans le genre.

Un problème souvent rencontré est le manque de variété des ennemis. Dans Rise of the Ronin, cela est d’autant plus perceptible en raison de son engagement envers le réalisme historique. Ce qui signifie que vous affrontez principalement des humains : des ninjas, des samouraïs et des bandits. Bien que cela varie légèrement, vous vous retrouvez face à des adversaires maniant les mêmes armes, avec un moveset similaire au vôtre mais sans la diversité offerte par votre propre arsenal. Cela conduit à une certaine répétitivité, malgré la présence de loups et de sangliers comme faune. Les quelques boss apportent une touche de variété et peuvent être pour certains spectaculaires. Cependant, ces affrontements restent en deçà de la créativité observée et du spectacle des combats de boss de Nioh, par exemple. Qui jouissaient d’un bestiaire de yokai et autres divinités offrant des possibilités spectaculaires.

Concernant le loot, Team Ninja continue sur sa lancée habituelle en inondant le joueur d’équipements et d’objets, souvent sans grande distinction. Néanmoins, grâce à des statistiques et un système d’amélioration de l’équipement peu déterminantes, Rise of the Ronin offre une grande diversité d’armes accessibles durant une seule partie. Cela permettant de varier les styles de jeu et de pallier quelque peu au manque de diversité des ennemis.

Un autre point notable concerne les graphismes. Bien que Rise of the Ronin ne puisse rivaliser avec la beauté époustouflante de Ghost of Tsushima, une fois qu’on dépasse cette comparaison et qu’on ne se fixe pas sur son statut d’exclusivité PS5, le jeu révèle ses propres mérites esthétiques. Les couleurs ternes et le mélange d’architectures japonaises et occidentales confèrent une authenticité et une originalité visuelles au jeu. La juxtaposition d’un temple shintoïste à côté d’une ambassade américaine crée une expérience visuelle unique, et certains lieux, comme le quartier des plaisirs, demeurent impressionnants.

En somme, si l’on aborde Rise of the Ronin sans attentes démesurées et sans le comparer systématiquement à d’autres titres, son esthétique distinctive séduit. Le jeu compense ses lacunes techniques par une direction artistique qui lui est propre, enrichissant l’expérience globale.

Conclusion :

Avec Rise of the Ronin, Team Ninja tente prudemment sa chance dans le domaine des mondes ouverts, sans pour autant établir de nouveau standard pour ses futurs projets dans ce genre. Malgré une conception du monde qui peut sembler conventionnelle, le jeu se distingue par sa richesse historique et sa complexité. Le contexte du jeu nous transporte dans une immersion historique remarquable, où l’on croise des personnages nuancés évoluant dans un paysage géopolitique tout aussi complexe, un aspect peu commun dans les productions du studio et dans le genre vidéoludique en général.

Les forces de Team Ninja sont bien présents, avec un système de combat extrêmement gratifiant, une variété impressionnante d’armes à maîtriser, et des adversaires mémorables, malgré leur manque de diversité. Que vous soyez un fan des créations du studio, un amateur de mondes ouverts traditionnels, ou un passionné de l’histoire japonaise, Rise of the Ronin a de quoi vous satisfaire. Pour ma part, je me retrouve dans toutes ces catégories et je ne peux que vous recommander chaudement de vous plonger dans cette aventure. Rise of the Ronin est une expérience à ne pas manquer pour ceux qui cherchent à conjuguer amour du jeu vidéo, appréciation pour les combats bien chorégraphiés et intérêt pour l’histoire avec un grand H.

Galerie d’images

Rise of the Ronin

8

Note

8.0/10

POINTS POSITIFS

  • Une fresque historique passionnante
  • Une belle représentation du Japon de l'époque préindustrielle
  • Des personnages et relations développés
  • Un monde dense avec plein de contenus
  • Les combats toujours autant maitrisé

POINTS NÉGATIFS

  • Un monde ouvert trop classique
  • Un manque d'exploration imposant une forme de linéarité
  • En deçà esthétiquement pour un titre majeur PS5
, , , , , ,

AntiqaYiyun

Hunter Gamer, je suis curieux de tout et toujours à la recherche de la prochaine expérience qui me fera vibrer !

Laisser un commentaire