TEST – Road 96

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Après les formidables 11-11 Memories Retold et Soldats Inconnus, Yoan Fanise met de côté la guerre (ou pas) pour nous parler de voyage et de liberté. Avec son studio français DigixArt, récemment acheté par Koch Media, ce dernier nous fait rêver avec Road 96, un jeu décrit comme un road-trip procédural qui ne manque pas de charme. Pour couronner le tout, le titre met en avant des adolescents qui tentent de fuir leur pays (fictif mais grandement inspiré des Etats-Unis) afin de retrouver un semblant de liberté à la frontière. Mais entre rêve et désillusion il n’y a qu’un pas et après nous avoir longuement intrigué, nous avons décidé d’enfiler nos chaussures de marche et de partir à la conquête de Road 96 avec notre sac à dos et notre manette ! 

Country roads, take me home :

Pour nous mettre dans l’ambiance, le jeu commence avec une petite cinématique qui permet au joueur de se faire une idée sur les tensions qui règnent à Petria. On comprend alors très vite que Yoan Fanise ne s’est pas trop éloigné de son thème de prédilection car la guerre n’est pas non plus bien loin dans Road 96. Ici, il ne s’agit d’une simple promenade de santé ou d’un petit road-trip entre amis. Avec son faux décor façon carte postale, le titre de DigixArt est loin d’être de tout repos. Le but du jeu est pourtant simple : il suffit d’emmener plusieurs adolescents à la frontière de leur pays sans se faire arrêter ou bien tuer… La partie se termine quand le protagoniste a réussi à quitter Pietra ou bien quand ce dernier se retrouve les quatre fers en l’air, ou plaqué contre le sol. Dès les premières minutes, on va vite se rendre compte que les routes de ce pays ne sont pas très sures et que de nombreux adolescents sont portés disparus. Par ailleurs, un groupuscule d’opposition radical (terroristes pour certains, illuminés pour d’autres ou encore sauveurs) décide de prendre les armes pour faire tomber Tyrak, l’actuel président au pouvoir. Et comme les élections arrivent dans quelques semaines, c’est l’occasion rêvée de faire changer les choses. Le joueur pourra donc se servir de cette “tension” pour progresser dans l’aventure en agissant contre le régime actuel ou bien en se ralliant de son côté. Et chacun de ses choix auront un impact sur le déroulé de votre voyage, mais aussi sur le vote en lui-même.

Dans Road 96, les choix du joueur occupent donc une place importante. Malheureusement, le jeu n’est pas si procédural que ça… Il est découpé en plusieurs scénettes qui viendront se greffer différemment à chaque nouvelle partie, en fonction de vos choix et de l’heure. Pendant les dialogues, vous “débloquerez” de nouvelles informations sur les endroit à proximité, sur le climat qui règne à Petria et sur les voyageurs que vous croiserez. A chaque partie, vous augmentez votre “affinité” avec ces derniers afin de débloquer des opportunités inédites. De plus, le scénario sera susceptible de changer en fonction de votre taux de fatigue, de votre argent etc… Car pour passer la frontière, vous avez plus de 1000km à faire ! Et pour y arriver, il vous faudra parfois prendre le bus ou un taxi et tout cela est bien évidement payant. Pour gagner de l’argent, vous pourrez effectuer des petits boulots mais sur les nombreuses parties que nous avons effectué, les missions étaient les mêmes. Mais au fond, ce n’est pas un problème tant le scénario se veut intriguant et en constante évolution. Car en plus de devoir vous déplacer, vous devrez gérer votre fatigue ou encore votre faim. Bien sur, vous pouvez toujours manger ce que vous trouvez par terre et dormir sur des cartons mais si vous souhaitez un plus de confort, il faudra passer à la caisse. Comme dit plus haut, chacun de vos choix fera avancer l’histoire. Et sur ce point, on ne peut que saluer le travail de DigixArt.

On the road again :

Si Road 96 est un peu en dessous de ce qu’on attendait sur son aspect procédural, le jeu reste tout de même relativement plaisant à faire. Au fur et à mesure que l’on progresse dans l’aventure, on découvre de nouvelles facettes sur les habitants de Petria, de nouveaux lieux etc. Chaque scénette se termine en quinze minutes (pour celles et ceux qui aiment TOUT visiter) et ces dernières sont très différentes les unes des autres. Entre jouer au pompiste, être un caméraman, prendre part à une course poursuite entre une moto et un taxi, jouer de la trompette (bonjour les oreilles) ou encore trifouiller une radio, il y a de quoi faire. C’est bien simple, pendant toute la durée de notre test, il n’y a pas un seul moment ou nous nous sommes ennuyés.
Pour couronner le tout, le jeu possède une très jolie direction artistique et une bande-son parfaitement dans le ton. Mention spéciale aux titres des chapitres qui possèdent des titres de chansons comme Smells Like Teen Spirit. Tout cela permet d’obtenir une certaine alchimie entre les dialogues, le décor et la musique. En plus de tout ça, l’équipe n’a pas fait les choses à moitié ! Le fond même de Road 96 a été pensé pour que les joueurs puissent se faire des courtes séances (grâce aux scénettes rapides) ou bien pour les enchainer sans pour autant éprouver un sentiment de lassitude. Comme nous l’avons déjà dit, le but est d’emmener des adolescents qui tentent de fuir le régime autoritaire à la frontière. Durant votre périple, vous croiserez sept personnages principaux et au fur et à mesure de vos parties, vous augmenterez vos liens avec ces derniers pour débloquer de nouveaux dialogues. D’ailleurs, le jeu se souviendra de vos essais précédents en parlant parfois des avatars que vous avez incarné au détour d’une conversation. Un moyen bluffant de montrer que la rejouabilité sert à quelque chose. Les situations sont très fluides, notamment grâce au travail de doublage, malheureusement seulement disponible en anglais sous-titré français.

Highway to Hell :

Dans Road 96, chacun des sept personnages principaux possède une jauge allant de zéro à 100% selon le nombre de scénette en leur compagnie qu’il vous reste à découvrir. Malheureusement, cela ne veut pas dire que lors de votre prochaine partie vous allez forcément augmenter cette dernière. Comme les scénettes sont générées aléatoirement, vous allez vous retrouver avec les mêmes dialogues un bon nombre de fois en priant pour qu’un jour, vous arriverez à tomber sur ce qu’il vous reste. Il va donc falloir s’accrocher ! Pour finir, DigixArt utilise les sept personnages pour raconter l’histoire (et les secrets) de Petria, sans jamais verser dans l’excès d’interactions à réaliser ou de documents à lire, souvent abondants dans les jeux narratifs. Ce qui permet au joueur de vivre pleinement son aventure sans jamais être interrompu.

Conclusion :

Si le côté procédural de Road 96 peut être trompeur, le titre de Yoan Fanise et du studio DigixArt possède d’innombrables qualités. En générant ces scénettes de manière aléatoire, chaque aventure devient unique et permet au jeu de bénéficier d’une importante rejouabilité sans jamais trouver ce sentiment de lassitude. Même si parfois, il faudra patienter de longues heures pour débloquer tous les dialogues des différents personnages, ce road-trip à de quoi surprendre. Pour une première partie, il vous faudra un peu de temps pour arriver à la frontière et même si graphiquement, le résultat est loin d’être éblouissant (certains PNJ souffrent de problèmes d’animations), la direction artistique et la bande-son relèvent aisément le niveau. De plus, il n’est pas nécessaire de lire chaque livre ou chaque affiche pour connaitre le passé de Petria, tout est fluide et très bien amené par les différents personnages, ce qui permet de vivre à fond cette expérience sans être coupé dans son élan !

Road 96

8

Note

8.0/10

POINTS POSITIFS

  • Un jeu narratif très prenant
  • La direction artistique et la bande-son
  • Une progression qui se fait en enchainant les parties...
  • ... sans jamais devenir rébarbative
  • La durée de vie

POINTS NÉGATIFS

  • Le côté procédural pas assez poussé
  • Quelques bugs
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DrFamikon

Amateur de bières et de FPS, grand fan de Pokémon et de Rock !

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