Test – Lost in Random

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Lost in Random est le dernier petit jeu sorti des studios d’édition d’Electronics Arts. Pour arriver de la Suède de Zoink jusqu’à nos écrans, la jeune Paire (Even en anglais) a fait bien du chemin. Ce chemin va-t-il suffire à ce que vous craquiez pour ce jeu au profil si atypique ? Afin de vous aider à y voir plus clair, il nous a été proposé de tester Lost in Random.

Ryan North à l’écriture

Certains noms peuvent très rapidement nous évoquer de nombreux livres. C’est par exemple le cas des Pratchett où le père est connu pour sa série de livre sur le disque monde et la fille pour ses scénarios divers. Ryan North lui est un peu plus particulier. Ce jeune canadien de quarante ans s’illustre plus particulièrement pour la pluralité de ses œuvres. Il est notamment connu de certains fans de bande dessinées pour la série des Adventure Times ou encore le marvel The Unbeatable Squirrel Girl. Si vous connaissez l’une de ces deux bande dessinée, alors vous savez qu’il s’agit d’épisodes comiques. Ces quelques mots peuvent permettre de se dire : Chouette, on va avoir le droit à une super aventure toute mignonne, on va pouvoir s’éclater !

Echec Critique ! Dans Lost in Random, vous allez plutôt vous retrouver dans un univers sombre et tordue. Et c’est là où va s’exprimer le génie de Ryan North. Bien qu’il ne s’agisse pas du thème de prédilection du canadien, cela ne va pas l’empêcher de nous emmener dans une histoire sombre à souhait…

Alea Jacta Est sur le destin de la jeune Paire

Lost In Random - Dé

Lost In Random

Mais quel est donc l’histoire de Lost In Random ? Et que signifie le début de la phrase bon sang ! Si vos cours de latins et de maths remontent à trop longtemps, vous ne vous doutez sans doute pas que Paire va de paire avec impaire. Ni même que Alea va nous parler de dés !

Dans Lost in Random, nous débarquons dans un pays fantastiques où les dés règlent toutes les interrogations. Où plutôt réglaient. Depuis la mort de l’ancien roi, la nouvelle régente a décidé de bannir tous les dés. Bien évidemment, cela ne s’est pas fait en paix. Après de nombreuses années où la guerre des dés a fait rage, le monde est désormais sous le contrôle de cette dernière. Et elle en a profité pour le diviser en 6 parties. Nos deux jeunes héroïnes, Paire et Impaire commencent leur histoire dans la plus miteuse des villes : Unibourg. Cette dernière est connue pour traiter les déchets et les placer sur des cargos. S’en suit Doubleville où ici tout le monde possède deux personnalités. Le maire a même vu son second-lui lui sortir de la tête et vouloir régner sur sa propre ville !

Il va falloir vous presser de partir pour Troyaume. En plus de débloquer un trophée caché (chuuut), vous pourrez également rencontrer la progéniture de l’ancien roi. Enfin, si vous n’avez pas peur des champs de batailles … Ces trois là ont décidé de se livrer un combat sans merci afin de savoir qui est le parricide. Et en parlant de champs de bataille, attendez de voir Quatreville. Ou plutôt Quartebourg, parce que l’ancienne ville a entièrement été rasée par la Reine lors d’une chasse à la sorcière. Désormais, il s’agit d’un lieu de débauche, de paris et de magie. Heureusement, il nous reste Quintopolis qui est la zone industrielle du royaume d’Alea ainsi que Sixtopia, le lieu paradisiaque où vit la reine… Et dont personne n’est jamais revenu.

Afin de mieux assouvir son pouvoir sur sa population, à l’âge de douze ans, chaque jeune enfant lance le dé noir de la reine. Celui-ci va décider dans quel secteur l’enfant va désormais pouvoir vivre. Et quand la jeune Impaire lance un magnifique 6, les choses se gâte pour notre duo. Paire, inconsolable de se retrouver sans sa sœur va donc partir en quête de celle-ci. Les dés sont jetés.

C’est donc au travers d’un scénario assez basique que Zoink et Ryan North vont nous faire suivre l’aventure de notre jeune héroïne. Et cette aventure devient très vite idyllique, bourrée de doutes et de chaos … Mais tout ça au travers d’interactions intrigantes comme la présence d’un narrateur omniscient qui ne sait pas tout. Ces petites interactions par-ci par-là réussissent à donner un caractère parfois comique à une situation bien plus que lugubre.

Le travail graphique sur Lost in Random

Et pour le côté lugubre, l’équipe graphique a mis le paquet ! Avec des personnages aux visages “pâte à modeler”, des scènes bien souvent sombres et des décors biscornus, tout est fait pour rendre désagréable votre visite en Aléa. Et parlons un peu de la bande son ! Dans la catégorie effrayante, cette dernière sort bien son épingle du jeu. Pour l’occasion, c’est Blake Robinson Synthetic Orchestra qui s’est chargé de la mélodie. Mais attention, ce n’est pas pour autant que leur travail est mal fait, bien au contraire. On se rends très vite compte que l’ensemble des décors est fait avec soin et que le style est vraiment voulu. Vous vous souvenez de l’Étrange Noël de Mr Jack  de Tim Burton? Et bien Lost in Random nous donne un peu l’impression de côtoyer le même univers, noir et sombre, mais avec des personnages hauts en couleurs.

Cette impression est rehaussée par Blake Robinson Synthetic Orchestra. Et vous allez surement vouloir vérifier sur Wikipedia quand vous apprendrez que le Synthetic Orchestra est en fait une seule personne. L’artiste s’est déjà fait connaitre par le passé. Il est derrière plusieurs jeux indépendants dont Portal Knights qui fut récompensé en début d’année. Encore un fois, le jeune compositeur dévoile tout son talent avec des morceaux rythmés qui s’adaptent avec brio à rendre l’atmosphère encore plus tendue.

Comme bien souvent, il est assez difficile de juger des graphismes d’un jeu. Il suffit de voir le niveau atteint par des jeux tels que Far Cry 6 pour comprendre aisément que le budget y est énormément là dedans. Et qui dit gros budget dit bien souvent prix du jeu élevé. De plus, des graphismes proches du réels arrivent également avec leur lot de contrainte. Entre les bugs et les temps de chargement long sur consoles modestes nous ne sommes pas sorti de l’auberge. Là où Zoink marque un point non négligeable, c’est sans aucun doute par l’absence quasi permanente de scène de chargement. Le jeu se déroule d’une façon fluide entre les phases d’explorations, de combat et de cinématiques.

Attaque Dice !

Bon, on vous a parlé de l’histoire, mais ce qui a du vous intriguer le plus dans Lost in Random, c’est plutôt le combat pas vrai ? Vous avez sans doute du voir un courir un peu partout sur la carte, le jeu se mettre en pause le temps d’un jet ? Et bien ce jeune dé, c’est Dice, prononcé à l’anglaise Daïci. Nous n’en avions pas parler jusque là car sa découverte est un peu le fil rouge de l’histoire. Le dévoiler gâcherait une bonne partie de l’intrigue. Alors passons outre son histoire et concentrons nous sur le combat voulez-vous ?

Dice est un dé de l’ancien temps. Comme tous les dés de cette époque, celui-ci est capable de grande chose dont faire revivre l’esprit des cartes à travers lui pour le matérialiser. C’est ainsi que Paire et Dice vont se battre. Vous aurez donc à lancer votre dé pour espérer pouvoir invoquer une bombe ou encore une épée. Mais avant cela, il va falloir se concentrer sur deux choses. C’est ici que le côté stratégique du jeu arrive : il vous faudra construire votre deck. Pour ça, rien de plus simple, vous débloquerez des cartes au fur et à mesure de votre aventure et un marchand vous suivra tout du long. L’autre facette de Dice est qu’il a besoin d’accumuler suffisamment d’énergie pour pouvoir invoquer ces esprits. Et pour cela, vous devrez toucher des points particuliers sur vos ennemis.

Et s’il faut trouver un point noir (comme ceux du dé) au jeu, c’est sans aucun doute celui-ci. Vous pouvez vous dire que votre deck sera correct dès le troisième monde. Vous ferez surement des modifications, mais il s’agira de points mineurs et pourrez vous satisfaire des premières cartes longtemps. De plus, le système de récolte de l’énergie est intéressant, mais devient vite facile dès que vous choppez le timing ou le coup de main. Ainsi, vous allez rapidement faire le tour des combos possibles et les combats risquent de devenir un peu long. Il se passera parfois de long moment où seul un ennemi, hors de porté restera en vie, et vous attendrez patiemment d’obtenir un arc.

Conclusion :

Lost in Random a de très nombreux points positifs. Les graphiques seront à l’appréciation de chacun, je ne suis pas particulièrement fan du genre, cependant on ne peut clairement pas dire que le jeu est moche. Que ce soit au travers du travail réalisé sur les personnages comme de la musique, le jeu ne vous laissera pas de marbre. Malgré un scénario qui parait simple, la narration vient enjouer tout ça pour réussir à nous faire vivre les émotions de la jeune Paire. C’est donc sans surprise que Lost in Random a gagné la récompense Meilleur jeu Indépendant lors de la Gamescom. Afin de profiter complètement du jeu, il est souhaitable de comprendre l’anglais. En effet, certains sous-titrage ne réussissent pas à rendre toute la complexité des dialogues avec des détails tels que Even et Odd pour Paire et Impaire.

Cependant, on pourra regretter rapidement le manque d’originalité dans les combats. Comme pour Cris Tales, j’avais espéré des synergies impressionnantes. Il y avait à faire avec les numéros qui sortirai du dés et la force des attaques. Si l’on doit être pointilleux, la durée de vie du jeu est un peu courte. Il suffit de moins de 15 h pour finir l’aventure et peut-être même avec tous les trophées. Heureusement, Electronics Arts se rattrape avec un bas prix. Aussi, si vous aimez bien les jeux d’aventures et voulez en vivre une originale et intrigante, on ne peut que vous conseiller de vous jeter à l’eau. Et peut-être réussirez-vous à retrouvez votre chemin sur un 6 au dé.

Lost in Random

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7.2

Note

7.2/10

POINTS POSITIFS

  • Des graphismes angoissants à souhait.
  • Un scénario rafraichissant
  • Une prise en main rapide

POINTS NÉGATIFS

  • Une courte durée de vie
  • Quelques lenteurs dans les combats.
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Luclis

Rédacteur passionné par les RPG et les vieux jeux. Si t'as pas connu la Game Boy Advance et la PlayStation 1, t'as manqué un bon tiers des meilleurs jeux au monde.

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