TEST – Overwatch 2

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Test Overwatch 2

Il aura finalement fallu 6 ans à Blizzard pour produire Overwatch 2. Loin d’être un titre lambda, celui-ci est la suite très attendue d’un énorme succès qui a redéfini les contours d’un genre situé à la croisée de chemins déjà bien embouteillés : nous voulons ici bien sûr parler du FPS online et du MOBA. Entre lancement tumultueux, changement de modèle économique et inévitable comparaison avec son illustre prédécesseur, que peut apporter ce second opus à une franchise qui a déjà conquis la planète ? La réponse ci-dessous.

Autopsie d’un lancement raté

Test - Overwatch 2En premier lieu, adoptons une approche chronologique. Le lancement du jeu a eu lieu le 4 octobre dans des conditions pour le moins difficiles. En effet, avec une attente des joueurs qui n’a cessé de gonfler avec les années, un changement de modèle économique (que nous abordons ci-après) et une attaque de DDoS massive, Overwatch 2 opérait une rentrée tardive pour le moins mal engagée. Et n’ayons pas peur de le dire : le lancement fut raté. Nulle audace derrière ces propos quand on sait que Blizzard a explicitement communiqué en ce sens afin de s’excuser sur un forum du jeu. Mentionnons d’emblée les bugs qui persistent à infester les jeux dès leur lancement. Disons alors simplement notre agacement face aux multiples déconnexions, crash et autres problèmes liés au fonctionnement des menus / achats qu’ont rencontré les joueurs. Difficile de ne pas tenir rigueur à un éditeur de l’ampleur de Blizzard pour des épisodes aussi désagréables à peine le jeu lancé. Si le manque de finition dans les œuvres vidéoludiques à grand budget semble constituer un mal du siècle, il demeure difficilement excusable.

Parmi les autres désagréments rencontrés par les joueurs, citons par exemple la nouvelle fonctionnalité d’authentification via le numéro de téléphone. Celle-ci, ayant passablement agacé une large partie de la communauté, venait répondre à une nécessité de sécurisation supplémentaire liée au passage du jeu en F2P. Pour autant, toujours à travers la communication de Blizzard, ce système a été minoré dans le cadre de la Matrice Défensive du jeu, destinée à écarter les comportements perturbateurs et les tricheurs. Ensuite, l’un des nœuds les plus épineux à défaire fut celui qui concernait les transfert des compte. Car qui dit Overwatch 2, dit « où sont passés les skins, bannières et héros que j’ai farmé comme un âne dans Overwatch (1) ? ». Face à cette question, la réponse de Blizzard fut là encore quelque peu laborieuse, ce qui a généré un ressentiment conséquent parmi les joueurs. Toutefois, il faut être honnête, à l’heure où ce test paraîtra, il y a fort à parier que la majorité des soucis de ce type auront été résolus. La communauté des gamers n’est certes pas réputée pour sa patience, mais son exigence l’amène souvent à mettre le doigt là où cela fait mal. Un studio du calibre de Blizzard aurait sans nul doute dû proposer une transition plus fluide entre son premier opus de légende et sa suite.

Concluons notre analyse dans cette partie en évoquant le changement de modèle économique du jeu. En effet, Overwatch 2 se présente comme un jeu gratuit avec option d’achats (cosmétiques) in-game. Avec celui-ci, le pari de Blizzard devient limpide : conquérir une plus large communauté que le premier opus payant. Il est évidemment encore bien trop tôt pour tirer des conclusions à ce niveau. Mais il apparaît tout de même pertinent de relever plusieurs points qui découlent du passage au mode gratuit. D’abord, le jeu ouvre grand sa porte à tous ceux qui n’avaient pas touché au premier opus. Notre hypothèse est effectivement qu’une large cible a été tracée par Blizzard sur la génération de joueurs qui étaient trop jeunes à l’époque d’Overwatch 1er du nom ou qui l’ont découvert sur le tard. Pour aller dans ce sens, l’apparition d’un Battle Pass qui fait grincer de nombreuses dents, nous semble confirmer ce postulat. En effet, si la présence de cet outil dispose encore d’une marge conséquente pour séduire les gamers endurcis, les plus jeunes semblent volontiers souscrire à ce fonctionnement. Aussi, il nous paraît être une arme de poids pour conquérir et fidéliser une nouvelle communauté. Mentionnons néanmoins le fait qu’il demeure plus onéreux et fastidieux de débloquer les apparences et objets via le Battle Pass d’aujourd’hui qu’à l’époque en jouant à Overwatch 1. Enfin, en complément, évoquons les 100 matchs à jouer pour débloquer les personnages du premier opus. Ceci concerne uniquement les joueurs qui découvrent la licence. Là encore, cela nous semble correspondre à un levier de fidélisation conséquent qui motivera les néophytes à persévérer pour obtenir le même contenu de jeu que les autres. Ainsi donc, Blizzard a joué ce que d’aucuns appelleraient un drôle de jeu pour anticiper, lancer et communiquer autour de son 2e Overwatch.

Le charme de l’ancien plutôt que le cachet du neuf

Test - Overwatch 2Enchaînons à présent avec plus de concret. Disons alors ceci tout-de-go : la première incursion dans les menus du jeu a déclenché un torrent irrépressible de délicieuse nostalgie en nous. La consultation du roster de héros nous a immédiatement permise de retrouver nos marques, avec un délicat parfum de « Que sont-ils devenus ? » en plus. Ce sentiment se poursuit en jeu où l’on (re)découvre avec plaisir les décors que nous avions foulé par le passé, aux côtés de visages pour la plupart familiers. Il faut bien avouer qu’il y a un côté rassurant à se retrouver en terrain déjà partiellement connu, y compris lorsque l’un des nouveaux héros apparait face à nous. On est alors bien content de pouvoir compter sur l’expérience durement aquise dans le premier opus. Cela est également vrai lorsque l’on arpente les nouvelles cartes. Toutes tiennent leurs promesses sur le plan visuel et fonctionnel. Il en va de même pour les modes de jeu dans lesquels on retrouve aisément nos sensations. Capture d’objectif, défense de zone ou encore escorte de convoi… la recette est connue mais diablement efficace. Cependant le mode de jeu inédit qui propose un objectif en forme de robot pousseur nous a laissé assez indifférent. S’il est effectivement amusant d’observer le robot courir à toute allure vers la base ennemie, on fait vite fait le tour de la question. Néanmoins, pour l’ensemble de ces éléments, le « coup de patte Blizzard » se fait bien sentir : le chamarré le dispute au chatoyant, pour un intense plaisir des yeux. Il en est de même dans les menus, retravaillés au plan esthétique mais dont les ramifications n’ont rien de nouveau. File non classée, file compétitive, mode arcade et partie personnalisée (qui n’est qu’une officialisation de la Forge du premier opus) … Par ailleurs, le sound design demeure fidèle aux standards dressés par le premier opus. Ainsi donc, le coup de neuf visuel ne s’étend malheureusement pas au gameplay tant la pauvreté des nouveautés est retentissante.

Quelle tristesse de ne pas pouvoir mettre la main sur le fameux PvE peut être un peu survendu par Blizzard pour constituer un apport par rapport à Overwatch 1. Certes, nous étions prévenus que cela ne serait pas pour tout de suite, mais, du coup, cela valait-il la peine de lancer ce qui n’est en fait qu’une mise à jour d’Overwatch 1 si tôt ? A cette question, le gameplay a tôt fait de nous enjoindre à répondre de façon mitigée. En effet, en apparence rien ne change ou presque. Quelques héros ont un look remanié, de nouvelles cartes ont fait leur apparition tandis que certaines deviennent réservées aux parties personnalisées (Temple d’Anubis et Hanamura à jamais dans nos cœurs). Il serait toutefois mesquin de négliger le bond qu’a opéré la qualité graphique. Normal 6 ans après me direz-vous ? Certes, mais Overwatch était beau, alors qu’Overwatch 2 est somptueux. Le dynamisme des animations n’a rien perdu de sa splendeur. De plus, l’intégration du nouveau HUD est très réussie. Barre de santé, icônes d’action, kill / feed, tableau de bord… tout est plus propre et plus ergonomique. L’ensemble donne une certaine élégance au jeu qui se mue en confort entre nos mains. Quel plaisir de jouer ! Ne le boudons pas. Pour autant la liste des nouveautés demeure maigre. Et ce ne sont pas le nouveau fonctionnement des parties compétitives ou le système de marquage qui pourront satisfaire notre soif à ce niveau.

Par ailleurs, si beaucoup critiquent le passage en 5v5, nous devons bien avouer que celui-ci ne nous a en aucun cas perturbé. L’absence d’un 6e participant dans chaque équipe nous paraît propice à des répercussions dans le cadre d’une stratégie d’équipe. Soyons alors honnêtes, cet élément ne prend corps qu’au sein de cercles suffisamment élevés de la file classée. Pour le joueur lambda, qui try hard peu ou n’a pas d’ambition compétitive exacerbée, cela ne constitue en rien un frein à l’amusement. Dans un registre similaire, Sojourn, JunkerQueen et Kiriko nous semblent constituer des apports intéressants dans la mosaïque des personnages. En effet, chacune propose un kit tranchant et parfois audacieux. En revanche, nous surveillerons avec attention les patchs d’équilibrage qui, nous le craignions, devraient cibler au moins l’une de ces dames dans les temps à venir. Enfin, si nous devons bien avouer que certaines modifications de héros depuis le premier opus nous ont demandé une réelle acclimatation (le stun de Mc Cree à jamais dans nos cœurs), l’ensemble demeure assez discret et n’entache aucunement le retour de sensations plaisantes. Finalement, cet Overwatch-ci ne fait rien de plus que nous servir une recette que l’on connaît et que l’on adore manger. En conséquence, il nous est impossible de le haïr pour cela car le fait que nous persistions à en redemander tend à prouver que Blizzard a réussi, au moins partiellement, son pari. Une petite voix persiste toutefois en nos têtes : « N’es-tu pas en train de jouer à Overwatch 1.5 ? » Bien sûr que si, mais j’en veux encore.

Conclusion :

Finalement, nous devons bien avouer que nous avons goûté chaque seconde du gameplay de cet Overwatch 2 avec plaisir. Le titre a répondu à toutes nos attentes à ce niveau. Mais il n’a parallèlement jamais su nous surprendre. Nous nous trouvons clairement en présence d’un bis repetita d’Overwatch premier du nom. Celui-ci est donc loin d’être un mauvais jeu, mais il n’a clairement pas les épaules, en termes d’innovation, pour supporter son héritage. Gageons que les multiples mises à jour et ajouts dont il sera l’objet lui permettront de se hisser quelque peu à une hauteur décente pour un titre que devrait tout simplement faire office de standard indiscutable du genre. Les fans de la licence se redirigeront sans aucun mal vers ce jeu qui leur apportera une satisfaction certaine bien qu’elle puisse se révéler fugace tant elle manque de corps. Là où Overwatch avait mis tout le monde d’accord, Overwatch 2 suscite le débat. Là où Overwatch était un jalon dans le paysage vidéoludique, Overwatch 2 se contente d’être un détail. Là où Overwatch était un délice, Overwatch 2 se contente d’être un savoureux plat réchauffé. Le gameplay n’a rien perdu de son parfum exquis mais l’effet de déjà-vu pèse lourd, bien trop lourd pour être digéré paisiblement par une communauté ouverte à de nouveaux horizons.

* Test réalisé sur PC

Quelques screenshots issus de nos sessions sur PC :

Overwatch 2

0.00
5.5

Note

5.5/10

POINTS POSITIFS

  • Refonte graphique et technique très réussie
  • De bonnes idées pour les nouveaux héros et les nouvelles cartes
  • Le HUD remanié, on adore !
  • Le plaisir de jeu demeure intact
  • Le passage au 5v5 est très fluide

POINTS NÉGATIFS

  • Des nouveautés superficielles pour un contenu inédit très pauvre
  • L'absence d'un mode de jeu novateur se fait cruellement sentir
  • Un changement de mode économique qui déplaît fortement
  • Un Battle Pass qui pousse au consumérisme
  • Un lancement catastrophique
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