Depuis deux semaines, les fans de la plus espiègle et kawaï des sorcières peuvent enfourcher leur balai afin de vaincre le mal qui rode dans la contrée du royaume de Filament. En effet, 24 ans après sa sortie initiale sur la Dreamcast de Sega, Inin Games et Success Corporation nous donnent l’opportunité de profiter du remake de Rainbow Cotton. Disponible sur PC via Steam, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series et Nintendo Switch, c’est sur la console hybride de Nintendo que ce test a été réalisé. Alors, faut-il craquer une nouvelle fois pour la sorcière gourmande ? Élément de réponses.

Avant-propos

À l’origine, Rainbow Cotton sort en 1999 sur Dreamcast. Il marque la fin de la série en tant que jeu de tir. En effet, nous ne considérerons pas Magical Pachinko Cotton Jikki Simulation sorti en 2003 sur PlayStation 2 comme un titre propre à la série. Vous conviendrez sans doute avec nous qu’une simulation de Pachinko n’est pas représentative de la série de jeux vidéo Cotton.

Ceci étant dit, avec cet épisode, le jeu de tir délaisse la vue de profil pour une vue en 3D. Rainbow Cotton reprend donc, en plus beau et en VRAI 3D, une représentation à la Space Harrier déjà aperçue dans Panorama Cotton sorti en 1994 sur Megadrive. (Épisode qui est d’ailleurs disponible sur vos boutiques en ligne en émulant la 16 bits de la Megadrive et en ne rajoutant que des trophées en plus).

Mais assez parler du contexte, place au test de ce rail shooter. Est-il le digne hériter de l’héritage de « cute em up » de la série ?

Une histoire classique

Au royaume féerique de Filament, la tension est à son comble ! Des monstres s’approchent du château de Lasha ! Il est grand temps de réunir toutes les fées du royaume pour trouver une solution face à cette invasion belliqueuse ! La reine Velvet s’inquiète en particulier des villes voisines qui produisent tous les bonbons Willows du monde. Si ces monstres attaquent les villes et que le Willow légendaire finit entre leurs mains… ce serait une catastrophe.

C’est alors que l’une des fées, Silk, émet l’hypothèse de faire appel à la sorcière Cotton au grand dam de ses congénères ! Mais, après tout, aux grands maux les grands remèdes ! Ne dit-on pas qu’il faut battre le feu par le feu ! Même s’il est dangereux de faire appel à Cotton à cause de sa fascination légendaire pour les Willows, la sauvegarde du royaume passe avant tout !

Ni une, ni deux, la proposition est acceptée. Il suffira d’appâter la sorcière rousse avec un faux appât pour que cette dernière se précipite et se fasse prendre dans le piège grossier ! Mais avec la promesse de découvrir un Willow légendaire, Cotton accepte d’aider sa vieille amie. Commence alors une grande aventure colorée pour délivrer les 4 villes et le château de Lasha de l’emprise du démon Tweed et de ses sbires.

Faire du neuf avec du vieux.

Après le sympathique remaster de Cotton Reboot sorti il y a 2 ans et l’excellent Cotton Fantasy de l’an dernier, c’est avec joie que nous avons accueilli cette nouvelle sortie mettant en scène la plus chipie des sorcières. Il faut dire que l’annonce était appétissante. Au programme ? Graphisme en 3D amélioré en Full HD, une maniabilité revue avec possibilité de verrouillage des cibles et surtout un mode 2 joueurs en coopération.
Ainsi, sur le papier, ce remake donne envie et on y croyait. Sans révolutionner le jeu d’origine et sans attendre un must-have, nous avions vraiment hâte de partager un bon moment seul ou à deux au côté de Cotton.

Dans les faits, les premiers pas dans l’aventure s’avèrent agréables. Réglez votre difficulté, inversez l’axe des X et Y si vous le souhaitez, trouvez un ami si possible et lancez-vous dans l’aventure. Le titre est coloré à souhait, la 3D plutôt jolie et les décors du jeu vous transportent dans des lieux tout mignons. Vous passerez par exemple d’une ville médiévale au clair de lune à une mystérieuse forêt engloutie. Vous aurez également l’occasion de voler sous un tunnel de fleurs magnifique et de plonger dans le cratère d’un volcan pour vous rendre dans un château au-dessus des nuages.

La maniabilité repose sur 2 boutons… Un pour tirer (l’auto-fire est d’actualité), l’autre pour balancer des bonus souvent salvateurs. Cotton Rainbow s’apprécie sur toute la largeur de votre grand écran et reste lisible si vous décidez d’y jouer en mode nomade. Seul ou à deux, les premiers moments dans l’aventure sont donc agréables. Un sentiment qui se confirme lors de la confrontation des boss. En effet, ces duels donnent l’occasion d’une introduction animée et d’un final souvent rigolo. Ainsi, Cotton se rendra compte qu’elle n’est pas la seule à apprécier (ou non) les Willows sacrés. En outre, ses ennemis sont également plutôt charismatiques et « kawaii ».

En mode facile, les premiers niveaux du titre sont une véritable balade. L’occasion de se familiariser avec le gameplay mais surtout de comprendre qu’il ne faut pas rater la possibilité de délivrer des fées, d’obtenir de puissants artefacts magiques (au maximum de 5) ou de récupérer de la vie pour mieux appréhender la suite. À vous de ne pas rater l’ennemi qui permet tout cela ! À côté de ça, tirer sur les ennemis sans vous faire toucher et récupérer des bonus pourra augmenter votre puissance de tir jusqu’au niveau 8 !

En fait, tout est plutôt agréable jusqu’à ce que, quelque peu apportée par une monotonie, on meurt accidentellement. Dès lors, en continuant, on se rend compte qu’il va falloir refaire le niveau depuis le début. Qu’à cela ne tienne, on apprend de nos erreurs, et en théorie, tout devrait bien se passer…

 

Un bonbon périmé ?

En recommençant, plus concentré sur l’action, on virevolte pour mieux éviter les tirs et on se concentre sur notre visée. Pas si évident avec cette vue si particulière. Heureusement que l’on bénéficie d’une cible ! Ce qui n’est malheureusement pas le cas de votre coéquipier qui devra tirer « à l’aveugle ». Pourtant, force est de constater que son aide est précieuse et salvatrice. De fait, nous essayons aussi de verrouiller un ennemi récalcitrant, mais on se rend compte que ce verrouillage agit un peu de sa propre initiative et qu’il est automatique. Pas besoin d’appuyer sur les boutons, ça ne sert à rien. À moins que je ne sois passé à côté d’une info cruciale ? En l’absence de livret, même virtuel, difficile de savoir… c’est également le cas concernant les pouvoirs spéciaux.

Le tir de méga bombe dépend de la couleur de l’artefact récupéré. Le rouge fera apparaître un dragon tandis que le bleu vous protégera d’un bouclier… ou fera apparaître des éclairs. Quant au vert, une pluie d’étoiles s’abattra sur les ennemis. Dans les faits, l’appel à ces méga bombes s’avère assez décevant. Visuellement, c’est peu spectaculaire et mou… Il arrive que votre tir de dragon n’atteigne même pas sa cible ou que vos éclairs ne fassent aucun dommage au boss !

Cette mollesse n’est malheureusement pas propre au super pouvoir… C’est finalement le rendu général du titre. Tout paraît quelque peu lent et semble manquer d’action. En tout cas, c’est le ressenti perçu avec cette version Switch du jeu et il n’y a pas de raison que ce sentiment général ne se retrouve pas sur les autres supports.

De plus, nous mourons sans trop savoir pourquoi, on tire sans discontinuer sur des ennemis parfois retors et même en difficulté facile “le mid boss” du niveau 5 est trèèèès agaçant. Dès lors, la frustration pointe le bout de son nez. Recommencer les niveaux devient plus une corvée qu’un plaisir. Le fait de délivrer des fées qui viennent nous assister ne sert pas à grand-chose à part nous casser les oreilles avec leurs petits cris horripilants. (Heureusement, on peut les faire taire via le menu des options. Mais, malheureusement, pas en cours de jeu.)

Certes, la possibilité de choisir son chemin dans chaque niveau offre une rejouabilité bienvenue et vous permet de sélectionner un parcours qui vous correspond mieux et que vous trouverez plus facile. Mais au final, l’ennui revient vite pointer le bout de son nez avec cette sensation d’être plus spectateur qu’acteur de l’action.

Au final, le fait de mourir trop rapidement fait montre d’une certaine injustice frustrante. Même les hardcore gamers risquent de passer leur chemin. J’imagine que peu de joueurs auront le courage de recommencer jusqu’à triompher des obstacles pour assister au final de cette histoire pourtant fort sympathique. À noter la présence d’un mode rétro qui vous permet de jouer dans les conditions du jeu sorti sur Dreamcast avec l’écran en 4/3, des graphismes plus archaïques et un rendu écran cathodique. Une possibilité anecdotique mais malgré tout appréciable.

Conclusion

Malgré ces qualités visuelles et sa représentation feel good, Rainbow Cotton déçoit. Le jeu en lui-même n’est pas catastrophique et le travail du studio Kritzeljratz 3000 est réussi mais souffre des défauts du jeu d’origine. Sa maniabilité peu précise, le fait de mourir parfois de façon injuste et l’obligation de recommencer le niveau s’avère plutôt frustrante et prend le dessus sur un ressenti qui était pourtant positif au départ.

Gare à l’indigestion. Personnellement, je suis passé à côté de Rainbow Cotton et n’ai pas pu fermer les yeux sur ses défauts. Le titre semble donc réservé aux plus fanatiques de la sorcière Cotton. Les personnes plus sensées lui préféreront ses aventures classiques en 2D.

Rainbow Cotton

0.00
5.3

Note

5.3/10

POINTS POSITIFS

  • Des boss originaux et kawai
  • Des cinématiques visuelles animé vintage fort agréable et plein d'humour
  • Le mode 2 joueurs
  • Une aventure colorée

POINTS NÉGATIFS

  • Une maniabilité peu précise d'un autre temps
  • L'obligation de recommencer le niveau si on continue
  • Les pouvoirs spéciaux peu spectaculaires
  • Un niveau 5 frustrant, même en facile
  • Globalement "mou"
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yancha

Rédacteur avec pas mal d'XP au compteur ayant grandi avec les bornes d'arcades à l'ère 8 et 16 bits.

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