Prince of Persia

C’est demain, jeudi 18 janvier, que sort officiellement Prince of Persia: The Lost Crown, dernier épisode en date d’une licence initiée par Jordan Mechner dans les années 80. Disponible sur tous les supports actuels, Geeknplay a eu le privilège de tester la version Nintendo Switch grâce à un code fourni par Ubisoft. Si vous avez vu la note, vous savez d’ores et déjà que le titre s’impose comme un must-have pour tout joueur sensible au titre en représentation 2D de style metroidvania. Laissez-nous donc vous dire pourquoi.

Préambule, l’histoire de la franchise.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, impossible de ne pas vous parler de l’histoire du Prince de Perse qui a traversé les décennies avec un nombre limité de titres mais à la qualité très souvent remarquable.
C’est en 1989 que sort Prince of Persia sur Apple 2. Le titre est développé par Jordan Mechner, connu pour avoir sorti Karateka, 4 ans plus tôt, à l’âge de 20 ans à peine. Dès sa sortie, le titre impressionne par la qualité de l’animation des personnages. En effet, le jeune programmateur avait utilisé la technique de rotoscopie pour fluidifier les mouvements de ses sprites en filmant son frère. Et ça marche ! Le jeu d’action / aventure labyrinthique se hisse parmi les titres mythiques des jeux vidéos. L’histoire prend place dans la Perse ancienne, où en l’absence du sultan, le grand vizir Jaffar fait régner la tyrannie d’une main de fer. Un seul obstacle demeure entre Jaffar et le trône : la charmante fille du sultan. Comme cette dernière refuse de céder aux avances de Jaffar, ce dernier laisse à la jeune femme une heure pour accepter le mariage, sans quoi elle sera tuée. Le seul espoir de la princesse repose désormais sur un courageux jeune homme élu de son cœur. Mais ce dernier a été enfermé dans les geôles du palais.
Le titre a été traduit en six langues et porté sur une vingtaine de supports et s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires à travers le monde.

De mon côté, c’est sur Super Nintendo que j’ai découvert le titre avec la version japonaise de Prince of Persia. Cette adaptation avait bénéficié pour l’occasion d’une refonte graphique et de 10 niveaux supplémentaires. Un système de mot de passe vous permettait de reprendre votre aventure qui ne devait pas excéder 2h. D’ailleurs, je vous encourage à découvrir la saga avec ce titre si vous en avez l’occasion.

Un deuxième épisode sort en 1993. Plus tard, Red Orb Entertainment développe le premier opus en 3D qui sort en 1999. Mais ce dernier reçoit de mauvaises critiques. Le passage en 3D est réellement réussi avec l’acquisition de la licence par Ubisoft Montréal. Intitulé Prince of Persia : Les Sables du Temps, le titre de 2001 connaît un fort succès critique et public, notamment sur consoles de salon. Il faut dire que la possibilité de rembobiner le temps afin de triompher des épreuves était révolutionnaire et rendait une dynamique non négligeable au titre. Développée sous la direction de Yannis Mallat, la licence s’offre une trilogie qui s’achèvera avec Prince of Persia : Les Deux Royaumes en 2010.

La même année Walt Disney Pictures sort une superproduction hollywoodienne intitulée Prince of Persia : Les Sables du Temps. Le film est réalisé par Mike Newell et voit Jake Gyllenhaal endosser le rôle du Prince pour un sympathique divertissement.
À noter que la Nintendo DS accueille Prince of Persia: The Fallen King en 2009. Un épisode développé par Ubisoft Casablanca qui propose une toute nouvelle direction artistique plus “chibi” et un défi malgré tout relevé qui utilise judicieusement le gameplay au stylet de la console. Outre cette sortie, la licence propose également son lot de spin-off et de romans graphiques.

Alors que le remake des Sables du Temps, annoncé en 2020, est en stand-by depuis un moment, Ubisoft décide de sortir un épisode inédit de la franchise avec Prince of Persia : The Lost Crown. Un nouveau titre plein d’action qui fait le pari de convaincre à la fois le nostalgique et le nouveau venu.
Pari tenu ?

Introduction et premières impressions

Passons aux choses sérieuses et découvrons ensemble les premiers pas dans l’aventure. Lorsque je lance un nouveau titre, j’ai toujours l’habitude de faire un passage dans les options et paramètres. Première stupéfaction, le titre propose pas mal de réglages afin de vous permettre de créer votre aventure sur mesure. Entendez par là que le niveau de difficulté est paramétrable afin de, par exemple, rendre les combats plus faciles et la parade plus aisée. De même, vous pouvez également choisir d’activer une option qui vous fera passer les passages de plateforme trop compliqués en créant un portail pour “sauter” la zone. Vous pouvez également mettre en surbrillance les objets “cachés” tels que les trésors et même demander à ce que l’on vous indique la route à suivre pour ne pas avoir à la chercher.

Cette première impression m’a laissé un certain goût amer. Autrefois, le joueur devait s’adapter à l’objet vidéoludique. Tout juste était-il possible de régler la difficulté générale. Avec Prince of Persia: The Lost Crown, c’est l’objet qui tend à s’adapter aux joueurs. Avec le recul, et dans le cas présent, cette intention est finalement louable et ouvre le média aux plus grands nombres. Ainsi, le néophyte pourra s’immerger dans l’aventure proposée par Ubisoft sans craindre la frustration que peut parfois entraîner ce média. De mon côté, j’ai joué en guerrier du début à la fin de l’aventure sans rien toucher aux paramètres et l’expérience globale fut satisfaisante même si j’aurais dû augmenter la difficulté concernant les combats de boss.

Autre surprise, le choix de la langue vous propose un doublage en persan. Une idée bienvenue qui vise à accentuer l’immersion du voyage au pays des 1001 nuits. Mais en essayant les différentes versions, j’ai finalement opté pour le doublage français qui propose un casting convaincant, notamment avec la voix de Stevie Tomi dans le rôle principal.

Mais assez naviguer dans les menus, il est temps de se lancer réellement dans le feu de l’action!

 

Bataille au pays des 1001 Nuits

Votre odyssée persane débute sur les chapeaux de roues en vous mettant au cœur d’une bataille dantesque contre l’envahisseur Kushan. Apprenez les contrôles basiques de votre personnage pour sauter et attaquer afin de repousser l’ennemi hors de vos frontières. Vous êtes Sargon, le “Rashabar”, un combattant faisant partie des immortels, les combattants d’élite de la puissance perse. Après avoir éliminé des dizaines d’ennemis, c’est à vous qu’il revient de combattre le général Ulvishka. Un combat de boss éprouvant qui se termine avec votre victoire.
De retour à Persepolis, la Reine Thomyris vous félicite en vous offrant un cadeau. Son fils et vos camarades ne sont pas avares en louanges non plus. Alors que tout était au beau fixe, votre mentor, Anahita, en qui vous aviez pleine confiance, commet l’irréparable en kidnappant le Prince Ghassan.
Ni une, ni deux, le commandant Ardashir et ses soldats sont déjà sur les traces de la guerrière. Mais ils auront besoin de l’aide de l’équipe des Immortels pour délivrer le prince des mains de la traîtresse. Cette dernière s’est réfugiée au Mont Qath. Un endroit plein de vie il y a 30 ans, à l’époque du Roi Darius. Depuis sa mort, personne n’a mis les pieds en ces lieux et ceux qui ont essayé semblent n’être jamais revenus.
Il faut dire que cet endroit se retrouve hors du temps et défie l’imagination de tout être humain. Pourtant, il faudra tenir bon si vous souhaitez délivrer votre ami.
Vous êtes néanmoins très loin d’imaginer que cette opération vous changera à jamais, vous et vos amis. Nous vous laisserons découvrir le fin mot de cette histoire par vous-même.

Ainsi, les toutes premières heures de l’aventure sont bourrées d’action et très cinématographiques. Le titre alterne passages contés avec images d’illustration à la direction artistique remarquable, séquences cinématographiques de toute beauté et passages d’action en 2D bien rythmés. Par la suite, on peut noter un certain ralentissement dans le déroulé scénaristique. Même si des boss colossaux sont là, l’histoire en elle-même et son déroulé cinématographique passent un peu au second plan.
Un défaut me direz-vous ? Pas vraiment. Ce sera l’occasion de mieux appréhender le background et gameplay riche du titre.

Action, plateforme dans une immense aire de jeu

Le scénario nous plonge directement dans une histoire palpitante, aux personnages globalement charismatiques à laquelle nous souhaitons connaître le dénouement. Ainsi, le plaisir de jouer à ce titre est bien présent ! Autant vous le dire tout de suite, il est le digne héritier de la franchise mythique de Jordan Mechner. Le nouveau « Prince » que vous incarnez est agile comme un félin et se bat comme un lyon. Armé de ses deux lames (nommées Qaïs et Laïla), rien ne semble pouvoir l’arrêter. Enchaînement de combos sur terre et dans l’air, vous ne laissez aucune chance à vos ennemis. L’esquive est votre meilleure alliée, et si vous voyez une lueur jaune, n’hésitez pas à parer le coup de l’ennemi ! Vous pourrez alors contre-attaquer dans un déluge d’effets spéciaux ! Si toutefois la lueur est rouge, attention ! L’ennemi prépare une attaque imparable ! Moins exploité que dans un titre comme Tails of Iron, les combats sont moins techniques mais particulièrement bien rythmés. En outre, vous récupérerez très vite un arc qui permettra les attaques à distance.

Qaïs et MaOma ne vous quitteront pas ! De nouveaux pouvoirs permettront de découvrir de nouveaux combos, mais n’espérez pas changer d’arme. Néanmoins, et même en l’absence de points d’expérience, la montée en puissance de Sargon est impressionnante. Votre barre de vie s’agrandit en découvrant les artefacts et les nouveaux pouvoirs acquis vous permettront d’être plus à l’aise dans les phases de plateforme et de découvrir de nouveaux passages dans ce labyrinthe géant. Outre l’incontournable Dash, vos nouvelles capacités vous permettront de manipuler le temps pour vous téléporter (pas de rembobinage par contre).

Si cela peut s’avérer décisif dans vos combats, en particulier contre les boss, c’est surtout dans les phases de plateforme qu’ils seront utiles.

La mort sûre !

L’architecte du Roi Darius a décidé de protéger la cité avec des pièges mortels, en particulier des pics acérés. Il vous arrive donc souvent de vous retrouver face à des passages particulièrement exigeants pour récupérer un bonus supplémentaire… qui peut se révéler n’être qu’une pièce sans grande réelle valeur. Néanmoins, les amateurs de challenge ne pourront refuser l’invitation proposée par les développeurs. Vous mourrez souvent, mais à force de persister vous vaincrez les épreuves qui ont le mérite de ne pas être TROP décourageantes comme certains softs du même style peuvent l’être (Hollow Knight en tête).

Ces passages s’avèrent assez originaux et bien amenés. Si vous comptez finir l’aventure à 100%, c’est un passage obligé. D’autant plus que vous aurez également l’occasion de trouver des messages cachés qui viennent renforcer le background de l’aventure et vous permettent d’en savoir plus sur le règne du Roi Darius et sur les spécificités des mythes et légendes revisités par les scénaristes.
Les décors traversés sont nombreux, de la cité aux allées riches et statues colossales, aux catacombes et à la prison, en passant par la montagne enneigée et les forêts luxuriantes. Mention spéciale concernant le passage au bord de mer qui vous permet d’évoluer dans un décor totalement figé. L’effet de surprise et le rendu sont saisissants et particulièrement réussis. Les ennemis sont également nombreux, ainsi que les boss. On regrettera néanmoins l’absence d’une option « illustration » dans les menus afin de découvrir tout le travail effectué par les characters designers et graphistes du titre.

Vous pourrez sauvegarder auprès des arbres Wak Wak et vous téléporter à partir de statues spéciales. Le titre m’a ainsi fait penser à mon aventure dans Afterimage.
De même, une jeune fille vous vendra des cartes pour mieux appréhender votre parcours et mieux savoir où vous rendre.
À ce propos, outre les classiques repères que l’on peut poser sur la carte, notons la possibilité de prendre des « photos instantanés » d’endroits rencontrés. Une véritable révolution dans votre avancée. Nul besoin de prendre des notes ou des screenshots par vous-même, le jeu s’en charge lui-même. Ses fragments de mémoire, aux nombres limités, vous permettront donc de savoir en un clin d’œil pourquoi vous n’arriviez pas à passer par ce chemin.

Globalement, Prince of Persia: The Lost Crown est un metroidvania mêlant action / aventure et plate forme accessible à tous, et c’est tant mieux.

Et les défauts dans tout ça?

Outre la petite baisse de régime scénaristique évoquée, le titre souffre de quelques soucis techniques dans sa version Switch. Ainsi, outre quelques « tremblements » d’images, il arrive que le framerate baisse à certains moments. Toutefois, cela ne vous empêchera pas de progresser.
Par contre, il est arrivé plusieurs fois que le jeu se bloque. Ce fut le cas lors de mon dialogue avec le forgeron par exemple. Il est également arrivé lors d’un combat en vase clos, qu’un ennemi qui a l’habitude de se téléporter, ne réapparaisse pas. Du coup, impossible de s’échapper et de continuer. Néanmoins, j’ai pu reprendre ma sauvegarde et en tuant les deux ennemis d’un coup, j’ai pu contourner le bug.
Plus amusant, il est arrivé que Sargon “glisse” tout seul sur le sol lors d’une phase de dialogue avec Varham.
Plus inquiétant, je n’ai pas souvenir d’une rencontre avec Radjen…
Autrement, personnellement, j’aurais préféré incarner un Varham jeune plutôt que Sargon. Mais c’est un avis personnel totalement subjectif. Le héros de cet opus possède un véritable charisme et incarne parfaitement son rôle. Vous pourrez débloquer de nouveaux costumes d’ailleurs. Dans tous les cas, Sargon devrait vous ravir… (sauf en blond… Faut pas déconner).

Enfin, si l’expérience proposée sur Nintendo est convaincante, nul doute qu’y jouer sur PlayStation 5, Xbox Series ou PC doit réellement rendre honneur au titre. À noter la possibilité de sauvegarder votre partie via le cloud d’Ubisoft. Cela vous permettra de faire votre aventure sur plusieurs machines. À condition, bien sûr, d’avoir plusieurs exemplaires du jeu.

Conclusion

Prince of Persia: The Lost Crown devrait ravir tout type de joueur, du nouveau venu à celui qui a découvert le titre dans les années 80. Jordan Mechner lui-même semble apprécier cette nouvelle aventure. Vous devriez donc également succomber aux charmes du titre d’Ubisoft. Même si j’émettais quelques doutes, notamment sur la difficulté du titre et le character design du personnage principal de l’histoire, force est de constater que je me suis laissé prendre au jeu ! Une fois commencée, impossible de ne pas aller jusqu’au bout ! D’autant plus que le final de l’aventure est particulièrement réussi !

Fidèle à ses racines, avec un background fouillé et des décors somptueux, agrémenté d’un gameplay efficace, il faut vraiment être difficile pour ne pas apprécier Prince of Persia: The Lost Crown.
Cette version Switch est globalement particulièrement soignée et certains patchs viendront sans doute corriger les quelques bugs rencontrés. Pouvoir y jouer partout peut être un véritable atout, même si ce sera sur grand écran que le soft vous réservera toute sa saveur. A fortiori sur une machine moins limitée techniquement que la console hybride de Nintendo. Le cross-play est également un avantage indéniable pour profiter pleinement de l’expérience de jeu.
Bref, Prince of Persia: The Lost Crown marquera sans aucun doute l’histoire vidéoludique du metroidvania d’action et représente un nouvel épisode incontournable de la franchise.

On vous laisse avec une petite galerie d’images

Prince of Persia: The Lost Crown

9.1

Note

9.1/10

POINTS POSITIFS

  • Le mix action/plate forme
  • Saura satisfaire les vétérans et les nouveaux venus
  • Une véritable histoire avec un background riche et un grand final
  • La richesse des environnements
  • Les fragments de mémoire
  • Le compléter à 100% prolongera l'aventure

POINTS NÉGATIFS

  • Un peu court
  • Ne pose pas de réelle difficulté.
  • Quelques soucis techniques et quelques bugs (sur la version testée)
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yancha

Rédacteur avec pas mal d'XP au compteur ayant grandi avec les bornes d'arcades à l'ère 8 et 16 bits.

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