TEST – Tails of Iron

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Avis Tails of Iron

Présenté lors de la Gamescon 2021, le titre indépendant du studio oddbug ne nous avait pas laissez indifférents. Avec sa direction artistique et son gameplay brutal le titre s’annonçait prometteur. Il faut dire que Tails of Iron porte bien son nom*. En effet, les aventures de ce peuple de rat vous invitent à partager un véritable conte des temps modernes. Le jeu est sorti le vendredi 17 septembre et il faut bien avouer que le jeu ne déçoit pas. Ainsi, on parcourt cette aventure vidéoludique comme on dévore un livre richement illustré tout droit sorti de notre enfance. Installez-vous confortablement, baissez la lumière, et laissez moi vous conter l’histoire du jeune Redgi.

Prologue

Avis Tails of Iron

 

Tails of Iron vous plonge dans une aventure épique qui raconte l’histoire d’un peuple de rats évoluant dans un monde moyenâgeux brutal. Grâce à Ruttus, un Roi puissant, le peuple des rongeurs réussit à s’unir et à repousser les attaques du clan des grenouilles belliqueuses, leur ennemis mortels C’est ainsi que le royaume et son peuple prospère durant un certain temps. Toutefois, les années s’écoulent et le puissant souverain s’affaiblit peu à peu, subissant ainsi les affres du temps. Il est désormais temps pour lui de désigner de son vivant son successeur parmi ses fils.

 

Le jeu vous propose d’incarner Redgi, le dernier né des fils du Roi. D’apparence chétive, le rongeur se montre volontaire et intrépide. A peine levé, il enfile son amure et part s’entrainer afin de découvrir les bases du combat. Simple et efficace, le gameplay repose sur un principe d’esquive, garde et contre attaque. Mais nous y reviendrons plus tard car il est temps pour notre compagnon de se diriger vers l’arène afin de se confronter à son puissant frère. Tous les habitants du royaume sont présents pour encourager le jeune prince. La liesse populaire est à son paroxysme, l’effervescence est totale. Redgi compte bien faire mentir les pronostics et espère bien être le digne héritier de son père et coiffer sa crête de la couronne royale.

Le combat commence alors sous les acclamations des spectateurs venus nombreux voir le combat. Les attaques du grand frère sont puissantes mais la garde de Redgi tient bon. Rapide, le jeune rat esquive les coups et parvient même à repousser les assauts de son adversaire. Ces contre attaques sont moins dévastatrices mais nombreuses ! Tant est si bien que, contre toute attente, le plus jeune des rats l’emporte sur son aîné. Emu, il s’apprête à recevoir la couronne des mains de son père, quand soudain une lance vient transpercer la poitrine du souverain. Le bout de métal glisse entre ses doigts tandis qu’une armée de batraciens se déverse dans l’arène en massacrant les malheureux rongeurs se trouvant sur leur passage. A leur tête, le monstrueux Green Wart se dresse face au nouveau roi. Hélas Redgi, épuisé, ne peut rien et subit la violence des coups de l’imposante grenouille. Sa vision s’obscurcit et notre jeune héritier s’écroule…

Chapitre I – Relève toi, fils de Roi

Avis Tails of IronLaissé pour mort, notre protagoniste reprend peu à peu ses esprits. Il pleut sur le royaume. Eau et sang se mélange dans l’arène qui a vu son sacre et le meurtre de son père, ainsi que le massacre de ses congénères. Leurs cadavres jonchent le sol. Redgi se relève alors. Son armure lui a été volée et il ne lui reste plus rien… sauf sa rage et sa haine envers le peuple des grenouilles !
Saisissant une arme, il n’a alors qu’un seul but ! Se venger de l’horrible peuple vert et reconstruire le royaume qui désormais lui appartient. Mais le voyage sera long, semé d’embuche et brutal. D’autant plus, que les grenouilles ne sont peut-être pas le seul fléau qui le guette.

Vous l’aurez compris, les premières minutes passées dans Tails of Iron et résumées ci-dessus pose le décor. Ce conte là n’a rien de féérique et n’est certainement pas destiné aux enfants. D’ailleurs, le PEGI le déconseille au moins de 16 ans. Dans cette dark fantasy, classique dans son histoire, mais originale de par ses protagonistes, action et aventure se mélangent dans un jeu entièrement en 2d à l’esthétisme remarquable. En effet, tous les décors et personnages ont été fait à la main avant d’être retranscrit numériquement pour le plus grand plaisir de nos yeux. La comparaison avec les livres d’images pour enfants n’est pas anodine. Le travail de l’artiste et animateur Daniel Robinson est remarquable. Nous avons vraiment l’impression de nous balader dans un conte sauvage de notre enfance. Sauf qu’ici, nous avons une manette et que nos réflexes seront nos meilleurs alliés pour découvrir le dénouement de cette histoire épique.

Chapitre 2 – L’art de la guerre

Avis Tails of IronComme vu précédemment, le gameplay repose sur un principe simple d’esquive, garde et contre attaque. Lorsqu’un ennemi prépare un coup imparable un symbole rouge apparait au dessus de lui. Si son attaque peut être parée la marque sera grise. Si cette dernière est jaune ce sera le moment de faire jouer vos réflexes car vous pourrez contrer votre adversaire et le déstabiliser. Sonné, il faudra en profiter pour tenter de l’achever. Redgi ne montre aucune pitié envers ses adversaires et son armure finit toujours maculer du sang de ses victimes. Choisissez votre arme parmi lances, épées, hache ou le fléau pour vaincre les créatures se dressant devant vous. Les attaques changent suivant l’arme et vous pouvez également porter des coups chargés dévastateurs. Plus tard dans l’aventure vous pourrez vous servir d’une arme à deux mains très efficace pour déstabiliser vos adversaires. Enfin, équipé d’un arc, d’une arbalète ou d’un fusil vous pourrez également faire pleuvoir une pluie de projectile jusqu’à pénurie de munitions. Le poison est également efficace pour vous défaire de vos adversaires.

Ceux-ci ne se limitent donc pas aux grenouilles, et vous aurez l’occasion de croiser nombre d’insectes et de moustiques ainsi que des créatures monstrueuses que je vous laisse la joie de découvrir. N’oublions pas que lorsque l’on a la taille d’un rat, certains insectes peuvent s’avérer plus gros que vous ! De quoi faire des cauchemars ! Heureusement, Redgi pourra s’équiper d’armures de plus en plus performantes. Certaines se permettent même le luxe de vous octroyer un bonus de défense contre un type précis d’ennemis. Attention toutefois à bien savoir doser le rapport poids / efficacité.

Avec un équipement trop lourd vos déplacements seront nettement moins rapides mais vous protégeront efficacement contre les attaques ennemies. A contrario, une armure légère vous permettra des roulades rapides. A vous de voir quel est votre type de gameplay préféré.
Mais ce type de dilemme se posait déjà dans des jeux comme The Elder Scrolls ou la série « Souls ».

A noter qu’il n’y a pas de temps mort durant les combats. Votre équipement se change lorsque vous trouvez des coffres et il faudra vous soigner via une gourde remplit de jus d’insecte en temps réel. La phase d’apprentissage prend un peu de temps mais la montée en puissance est remarquable. Tails of Iron n’est pas un RPG dans le sens où il n’y a pas de monté de niveau et de stats. Ici, un peu à la manière d’un Zelda, c’est votre équipement qui vous rend plus fort. Nul besoin de farmer pendant des heures, le jeu va droit au but ! Il y a bien quelques allers-retours pour accomplir certaines quêtes annexes mais rien de réellement rédhibitoire ou d’ennuyeux. Les ennemis et boss sont nombreux et les combats peuvent sembler punitifs au premier abord. Vous mourrez souvent, pourtant, après un nombre plus ou moins important d’essais vous comprendrez le pattern de votre adversaire et pourrez alors le vaincre. Sous ses airs de Metroidvania, Tails of Iron s’avère plutôt un jeu d’action pur jus, avec un petit côté old school qui est loin de déplaire.

Chapitre 3 – Influences et clins d’œil

Avis Tails of IronTails of Iron est un hommage à différents types de jeu ayant marqué tout joueur qui se respecte. Niveau esthétique on aurait tendance à penser aux graphismes vu dans l’excellent The Darkest Dungeon. Son système de jeu tout en 2d s’apparente au jeu d’action 16 bits des années 90’s. Les décors sont fouillés et voir des personnages s’animer au premier et à l’arrière plan fait toujours son petit effet. Notamment quand il s’agit d’un boss que nous nous apprêtons à combattre. La map est assez grande mais Tails of Iron n’est pas un metroidvania. Pourtant, je n’ai pu m’empêcher de penser à Hollow Knight durant ma partie. Certes, les jeux sont très différents mais j’ai éprouvé le même type de plaisir à y jouer. De plus Redgi s’assoit également sur un banc pour sauvegarder et certains décors et ennemis font irrémédiablement penser au chef d’œuvre du studio Team Cherry.
Mais la principale influence semble bien venir des jeux de From Software. Comme dans un Demon’s Soul, l’écran de game over s’affiche souvent et, nous l’avons vu, le principe d’équipement y fait également penser.

Avouez qu’il y a pire comme référence. Outre cet hommage vidéoludique, Tails of Iron propose également son lot de clins d’œil à la pop culture. Ne vous étonnez pas lorsque vous découvrirez un boss maniant un marteau tel une divinité nordique ou un lutteur rappelant le célèbre catcheur Hulk Hogan. Enfin, soulignons la présence de Doug Cockle en tant que narrateur de l’aventure. Si son nom ne vous dit rien, sachez qu’il a prêté sa voix à Geralt de Riv dans la série de jeux vidéo The Witcher. Sa narration contribue grandement à rendre cette épopée épique. D’autant plus qu’à part lui, personne ne parle. Les rats émettent le sifflement de flutes lorsqu’ils communiquent et des bulles de dialogue imagé nous permettent de savoir de quoi il parle. Comme dans certains livres d’image en somme !

Petit bémol dans tout ça l’absence d’une bande son grandiose. En effet, il n’y a pas de vrais thèmes qui auraient pu rendre l’aventure encore plus épique et immersive. Mais ne gâchons pas notre plaisir pour si peu. Malgré sa durée de vie assez courte qui est compensée par un mini prix, Tails of Iron mérite que l’on s’y attarde. A fortiori si vous aimez les jeux d’actions/aventure en 2d.

Conclusion

Le studio Odd Bug nous offre avec Tails of Iron une aventure rafraichissante sans prétention mais qui arrive à nous surprendre par ses qualités. Publié par United Label, certains pourront lui reprocher sa durée de vie courte et une exploration qui aurait pu être plus poussée mais Tails of Iron n’a pas besoin de ça pour être un magnifique divertissement. L’histoire de Redgi mérite votre attention et le jeu vous propose un gameplay parfait sans réel bug. Pour un coup d’essai c’est un coup de maître !
Si ce test a été réalisé sur Nintendo Switch, sachez que le jeu est disponible sur TOUS les autres supports actuels (PlayStation 4 et 5, Xbox One et Series, PC). Pour plus d’info, rendez-vous sur nos précédents articles.

*Tails veut dire queues en anglais mais sa prononciation le rapproche également de tales qui veut dire conte.

Tails of Iron

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8.7

Note

8.7/10

POINTS POSITIFS

  • La direction artistique proposée par Daniel Robinson
  • Un gameplay simple et efficace qui va droit au but
  • Un vrai plaisir à jouer
  • Le rapport qualité / prix

POINTS NÉGATIFS

  • L’OST pâlichonne
  • Un peu court
  • … c’est tout

yancha

Rédacteur avec pas mal d'XP au compteur ayant grandi avec les bornes d'arcades à l'ère 8 et 16 bits.

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