TEST – Persona 5 Strikers

yancha
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Temps de lecture:10 Minutes

P5S

Un an après sa sortie au Japon, Persona 5 Strikers s’exporte et compte bien démontrer que la franchise peut être déclinée en Musō. Vous savez, ce genre de hack’n slash qui est né avec les Dynasty Warriors et dont le spin off de Zelda, Hyrule Warriors : l’Ère du Fléau en est le plus récent exemple. Un pari osé de la part de l’éditeur Atlus et Koeï Tecmo, mais lorsque l’on sait que ce sont les studios Omega Force et P-Studio qui se sont penchés sur le gameplay du jeu, nous ne pouvions qu’espérer le meilleur. Le pari est-il tenu ? GeekNPlay vous propose sa réponse à travers mon test réalisé sur Nintendo Switch et garanti sans spoils !

Un Musō ? Kézako !

P5SAvec sa série des Shin Megami Tenseï et son spin off Persona, la société japonaise Atlus a su montrer qu’elle avait un savoir faire concernant les jeux de rôle. En proposant une histoire qui se passe dans un monde contemporain, et donc, en éloignant de l’héroïc fantasy ou du cyberpunk, la série a su se forger une personnalité propre qui a su gagner en intensité au fur et à mesure des progrès techniques de nos consoles. Il aurait était en effet impensable de proposer un spin off estampillé Musō de Persona 5 avec un rendu aussi convaincant il y a 20 ans.

Pour résumer, on peut dire que ce style est né avec la série des Dynasty Warriors dès 1997 sur PlayStation. Sorte de beat’em all survitaminé, il voit s’affronter des héros contre des centaines d’ennemis simultanément. Bien sûr, les boss sont de la partie, la technique aussi, mais les premiers pas dans le genre sont toujours un peu brouillon pour ne pas dire bordélique. A noter, l’incursion de Hokuto No Ken dans ce style, malheureusement le jeu proposait un rythme lent et une redondance qui calmait les ardeurs du plus grand fan de l’homme aux sept cicatrices. Bref, plus récemment, Nintendo, avec son univers autour de Zelda, a su montrer qu’une franchise connue pouvait être adapté en Musō sans perdre son âme et en étant agréable à jouer. C’est ainsi qu’Atlus, en gardant l’essence de ce qui fait « Persona », nous propose, au même titre que Nintendo, un nouvel épisode réussi de sa franchise mais dans un tout autre style. Et le pari est réussi ! Avant de parler du gameplay proprement dit, il est temps d’aborder ce qui fait la richesse du titre, mais qui est également son plus grand défaut… Je veux parler du scénario.

Les voleurs fantômes sont de retours.

P5S Dans Persona 5 Strikers, nous incarnons à nouveau Joker et retrouvons avec joie sa bande d’amis composé de Skull, Mona, Panther, Fox, Queen, l’Oracle, Noir et Crow. Le jeu se déroule 6 mois après les événements de Persona 5. Alors que nos protagonistes sont en vacances, ils découvrent que certains de leurs concitoyens semblent avoir perdu la raison. Leur investigation les amènera à se rendre compte qu’une nouvelle application pour smartphone nommée Emma (qui repose sur une IA) leur permet de retourner dans le métavers.

Ainsi, nos protagonistes vont devoir reprendre du service ! Ils seront accompagnés dans leur aventure par la mystérieuse Sophie et croiseront nombre d’ennemis et de personnages secondaires charismatiques ! Ah… Vous ne connaissez pas les protagonistes et vous ne savez ce qu’est le métavers ? Alors, n’y allons pas par quatre chemin vous allez être complètement largués ! Lorsque vous lancez le jeu pour la première fois vous allez assister au générique anime aux graphismes et à la bande son très réussi du titre. Puis, une fois démarré votre partie vous allez être directement propulsé dans le cœur de l’action. Ceci afin que vous puissiez vous rendre compte du potentiel « hack’n slash » du titre. Après cette baston qui vous rend Ko car elle vous assène un max de tuto en un minimum de temps, le jeu repars un peu dans le passé au moment où votre avatar retrouve ses amis au café blanc… Dès lors, ce n’est pas moins de 4h de blablas et d’exploration limitée qui vous attendent !!! Ainsi, inutile de vous dire que si vous ne connaissez pas les protagonistes vous allez être complètement largués et passerez à côté de nombreuses références au titre sorti en 2016 sur PlayStation 4. (dont vous trouverez le test détaillé ici)

Car, oui, je vous avais prévenu, cet épisode reprend l’essence même des Persona. C’est-à-dire de l’exploration entrecoupé par de nombreux dialogues style visual novel (dont la majorité sont doublés), d’amélioration de Persona et de baston. Toutefois, il est vrai que la dimension sociale pour faire évoluer les Persona est moins poussée que dans les jeux d’origines. Par contre, ceux qui pensaient se retrouver face à un hack n slash classique à la durée de vie courte vont vite déchanter. Les fans, eux, se lécheront les babines face à l’immersion qui leur ouvre les bras dans cette suite scénaristique de leur J-RPG préféré. Toutefois, une alternative intéressante pour ceux voulant profiter du titre sans pour autant sacrifier une centaine heures de leur vie sociale est possible. En effet, Persona 5 a été adapté en manga en VF via Mana Book (en cours) et est disponible en anime via Wakanim (série intégrale et finie). Pour avoir vu l’anime, la trame est grosso modo la même que la version vidéoludique et on retrouve les doubleurs, le design et la bande son du jeu. En tout cas, cela permet aux non initiés d’appréhender plus sereinement Persona 5 Strikers sans s’interroger sur le fait qu’il y ait un put*** de chat qui parle et se transforme en camion dans ce jeu !!!

Un gameplay que les puristes apprécieront.

P5S Le jeu peut être divisé en 3 étapes distinctes:  La balade en ville où les enquêteurs doivent trouver des preuves que les choses ne se passent pas comme elles le devraient, les (longs) dialogues qui font avancer le scénario et la personnalité de nos acolytes, et, enfin, l’exploration du métavers où vous devrez vous frayer un chemin à force d’infiltrations et de combats afin de vous confronter à la personne atteinte de métanoïa qui, une fois « purgée », permettra de rendre la liberté aux personnes dont elle a volé les désirs. Ca peut paraître bizarre exprimer comme ça, mais tout prend son sens manette en main.

Au premier abord, les phases de combat peuvent sembler (très) brouillonnes. Il est vrai que c’est un joyeux bordel organisé et on se retrouve vite submergé par les infos qui nous assaillent de toute part. Sachez que votre équipe est constituée de Joker et de 3 autres acolytes aux choix et que vous pouvez changer dès que vous le souhaitez. D’ailleurs le système de combat vous incite à le faire régulièrement pour maximiser les combos et les dégâts. D’autant plus qu’une jauge de coup spécial se remplit progressivement et vous permet de balancer toute la rage de votre avatar dans une séquence très stylisé. De même, en surprenant un adversaire ou en visant ces faiblesses, vous pourrez intervenir pour que toute votre équipe se déchaîne en même temps pour éliminer la menace. En résumé, si les premiers combats sont… compliqués, et vous oblige à revoir le degré de difficulté choisi dans les options (un changement qui n’a d’ailleurs aucune conséquence dans le jeu), force est de constater qu’on apprécie vite le système. D’autant plus qu’en sélectionnant un objet, un persona ou en dégainant son arme à feu, le temps se fige et permet d’appréhender plus sereinement la suite du combat. L’occasion de se rendre compte également que des éléments du décor peuvent vous servir pour atteindre plus facilement la victoire. Avancé discrètement et surprendre l’ennemi en lui arrachant son masque est très jouissif et, dans ce cas là, les combats peuvent durer moins d’une seconde.

Mais au fait, c’est quoi un Persona ? En gros c’est le « soi » d’un personnage dans la vision Freudienne d’un individu. L’avatar de ce qu’il est au fond de lui. Si votre équipe n’en possède qu’un, le héro, Joker, peut en acquérir plusieurs et même les faire fusionner. Ce qui permet d’avoir de nouvelles créatures issues du folklore ou de mythes plus ou moins connus de tous. C’est là qu’intervient Lavenza qui vous attend dans la Velvet Room. Ne me demandez pas où est passé Igor… Deux vierges de fer ont remplacé la guillotine pour des fusions encore plus spectaculaire (à voir en vidéo ici). Par contre le développement du niveau de votre Persona n’a pas de lien avec votre affinité avec les PNJ. Ceci simplifie (trop?) grandement le jeu et vous évite des interactions avec une tonne de protagonistes secondaire. Toutefois, je le rappelle, le côté blabla n’a pas disparu et sert, ici aussi, un scénario complexe.

En résumé : Un scénario fouillé pour une aventure jouissive pleine d’action

P5S L’histoire est dense, réserve ses surprises et propose son lot de rebondissements. Les thèmes abordés sont d’actualité et l’aventure est passionnante. Elle vous propose de voyager à travers des endroits emblématiques du pays au soleil levant. Il arrive de perdre la notion du temps tant nous sommes happés par l’aventure. Même les (longues) phases de dialogue paraissent dynamiques avec ses gros plans sur le visage des protagonistes à des moments clés. De plus, comme son ainé, le jeu à bénéficier d’une traduction française intégrale qui, même si certaines fautes vous feront tiquer, permet à tout un chacun d’essayer l’aventure sans dictionnaire ou google trad sous la main.

Toutefois, pour apprécier pleinement Persona 5 Strikers il faut quand même savoir apprécier la culture japonaise et ses gimmicks. Les délires autour des spécialités culinaires de chaque endroit que vous visiterez durant votre road movie vidéoludique sont légions, et il faudra montrer à vos camarades vos talents de cuisiniers. Il y a même le fameux moment détente dans un Onsen (bain thermal japonais). De plus, le jeu propose son lot de quêtes annexes (après une quinzaine d’heures de jeu) qui vous proposent par exemple de retourner (avec plaisir) dans les endroits du multivers visités. Ainsi, vous l’aurez compris, le jeu ne se finit pas en 20h, même en ligne droit, et vous en aurez pour votre argent ! A noter que si les dialogues vous gonflent trop, la touche X permet de les zapper. Mais passer à côté des répliques de l’équipe représente un crime de lèse majesté.

Conclusion :

Vous l’aurez compris en lisant ce test, Persona 5 Strikers divise. Personnellement, ayant une certaine affinité avec la culture japonaise issue de la pop culture, les RPG, le hack n slash et ayant visionné la série Persona 5 Anime j’ai su apprécier pleinement l’aventure proposé par Koei Tecmo et Atlus. De plus, le jeu est très joli sur Switch. En effet, malgré un aliasing un peu trop présent, les phases d’action ne souffrent d’aucune chute de framerate ou bug significatif. Par contre, il faut être conscient qu’un néophyte de Persona 5 plutôt hérmétique au fan service japonais et au visual novel ne pourra pas « s’éclater » avec ce jeu. A fortiori sur PlayStation 4 où le jeu semble ne pas être guère plus beau que sur Nintendo Switch. Ainsi, si c’est votre cas, vous pouvez diviser la note finale par 2 ! De mon côté, je ne vais pas bouder le plaisir que j’ai ressenti à partager l’aventure aux cotés des voleurs fantômes !
A noter que la version physique édité par Koch Media contient un code afin d’obtenir un art books, la Bande son et la vidéo des coulisses des musiques « You are Stronger » et « Towards a Dream ».

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Persona 5 Strikers

9

Note

9.0/10

POINTS POSITIFS

  • Le retour des Voleurs Fantômes dans un road movie au scénario captivant
  • La direction artistique et le charme qui s’en dégage
  • Le sous titrage français et le choix du doublage en japonais
  • Un mélange des genres réussis !
  • Morgana

POINTS NÉGATIFS

  • Ne convaincra pas tout le monde et fera fuir les néophytes
  • Des phases de dialogues quand même longues
  • Baston parfois bordélique
  • Des musiques réussies mais certains thèmes sont lassants !

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