Critique – Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba La Forteresse Infinie

Chez GeekNplay, vous le savez, on adore les mangas et les animes ! Cette année, on s’est déjà régalés avec des pépites comme Dandadan signé Science Saru ou encore Gachiakuta par le studio Bones. Mais aujourd’hui, on s’attaque à un monument que tout le monde connaît : Kimetsu no Yaiba !Le manga de Koyoharu Gotōge fait un véritable carton depuis quelques années. Pourtant, à sa sortie, l’œuvre n’avait pas vraiment trouvé son public, surtout en France où les ventes restaient timides. Mais tout a basculé quand le studio ufotable a pris les rênes de l’adaptation animée : résultat, Kimetsu no Yaiba est devenu l’un des plus grands succès de la sphère manga/anime, au point de dépasser en entrées l’intouchable Voyage de Chihiro.

Après trois saisons et un film déjà disponibles, l’aventure prend désormais une tournure inédite : plutôt qu’une nouvelle saison de 12 ou 24 épisodes, la fin de l’histoire sera adaptée en trois films distincts. Un choix audacieux… mais qui paie déjà, puisque le premier film cartonne au Japon et dans le monde.Alors, ce long-métrage de la fin de Kimetsu no Yaiba tient-il toutes ses promesses ? Est-il à la hauteur de nos attentes (très élevées) ? On vous dit tout, sans spoil, de notre visionnage du film de plus de 2h30 dans une petite salle parisienne grâce à Crunchyroll !

Retour sur l’histoire de Demon Slayer

Si certains d’entre vous connaissent Kimetsu no Yaiba uniquement par son adaptation en anime, il est important de revenir aux origines pour comprendre le phénomène. L’œuvre naît sous la plume de Koyoharu Gotouge, jeune mangaka originaire de Fukuoka qui, avant Demon Slayer, s’était déjà essayé à quelques one-shots publiés dans le Weekly Shōnen Jump. En février 2016, le magazine accueille le premier chapitre de Kimetsu no Yaiba, un shōnen sombre dans un univers japonais à l’ère Taishô où se mêlent tragédie, horreur et combats intenses. Avec son style graphique contrasté, des planches au découpage nerveux et un ton beaucoup plus dramatique que la moyenne, l’œuvre se démarque rapidement… mais ne fait pas un carton immédiat.

Côté ventes, le manga démarre timidement : au Japon, les premiers tomes circulent, mais sans atteindre les sommets de One Piece ou My Hero Academia. En France, le titre est publié par Panini dès 2017, mais peine à convaincre. Les chiffres de ventes restent très en dessous des espérances, au point que certains libraires rapportaient qu’il dormait sur leurs étagères. Anecdote amusante : avant l’anime, Kimetsu no Yaiba comptait à peine 3,5 millions d’exemplaires en circulation, un chiffre correct mais loin d’annoncer la vague qui allait suivre.

Car oui, tout change en avril 2019 avec l’arrivée de l’anime signé ufotable. Le studio, déjà connu pour Fate/Zero, sublime l’œuvre grâce à une animation d’une fluidité incroyable et des combats chorégraphiés comme jamais. La fameuse séquence de Tanjiro et Nezuko face à Rui (épisode 19) devient virale, et d’un coup, le manga explose. Les ventes passent de 12 millions à 25 millions d’exemplaires en quelques mois seulement. En 2020, la série dépasse même One Piece dans les classements Oricon, ce qui relevait presque de l’impensable à l’époque.

À partir de là, c’est l’ascension fulgurante. En octobre 2020, le film Mugen Train pulvérise le box-office japonais, devenant le plus gros succès du cinéma nippon devant Le Voyage de Chihiro. Koyoharu Gotouge, jusque-là plutôt discret·e, reçoit le Noma Publishing Culture Award, puis le Tezuka Osamu Cultural Prize et même le grand prix de la Japan Cartoonists Association. Aujourd’hui, la série a dépassé les 220 millions d’exemplaires en circulation dans le monde, dont plus des deux tiers rien qu’au Japon.

Une fin d’histoire en 3 parties

Mais comme on dit souvent, toutes les bonnes choses ont une fin… et Kimetsu no Yaiba ne fait pas exception. Le manga s’est conclu en 2020 après plus de 4 ans de publication, laissant un grand vide chez les fans. Si la fin a divisé une partie de la communauté, l’anime, lui, a su mettre tout le monde d’accord. Avec trois saisons de haute volée, ufotable a sublimé l’histoire et ses personnages grâce à une animation et une intensité toujours au rendez-vous.

On aura donc suivi Tanjiro Kamado tout au long de son périple pour redonner forme humaine à sa sœur Nezuko, transformée en démon par nul autre que Kibutsuji Muzan, l’ennemi juré et créateur des démons. Logiquement, beaucoup s’attendaient à voir la fin de l’œuvre adaptée en plusieurs saisons classiques… mais le succès phénoménal du film Le Train de l’Infini a changé la donne. Résultat : ufotable a pris le pari audacieux de conclure Kimetsu no Yaiba sous la forme d’une trilogie de films, chacun centré sur les trois grands arcs finaux et les affrontements décisifs entre nos héros et les derniers démons de Muzan.

Un choix qui divise. D’un côté, le format cinématographique promet un spectacle visuel à couper le souffle, digne des plus grandes productions. De l’autre, l’attente entre chaque film est longue, et le fait de ne pas voir l’ensemble des pourfendeurs briller en même temps peut frustrer. Mais soyons honnêtes : quand il s’agit de Demon Slayer, on sait déjà qu’on sera au rendez-vous.

Le premier film de cette trilogie s’attaque donc à l’arc de la Forteresse de l’Infini, où Tanjiro, Zenitsu (beaucoup plus sérieux que d’habitude), Giyu et Shinobu mènent le front face aux démons, tandis que les autres Piliers apparaissent dans des rôles plus secondaires. Attendez-vous à des retournements de situation, des révélations encore inédites et des flashbacks poignants dévoilant aussi bien le passé des héros que celui des démons.

Émotions, combats et flashback, la recette qui marche

L’une des grandes forces de Kimetsu no Yaiba, c’est son rythme équilibré entre scènes d’action explosives et phases plus stratégiques. Les combats ont évidemment marqué le public, avec leurs chorégraphies spectaculaires : Tanjiro, Zenitsu ou Inosuke qui virevoltent, sabre à la main, pour tenter de décapiter leurs ennemis démoniaques. Mais au-delà du simple spectacle visuel, il y a une vraie dimension tactique. Chaque pourfendeur possède un style unique, un “Souffle” qui définit sa manière de se battre : le Souffle de l’Eau pour Giyu, celui de la Foudre pour Zenitsu, ou encore le souffle du Feu héritée de Tanjiro. Ces techniques sont autant d’occasions de mettre en valeur l’art de l’épée, tout en exploitant le point faible des démons : leur cou.

Ce qui rend Kymetsu No Yaiba populaire, c’est également la réflexion en plein combat. Les pensées des personnages, surtout celles de Tanjiro, apparaissent à l’écran et nous plongent directement dans leur stratégie. Alors oui, parfois ça peut sembler casser un peu le rythme ou donner une impression de répétition en pleine action, mais au final, ça permet de mieux comprendre la subtilité des affrontements.

Autre ingrédient incontournable : les flashbacks. Que ce soit Zenitsu et son grand-père, Tanjiro et la danse du feu de son père, ou encore les souvenirs tragiques de certains démons, tout est interconnecté. Et l’anime joue sur l’humanité brisée des démons car ils suscitent de la sympathie. Prenez Akaza par exemple : responsable de centaines de morts dont Rengoku et pourtant, à travers son passé, l’auteur réussit à éveiller une certaine empathie… au point de troubler notre vision manichéenne du récit.

Certes, certains flashbacks peuvent sembler un peu longs (notamment sur la fin), la narration reste très classique dans sa construction et le rythme parfois tronqué par des scènes très longues et peu intéressantes. Mais cette abondance de détails et de révélations enrichit le film.

Une animation qui dépasse nos attentes

Pour ceux qui ont déjà posé les yeux sur Kimetsu no Yaiba, vous savez que l’animation joue un rôle central dans son succès… et ce n’est pas pour rien ! Ufotable a réussi à transformer chaque combat, chaque émotion et même chaque flashback en un véritable spectacle.

Dès l’ouverture du film, quand tous les pourfendeurs chutent dans la forteresse de Muzan, la mise en scène est à couper le souffle. La séquence mélange habilement la 3D et la 2D : des bâtiments immenses, qui s’étendent à perte de vue et se déforment comme dans un cauchemar, cohabitent avec des personnages au style du manga. Le contraste fonctionne à merveille et accentue cette sensation de vertige. On a presque la nausée en suivant la caméra, tant la chute semble réelle et l’immersion totale.

Mais ce n’est pas seulement une question de technique. Ufotable réussit à donner une âme graphique à l’histoire : les couleurs saturées qui explosent lors des attaques élémentaires, les effets de lumière, ou encore les ralentis qui transforment un coup de sabre en moment iconique.

C’est cette osmose entre technologie et émotion qui fait de Kimetsu no Yaiba un anime hors norme. Là où beaucoup d’adaptations se contentent de “mettre en images” le manga, ici on a une œuvre qui repousse les limites de l’animation japonaise actuelle. A noté que le film peut être vu en VF ou VO mais on préfère quand même les voix japonaises avec les voices actors !

Conclusion

Avec Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba La Forteresse Infinie, Ufotable n’a pas seulement adapté un manga populaire : le studio a transformé le film en expérience audiovisuelle hors norme. Entre une animation à couper le souffle, des combats dynamiques et des flashbacks qui ajoutent une dose d’émotion, l’anime repousse sans cesse les limites. Certes, tout n’est pas parfait, certains trouveront les flashbacks un peu longs ou le rythme inégal, mais force est de constater que l’œuvre est entrée dans la cour des grands, au même titre que les classiques modernes. Après visionnage, sans aucun doute, Kimetsu no Yaiba continuera de captiver et d’émerveiller le public encore longtemps.

Conclusion

9,1/10
Avec Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba La Forteresse Infinie, Ufotable n’a pas seulement adapté un manga populaire : le studio a transformé le film en expérience audiovisuelle hors norme. Entre une animation à couper le souffle, des combats dynamiques et des flashbacks qui ajoutent une dose d’émotion, l’anime repousse sans cesse les limites. Certes, tout n’est pas parfait, certains trouveront les flashbacks un peu longs ou le rythme inégal, mais force est de constater que l’œuvre est entrée dans la cour des grands, au même titre que les classiques modernes. Après visionnage, sans aucun doute, Kimetsu no Yaiba continuera de captiver et d’émerveiller le public encore longtemps.

Les plus

  • L'animation de Ufotable sans aucun doute
  • Les combats évidemment (surtout celui de Tanjiro et Giyu)
  • Le rythme combats, émotions, flashback
  • Les techniques de combats

Les moins

  • Les flashback un peu long
  • On ne voit pas tous les personnages
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justemr

Fan de jeux vidéo et d'animation japonaise depuis mon enfance, j’espère partager ma passion avec tous les curieux.

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