TEST – Them’s Fightin’ Herds

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Lorsque la plupart des gens pensent “jeux de combat” ils visualisent de suite un stéréotype de guerrier en kimono à la Ryu ou encore une femme badass comme peut l’être Chun-Li. Mais il y’a nombre d’autres jeux faisant se combattre des personnages que nous n’imaginerions pas d’un premier abord dans un titre de ce type, la licence Smash Bros en tête. Kirby contre Rondoudou, c’est quelque chose. Sachez  qu’il existe également un vrai jeu de combat à l’ancienne, à la Street Fighter, faisant se bagarrer sauvagement des personnages créés par Lauren Faust. Cette dame se trouve être la créatrice de la série pour petites filles My Little Pony et elle a mis tout son savoir-faire dans le design de héros mignons au service de la violence. Oui. Dans Them’s Fightin Herds, il s’agit de se taper dessus avec une licorne, une vachette, une biquette, une lamate (la femelle du lama)… Et c’est du sérieux. 

Them’s Fightin Herds is magic

Ce jeu est un bijou, désolé pour le spoil de ce test mais il faut commencer par ce fait. Ce jeu est un bijou au même titre que l’est Skullgirls 2nd Encore et bien trop peu mis en avant. Pour le grand public, les jeux de combat se résument souvent aux “gros bras” du game que sont Street Fighter ou TEKKEN et pourtant les développeurs œuvrant dans ce secteur précis redoublent d’inventivité. Them’s Fightin’ Herds mérite toute l’attention des gamers, pas seulement celle de la FGC (Fighting Game Community). Il faut bien comprendre que nous avons là l’un des types de jeux les plus difficiles et pointus à programmer. Un jeu de combat est un concerto qui ne doit souffrir d’aucune “fausse note”. C’est un genre qui demande aux créateurs d’atteindre la perfection pour que leur jeu fonctionne correctement. Et Them’s Fightin’ Herds tend véritablement vers le sans-faute au niveau de son gameplay. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est même dosé lors d’événements majeurs tels que l’EVO, le CEO, le Combo Breaker et consorts. Beaucoup vont sûrement sourire rien qu’à la vue des personnages. C’est d’ailleurs l’effet escompté. Mais s’ls passent le cap et s’y essayent, alors ils vont vite réaliser qu’ils ont entre les mains un vrai jeu de combat, un jeu pour les bonhommes, un jeu qui a des cou….. Bref, si vous cherchez un nouveau jeu de combat à doser et que le design de nos petites combattantes à sabots vous plaît, n’hésitez pas une seule seconde. Vous ne serez pas déçus. Ceci étant dit, et avant de passer au test en tant que tel, il est bon de revenir rapidement sur l’historique de Them’s Fightin Herds.

My Little Pony : Fighting is Magic. Voici le nom du jeu créé à la base par les développeurs de chez Mane6 en 2012. Un jeu de combat proposant comme combattants les vrais personnages issus de la série My Little Pony : Friendship is Magic. Malheureusement, la multinationale Hasbro mit le hola en faisant valoir sa propriété intellectuelle. Les développeurs ont alors du abandonner leur bébé. Madame Faust, quel joli nom soit dit en passant, eut vent de l’affaire et leur a gracieusement proposé de créer des nouveaux personnages. Ceux que nous retrouvons dans Them’s Fightin Herds. L’histoire finit bien et le jeu suit donc la même direction artistique que celle prévue dès le départ en faisant se bagarrer les petits animaux tant aimés du jeune public. Merci madame. Pour les curieux, le jeu Fighting is Magic est très facilement trouvable gratuitement sur la toile.

Un coup de crayon qui met des coups de sabots

Maintenant que le décor est planté, commençons donc ce test par ce qui saute aux yeux, à savoir la réalisation. Vous l’aurez bien sûr compris, Them’s Fightin Herds est magnifique. Un petit trésor d’animation. Sans en rajouter, nous avons là un véritable dessin-animé interactif. Les différents stages sont un véritable régal. La verte prairie, le marécage au fond des bois, la place centrale d’une ville, le bateau pirate, la montagne, etc… Nous ne pouvons que penser à Disney face à ces décors somptueux. Idem en ce qui concerne l’animation, celle-ci est détaillée et fluide. Le top. Et que dire du character-design hormis qu’il est hyper stylé ? Un sacré délire. Oleander la licorne magicienne accompagnée de son livre vivant et d’un démon invoqué nommé Fred, la lamate Paprika qui tient du célèbre Bip-Bip, Shanti la chèvre qui n’a rien à envier à Bruce Lee, Arizona la vachette se prenant pour un cowboy, Pom notre petite agnelle (la féminin d’agneau) tremblante, Velvet le renne maîtrisant l’élément de la glace et enfin Tianhuo le petit dragon chinois crachant ses flammes. Que de fières guerrières. “Quoi, c’est tout ?”. Oui, cela fait seulement sept personnages. Certes, c’est peu, surtout à notre époque. Le récent Jojo’s Bizarre Adventure : All-Star Battle R, dont vous pouvez retrouver le test sur notre site, est sorti avec un roster initial de cinquante combattants. Alors déjà, Them’s Fightin Herds va voir débouler un taureau, le père d’Arizona et trois autres personnages encore inconnus avec le premier Season Pass. Ensuite, et c’est l’une des grandes forces du soft, le gameplay est bien spécifique à chacun et ne s’appréhende pas du tout de la même manière. D’ailleurs, chaque combattante à le droit à sa séance d’entraînement particulière, mais nous allons y venir. Si le roster de Jojo’s dont nous venons de parler impressionne et que la variété de gameplay est de mise, il faut dire nombre de “doublons” sont tout de même de la partie. Pas de ça ici, donc.

Them’s Fightin Herds ou l’initiation parfaite au versus fighting

Outre le mode entraînement de base, Them’s Fightin Herds propose un didacticiel propre à chacun des animaux. Celui-ci prend la forme d’une leçon distillée par Oleander, notre charismatique licorne à la sombre robe. Les mots qui suivent vont peut-être vous surprendre. Nous avons là le meilleur mode entraînement jamais vu dans un jeu de combat. Vraiment. Cette affirmation mérite quelques précisions. Beaucoup de joueurs n’osent pas passer le cap des jeux de combat. Cela leur semble trop dur, complexe et lorsqu’ils regardent des matchs de tournois, ils ne comprennent rien ou presque à ce que racontent les commentateurs. Si vous êtes dans ce cas, lancez-vous avec ce jeu. Oleander aborde tous les aspects. tous. Tous, tous, tous ! Les développeurs sont allés de la base jusqu’aux notions intéressantes pour les pro-players. Même si cela ne va bien entendu pas vous transformer en Wawa, notre champion du monde à nous de Dragon Ball FighterZ, vous saurez désormais de quoi vous parlez. Être en positif ou négatif. Les hit-box et à quel moment précis être punissable ou prioritaire. La décomposition des frames. Start-up, match-up et le reste du lexique associé à ce type de jeux. Tout nous est expliqué dans les moindres détails. Il ne faut pas hésiter à réécouter encore et encore. C’est juste génial. En plus de cela, professeur licorne nous apprend les spécificités du maniement de chaque personnage. En clair, personne n’a jamais fait si bien en termes de mode entraînement. Personne. Félicitations aux développeurs de chez Mane6.

Après avoir potassé tout ça, et il y’a déjà de quoi s’occuper un bout de temps, il ne vous reste plus qu’à choisir votre “main” (personnage principal) et vous trouverez forcément chaussure à votre pied. Vous êtes plutôt du genre à la jouer safe ? Alors essayer donc Velvet la renne qui fait du zoning sa force grâce à son pouvoir de glace. Vous préférez la vitesse et la nervosité ? Jetez votre dévolu sur la chèvre pirate Shanti. Cette dernière bondit dans tous les sens tel un cabris et peut marcher verticalement sur les bords de l’écran. Oui. Notre frêle agnelle, Pom, est loin d’être sans défense car elle peut appeler à sa rescousse tout plein de petits chiens de berger aux propriétés multiples, et même, en cas d’extrême danger, le bon gros gardien du troupeau. Pom est difficile à prendre en mains, mais peut devenir une vraie tannée pour votre adversaire. Vous appréciez les personnages badass et puissant ? Oleander accompagnée de Fred, le démon, sait occasionner de gros dégâts. Idem pour Arizona. Bref… Nous vous laissons le plaisir de découvrir ce gameplay aux petits oignons. C’est là du grand art, indubitablement. Si nous pouvons rapidement nous amuser sur Them’s Fightin Herds, c’est après un certain apprentissage qu’il dévoilera toute sa profondeur. Parfait.

My Little Pony vs. Predator

Mais pourquoi ces petites bêtes toutes mignonnes se battent entre elles ? Et bien, une espèce prédatrice dont les membres sont à juste titre nommés les “Predators”, logique, menace les habitants de Fœnum. Cet endroit merveilleux recèle de nombreuses espèces ayant fondé des sociétés, érigé des cités, etc… La paix règne et il y fait bon vivre. Seulement, chaque espèce envoie une combattante afin que soit désigné la détentrice d’une “clé magique” ayant le pouvoir de retenir les Predators. Ceux-ci furent enfermés, il y’a de longues années de cela, mais leur détention prend fin. Bien entendu, il nous revient de les maintenir loin de notre terre bien-aimée.

Le mode Histoire de Them’s Fightin Herds est génial et unique pour le genre. Il se présente sous la forme d’un vrai petit jeu d’aventure à la Soleil sur Mega Drive (référence de vieux) mais dans lequel les combats contre les ennemis croisés en chemin se déroulent à l’instar d’un jeu de combat traditionnel. C’est franchement top et prenant. Par contre, un peu comme Dragon Ball FighterZ, nous suivons un scénario dans lequel nous contrôlons un personnage bien précis à des moments bien précis. Il n’y a pas de parcours propre à chacun. Them’s Fightin Herds étant grandement inspiré d’un dessin animé, étant même dans sa mouture originelle réellement tiré d’un dessin animé connu, cela passe très bien. Avec ces personnages et cet environnement, c’est comme cela que devait venir ce mode Histoire. Un mode arcade est également disponible pour y passer le plus gros de notre temps de jeu, ainsi qu’en versus online ou local, après avoir fini l’histoire principale. Donc, encore un sans-faute.

CONCLUSION

A notre époque de surconsommation, il y’a des jeux qui sortent du lot. Them’s Fightin Herds en fait sans conteste partie. Une réalisation au top, des personnages atypiques (c’est le moins que nous puissions dire), une maniabilité peaufinée, des modes de jeux travaillés… Tout est là pour le plus grand bonheur des amateurs de jeux de combat. Alors oui, nous aurions aimé un roster plus étoffé, mais celui-ci va s’agrandir et les gameplay diffèrent tellement les uns des autres. Hormis cela, c’est un sans-faute pour Mane6 et Lauren Faust. Merci à eux pour ce jeu qui vient bouleverser les codes et amène joie et bonne humeur. Vous pouvez désormais retrouver Them’s Fightin Herds sur Nintendo Switch, PlayStation 4/5, XBOX One, XBOX Series X/S et PC via Steam et Humble. De plus, il ne coûte pas très cher alors vous auriez tort de vous en priver.

– Testé sur Nintendo Switch

Them's Fightin Herds

8.5

Note

8.5/10

POINTS POSITIFS

  • Le roster tellement original
  • Une direction artistique fabuleuse
  • Un gameplay pointu, recherché et propre à chaque personnage
  • Le meilleur didacticiel qui soit
  • Le mode Histoire trop cool

POINTS NÉGATIFS

  • Le roster trop peu fourni
  • Une direction artistique qui ne plaira pas à tout le monde
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DickOReilly

Quinquagénaire et heureux papa deux princesses, je suis un amoureux des vieux bouquins et des gros pixels. J'aime particulièrement la scène homebrew sur Commodore 64, le versus fighting, les jeux d'horreur et quelques JRPG. Peace.

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