Avec le début de l’Euro 2024 en ce mois de juin, le football monopolise l’attention de beaucoup de monde. Que ce soit à la télévision ou au cinéma, la passion pour ce sport ne connaît pas de limite. Et c’est bien avec l’arrivée de son premier film sur grand écran que le manga de foot Blue Lock espère satisfaire un plus grand nombre de passionnés. GeekNPlay a eu la chance d’assister à l’avant-première du film mettant en vedette Nagi, un personnage des personnages les plus talentueux de l’oeuvre. Alors, que vaut ce film de Crunchyroll et Sony Pictures Entertainement ? On vous dit tout dans cette critique !

Mais de quoi parle le manga Bluelock ?

Si vous êtes fan de foot, vous vous souvenez sûrement de la Coupe du Monde 2022 où l’équipe japonaise a surpris tout le monde en battant l’Allemagne, l’une des équipes favorites. À ce moment-là, beaucoup ont clamé que Blue Lock était réel. Mais qu’est-ce que Blue Lock ? Créé par Kaneshiro Muneyuki et dessiné par Nomura Yusuke, prépublié dans le Weekly Shōnen Magazine depuis août 2018, Blue Lock est un shōnen manga de football qui suit les aventures d’Isagi.

Le manga débute avec l’élimination du Japon lors de la Coupe du Monde 2018, ce qui pousse l’Union japonaise de football à lancer un programme de surveillance dans les écoles secondaires pour préparer les joueurs à la Coupe du Monde 2022. Le protagoniste, Yoichi Isagi, perd un match crucial pour son équipe, les empêchant de se qualifier pour la finale de Saitama. Alors qu’il pense que tout est perdu, Isagi reçoit une invitation à rejoindre le programme Blue Lock. Ce programme unique plonge des jeunes joueurs de football de moins de 18 ans dans un battle royale où l’égoïsme prime sur le collectif. Le but ? Devenir le meilleur buteur pour offrir au Japon une victoire en Coupe du Monde.

Cependant, le parcours est semé d’embûches. Les joueurs sont éliminés les uns après les autres, et ceux qui échouent ne pourront plus jamais prétendre à une sélection japonaise. Dans ce spin-off, c’est Nagi, un des personnages secondaires, qui prend les commandes. On découvre comment il a vécu les mêmes épreuves qu’Isagi et comment son duo avec son ami Reo l’a poussé à se dépasser. On suit son parcours dans la formation imaginée par Ego en reprenant les épisodes de la série avec quelques scènes ajoutées. Dans ce cadre, Isagi devient un « challenger ».

Un spin-off mettant en scène Nagi et Réo

On doit se l’avouer, on ne savait absolument pas à quoi s’attendre en débutant le film. Si le titre du film nous fait penser qu’il s’agirait d’un film consacré uniquement à Nagi, il n’en est rien. Nous ferons plutôt face à deux protagonistes très différents pour notre plus grand bonheur (les opposés s’attirent) : Reo et Nagi.

Nagi, dans le film, présente un développement psychologique intéressant lié au football. Initialement désintéressé de tout engagement sérieux dans sa vie, il cherche la facilité et le repos dans toutes ses activités, témoignant d’une certaine paresse et d’un manque de conscience de son environnement. Sa rencontre avec Reo marque un tournant, le poussant à entamer une introspection personnelle et à chercher une nouvelle direction.

Contrairement à sa représentation dans l’anime, où il est dépeint comme arrogant et réussissant facilement, méprisant ceux qui manquent de talent ou ceux qui s’efforcent de rivaliser avec l’élite, dans le film, Nagi affiche une indifférence marquée envers le football, mais aussi une certaine sensibilité lorsque l’idée de perdre se présente à lui pour la première fois. Reo, à l’inverse, rêve de devenir le meilleur buteur. Fils à papa déterminé à prouver à son père qu’il a tort, il se met en tête de devenir le meilleur footballeur du monde avec Nagi, prêt à tout sacrifier pour que ce dernier puisse briller et montrer son talent au monde entier.

Le film met donc l’accent sur leur relation et leur amitié, à la fois sincère et complexe. En effet, l’évolution de chacun ne se fait pas à la même vitesse. La passion de Réo pour le football est forte, mais il reste un joueur moyen, contrairement à Nagi, qui n’a aucun désir de jouer et progresse uniquement pour rester aux côtés de son ami. Dès leur entrée dans le Blue Lock, on ressent brutalement l’écart de niveaux. Nagi se contente de tirer et de marquer sans grand intérêt, tandis que Reo, en tant que milieu de terrain, fait en sorte de mettre en valeur Nagi.

Que ce soit dans la première épreuve, où les joueurs doivent éviter de se faire toucher par le ballon, ou dans la deuxième, où des équipes s’affrontent, Reo fait briller Nagi pour ses propres raisons égoïstes. Même si leur duo fonctionne parfaitement, tout s’effondre lorsqu’ils font face à la défaite. La rivalité qui émerge entre eux deux n’est malheureusement pas bien développée, peut-être par choix des créateurs ou par manque de temps dans le film.

L’animation de Blue Lock ne parvient pas à convaincre entièrement…

Si l’introspection de Nagi est suffisamment prenante, notamment grâce à son éveil en deuxième partie, on peut pointer du doigt un manque de fluidité dans l’animation. Certaines scènes semblent moins travaillées que d’autres, et ce contraste se voit et se ressent. Impossible donc de ne pas comparer la première partie du film avec la seconde.
On se sent beaucoup plus impliqué dans la deuxième partie, la fluidité et les mouvements étant bien plus ajustés qu’auparavant. Il est dommage de constater ce défaut, car cette critique est également valable pour l’anime Blue Lock, qui peut vaciller d’un épisode à l’autre. Surtout quand on remarque les dessins exceptionnels de Nomura Yusuke ne sont pas totalement représentés dans ce film. Malgré ce bémol, le film reste bien animé, mais moins que d’autres film d’animation de sport comme Kuroko no Basket ou encore Haikyuu, la guerre des poubelles, que nous avons pu voir en avant-première où l’animation était d’un tout autre niveau.

La bande son se révèle discrète par moments, mais elle est globalement de qualité, surtout lors des instants émotionnels des deux personnages centraux et des scènes clés du film. Pour les fans d’Isagi, vous aurez l’occasion de le retrouver lors du trois contre trois avec Nagi et Bachira. Bien que cette partie ne soit pas aussi développée que les premières, retrouver les personnages de l’anime est un vrai plaisir. En revanche, certains personnages introduits dans le film ne bénéficient d’aucun développement. On déplore que le format du film ne permette pas de prendre en compte tous les personnages qui seront par la suite développés dans la série.

La troisième partie est sans doute la plus décevante. Plutôt que d’exploiter davantage les épreuves survenues après que la rivalité entre Reo et Nagi a atteint un point de non-retour, le film passe rapidement sur ces passages et les résume en images, ce qui est frustrant. On a le sentiment que les scènes sont mal réparties dans le film, et même si l’intention était de développer davantage l’esprit de Nagi, les dernières séquences laissent un sentiment d’inachevé.

Conclusion

En conclusion, le film Blue Lock offre une expérience captivante pour les fans du manga, avec des moments d’introspection profonde pour le personnage de Nagi et de Réo et une bande sonore de qualité qui enrichit les instants émotionnels clés. Cependant, il souffre parfois de problèmes d’animation inégale et d’un découpage narratif qui ne parvient pas toujours à pleinement exploiter le potentiel de tous ses personnages. Malgré ses défauts, il parvient à capturer l’essence compétitive et passionnée du football, tout en laissant place à une frustration légitime quant à certaines décisions de mise en scène et à la gestion du temps. Pour les spectateurs en quête d’un anime sportif intense et introspectif, Blue Lock reste une recommandation solide, mais avec des réserves quant à son exécution cinématographique.

Blue Lock le film : Episode Nagi

8

Note

8.0/10

POINTS POSITIFS

  • Le point de vue de Nagi
  • La complicité Reo et Nagi
  • Un développement du personnage intéressant
  • Une bande son qui en envoie !
  • La deuxième partie du film

POINTS NÉGATIFS

  • Une animation qui manque de fluidité
  • Certains passages du film ne sont pas développés
  • Des personnages secondaires pas assez expoités
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justmr

Fan de jeux vidéo et d'animation japonaise depuis mon enfance, j’espère partager ma passion avec tous les curieux.

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