Critique – Warcraft : Les Ombres de glace (Nouvelle édition -Mana Books)

Après un premier opus nommé Warcraft : Le Puits de Soleil, qui posait les bases de l’intrigue dans la foulée des événements dramatiques liés au roi Arthas, le duo composé du scénariste Richard A. Knaak et de l’illustrateur coréen Jae-Hwan Kim est de retour avec ce deuxième tome de la trilogie, intitulé « Les Ombres de glace », distribué par Mana Books. Que vaut ce tome intermédiaire ? La réponse ci-dessous.

Sorti durant le mois de mai, nous mettons « enfin » notre critique sur « Warcraft : Les Ombres de glace« . Et si l’intrigue peut être compliquée pour le néophyte du genre, l’ouvrage propose une nouvelle fois une genèse de l’univers sur quelques pages avant de se lancer corps et âme dans ce second tome, qui permettra de se familiariser avec l’ensemble.

Si vous êtes ici, c’est que vous avez sans doute lu le tome 1, et ça tombe bien, car l’histoire reprend là où nous avions laissé nos héros.

Le jeune dragon bleu Kalecgos, sous sa forme humaine Kalec, la mystérieuse Anveena et le paladin Jorad, accompagnés du dragon Tyri, se mettent en route vers les sommets d’Alterac. Leur objectif ? Retrouver un mage nommé Borel, capable de briser l’enchantement.

Malheureusement, le voyage tourne court… et certains sont victimes de l’assaut brutal d’un redoutable wyrm des glaces, un dragon mort-vivant, qui les disperse complètement dans un environnement polaire particulièrement hostile. Nous avons d’un côté Kalec, qui se retrouve blessé et encerclé par le Fléau, avant de s’évanouir et de finir captif.

De l’autre côté, Jorad et Tyri finissent piégés dans la glace, avant d’être libérés in extremis par une intervention magique de Borel, pour aussitôt tomber aux mains d’une faction de morts-vivants.

Puis, nous avons Anveena, qui se réveille dans un sinistre château, isolée du reste de ses compagnons… Est-elle une invitée ou une prisonnière ? Une question qui trouvera rapidement une réponse.

Le Baron Mordis au-delà de la mort

En effet, le scénario se déroule en partie dans cette forteresse isolée, qui constitue le véritable nœud de ce second tome. Dans celui-ci, Anveena y fait la connaissance du baron Valimar Mordis, un humain défiguré… Humain, vraiment ? La réponse est négative !

Car derrière ses traits, le statut de Mordis est bien plus complexe : il serait en réalité un mort-vivant ayant réussi à s’affranchir du joug mental du Roi-Liche. Cependant, cette liberté ne l’a pas rendu pacifique, et celui-ci reste obsédé par la puissance.

À ses côtés, on fait également la connaissance de Trag, devenu au fil du temps un ami du baron et son serviteur tauren. Et si le baron et Trag semblent être plus ou moins des visages amicaux pour Anveena, ce n’est pas vraiment le cas, et le scénario ne cesse de rebondir.

C’est peut-être ce défaut qui fait que Les Ombres de glace souffre de transitions. Bien que les dessins soient d’excellente facture, on a parfois l’impression que l’intrigue principale n’avance que très peu, enchaînant les combats et les rebondissements secondaires pour faire le pont entre l’introduction et la conclusion future… Un choix assumé, car rappelons que l’ensemble tient sur une trilogie, et qu’il faut aller à l’essentiel malgré les 164 pages du livre.

Malgré tout, l’ouvrage parvient à se focaliser sur l’essentiel en mettant en avant le baron, qui convoite l’Orbe de Ner’zhul pour lever sa propre armée de monstres et réveiller des créatures anciennes enfouies sous la neige.

Pour cela, il aura besoin du talent magique d’Anveena, qu’il manipule et contraint à se synchroniser avec l’artefact. C’est sans compter sur la lucidité de Trag, qui réalise que la folie a remplacé la raison chez son maître et décide de ne plus le laisser faire. Que fera-t-il ? Pour le savoir, il faudra lire le tome 2.

Si Trag est bien présent dans ce tome, on regrette malgré tout que le personnage ne soit pas plus développé et qu’il paraisse secondaire, ce qui n’est pas vraiment le cas si vous connaissez bien la série Warcraft Legends. Mais passons, et revenons sur les forces et faiblesses de cet ouvrage.

© Blizzard Entertainment, Inc.
© Blizzard Entertainment, Inc.

Une nouvelle édition plus qualitative

Comme pour le premier tome, Warcraft : Les Ombres de glace a été entièrement repensé. Cette nouvelle édition propose un lexique corrigé et fidèle au jeu, un format plus grand (13 × 18 cm), une couverture imaginée par Dave Greco, ainsi que des illustrations en couleurs.

Pour le reste, on est une nouvelle fois en terrain connu pour cette réédition remise au goût du jour. Et si l’on regrette parfois certains choix esthétiques concernant les personnages modifiés, on reste globalement séduit.

Tout ici est plus beau, plus compréhensible, plus grand, plus harmonieux… mais pas forcément parfait. Certes, on prend du plaisir à lire ce second ouvrage et à (re)découvrir l’univers de Warcraft.

Mais parfois, l’ensemble devient brouillon. Cette fois-ci, ce ne sont pas vraiment les bulles surchargées qui nuisent à la compréhension, mais plutôt les nombreux rebondissements. On passe d’un personnage à un autre, d’un lieu à un autre, et le tout peut devenir confus, surtout pour un néophyte.

Les fans arriveront sans aucun doute à suivre la lecture assez facilement, mais ce ne sera pas forcément le cas des nouveaux venus dans l’univers.

Malgré tout, ne boudons pas Warcraft : Les Ombres de glace qui propose un scénario cohérent et des illustrations sympathiques, avec des personnages et des décors variés, riches en détails, que l’on doit à l’illustrateur Jae-Hwan Kim.

Notez que ce second tome propose davantage de décors sinistres et lugubres, peuplés de morts-vivants et de combats incessants, mais également de sublimes planches représentant les montagnes enneigées d’Alterac.

Conclusion

7,9/10
Le tome 2, intitulé "Warcraft : Les Ombres de glace" et distribué par Mana Books, régalera une nouvelle fois les fans de la licence, qui pourront découvrir un scénario sympathique, bien que parfois abrupt, avec de nombreuses transitions et rebondissements.
Avec cette version remise au goût du jour de 164 pages, proposant un lexique corrigé fidèle au jeu, un format plus grand en 13 × 18 cm, ainsi que des illustrations en noir et blanc et en couleur, ce second tome a de quoi séduire.
Mais en sera-t-il de même pour les néophytes ? Pas si sûr. Malgré la genèse en début d’ouvrage permettant de se familiariser avec l’arc narratif, il est possible que certains lecteurs se perdent et doivent relire certains passages.
Rien de dramatique en soi, mais gardez à l’esprit que ce second tome est dense en personnages et en rebondissements. Une fois le tout assimilé, on prend néanmoins du plaisir devant le scénario de Richard A. Knaak, le tout magnifiquement mis en valeur par l’illustrateur Jae-Hwan Kim.

Les plus

  • Une direction artistique soignée avec des illustrations détaillées
  • Une ambiance sombre et immersive fidèle à l’univers de Warcraft
  • Un scénario globalement cohérent et intéressant
  • Des personnages intrigants, notamment le Baron Mordis
  • Une réédition enrichie (format plus grand, lexique corrigé, ajouts visuels)

Les moins

  • Un rythme inégal avec une intrigue principale qui avance lentement
  • De nombreuses transitions pouvant rendre la lecture parfois confuse
  • Une structure parfois brouillonne avec des enchaînements rapides entre lieux et personnages
  • Une narration qui peut perdre les néophytes malgré la mise en contexte
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