Critique – Metaphor: ReFantazio – Tome 1 édité par Mana Books

Si l’on vous dit Metaphor: ReFantazio, vous pensez sans doute au RPG développé par Studio Zero et Atlus , et édité par Sega, sorti sur PlayStation 4, PlayStation 5 et Xbox Series, et prochainement sur Nintendo Switch 2. Mais saviez-vous qu’un manga issu de l’œuvre originale est sorti récemment sous la plume de Yoichi Amano, le tout édité par Mana Books ? Non ? Alors, vous êtes au bon endroit pour en savoir plus avec notre critique sans langue de bois sur ce manga très attendu.

Il faut l’avouer : quand vous sortez un manga issu d’un jeu vidéo, les lecteurs ont pour la plupart joué au titre et espèrent retrouver une œuvre fidèle. Est-ce le cas pour Metaphor: ReFantazio chez Mana Books ? La réponse est positive, et l’on apprécie découvrir, voire redécouvrir, l’univers durant ces 192 pages.

Une ressemblance avec Persona et Shin Megami ?

Si l’on parle de Metaphor: ReFantazio, il est difficile de ne pas penser à des licences comme Shin Megami Tensei ou Persona. Rien d’étonnant à cela, étant donné que le jeu original s’en inspire… Mais l’inspiration s’arrête assez vite pour cette nouvelle entité qui a su tracer sa propre voie, le tout en s’appuyant sur des mécanismes du passé. Pour le découvrir, il faut avoir fait le jeu vidéo et avoir passé quasiment 100 heures pour le finir… Et si le manga de Yoichi Amano, édité par Mana Books, permettait à un autre public de découvrir l’univers, le tout plus rapidement ? C’est une idée pas si saugrenue que cela, avec ce premier tome qui pourra séduire à la fois les joueurs qui se replongeront dans leurs souvenirs de parties sur le jeu, mais également les nouveaux arrivants qui découvriront une adaptation qui couvre les toutes premières phases de l’aventure… Et quand on dit cela, on pense à plusieurs heures de jeu qui se retrouvent condensées dans les 192 pages du premier tome, soit un gain de temps considérable pour les personnes ne disposant que de peu de moments de détente.

Dans le tome 1, on nous conte l’histoire de Will, qui est un jeune homme de la tribu elda et qui part en mission pour sauver le prince du royaume d’Euchronie d’une malédiction. Alors qu’il se rend dans la capitale, la voix du roi, pourtant décédé, retentit dans le ciel…

“Quand viendra le jour du héros, quiconque aura véritablement gagné la foi du peuple accédera au trône !”

À la surprise générale, des élections royales sont alors organisées. En y prenant part, Will espère bien transformer en réalité la “fantaisie” qu’il chérit tant à travers son livre… Mais est-ce qu’il y arrivera ? La question ne sera bien évidemment pas tranchée en un seul tome, mais la qualité du ton, des dessins, donne rapidement envie de se plonger dans la suite de l’aventure…

Comme nous l’avons insidieusement souligné dans le paragraphe précédent, le manga de Metaphor: ReFantazio va vite, très vite par rapport au jeu vidéo… Et cette rapidité séduira sans aucun doute un public moins enclin à jouer aux RPG. Ici, toutes les références du jeu sont mises en avant, le tout dans une version manga qui s’autorise des ajustements pour mieux coller aux contraintes du format.

Ici, nous n’avons pas le droit à de longues phases de dialogue, ni même à des cinématiques comme nous les retrouvons dans l’œuvre originale, avec un rythme plus condensé. Si cela séduira une frange de lecteurs, les joueurs ayant fini le jeu auront parfois l’impression d’avoir une seconde lecture du jeu plutôt qu’une simple adaptation fidèle. Néanmoins, l’ensemble est clairement réussi, et dès les premières pages on apprécie la narration resserrée, les enchaînements efficaces, et la volonté d’aller à l’essentiel, le tout avec une ligne de crayon de qualité.

Car oui, si le scénario fut condensé pour tenir dans un manga, la ligne du dessinateur est elle aussi de qualité. On peut le souligner tant le côté visuel de ce premier tome de Metaphor: ReFantazio s’en sort avec les honneurs grâce au trait de Yoichi Amano, à la fois précis et expressif. Les lignes sont fines, maîtrisées, et participent à donner vie à l’ensemble de l’œuvre.

On apprécie les courbes qui apportent de la fluidité aux personnages comme aux décors. On ressent une attention particulière portée aux visages et aux regards, qui renforcent l’impact des scènes dialoguées, globalement claires et bien rythmées, le tout sans aucune bulle intrusive.

Vous l’avez compris, les bulles, les dessins, le tout est qualitatif, mais qu’en est-il des combats qui font partie intégrante de l’œuvre ? Ici aussi, c’est de bonne facture, et l’on apprécie les phases de combat qui ont une mise en scène dynamique, avec un découpage efficace qui accentue le mouvement sans jamais rendre l’action confuse.

Si certains arrière-plans lors des combats restent parfois en retrait, l’ensemble reste cohérent et agréable à suivre, avec une direction artistique qui parvient à retranscrire l’identité du jeu tout en s’adaptant intelligemment au format manga.

Une adaptation parfaite ? Oui et non !

Comme nous le disions depuis le début de notre critique, le tome 1 de Metaphor: ReFantazio va à l’essentiel et condense grandement l’œuvre vidéoludique fraîchement adaptée. Verdict : si dans le jeu nous avons parfois de longs dialogues pas toujours intéressants, c’est le contraire dans le manga… Où certains passages auraient gagné à être davantage développés, notamment en ce qui concerne les rencontres ou la construction de certains personnages. Certes, on arrive à suivre pleinement le scénario, à reconnaître les traits de chacun et à ne pas perdre le fil conducteur comme cela peut être le cas dans d’autres mangas, mais le manque de profondeur peut parfois atténuer l’impact émotionnel de certaines scènes… Mais est-ce vraiment grave ? Oui ? Et non !

Car l’ensemble reste malgré tout qualitatif, et il est bon de rappeler qu’il s’agit du premier tome de Metaphor: ReFantazio. Si la plupart du temps les tomes 1 servent à mettre en place les personnages, ici le héros et l’univers sont déjà connus. Au final, ce premier tome reste une excellente porte d’entrée pour les lecteurs qui connaissent ou non l’œuvre vidéoludique, et nous avons hâte de voir comment sera condensée la suite de l’œuvre avec un tome 2.

Conclusion

8,5/10
Avec ce premier tome de Metaphor: ReFantazio, Yoichi Amano et Mana Books proposent une adaptation qui fait le choix de l’efficacité. On apprécie que cette adaptation en manga garde l’univers original du jeu vidéo, mais en proposant le tout dans une lecture condensée qui parvient à retranscrire l’œuvre d'Altus et de Studio Zero.

Certes, certains passages auraient mérité davantage de temps pour développer les personnages ou renforcer certaines émotions, mais le rythme soutenu permet aussi de rendre l’œuvre accessible à un public qui n’aurait jamais osé se lancer dans les nombreuses heures nécessaires pour terminer le RPG.

Bref, c’est une adaptation suffisamment maîtrisée pour convaincre les joueurs ayant terminé le jeu, tout comme les lecteurs néophytes qui découvriront l’univers de Metaphor: ReFantazio. Le tout est proposé à 7,95 €. Que demander de plus ? La suite du premier tome, bien évidemment, non ?

Les plus

  • Une adaptation qui respecte l’univers et l’identité de Metaphor: ReFantazio
  • Un rythme efficace qui permet de découvrir rapidement l’histoire
  • Une excellente porte d’entrée pour les nouveaux lecteurs
  • Un format idéal pour les fans souhaitant (re)découvrir l’aventure autrement
  • 192 pages pour 7,95€

Les moins

  • Les joueurs connaissant déjà le RPG pourront parfois avoir une impression de déjà-vu
  • Une adaptation parfois trop condensée par rapport au jeu original
  • Certains passages manquent de développement
  • On cherche encore...
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