Bruce Dickinson ne se contente plus de chanter, piloter des avions ou manier l’épée. Le frontman d’Iron Maiden s’attaque également à la bande dessinée avec The Mandrake Project, une saga mêlant rock, occultisme, science et quête d’immortalité.
Quand on pense à Bruce Dickinson, on pense évidemment à Iron Maiden et à sa voix reconnaissable entre mille. Mais le chanteur britannique ne s’est jamais vraiment limité à la musique. Après avoir exploré notamment l’aviation et l’escrime, il ajoute désormais officiellement une nouvelle corde à son arc : scénariste de bande dessinée.
Avec The Mandrake Project, Dickinson développe depuis plus d’une décennie une histoire imaginée pour accompagner son album solo du même nom. Cette saga prend aujourd’hui la forme d’une série de bandes dessinées prévue en trois tomes.
Et comme on pouvait s’y attendre, le programme est légèrement plus ambitieux qu’une histoire de super-héros en collants.
Quand la science rencontre l’occultisme
Au centre de l’histoire se trouve le Dr Nécropolis, un personnage doté d’un pouvoir pour le moins particulier : son troisième œil lui permet de voir dans le monde des âmes.
Il se retrouve impliqué dans le projet Mandrake, une expérience lancée cinquante ans auparavant par Wilhelm Reich, scientifique excentrique, et financée par le sénateur Kelley, un politicien riche et sans scrupules.
L’objectif du projet est pour le moins radical : assurer l’immortalité de l’âme.
Pour y parvenir, le projet cherche à capturer l’âme exactement au moment de la mort afin de pouvoir ensuite la transférer dans un nouveau corps.
Évidemment, une telle expérience soulève quelques problèmes. Le Dr Nécropolis devra notamment faire face à une série de questions morales et éthiques, alors que les enjeux du projet dépassent largement les limites habituelles de la science.
Une histoire pensée comme un prolongement de l’album
The Mandrake Project n’est pas un projet apparu du jour au lendemain.
Bruce Dickinson imagine cette histoire depuis plus d’une décennie. La bande dessinée accompagne ainsi son album solo The Mandrake Project (très bon au passage), avec une intrigue qui met en scène une guerre intergénérationnelle s’étendant sur un siècle. D’un côté, les forces de la science. De l’autre, celles de l’occulte. Au milieu, une bataille pour contrôler ce qui constitue probablement l’un des plus vieux fantasmes de l’humanité : l’immortalité.
L’ensemble revendique une ambiance mélangeant rock, occultisme, culture populaire et souffle épique, avec forcément une forte identité liée à l’univers imaginé par Dickinson.
Une équipe créative plutôt prestigieuse
Si Bruce Dickinson signe l’histoire originale, il n’est pas seul derrière les planches.
Le premier tome réunit :
- Bruce Dickinson : histoire
- Tony Lee : scénario
- Staz Johnson : dessin
- Piotr Kowalski : dessin
- Bill Sienkiewicz : illustration de couverture
- Sylvain Savarin : traduction française
La couverture est donc confiée à Bill Sienkiewicz, figure reconnue de la bande dessinée américaine. Le résultat cherche à donner une véritable identité visuelle à cet univers situé quelque part entre science-fiction, fantastique, occultisme et rock.
Wilhelm Reich, le scientifique qui a inspiré une partie du projet
Comme toujours avec Bruce Dickinson, The Mandrake Project puise dans des références historiques et scientifiques réelles. Le personnage de Wilhelm Reich s’inspire ainsi du véritable scientifique et psychanalyste, présenté dans le communiqué comme un disciple de Freud et proche d’Einstein. Ses recherches autour de l’orgone, une prétendue énergie qu’il associait notamment à l’activité sexuelle, ainsi que ses expériences avec un appareil baptisé Accumulateur d’orgone, ont contribué à construire l’image d’un scientifique aux théories pour le moins controversées.
Cette première édition ne se limite d’ailleurs pas à la bande dessinée. L’ouvrage comprend également une série d’entretiens et d’essais revenant sur le parcours de Bruce Dickinson et de l’équipe créative ayant participé à la conception de l’album, de la tournée et de la série de bandes dessinées.
Le livre bénéficie en outre d’une introduction de Kurt Sutter, créateur de Sons of Anarchy.
Trois tomes pour raconter la guerre autour de l’immortalité
Avec trois tomes prévus, The Mandrake Project semble donc vouloir développer un univers bien plus vaste qu’une simple adaptation graphique de l’album de Bruce Dickinson.
Entre les expériences scientifiques, les forces occultes, les âmes, l’immortalité et un mystérieux projet vieux de plusieurs décennies, le chanteur d’Iron Maiden transpose une nouvelle fois son imaginaire dans un autre médium.
Et finalement, entre les riffs de guitare, les savants fous et les forces surnaturelles, il ne manquait peut-être effectivement plus qu’une bande dessinée à l’univers de Bruce Dickinson.
The Mandrake Project #1 est proposé au prix public de 29 € TTC aux Éditions Blueman.
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