TEST – Wildcat Gun Machine

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Wildcat

Vous aimez les jeux dits hardcore ? Relever des défis ne vous fait pas peur ? Alors, les lignes qui suivent devraient vous intéresser. Wildcat Gun Machine mélange avec brio deux genres de jeux bien frénétiques : le twin-stick shooter et le danmaku (ou manic shooter, bullet hell…). J’aime personnellement beaucoup ces deux types de jeux. Pour me situer un peu, je ne compte plus les heures sur le célèbre Xeno Crisis ou encore sur ESP Ra. De. des fameux studios CAVE.

Bien que peut-être un peu moins présente par chez nous qu’au Japon, je sais que la communauté “shmupesque” française est au taquet quand il s’agit des nouvelles sorties. Wildcat Gun Machine boxe dans sa propre catégorie nommée pour l’occasion “bullet hell dungeon crawler”. Les développeurs de chez Chunkybox Games se sont évertués à créer un titre pour nous éclater, nous autres hardcore gamers, et ce dans tous les sens du terme. Voyons donc si ce nouveau soft possède assez de qualités pour que nos nerfs ne flanchent pas et que nous ressentions l’envie de faire l’effort, car effort il y’aura, de nous surpasser jusqu’à atteindre le bout de l’aventure.

Il y’a quelqu’un ? Eh oh, oh, oh, oh… (échos)

Qu’est-ce qu’on se sent seul. C’est l’une des premières choses qui me vient à l’esprit lorsque je pense à Wildcat Gun Machine. Ca commence mal, je sais, mais attendez de lire la suite. Sérieusement, nous savons bien que dans ce type de production la narration et le scénario sont loin d’être prioritaires. J’ai envie de dire qu’il y’a tout de même des limites. Qui sommes-nous ? Où sommes-nous ? Que se passe-t-il ? Autant de questions sans réponse. Notre petite héroïne plutôt cool dans son genre aurait mérité au moins un léger développement, des bribes d’histoire personnelle, quelque chose quoi… Mais non, les développeurs ont fait le choix de tout miser sur la forme en mettant totalement de côté le fond. Aucun PNJ, aucun dialogue, aucun marchand… Rien que nous et la pelletée d’ennemis qui vont nous tomber dessus dans chaque salle.

Voilà, vous êtes prévenus. Je tiens à dire que cela n’empêche pas d’être accroché par le jeu et de passer des heures dessus. Celui-ci fait montre d’un gameplay maîtrisé et jouissif, mais n’espérez pas suivre une bonne histoire par la même occasion. Dommage. Pour être gentil, je dirais que nous avons là un jeu résolument arcade dans son état d’esprit. Mais alors vraiment, pas d’introduction ni de blabla. Nous mettons la pièce et nous jouons, point.

Nous sommes donc dans ce qui semble être un gigantesque complexe scientifique. A première vue, tout le monde serait morts suite à l’ouverture d’un portail vers une dimension démoniaque. Pourquoi ? Comment ? A vous de voir. Mais apparemment les lieux servaient à la conception d’énormes mechas. Ces derniers sont maintenant contrôlés par des âmes venues des Enfers (et ça c’est classe, j’adore ces gros robots). La mission de notre héroïne sera d’exterminer la multitude monstrueuse vomi par les entrailles de la Terre pour atteindre ces fameux mechas possédés. Et il y’a de quoi faire, je vous le garanti. Honnêtement, la maniabilité et les mécaniques de jeu se suffisent à elles-mêmes, c’est ce que nous allons voir dans la suite de ce test, mais il faut bien admettre qu’un brin de narration fait cruellement défaut.

De plus, lorsque l’on voit le soin apporté à la réalisation de Wildcat Gun Machine que ce soit sur le visuel ou la maniabilité en passant par la bande-son, nous pouvons objectivement nous demander le pourquoi de cette absence totale de lore. Un peu “d’enrobage” n’aurait pas fait de mal. Le problème est que le sentiment de solitude est vraiment présent manette en main. Si cela était l’effet recherché alors c’est réussi. Mais ce n’est pas une sensation agréable. Nous ne sommes pas dans un survival-horror. Ce manque d’interaction avec qui que ce soit, hormis des cartouches dans la caboche, peu devenir un peu pesant sur la longueur.

Pluie de boulettes géantes

Comme précisé plus haut, Wildcat Gun Machine fait étalage d’une sacrément bonne réalisation globale. Une vraie petite bande-dessinée interactive. La direction artistique ne fait pas vraiment dans l’originalité, mais ce qu’elle fait, elle le fait bien. Les intérieurs de cette base scientifique abandonnée, puis ceux de la dimension démoniaque elle-même, sont beaux et détaillés. Toiles d’araignées, fissures, squelettes,… Toute vie a quittée les lieux. Le design des ennemis est a saluer. Il pioche dans les poncifs des robots et démons pour un mariage heureux. Ceux-ci sont variés, superbement animés et font montre d’une I.A. correctement programmée. J’entends par là qu’ils contournent les obstacles (la plupart du temps), tentent de nous encercler, savent rester à distance pour nous noyer sous les boulettes. Bien sûr, chaque joueur aura ses petits préférés qui le feront rager à chaque rencontre. Pour moi, ce sont des gros vers qui lorsqu’ils explosent laissent place à plein de petits voraces nous fonçant dessus à toute vitesse. Charmant.

Puis (roulements de tambours) viennent les Boss, impressionnants. Et n’oublions pas les Mini-Boss à mi-parcours, histoire de se faire la main. Réellement, j’ai été impressionné lorsque je suis arrivé pour la première fois devant celui clôturant le premier niveau. Ce moment où une âme démoniaque a pénétré le géant de métal endormi… Il s’est alors mis à rougeoyer, devenant en partie “organique”. Un véritable monstre. Alors je me suis dit : “Wow… Ca va être chaud !”. Oui, j’ai un côté philosophe. Plus sérieusement, les graphismes façon BD de Wildcat Gun Machine sont un régal. J’émettrais juste un petit bémol quant à notre avatar. N’ayant déjà aucune histoire, elle n’a également aucune expression…Malgré tout, son animation est correcte, rien à dire, mais quelle que soit la situation, elle arbore le même visage impassible et ne lâche jamais un seul mot. Pas un petit sourire après une victoire, ni même une petite larme à la suite d’une défaite. Rien hormis une tête de psychopathe lorsqu’elle enfile son mecha. J’ai l’impression que les développeurs ont tout donné sur certains points leur semblant importants pour ensuite se contenter du minimum syndical.

La musique devait sûrement leur apparaître comme étant un point crucial, et à raison pour ce genre de jeux. Celle-ci est franchement top. Tous les joueurs de shmup ou de versus fighting vous le diront, la bande-son dans ce type de production demandant de rester extrêmement concentré est pri-mor-diale. Bien choisie, elle aide vraiment à rester “focus”. C’est là le rythme menant à la victoire. La musique dans Wildcat Gun Machine rempli son office en faisant bouger la tête et en donnant l’envie, l’impulsion, d’y retourner encore et encore après chaque défaite (qui seront nombreuses). De l’éléctro bien énergique et collant parfaitement avec l’ambiance sci-fi du soft. C’est là un des points forts du titre. Et les bruitages ne sont pas en reste et font parfaitement le travail. Les détonations de nos nombreuses armes sont toutes différentes. Les ennemis émettent moult grognements, gargouillis et autres bruits peu ragoûtants. C’est donc un sacré bon travail qui fut fourni sur la partie sonore de Wildcat Gun Machine.

Qu’ajouter de plus ? Des beaux graphismes, une direction artistique très cool, une bande-son du tonnerre. C’est tout bon niveau réalisation. Mêmes les boulettes ennemies sont très belles, rouges et blanches, et ressortent parfaitement dans des écrans pourtant surchargés. Tant mieux, car nous n’avons pas fini d’en prendre plein la tête.

 Zeeeennn…

Maintenant que nous avons passé en revue le scénario (hein ?) et la réalisation, venons-en à ce qui fait que j’ai passé, et que je passe encore, un très agréable moment sur Wildcat Gun Machine : son gameplay. La dénomination bullet hell veut bien dire ce qu’elle veut dire. Il n’y a pas à sourciller, c’est un jeu dans lequel c’est le skill qui parle. Bien entendu, nous avons accès à diverses améliorations, mais face au déluge, le terme n’est pas trop fort, il s’agira de garder son calme et d’avoir les yeux partout. Réagir vite deviendra une seconde nature. Bouger avec le stick droit et diriger son tir avec le stick gauche. Dash, grenades et tir se trouvent sur les gâchettes. Le joueur doit utiliser tout ça sans réfléchir tout en naviguant entre les boulettes. C’est le penchant manic shooter de la chose. Chaque salle représente un réel défi et ce dès le début du jeu.

Les développeurs ont été sans pitié pour nous autres pauvres joueurs. Et on en redemande ! Du die and retry pur et dur. Si try-hard un jeu n’est pas votre truc, alors passez votre chemin. Mais pour les autres, vous trouverez dans Wildcat Gun Machine un défi à votre mesure. Oh, ne vous inquiétez pas si vous vous dites à chaque “barrière” que ce n’est pas possible. Ca finit toujours par passer avec de la bonne volonté et de l’acharnement. Lorsque nous mourons, nous avons le choix de recommencer au point de contrôle ou d’utiliser l’une de nos vies, représentées par des silhouettes de chat, pour reprendre juste devant la dernière porte que nous avons passé. Attardons-nous un peu sur ce choix qui n’est pas des moindres.

Retourner au point de contrôle signifie reprendre au début du niveau avec les salles remplies à nouveau de monstres. A noter que la carte est fixe, aucune génération procédurale, ce qui n’est pas plus mal, car vu la difficulté du soft il est bon de connaître les lieux par cœur. Mais cela permet de s’acheter de nouvelles armes principales, celles qui possèdent des munitions infinies, ou bien d’améliorer notre dash, d’augmenter notre nombre de résurrections possibles, de changer de type de grenades, etc… Nous devenons peu à peu plus forte et rapide. Si je parle d’arme principale c’est que nous portons également une arme secondaire. Celles-ci se dégottent dans les niveaux et leurs munitions sont comptées. Lorsque nous choisissons de reprendre au début, nous gardons tout de même les différentes clés de couleurs que nous avons trouvé. Ces clés ouvrant l’accès aux parties de la carte de la couleur correspondante. Quant aux nouvelles armes à acheter, celles-ci apparaissent comme par magie dans la boutique à chaque nouveau stage atteint. Elles sont en général plutôt adaptées aux salles environnantes. Vraiment de styles divers, à vous de trouver le bon duo.

Entre nos deux flingues interchangeables à volonté, nos grenades qui se rechargent automatiquement et notre dash, notre petite héroïne a de quoi éradiquer quiconque se mettra en travers de sa route. Petite surprise du chef : la possibilité de monter dans un mecha pour devenir invincible pendant quelques précieuses secondes. Pendant ce court laps de temps, nous sommes une vraie machine à tuer, envoyant moult missiles et lasers tout autour de nous. Le souci est que cette possibilité nous est rarement offerte, la jauge associée monte très lentement, alors réfléchissez bien avant de la déclencher. Notre personnage bouge bien, c’est très fluide. La hit-box peut paraître bizarre au départ , mais cette impression s’efface par la suite. Sans oublier les items trouvables sur le terrain, comme celui nous offrant un bouclier ou même un “bullet-time” ralentissant le temps. Le gameplay de Wildcat Gun Machine est parfait.

CONCLUSION

Voici pour ce Wildcat Gun Machine. Pourquoi ce titre ? Pourquoi la présence de ces chats, hormis le rapport à leurs neufs vies ? Je n’en sais rien du tout et c’est là le gros défaut de ce jeu. L’absence totale d’une quelconque forme de narration ou même d’un début de scénario. Mais ceux qui se fichent de ça et veulent un jeu pour s’éclater et se mettre à l’épreuve vont y trouver leur bonheur. Les amoureux de shoot ’em up y retrouveront les poncifs de leur genre favori et ce titre pourrait les changer agréablement de leurs jeux habituels. Du fun, du fun et du fun. Wildcat Gun Machine de Chunkubox Games est un bon jeu réservé aux hardcore gamers et à ceux aimant se faire mal sur Nintendo Switch, PlayStation 4, Xbox One et PC via Steam.

* Test réalisé sur Nintendo Switch

Wilcat Gun Machine

14.99
7

Note

7.0/10

POINTS POSITIFS

  • La maniabilité très fluide et intuitive
  • Les nombreuses combinaisons d'armes
  • Le character-design est très soigné et les Boss sont impressionnants
  • Le mix danmaku et twin-stick shooter fonctionne très bien
  • Les musiques collent parfaitement à l'ambiance

POINTS NÉGATIFS

  • Aucun début de scénario
  • Aucun PNJ donc aucune interaction avec qui que ce soit
  • La jauge pour utiliser son mecha est trop lente à se remplir
  • La désagréable impression que les développeurs se sont concentrés sur certains points et ont oublié le reste
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DickOReilly

Quinquagénaire et heureux papa deux princesses, je suis un amoureux des vieux bouquins et des gros pixels. J'aime particulièrement la scène homebrew sur Commodore 64, le versus fighting, les jeux d'horreur et quelques JRPG. Peace.

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