TEST – Victoria 3

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Victoria 3

Entre Paradox Interactive et les jeux de stratégie, c’est une grande histoire d’amour. Le studio suédois n’en est pas à son coup d’essai et après avoir revisité la Seconde Guerre Mondiale et avoir colonisé Mars, il s’attaque à l’histoire mondiale de 1836 à 1936. Soit approximativement le XIXe siècle, début de l’époque moderne, où eurent lieu des événements tels que les grandes découvertes scientifiques et la révolution industrielle en Occident. Comme toujours, chaque jeu que sort le studio est attendu avec impatience et Victoria 3 n’échappe pas à la règle. Il faut dire que les jeux de grande stratégie de Paradox Interactive sont connus pour l’ampleur et la profondeur sans compromis avec lesquelles ils recréent des époques entières de l’histoire, mais jamais auparavant ils n’avaient tenté quelque chose d’aussi vertigineusement complexe. Débutons sans tarder notre test de ce jeu de grande stratégie et de simulation historique de guerre.

Le monde d’hier :

Victoria 3Nous sommes en 1836 et les machines de la révolution industrielle tournent à plein régime. Le siècle à venir va changer la face du monde avec une explosion démographique, une seconde révolution industrielle, et plus encore. Dans Victoria 3, vous prenez le contrôle d’une société qui tente de suivre cette vague de changements explosifs jusqu’à sa fin en 1936. Ce que vous ferez en chemin, et le plaisir que vous y prendrez ne dépend que de vous. Comme c’est le cas pour de nombreux jeux de Paradox Interactive, le début de Victoria 3 est une expérience incroyablement intéressante et nouvelle. Un peu difficile à prendre en main, dure à comprendre et pas forcément évidente même pour les habitués du genre, le titre nous en met plein la vue dès les premières secondes et on sent que rien n’a été laissé au hasard. Chaque nation dans le jeu a le potentiel d’être modelée en ce que vous souhaitez. Si vous voulez transformer les États-Unis en une utopie libérale, vous le pouvez. Vous voulez chasser les catholiques de Rome ? C’est tout à fait possible. Vous pouvez même conquérir toute l’Europe en tant que pays de Galles, si vous le souhaitez !

Victoria 3 vous demande de construire une nation en façonnant ses lois, son économie, ses habitants et ses institutions. Ici, vous devez vous intéresser, comprendre et répondre aux moindres détails des mouvements politiques, de la répartition du pouvoir, des tendances démographiques, de l’organisation économique, de la production industrielle ou du commerce mondial avant d’agir. Le jeu possède les mécanismes de jeu très complexes et gérer ses nombreux paramètres peut être déroutant pour celles et ceux qui découvrent les jeux de Grande Statégie. Car oui, ici il n’est pas seulement question de stratégie mais bien de stratégie à grande échelle. En tant que joueur, vous devez gérer vos ressources et les mouvements de vos armées dans des conflits qui englobent plusieurs pays. Vous pouvez gérer les routes commerciales, tracer des voies de réforme sociétale, modifier la file d’attente de construction de votre nation ou examiner les méthodes de production. Même une petite nation reçoit constamment des options à manipuler, et la progression des grandes nations peut être ralentie par les crises commerciales et les guerres multi-fronts.

Une immersion totale :

Victoria 3Heureusement, la gestion globale de tous ces pays et des différentes ressources est facilitée par l’une des meilleures interfaces utilisateur de Paradox. Bien qu’imposante, elle comporte des systèmes complexes à gérer et plusieurs “niveaux” pour vous aider à gagner en lisibilité. La barre inférieure est particulièrement utile, avec des raccourcis vers toutes sortes d’actions nationales, de la construction à la diplomatie en passant par le rassemblement des troupes. La carte, quant à elle, est saisissante et impressionnante de détails, avec des petits trains qui roulent à toute allure, des mines qui marquent le terrain et de petits soldats qui échangent des coups de feu. Encore une fois, le souci du détail est là et un véritable travail d’orfèvre à été réalisé. Plus le temps passe, plus Victoria 3 vous entraîne profondément dans le jeu. Les gouvernements sont basés sur des lois : des ensembles d’options qui couvrent divers sujets tels que la façon dont votre économie est structurée ou encore qui a le droit de vote. La modification des lois nécessite le soutien de groupes d’intérêt. Ces groupes, tels que les propriétaires, la petite bourgeoisie, les forces armées, les syndicats, les industriels, les autorités religieuses et les habitants des zones rurales, rassemblent leurs membres et tentent d’imposer leurs programmes, en formant des partis politiques dynamiques. A vous de faire en sorte que tous cohabitent (sans sortir un 49.3 à chaque occasion). Modifiez les lois en cours de route pourrez vous faire gagner quelques sympathisants mais vous risquez de vous mettre les patrons à dos et les industriels pourraient s’allier à un autre groupe ce qui conduirait à la révolution.

Les groupes d’intérêt ont également des leaders, et même s’il est décevant de ne pas pouvoir interagir directement avec eux, ils ont de beaux portraits et des effets agréables. Au cœur de tous ces groupes d’intérêt se trouvent des personnes, également appelées pops. Ils ont un travail et une famille, et ils veulent des produits de première nécessité et de luxe. Ils migrent et se déplacent dans un système qui est suprêmement fascinant à observer en action. Lorsque des idéologies comme le socialisme et le fascisme sont inventées, les groupes pops gagnent de nouveaux partisans ou de nouveaux objectifs, ce qui déclenche des troubles et des révolutions dans le pays et à l’étranger. Améliorer leur niveau de vie implique de résoudre de grands casse-têtes sociaux et politiques. En vous concentrant sur la religion, vous risquez de froisser les minorités et à l’inverse, si vous fermez les yeux, vous allez devoir assumer vos actes…

Un grand pouvoir, implique de grandes responsabilités :

Victoria 3En plus de gérer la population d’une nation toute entière, vous êtes également aux commandes du commerce et de l’industrie. Dans Victoria 3, vous avez également la casquette de chef d’entreprise omniscient qui décide des nouvelles usines, mines, infrastructures et fermes à construire. Vous aurez besoin d’argent pour cela, bien sûr, mais qu’il provienne d’investisseurs fortunés ou de l’État lui-même, c’est à vous de voir… Le système économique utilisé ici incite à adopter des comportements réels. Si l’appât du gain est intéressant, vous n’aurez pas toujours envie, ni le temps d’amasser des richesses. Vous pouvez être en déficit pendant quelques années, puis constituer une réserve, ou vous ruiner en provoquant des guerres mondiales avant d’entamer des années de reprise austère. Et si certains biens importants vous font défaut, vous pouvez vous tourner vers l’étranger et commencer à exploiter les nations moins développées. Planifier son économie, déterminer les biens nécessaires à l’industrialisation, les matières premières à se procurer et leur provenance, voilà le nerf de la guerre et l’essence même de Victoria 3. La complexité supplémentaire que représente le choix des méthodes de production et des parts de propriété n’est que la cerise sur le gâteau personnalisable du marché de votre pays. Le jeu peut aussi compter sur un système commercial très riche et très développé qui vous permet de régler rapidement les déficits ou les excès à partir du même écran. Un retour d’information vous avertit même lorsque les routes commerciales affichent un solde négatif !

Bien entendu, vous finirez par devoir gérer des conflits nationaux et internationaux. Mais ces conflits ne sont pas toujours virulents, et beaucoup se dérouleront autour d’une table de négociation. C’est peut-être la partie la plus faible de Victoria 3 car seuls quelques mots clés vous permettront de ne pas subir un échec total. Dans un autre registre, les armées sont gérées de manière abstraite, vos armées étant dirigées par des généraux affectés à des fronts. Vous pouvez leur demander de tenir la ligne ou d’essayer d’avancer et de capturer des territoires. Il s’agit en fait d’une simulation qui se veut réaliste par rapport à la guerre du XIXe siècle car il s’agit d’espérer que l’armée que vous avez construite, l’équipement que vous avez produit et la personne que vous avez choisie pour la diriger puissent vous apporter la victoire. Au final, vos options diplomatiques suivent toujours le même schéma et une fois cette fonctionnalité bien assimilée, la gestion de cette partie se veut relativement simpliste. Pour faire la plupart des choses, vous devez faire un jeu diplomatique :

  • Réclamez un état contrôlé par un autre pays comme étant le vôtre,
  • Exigez qu’une autre nation se soumette en tant que régime fantoche,
  • Forcez les autres à adopter des lois spécifiques.

Vous faites des demandes, l’autre partie fait des contre-propositions, et les nations extérieures restent neutres ou sont soudoyées pour choisir un camp. Vous levez et déployez des troupes pour faire “avancer les négociations” et si personne ne cède avant la fin du temps imparti, c’est la guerre. Il s’agit d’un système bien conçu, mais les actions diplomatiques qui l’entourent sont anémiques et difficiles à mettre en œuvre pour une raison bien précise : Lorsqu’il s’agit de relations internationales, l’IA est au mieux statique, au pire imprévisible. Parfois, elle est heureuse de rester amie pendant des décennies, mais elle peut aussi devenir une rivale détestable du jour au lendemain. Les petites nations sans armée importante peuvent s’enfermer dans des guerres civiles pendant une période interminable, rendant des parties de la carte inutilisables à moins que vous ne vouliez déclarer la guerre et y mettre fin vous-même. Les grandes nations ont la même vie intérieure riche que la vôtre, mais n’ont personne aux commandes qui les oriente vers de plus grands objectifs. Cette situation est exacerbée par la mémoire courte de l’IA. Vous pouvez passer une dizaine d’années en bons termes avec une nation avant que celle-ci ne vous considère comme une menace du jour au lendemain. Et malheureusement, ces dernières sont trop réticentes à conclure des pactes diplomatiques et trop réticentes à déclencher des guerres.

Conclusion :

Victoria 3 est un jeu de grande stratégie chronophage avec peut-être trop de profondeur et de complexité pour les novices du genre, et les vétérans du genre pourraient trouver que la guerre simplifiée les rebute. Toutefois, l’étendue et la profondeur de sa simulation sont remarquables. Il s’agit, à ce jour, du plus impressionnant jeu de Paradox Interactive et il est difficile de passer à coté. Le jeu est magnifique, impressionnant, et si vous aimez le genre, vous devez impérativement vous lancer dedans, même si il faut du temps pour “dompter la bête”. On pourrait toutefois reprocher à l’IA d’avoir un comportement bizarre et même si le système de guerre est encore un peu “brouillon”, le jeu a un avenir plus que prometteur.

Victoria 3

8.8

Note

8.8/10

POINTS POSITIFS

  • Le meilleur jeu de Paradox Interactive
  • Indispensable pour les fans de grande stratégie
  • Une durée de vie colossale
  • Les nombreuses possibilités

POINTS NÉGATIFS

  • Beaucoup d'informations à retenir
  • Un peu difficile à comprendre au début
  • L'IA
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DrFamikon

Amateur de bières et de FPS, grand fan de Pokémon et de Rock !

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