TEST – The Silver Case 2425

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The Silver Case 2425

Depuis le 9 juillet 2021, la Nintendo Switch vous propose de découvrir The Silver Case 2425. Développé par Grasshopper Manufacture et Suda Goichi, l’aventure vous propose de plonger dans une dystopie. Se déroulant au Japon, ce n’est pas une aventure, mais deux qui vous attendent en vous procurant ce classique de l’histoire des jeux vidéo japonais.
GeeknPlay vous propose un tour d’horizon concernant cette expérience atypique édité par NIS America, plus proche d’un roman que d’un jeu vidéo.

Goichi Suda ? C’est qui ?

The Silver Case 2425Impossible de vous parler de The Silver Case et de The 25th Ward, les deux jeux contenus dans cette aventure, sans vous parler de son auteur Suda Goichi (Go = 5 et Ichi = 1, d’où le 51, qui fait également référence à la zone 51). Né le 2 janvier 1968, Goichi Suda multiplie les petits boulots au début des années 90 et devient même directeur de pompes funèbres. Il rejoint l’univers des jeux vidéo en répondant à une annonce publiée par Human Entertainement qui recherche des collaborateurs sur un jeu de catch. Passionné de ce sport, il est persuadé que ses connaissances et son enthousiasme serait un plus pour le jeu. C’est ainsi qu’il fait ses armes sur Super Fire ProWrestling III : Final Bout sur Super Nintendo en tant que scénariste. Suit d’autres titres où il pourra développer les thèmes qui lui sont chers dont Moonlight Syndrome. Suite à la sortie de ce titre, il décide de fonder son propre studio en 1998 qu’il nomme Grasshoper Interactive.

C’est à ce studio et son créateur que l’on doit des titres mythiques tels que le cultissime Killer 7, le rafraichissant Lollipop Chainsaw, l’intriguant Killer is Dead et le déjanté Flower, Sun and Rain. SUDA 51 s’est même allié à Shinji Mikami (producteur de Resident Evil) et à Akira Yamaoka (compositeur de Silent Hill) pour nous proposer le mésestimé Shadows of the Damned. Mais c’est surtout la série des No More Heroes, dont le 3e épisode est attendu pour le mois prochain, qui le fait connaitre auprès du grand public.

2 jeux en 1

The Silver Case 2425The Silver Case est donc le premier jeu vidéo développé par le studio Grasshoper. Intitulé Shirubā Jiken au Japon, il est sorti le 7 octobre 1999 sur PlayStation. L’occident ne découvre cette œuvre qu’en 2016 lors d’une sortie dématérialisée pour PC et en 2017 sur le PSN. Ce n’est donc qu’à partir de cette date que le jeu est disponible dans d’autres langues que le japonais.

De son côté, sa séquelle nommée The Silver Case : Ward 25 est sortie en 2005 sur appareil mobile. C’était un jeu épisodique sorti pour les téléphones portables Keitai. Après la remasterisation HD de Silver Case en 2016, Goichi Suda avait annoncé son désir de refaire Ward 25 afin que son jeu ne devienne un jeu « fantôme ». En effet, avec l’obsolescence des appareils mobiles, plus personne n’aurait la chance de suivre les aventures se déroulant 5 ans après celle de The Silver Case. Compte tenu du travail effectué pour remettre au gout du jour cette suite, Suda51 considère ce remake comme un tout nouveau jeu Grasshopper.

The Silver Case 2425 est donc la compilation de ses deux titres atypiques. Si le gameplay risque d’en rebuter plus d’un, le scénario sous jacent à ces œuvres et leur mise en scène font de ces titres des œuvres vidéoludiques singulières et cultissimes pour certains. En mettant ces à priori de côté et en replaçant ces jeux dans leurs contextes il est dès lors possible d’en apprécier toute leur saveur.

The Silver Case

The Silver Case 2425Les 24 quartiers (wards) dont est constituée la ville où se situe l’action, forment une ville magique, élégante et pleine d’activité. Les habitants y trouvent tout ce dont ils ont besoin et les citoyens se sentent en sécurité. Un sentiment illusoire que le Heinous Crime Department (département des crimes odieux) fait tout pour sauvegarder. C’est à eux de prévenir et régler les crimes violents qui viennent perturber la paix et l’ordre de cette la ville. En tant qu’ancien membre des forces spéciales que vous avez dû quitter suite à une affaire spéciale, vous êtes affecté dans cette division. Il vous faudra vite trouver votre place au sein d’une équipe de détectives aux personnalités fortes et distinctes afin de résoudre les affaires étranges et dérangeantes auxquelles vous serez confrontés. Outre des hauts fonctionnaires corrompus, des pirates informatiques, des conspirations contre l’état lui-même, votre affectation coïncide avec le retour de Kamui, un légendaire serial killer.

Après un générique alléchant, ce qui choque est le gameplay du jeu. Avec le trailer on aurait pu penser à une sorte de jeu d’aventure proche d’un Hotel Dusk en beaucoup plus sombre et fantastique où vous devez récolter des indices et vous baladez à la recherche de ceux-ci, mais il n’en est rien ! A travers une sorte de fenêtre, des sortes de panneaux sont utilisés pour illustrer des éléments tels que les personnages présents ou des objets significatifs. Les dialogues et l’histoire sont racontés à travers des zones de textes traditionnelles et comme il y a souvent plus d’un personnage à l’écran, une grille lumineuse nous renseigne sur le personnage qui parle. Son nom s’affiche également brièvement au début de son texte. Déconcertant au début, on s’habitue assez vite à ce type de narration. La bande son et les effets sonores jouent d’ailleurs un grand rôle dans l’immersion.

Un gameplay particulier.

The Silver Case 2425Les phases de jeux proprement dites sont encore plus déconcertantes. Lorsque vous prenez le contrôle de votre personnage vous devrez choisir entre enregistrer votre progression (S), voir votre équipement (I), interagir avec des « points de contact » (C) ou vous déplacer (M) « librement » et chercher des infos. Malheureusement, vous vous rendrez vite compte que la liberté d’action n’est qu’un leurre. Non seulement vous ne vous déplacerez que sur une sorte de grille qui vous permet de vous déplacer selon l’un des 4 points cardinaux, mais en plus, si vous essayez de jouer au malin en allant à des endroits que vous ne devriez pas, vos compagnons vous rappelleront vite quel est le but de votre mission.
Les déplacements sont donc très rigides et sont résolument old school et peu instinctifs. Mais là aussi, on apprend à faire avec, car une fois entrée dans l’histoire on ne souhaite qu’une chose, découvrir où celle-ci va nous amener.

Ainsi, le jeu pourrait s’apparenter à un visual novel mais comme aucun choix n’est réellement demandé pour changer le scénario, The Silver Case s’apparente plus à un roman 2.0. Un livre qui serait agrémenté de visuel, d’une Bande Orginale de haute volée et bruitage convaincant avec des passages vaguement interactifs. De plus, certains moments clés montrent des cinématiques en 3d, en anime ou en prise de vue réelle pour accentuer l’immersion et exacerber nos sens. Des sortes de petites récompenses très appréciables qui auraient mérité d’être totalement remasterisées, notamment dans leur résolution. Vous l’aurez deviné, il faudra lire BEAUCOUP avec The Silver Case et finalement, vous jouerez très peu. Malgré tout, on est vite happé par ce scénario mêlant série noire, polar et éléments fantastique glaçant. En effet, le jeu vous place dans un sentiment d’insécurité quasi constant. Un peu comme dans un film de Hideo Nakata. Il arrive même que l’on sursaute dans cette expérience vidéoludique aux thèmes musicaux et bruitages efficaces.

Enfin, sachez que l’histoire est divisée en deux scénarios parallèles : Dans « Transmitter » les chapitres sont appelés « case » et vous suivrez l’histoire de votre avatar, tandis que dans « Placebo » (où les chapitres sont des « rapports ») vous incarnerez Tokio Morishima. Ce dernier est un journaliste freelance qui vit seul avec sa tortue dans un petit appart au dernier étage d’une résidence. Les deux protagonistes évoluent simultanément. En fait, les chapitres Placebo permettent d’approfondir l’histoire principale jusqu’à son dénouement. Mais pour assister au final, il faudra lire énormément. De plus, pour ne rien arranger à l’accessibilité du jeu, tous les textes sont en anglais. Enfin, n’hésitez pas à prévoir un petit bloc note pour répertorier les différents protagonistes et ne pas vous perdre dans les noms. De même, noter les dates clés pourraient être utile pour vous permettre d’avoir une vue d’ensemble des évènements. Nous vous avons bien dit que The Silver Case demandait un réel investissement de la part du « joueur » ! Vous savez donc à quoi vous en tenir.

The 25th Ward : The Silver Case

The Silver Case 2425Cette suite, qui rappelons-le se passe 5 ans après The Silver Case, peut-être joué d’emblée au lancement du jeu. Toutefois, nous vous le déconseillons. D’autant plus que vous remarquerez vite que le gameplay est fondamentalement similaire à celui de son aîné. Il utilise lui aussi cette sorte de fenêtre cinématographique pour afficher des images, du texte et d’autres informations. Là aussi la lecture est au centre du jeu même si les séquences de déplacement interactif dans des univers 3d sont toujours présentes. Mais là non plus vous ne verrez jamais de personnage dans ces décors. Ceux-ci apparaissant également tel des pop up dans des petits encadrés principalement en 2d.
Les déplacements sont ici aussi sur rails dans quatre directions seulement. Toutefois, on peut noter quelques différences qui affectent subtilement l’expérience de jeu.

Le système « MISC » laisse la place à un dé à plusieurs faces qui doit être tourné dans un espace tridimensionnel. Chaque face représentant une action bien distincte. Habituellement composé de 4 faces, il arrive que les évènements demandent plus de face comme lorsqu’on doit saisir un code secret. De même, si dans The Silver Case il y avait des repères pour que vous sachiez quels sont les endroits nécessitant une interaction (une sorte de rond au milieu de l’écran), ici les déplacements sont simplifiés. Comme vous ne pourrez pas vous retourner ou regarder vers le haut ou le bas, vous serez obligés d’emprunter votre route jusqu’à atteindre votre but.

Mis à part cela, le gameplay n’est pas bouleversé si ce n’est quelques rares surprises biens venus. Mais nous vous laissons les découvrir vous-même. Il en va de même concernant le scénario que nous préférons garder secret afin de ne rien divulgâcher. Nous vous dirons simplement que l’histoire est divisée en 3 grandes parties (Correctness, Match Maker et Placebo) qui sont divisées en plusieurs chapitres. De quoi profiter encore un peu plus de cet univers atypique et peu engageant au prime abord crée par Suda 51 et son équipe.

Un petit mot concernant l’édition physique

The Silver Case 2425

 

Si The Silver Case 2425 est disponible sur l’eShop de Nintendo et au prix de 39,99€ nous ne pouvons que vous conseiller de vous procurer sa version physique collector. Cette dernière est composée :D’une boite collector

  • D’un mini Artbook intitulé « The Artwork of The Silver case 2425 ».
  • De l’extrait de la bande originale du jeu sur CD composé par Masafumi Takada (Killer 7, No More Heroes)
  • Du jeu « The Silver Case 2425 ».
  • Le distributeur Koch Media nous livre là un bien bel objet qui donne à lui seul envie de se procurer le jeu.

 

Conclusion

Vouloir s’immerger dans The Silver Case 2425 et ces deux jeux qui le composent peut sembler fou en 2021. Avec son esthétisme vieillot, son gameplay archaïque, sa liberté d’action inexistante et son scénario alambiqué, le roman 2.0 du studio Grasshoper a tout pour faire fuir le grand public. Toutefois, les amateurs des premières œuvres de Suda 51 pourraient bien se laisser tenter par cette histoire complexe au thème fort et quelque peu vintage. Dans tous les cas, cette œuvre est à réserver à un public de niche, à des initiés de préférence fanatiques de Suda 51.

Il est donc très difficile de devoir noter une œuvre pareille. En effet, d’un point de vue purement vidéoludique, le jeu est dépassé et devrait se contenter d’une très mauvaise note et serait loin d’obtenir la moyenne. D’un autre côté, si l’on juge l’œuvre d’un point de vue scénaristique, visuel et sonore, dès lors qu’on se laisse emporter, il serait proche d’un 8 voir d’un 9 tant il est intéressant de voir les pièces du puzzle s’emboiter un à un. En prenant cela en compte, la note finale reflète cette ambigüité. Le titre est donc une œuvre à part entière singulière à réserver à un public avertit.
Toutefois, avec un casque audio vissé sur les oreilles et allongé dans votre lit avant de vous endormir, The SilverCase 2425 pourrait bien devenir votre « jeu vidéo » de chevet de l’été.

The Silver Case 2425

5.9

Note

5.9/10

POINTS POSITIFS

  • Un scénario intriguant et captivant
  • Des personnages hauts en couleurs
  • Un pouvoir d’immersion immense
  • Une bande originale riche et des bruitages convaincants
  • S’apprécie comme un bon livre

POINTS NÉGATIFS

  • Techniquement dépassé
  • Gameplay archaïque
  • Aucune liberté d’action
  • Full English
  • N’est pas vraiment un jeu vidéo

yancha

Rédacteur avec pas mal d'XP au compteur ayant grandi avec les bornes d'arcades à l'ère 8 et 16 bits.

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