Silent Hill f est un jeu vidéo de type survival horror psychologique développé par NeoBards Entertainment et édité par Konami. Le jeu est disponible depuis le 25 septembre 2025, sur PC (Windows), PlayStation 5 et Xbox Series X/S. Que vaut cet opus ? On fait le point dans notre test écrit.
Un Silent Hill résolument différent !
Au début, Silent Hill était un jeu d’horreur psychologique à l’américaine. Le premier opus prenait place dans une petite ville du Maine, paumée dans le brouillard : des rues vides, une ambiance étouffante… Puis, deux ans plus tard, est sorti Silent Hill 2, où l’on restait dans la même ville, mais le ton changeait complètement. Là, c’est plus une histoire de culpabilité et de douleur personnelle. James Sunderland vient à Silent Hill après avoir reçu une lettre de sa femme morte, et tout ce qu’il voit dans la ville semble venir de son esprit torturé. Le jeu est plus psychologique, plus intime, moins “secte démoniaque” et plus “enfer intérieur”. D’ailleurs, le jeu a eu droit à un excellent remake de la part de la Bloober Team, sorti en 2024 sur PlayStation 5 et PC, dont vous pouvez retrouver notre test ici.
Comme vous pouvez le voir, la licence semblait figée à l’Amérique, comme c’est souvent le cas dans de nombreux jeux de nos jours… Mais en 2025, cela change littéralement avec Silent Hill f. Cette fois, on quitte totalement les États-Unis pour le Japon des années 1960. Fini les rues américaines brumeuses : on est dans un village japonais entouré de nature, avec des fleurs étranges et une ambiance entre beauté et horreur. Le thème reste la souffrance, la peur et la transformation, mais raconté à la manière japonaise, avec des références à la honte, à la solitude et au folklore local. C’est une autre culture, une autre forme d’angoisse, plus poétique et symbolique… Mais est-ce réussi manette en main ? On ne va pas vous mentir : l’expérience est plutôt satisfaisante dans l’ensemble, même si l’on peut émettre quelques soucis ici et là.
Bienvenue au Japon fleuri…
Comme annoncé ci-dessus, Silent Hill ƒ nous amène au Japon, où nous dirigerons tout au long de l’aventure le personnage principal, Hinako Shimizu. Il s’agit d’une jeune adolescente qui part retrouver ses amis comme à l’accoutumée, sauf que ce jour-là, des fleurs commencent à pousser partout et des créatures apparaissent dans la ville… Hinako Shimizu fuit la menace comme elle le peut, et c’est ainsi que commence notre aventure avec cette jeune lycéenne perdue et seule, qui se retrouve plongée dans des événements surnaturels flippants, entre créatures étranges et légendes locales.
Disons-le clairement : le fait que l’histoire se concentre sur une jeune fille apporte un vrai vent de fraîcheur à la série, souvent dominée par des héros masculins. Hinako n’est pas juste une héroïne : elle est aussi victime de ses angoisses, de ses peurs et des changements qu’elle traverse. Et elle devra, en plus de ça, affronter une horreur à la fois florale et humaine…Le tout avec des thèmes lourds abordés, tels que la pression sociale, le harcèlement, les normes de genre et les traumatismes de l’adolescence, mais sans jamais tomber dans le sermon.
Tout passe par les situations, l’ambiance et les lieux, qui racontent leur propre histoire, souvent à travers des flashbacks. Mais avant d’en arriver là, il va falloir s’aventurer dans la ville… et survivre !
Côté gameplay, Silent Hill ƒ ne réinvente pas la roue, et proposera ce que la licence fait de mieux. À savoir diriger un personnage principal, le tout dans des rues à l’atmosphère brumeuse… qui deviendront parfois fleuries à l’arrivée des monstres.
Bien évidemment notre héroïne dispose de plusieurs jauges visible en ATH ! En effet, Hinako Shimizu dispose d’une jauge :
- De vitalité qui permet de connaitre la vie restante a notre personnage
- D’endurance qui indique la capacité du personnage à courir, attaquer ou esquiver…Car quand elle est vide, le personnage se fatigue rapidement et devient donc une proie pour les créatures
- Psychologique, qui affecte le comportement mental du personnage.
Chaque jauge a son importance cruciale, et bien évidemment le jeu permettra de trouver des items pouvant vous restaurer de la santé, de l’endurance et même d’améliorer sa santé mentale. De ce côté-là, NeoBards Entertainment a pensé à tout.
D’ailleurs, le titre se considère comme un Silent Hill en reprenant la plupart des codes, mais il détonne parfois, et le premier contact sera à votre première sauvegarde… Car une nouvelle fois, les développeurs ont fait le choix d’une sauvegarde à l’ancienne… où il faudra sauvegarder dans les temples le long des chemins.
Les temples ne serviront pas uniquement à sauvegarder, car là-bas, il sera possible de se purifier l’esprit, mais également possible d’offrir des offrandes qui vous rapporteront des points que vous pourrez échanger pour piocher des omamori ou alors améliorer des caractéristiques de votre personnage tels que la santé, la vitalité, le mental… Néanmoins, il faudra de plus en plus de points pour déverrouiller les compétences et il disposer d’ema que vous trouverez au long de votre périple. Rappelons qu’à l’origine, les EMA sont de petites planches en bois sur lesquelles les gens écrivent leurs vœux ou prières dans les sanctuaires shintoïstes.
Du coup, la culture locale, les temples, les tori ,les ema, suivis des décors résolument différents, font que Silent Hill F à un pattern différent des autres opus.Et même au niveau des combats, les développeurs ont pensé différemment. Certes, on reste avec le système de combat volontairement maladroit, fidèle à l’esprit du jeu original, avec une Hinako Shimizu peu aguerrie… le but étant de rappeler qu’il s’agit d’une lycéenne ordinaire et qu’elle n’est pas une combattante. Cela renforce le sentiment de vulnérabilité face aux ennemis qu’elle rencontre. Certains pourraient regretter l’absence d’améliorations plus marquées dans ce domaine, mais c’est un choix du studio pour préserver l’authenticité du titre.
Si vous aviez déjà fait Silent Hill 2 le remake, cela ne vous perturbera pas… Néanmoins, si c’est votre première approche de la licence, il faut avouer que vous allez sans doute râler plus d’une fois à mourir, manette en main, après avoir frappé à côté d’une créature qui elle ne se gênera pas de vous attaquer et comme au début du jeu vous n’avez pas beaucoup de santé, ni d’endurance… Vous verrez apparaître le message de mort à l’écran avec le choix de charger votre dernière sauvegarde ou de continuer.
Car oui, si dans le fait on a l’impression qu’il n’y a pas de sauvegarde automatique, c’est à moitié faux, car si vous faites continuer, vous reprendrez quasiment à l’endroit de votre dernière mort qui peut être bien plus loin que votre dernière sauvegarde faite manuellement. D’ailleurs, revenons au combat, qui dans Silent Hill f sera uniquement au corps à corps. Du coup, n’espérez pas trouver de fusil à pompe, ni de pistolet, car vous n’en trouverez pas.
Le choix de privilégier, selon les développeurs, le combat rapproché plutôt que les armes à feu rend chaque affrontement plus intense : on se sent vulnérable, toujours à deux doigts de la panique ou de la mort. Néanmoins, votre ressentie pourra être diffèrent et le tout dépendra de la difficulté choisie initialement entre histoire, difficile,et brouillard.
Du côté de l’exploration, celle-ci n’est pas anodine. Chaque maison, ruelle ou recoin semble cacher un secret, un objet ou un indice qui peut faire avancer l’histoire. Et si la carte semble petite au départ, elle grandit à vue d’œil au fil des heures qui passent. Vous l’avez compris, on ne se contente pas de marcher : il faut observer, fouiller et réfléchir. Les objets que l’on trouve ne sont pas là juste pour meubler le décor ; ils ont tous un rôle à jouer. D’ailleurs, une nouvelle fois, les énigmes pourront être plus ou moins simples, et tout dépendra de la difficulté choisie au lancement du jeu.
Si certaines sont logiques, comme un code trouvé ou une clé pour ouvrir une porte, d’autres demandent de l’observation, de l’interprétation, voire du symbolisme, avec parfois des sceaux à placer sur un mur pour compléter une fresque représentant, par exemple, des renards et des oiseaux. C’est ce mélange d’exploration et de réflexion qui crée une expérience complète.. Vous pouvez très bien passer d’une zone où l’on combat des créatures à une zone plus calme, où résoudre un puzzle ou trouver un objet devient un petit moment de satisfaction au milieu de l’angoisse ambiante.
Car oui, si parfois l’exploration semble plus tranquille, ce n’est pas toujours le cas, et il ne sera pas rare d’entendre les bruits des créatures à votre insu. On reste donc sur le qui-vive, en espérant avoir choisi le bon chemin pour éviter une attaque…l faut l’avouer, la bande-son et les bruits des créatures sont superbes, rendant l’expérience immersive et parfois stressante.
Sur le plan narratif, le jeu brille par sa subtilité et son symbolisme. Chaque lieu, chaque détail, chaque monstre peut avoir une signification cachée. L’histoire se dévoile petit à petit, au fil des notes qu’on trouve, des visions qu’on vit et des interactions étranges que l’on a. Au fil des heures, Silent Hill f dévoile son passé sombre, ses secrets et son ambiance étouffante… Alors, oui, on aurait pu en dire plus sur le jeu, et certains nous feront peut-être la remarque d’avoir omis certains passages, néanmoins, nous ne sommes pas là pour spoiler, mais pour donner une vision globale du titre, et il serait dommage de dévoiler certains passages du jeu qui méritent d’être découverts tout seuls…
On va donc s’arrêter ici après avoir parlé d’exploration, de combat, d’ATH et même un peu du scénario sans trop en dire. Il s’agit d’un Silent Hill différent, mais percutant, qui n’est pas sans défaut malgré les très grandes qualités sonores et visuelles du jeu.
Des soucis de rythme et de lourdeurs…
Malgré ces qualités, Silent Hill ƒ n’est pas parfait. Le rythme peut parfois sembler inégal, certaines séquences d’exploration étant trop lentes ou répétitives. Mais ce sont sans doute les combats qui frustreront un peu. Si les habitués connaissent le gameplay lent, parfois lourd du jeu, on pourrait également critiquer l’IA des ennemis, qui est assez agressive si vous jouez en difficile voire en brouillard, et qui ne vous laisse pas toujours le temps d’esquiver les attaques. Cela vous obligera à utiliser un soin pour vous guérir, ce qui peut être contraignant à la longue….Et malgré le fait qu’il y a beaucoup d’items pour se soigner, vous pourrez bien en manquer à certains passages.
Malheureusement, ce n’est pas le seul souci, car le jeu peut faire pester les joueurs avec parfois un nombre impressionnant d’ennemis à combattre dans une zone ridiculement petite, où il est difficile d’esquiver. Et si plusieurs créatures vous bloquent dans un coin, la mort peut être très proche, alors que vous n’êtes pas responsables… Ce n’est pas de votre faute si, lors d’une esquive, vous vous retrouvez coincé sans pouvoir réellement sortir. Au début du jeu, les créatures sont classiques et pas forcément des plus voraces ( quoi que..), mais cela évoluera au fil du temps et parfois des créatures déjà battues pourront même revenir à la vie… À moins qu’il existe un moyen de les empêcher de revenir ? Peut-être…
Vous l’avez compris, les combats ne sont pas toujours simples, et les dernières parties du jeu sont assez punitives à ce niveau, avec l’impression de combattre toutes les deux minutes des monstres costauds, parfois en collaboration avec d’autres rapides, voir des boss puissants…. Le tout avec une caméra parfois capricieuse.Malgré les grandes qualités du jeu, celui-ci n’est pas toujours bien optimisé et propose parfois trop de combats et pas assez de temps d’exploration libre, qui fait parfois du bien. On pourrait également parler de la fin principale, qui peut laisser un sentiment d’inachevé pour ceux qui attendent une conclusion spectaculaire. Néanmoins, la fin ne signifie pas que le jeu est terminé, car il existe au total cinq fins de scénario différentes…
Malgré ces défauts, Silent Hill ƒ reste un titre à faire au moins une fois dans sa vie, car il propose une ambiance et une originalité différentes des autres jeux de la licence, et réussit à capter l’essence de la franchise tout en lui offrant un souffle nouveau.
Conclusion
Silent Hill ƒ nous propose pour la première fois un changement de décors. Cette fois, on quitte les rues américaines pour le Japon des années 60, et ça fait du bien ! Entre ruelles tortueuses, petits chemins verdoyants, rocheux, ou fleuris, et routes sinueuses, l’exploration est vraiment sympa et différente de ce qu’on a l’habitude de voir.La direction artistique est d’une grande qualité, comme l’atmosphère sonore, le tout couplé à une histoire captivante avec différentes fins possibles.
Au niveau du gameplay, on reste sur du classique de la série avec du brouillard, de l’exploration et des combats… Bref, le jeu propose une horreur psychologique de qualité avec notre héroïne Hinako Shimizu qui prend de l’épaisseur au fil des heures.Malgré tout, il y a quelques petites maladresses par-ci par-là, mais ça n’enlève pas le côté immersif et flippant du jeu.Au final, Silent Hill ƒ propose un voyage intriguant et fascinant qui sera dommage de ne pas essayer.
Conclusion
Au niveau du gameplay, on reste sur du classique de la série avec du brouillard, de l’exploration et des combats… Bref, le jeu propose une horreur psychologique de qualité avec notre héroïne Hinako Shimizu qui prend de l’épaisseur au fil des heures.Malgré tout, il y a quelques petites maladresses par-ci par-là, mais ça n’enlève pas le côté immersif et flippant du jeu.Au final, Silent Hill ƒ propose un voyage intriguant et fascinant qui sera dommage de ne pas essayer.
Les plus
- Un système de combat fidèle à la licence...
- Ambiance immersive et originale
- La direction artistique, les sons et la brume créent une atmosphère oppressante
- La possibilité de choisir la difficulté des combats et des énigmes indépendamment
- La narration subtile et symbolique : L’histoire se dévoile progressivement
- Le jeu propose plusieurs fins, encourageant la rejouabilité
Les moins
- Mais un système de combat qui peut-être frustrant ...
- Certaines zones parfois trop difficiles avec plusieurs ennemis dans un espace restreint
- Les créatures peuvent surprendre le joueur et limiter ses possibilités d’esquive
- Rythme du jeu parfois inégal entre les séquences d’exploration et de combat
- Si cela n’arrive pas souvent, la caméra est parfois capricieuse et peut gêner les combats ou la navigation.
- S’il existe plusieurs fins, certaines pourront laisser un sentiment d’inachevé.










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