TEST – Rogue Legacy 2

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Test Rogue Legacy 2

La tâche qui incombe à Rogue Legacy 2 est considérable. Faire suite à un premier opus qui a redéfini les contours d’un genre ; au point d’avoir fait de l’ombre à son géniteur. Car en effet, si c’est bien le Rogue de 1980 qui accoucha jadis du genre qui porte désormais son nom, Rogue Legacy est parvenu à devenir la référence d’un genre dérivé de celui-ci. Ainsi donc, voici venir le prince héritier de la dynastie des Roguelites de légende, encore et toujours développé par Cellar Door Games. L’ADN de son prestigieux lignage a autrefois réussi l’exploit de se mêler avec brio au Metroidvania et au Plateformer. Rogue Legacy 2 quitte à présent l’accès anticipé qui courait depuis plus d’un an. Ses graphismes chatoyants, ses nouveautés et son gameplay remanié suffiront-ils à donner quelques rides à son illustre aîné ? Eléments de réponse ci-dessous.

Une histoire d’héritage

Rogue Legacy 2En dehors de l’excitaion qu’elle suscite en nous, la sortie de Rogue Legacy 2 nous apparaît tout d’abord comme une délicate mise en abyme. En effet, le jeu, suite logique d’un premier épisode à succès, traite précisément de la question de l’héritage. Vous incarnez en effet l’un des membres d’une famille de braves qui s’en vont se frotter aux dangers d’un royaume sur le déclin. Celui-ci autrefois prospère, est tombé en désuétude. Il vous incombe donc de découvrir qui sont les responsables et comment restaurer ce qui peut encore l’être. Vous serez donc amenés à traverser des niveaux remplis de dangers, à développer votre forteresse, à vous frotter aux terribles Estuaries et, bien évidemment, à mourir. Car en effet, Rogue Legacy 2 se définit lui-même comme un Roguelite généalogique. Concrètement, cela signifie qu’à chaque décès vous serez amenés à incarner un descendant de votre précédent personnage. Cette mécanique, popularisée par le premier opus, fonctionne encore et toujours à merveille.

Il faudra toutefois faire votre choix avec pertinence, car les héritiers qui vous serons proposés ne disposeront pas des mêmes talents, ni des mêmes défauts. En effet, le jeu se fait fort d’introduire de nombreuses classes et traits, positifs et négatifs, qui font varier à la fois le gameplay et votre approche de chaque run. Choisissez d’abord un rôdeur par exemple, pour éliminer vos ennemis à distance. Puis lorsque celui-ci aura mordu la poussière, laissez-vous tenter par un barbare donc la hache viendra étancher votre soif de sang. Si nous n’avons ici cité que 2 des 15 classes jouables, c’est avant tout pour préserver la découverte des très bonnes idées présentes dans cet opus. Par ailleurs, chaque choix de classe s’accompagne de traits de personnalité qu’il faudra découvrir à l’usage. Ainsi, un personnage cartographe disposera d’une carte déjà détaillée tandis qu’un personnage ectomorphe sera envoyé valdinguer au moindre coup. Si les traits positifs coûteront des ressources, les traits négatifs vous en rapporteront. En effet, l’une des nouvelles ressources qui fait son apparition dans ce second opus est la détermination. Celle-ci permet alors d’acquérir des traits positifs lors du choix de l’héritier mais aussi de “payer” les reliques que vous rencontrerez sur votre chemin durant l’aventure. Ces petits objets bien pratiques vous octroieront des bonus non négligeables durant votre run. D’autre part, pour conclure avec la mécanique des traits, le fait de choisir volontairement un personnage disposant d’une affliction ou d’un désavantage vous octroiera des gains supplémentaires de pièces d’or.

En bref dans Rogue Legacy 2, vous incarnez perpétuellement les différents descendants d’une famille noble et courageuse. A chaque fois que l’un de ceux-ci perd la vie, vous devez lui choisir un successeur qui deviendra, pour un temps, le héros de l’aventure. Si au début du jeu, le choix peut paraître assez restreint, on découvre rapidement avec bonheur tous les paramètres qui impactent le profil de nos personnages. Classe et talent associé, arme de base, sortilège, caractéristiques, traits de personnalité positifs ou négatifs… Il n’y a pas deux runs qui se ressemblent, chaque nouveau départ vient à la fois récompenser notre soif de curiosité et briser la redondance inhérente au concept. Car il existe un milliers de façons de monter à l’assaut de la Citadelle, il faudra simplement trouver celle qui correspond à votre objectif. Vous alternerez entre les runs où l’on fouille le niveau de fond en comble pour amasser un maximum de pièces d’or et les marches déterminées, jalonées par les reliques qui constitueront votre build, en direction des Boss à terrasser. Ceux-ci sont particulièrement intéressants dans la mesure où chacun représente une épreuve à part entière. La mobilité et la pertinence de votre builds seront donc déterminants pour les vaincre.

Une belle BD en 2.5D

Rogue Legacy 2Vous avez 8 ans, vous errez entre les rayonnages de la bibliothèque et vous tombez pour la première fois dans les pages d’une magnifique BD. Un quart d’heure passe, comme une fraction de seconde, et voilà que vous en refermez les pages. Captivé… Enchanté… Voici peu ou prou ce que nous évoquent les graphismes de Rogue Legacy 2. Depuis la mignonne chenille qu’était le premier opus, jusqu’à ce papillon aux couleurs chatoyantes qu’est le second, la métamorphose est visuellement somptueuse. Avec sa 2.5D impeccable et son niveau de détail chirurgical, le jeu nous emporte dans une flopée de décors tous plus séduisants les uns que les autres. Notons que les développeurs ont fait le choix d’offrir un premier niveau ressemblant en tous points à celui du premier opus. Le clin d’oeil fonctionne alors très bien. Les afficionados de Rogue Legacy 1 que nous sommes retrouvent rapidement leurs marques. On cherche les passages secrets comme autrefois, on abuse des entrées-sorties de salle pour analyser la position des ennemis mais surtout on en prend plein la vue. Les éléménts de décor destructibles sont remaniés et présents en nombre, les ennemis débarquent avec des visuels parfois similaires à ceux du premier opus, parfois totalement inédits. On imagine qu’un joueur mettant pied pour la première fois dans le château d’un Rogue Legacy, en sera tout autant ébahi. En résumé, la qualité visuelle est excellente, du premier jusqu’à l’arrière plan.

Au sujet des animations, le jeu demeure au niveau des standards très élevés que nous avait offerts son aîné. La trame des compétences et sortilèges propres à chaque classe/personnage est limpide. On comprend tout de suite à quel moment, dans quel tempo et à quelles conditions telle ou telle action pourra être couronnée de succès. Pour autant, cette lisibilité ne signifie absolument pas facilité. Comme nous l’évoquerons plus bas, Roguelite oblige, il va falloir mourir pour progresser, progresser pour vaincre et vaincre pour triompher. Le jeu nous offre simplement les éléments visuels nécessaires à la compréhension de ce qu’il faut faire pour avancer. Et c’est très agréable. Par ailleurs, le monde se compose de plusieurs niveaux interconnectés par des salles. Là encore, si certaines reprennent l’architecture classique qui a fait la force du jeu (jusqu’à 4 sorties possibles en haut, bas, droite et gauche), d’autres sont désormais plus vastes. En fonction des biomes ou de l’identité visuelle du niveau dans lequel on se trouve, le décor s’adapte tout comme notre manière d’explorer. L’ambiance propre à chaque niveau est très réussie. Il est raffraichissant de se retrouver sur les quais de l’Axis Mundi après avoir erré dans la Citadelle Agartha par exemple.

D’autant que l’ambiance sonore n’est pas en reste. En ce qui concerne les mélodies qui rythment notre aventure, le choix s’est une nouvelle fois porté sur des refrains discrets au charme ennivrant. Si les mélopées lancinantes du premier niveau auront tôt fait de nous ramener aux angoisses du premier épisode, les musiques de ce Rogue Legacy 2 nous ont véritablement cueilli. Celles-ci viennent renforcer l’unicité de chaque niveau en complétant à merveille son charme visuel par un plaisir auditif. En outre, la musique a su se faire suffisamment discrète pour ne pas éclipser le sound-design de qualité. Les pièges, attaques de monstres et autres dangers qui nous assaillent prennent vie au travers de sons simples mais efficaces. Cela nous aide également à acquérir, peu à peu, ce si précieux sens du timing qui fait souvent la différence entre vie et mort dans le jeu.

Une mécanique addictive

Rogue Legacy 2 Chaque nouveau départ à l’assaut du château se fait dans le même entrain. Notre motivation est regonflée après chaque échec par les acquisitions qu’il est possible de réaliser. En rénovant les différentes parties de notre manoir, il sera en effet possible de gagner en puissance. Augmentations de PV, dégâts, déblocage de nouvelles classes… les bonus sont légion mais devront être payés en espèces sonnantes et trébuchantes ! Parallèlement, le chemin qui court depuis notre manoir jusqu’au château passe par les quais. Nous aurons le grand plaisir d’y retrouver plusieurs PNJ, dont certains doivent être secourrus durant notre aventure pour venir s’installer auprès de notre demeure. Si le forgeron, l’architecte et l’enchanteresse ont repris du service, plusieurs nouveautés font leur apparition. Sans spoiler, disons simplement que certains personnages viendront appuyer le côté Metroidvania du jeu en facilitant notre aventure ; tandis que d’autres proposeront des défis épiques. Deux ressources inédites font leur apparition pour permettre au forgeron et à l’enchanteresse de nous régaler de leurs créations. Lingots permettant de fabriquer de l’équipement pour l’un, sang utile à la confection de runes pour l’autre… Ces deux éléments verront leur puissance et leur utilité croître avec votre niveau, et votre avancée dans le château.

Tout au long de notre progression, les dialogues et lectures de journaux viendront nous abreuver sur le plan scénaristique. Nous pourrons alors découvrir l’histoire des différents niveaux, les rôles et personnalités des principaux protagonnistes. Les locataires du quai ne sont par exemple pas avares en causeries. Dans tous ces écrits (car le jeu ne comporte pas de voix), l’humour sera omniprésent. Et si, en habitués du ton des Rogue Legacy, nous avons trouvé les saillies des développeurs parfaitement désopilantes, il se peut que cet humour soit un peu surdosé pour quelqu’un qui tomberait sur le jeu par un plus grand hasard. En effet, si les allusions et autres tyrades qui jalonnent les dialogues nous ont fait souvent pouffer, nous imaginons que quelqu’un de moins habitué à un jeu du genre pourrait y trouver un frein à sa compréhension du monde. Néanmoins, comme nous l’avons dit plus haut, le jeu demeure très accessible et la progression se fait pas à pas. Pour accéder aux zones les plus difficiles, il faudra améliorer votre manoir, et donc votre personnage, tout autant que votre maîtrise. Le jeu recquiert donc des progrès stratégiques et puis mécaniques pour nous octroyer l’accès à ses Boss. Vous pourrez pour cela compter sur l’apparition de l’XP dans cet opus. En effet, le fait de jouer avec une même classe plusieurs fois amènera celle-ci à se renforcer, donnant des bonus statistiques à tous les futurs descendants embrassant la même profession. Croyez bien que cela ne sera pas de trop.

Car le constat est sans appel : la difficulté est là. Le challenge est réel. Entre les phases de plateformes qui nécessitent une agilité considérable et les niveaux truffés de danger, votre barre de vie va en baver. Toutefois, en faisant l’effort de rapporter suffisamment de pièces d’or à chaque trépas, on finit par dévérouiller des bonus qui rendent nos runs plus faciles. On commence par pouvoir tuer les monstres du premier niveau en un coup. Puis on dévérouille cette nouvelle classe qui permet de contrer tel type d’ennemi. Et de fil en aiguille, on avance. La découverte d’un nouveau biome, de ses pièges et ennemis, s’accompagne souvent de moments punitifs. Mais la sensation d’apprendre de nos erreurs pour repartir à l’assaut est particulièrement gratifiante. Dans cette optique, le jeu propose un contenu d’une quantité très convainquante. Les nombreuses classes proposées, et leur gameplay qui varie davantage par rapport à celles du premier épisode, sont très appréciables. Les sortilèges et pouvoirs inhérents à chacune d’entre elles, sont astucieusement trouvés. Si chacun aura sa préférence, il ne s’en est trouvé aucune que nous ayons fini par délaisser. Dernier point : le fait de parvenir au NG+ permet de rejouer l’aventure en découvrant de nouveaux éléments scénaristiques. Cet ajout, très appréciable pour les plus persévérants (ou masochistes ?) d’entre nous, augmente accessoirement la rejouabilité.

Une bête à trois têtes

Rogue Legacy 2Tout d’abord, il nous paraît juste de dire que ce Rogue Legacy 2, assume davantage son hybridation de genres. En premier lieu, si ce second opus a hérité de son ancêtre des salles dans lesquels on adore grimper sur les tables, ou plonger depuis les lustres, il ajoute un paquet de nouveautés pour devenir un vrai Plateformer. Comme nous l’avons mentionné plus haut, les biomes possèdent ici des architectures parfois étonnantes. Ainsi, sans trop en dévoiler, on peut simplement dire que la maîtrise du Dash, des Downstrikes (coups donnés vers le bas qui font rebondir vers le haut) et plus globalement du saut sera essentielle dans certains d’entre eux. Ce challenge-ci est tout à fait bienvenu. Car non content de devoir se méfier des monstres et pièges, il faudra maîtriser des acrobaties de haut voltige pour explorer certains niveaux.

Ensuite, la fibre Metroidvania du jeu vient prendre une place de premier plan dans l’aventure. En effet, tout au long de l’exploration, vous pourrez dénicher des autels. Interagir avec ceux-ci vous emportera dans une dimension parallèle où un défi vous sera lancé. A la clé : un nouveau pouvoir permettant de poursuivre votre exploration vers de nouvelles zones, et enrichissant plus globalement votre mobilité. Si l’instauration de ces éléments nous a paru très pertinente, nous avons néanmoins regretté que les défis permettant de débloquer ces pouvoirs passifs soient si simples. A aucun instant, nous n’avons été mis en danger ou n’avons douté de pouvoir récupérer le pouvoir à la fin. Cela est bien dommage, car ces éléments déterminants auraient pu et dû constituer un objectif de run à part entière, au même titre que la course au boss, l’enrichissement pur et simple ou la découverte d’un nouveau biome.

Comment ne pas terminer en parlant à présent du genre Roguelite. Il est clair que ce deuxième épisode apparaît dans un contexte totalement différent du premier. Il est selon nous parfaitement légitime de considérer Rogue Legacy 1 comme un point d’orgue, ou même un point de départ, qui a engendré une flopée de titres reprennant partiellement ses codes ou mécaniques. Rogue Legacy 2 souffre t-il de cette ascendance pléthorique ? Malheureusement oui. Les grands noms du genre qui se sont succédés durant ces dernières années lui font inexorablement de l’ombre. Et bien que nous ayons adoré jouer à Rogue Legacy 2, que nous soyons certains d’attendre avec impatience les prochaines mises à jour, nous devons bien avouer que sa qualité n’eclipse pas celle de tous les autres. Les Hadès, The Binding of Isaac, FTL et autres Dead Cells ont marqué les esprits et entretenu la flamme du genre avec un tel brio, que le successeur de l’ancêtre qui l’avait embrasée aura du mal à les effacer. En bref, ce second opus n’est peut être qu’un point d’exclamation de plus parmi le paysage bondé des excellents Roguelites. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une merveille du genre, celle que l’on attendait, celle que l’on espérait même.

Conclusion

Finalement, ce Rogue Legacy 2 nous paraît être le digne successeur de son noble parent sorti en 2013. Se tenant fièrement à la croisée des genres Metroidvania, Plateformer et Roguelite, le titre introduit de nouvelles idées très pertinentes tout en conservant la recette qui a fait le succès de son aïeul. Nous ne bouderons donc pas notre plaisir en déclarant solennellement que ce second opus ne se contente pas d’être aussi bon que le premier. Il fait mieux sur tous les plans. Plus complet, moins répétitif, plus fourni, moins punitif, plus beau, moins linéaire… Il ne s’est pas trouvé un compartiment du jeu qui a souffert de la comparaison avec le jeu aîné. De plus, il ne s’est pas trouvé un seul instant où l’ennui nous a guetté. Impossible de faire sortir de nos têtes le rire sardonique de Charon qui collecte son dû à chaque incursion de notre part dans le château. Impensable d’oublier les frissons qui ont jalonné notre route sur le plateau de Kerguelen. Incapables que nous sommes, de vous décrire avec suffisamment de transparence les étoiles qui ont traversé nos pupilles à la découverte de certaines des nouvelles classes. Ainsi donc, Rogue Legacy 2 nous a d’abord âppaté, puis nous a laissé le goûter, l’apprécier, avant de nous ferrer pour de bon.

* Test réalisé sur PC

Rogue Legacy 2

17.59 €
9.1

Note

9.1/10

POINTS POSITIFS

  • Les nouvelles classes : un régal
  • Le style graphique somptueux réhaussé par l'ambiance sonore de qualité
  • La variété de biomes et leurs level-designs singuliers
  • Le contenu conséquent qui permet aux runs de ne jamais se ressembler
  • Le jeu sait challenger, mais sait aussi récompenser

POINTS NÉGATIFS

  • La concurrence est passée par là, l'océan des Roguelites est rempli de bons jeux
  • Humour trop omniprésent
  • Défis des autels trop faciles
Qu'en pensez-vous ?
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2 réponses

  1. Skaar dit :

    Il est traduit en français, c’est dans les options

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