Pragmata est un jeu vidéo d’action-aventure de science-fiction développé et édité par Capcom, disponible depuis le 17 avril sur PlayStation 5, Xbox Series et PC. Le titre se déroule dans un futur dystopique sur une Lune désertée, où un astronaute et une mystérieuse intelligence artificielle enfantine doivent survivre et progresser ensemble dans un environnement hostile. Est-ce une nouvelle licence à succès de la part de Capcom ? La réponse dans notre test sans langue de bois.
Capcom aime surprendre
Capcom est une société qui ne cesse de surprendre au fil des années avec des remakes, de nouveaux opus de licences phares, mais également de nouvelles IP comme Kunitsu-Gami: Path of the Goddess, Exoprimal et aujourd’hui Pragmata.
Il faut l’avouer, ces nouvelles IP n’ont pas toutes séduit les joueurs, mais Pragmata a rapidement attiré les foules lors de sa première annonce via un teasing en 2020. Depuis cette date, les joueurs attendaient avec impatience d’en savoir plus, et nous sommes désormais en 2026 : le titre est enfin disponible pour notre plus grand plaisir.
Autant le dire de suite : avec Pragmata, Capcom propose une nouvelle licence ambitieuse qui s’éloigne de ses franchises habituelles pour explorer un univers de science-fiction à la fois mystérieux et poétique. Situé dans une station lunaire futuriste, le jeu mise autant sur son atmosphère que sur son gameplay hybride pour marquer les esprits.
Dès les premières minutes, le jeu séduit par sa direction artistique. La surface de la Lune, froide et silencieuse, contraste avec les environnements technologiques avancés de la station, qui semble désespérément vide. L’ambiance est rapidement posée : lors des premières phases d’exploration, on recherche des personnes vivant sur la station pour une mission de routine… avant qu’un drame ne se produise et que l’aventure commence pour Hugh et D-I-0336-7.




Un gameplay asymétrique et évolutif
Derrière le nom de code D-I-0336-7 se cache un androïde « de type Pragmata » à l’apparence enfantine, qui sera renommé Diana par Hugh. Sa présence va bien au-delà du simple soutien mécanique. Car non, ce n’est pas une enfant, mais une androïde bien plus puissante qu’on pourrait le penser au début de l’aventure.
Vous l’avez compris, le cœur du gameplay repose sur la coopération entre les deux protagonistes, et cette dualité constitue l’élément le plus original du jeu. Là où Hugh gère les déplacements et les affrontements face à une armée de robots tout au long de l’aventure, Diana intervient en piratant les systèmes ennemis ou en résolvant des énigmes. Ce mélange d’action et de réflexion apporte une vraie fraîcheur, obligeant à jongler entre rapidité de tir et stratégie de piratage, qui ne cessera d’évoluer.
Et c’est sans doute la maniabilité qui pourrait vous laisser perplexe au début de l’aventure. En effet, un carré apparaît sur le côté de votre écran, à côté des compétences de Hugh : il faudra alors utiliser celles de Diana pour corrompre les systèmes des robots ennemis, tout en combattant avec votre personnage principal. Si cela paraît simple sur le papier, il faudra malgré tout un temps d’adaptation pour bien maîtriser ce gameplay plutôt bien pensé.
D’un côté, vous pourrez choisir vos armes pour Hugh via la croix directionnelle et tirer avec la gâchette (RT ou R2). De l’autre, vous devrez gérer les compétences de Diana avec une autre gâchette et effectuer le hacking via les boutons (ABXY ou équivalent chez Sony et Nintendo).
Mais soyons honnêtes : si la maniabilité demande un temps d’adaptation, Capcom a été malin, car au début de l’aventure, les ennemis sont assez faibles, et la difficulté monte progressivement au fil des heures.
Au final, la maniabilité surprend, mais le titre reste agréable à jouer. Capcom n’a pas rendu son jeu trop difficile : même en difficulté normale, on prend du plaisir à avancer, explorer la station spatiale lunaire et découvrir les technologies testées dans l’espace.



La deuxième crainte que l’on pouvait avoir en lançant Pragmata, c’était de penser que le jeu ne proposerait qu’un scénario très scripté, dans un environnement monochrome, avec une certaine répétitivité du gameplay entre Diana et Hugh… Mais ce n’est pas vraiment le cas. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il y a toujours quelque chose à faire, et que le jeu évolue constamment pour notre plus grand plaisir.
Dans un premier temps, on apprend à gérer son personnage, son jetpack, son arme de base, et l’on fait la connaissance de Diana. Par la suite, on explore les lieux et l’on demande à Diana de scanner les environs pour nous donner des informations sur les coffres présents dans la zone, mais également sur les collectibles. Car, oui, malgré la trame de fond sur la recherche de vérité sur cette base lunaire et un scénario bien ficelé, le jeu n’est pas avare en exploration et en collectibles.
En effet, il sera possible d’explorer des zones à pied, mais également dans les airs via le jetpack de Hugh, et certains niveaux ont plusieurs lectures différentes. De plus, certains collectibles sont faciles d’accès, d’autres sont au contraire plutôt bien cachés.
Au programme, il faudra trouver des coffres qui peuvent regorger de nouvelles compétences pour Hugh, de la matière lunafibre qui permet d’acheter des armes et de les faire évoluer, du Lumen pur assez rare qui sert lui aussi à améliorer votre équipement, ou encore des cubes de compétence, des jetons de cabine, ainsi que des mémoires terrestres.
On ne va pas détailler l’utilité de chaque élément, mais disons que la matière lunafibre est essentielle, tout comme le Lumen pour améliorer son équipement, que les jetons de cabine permettront de débloquer différentes améliorations via une grille de type bingo, mais nous y reviendrons plus tard.
Les éléments les plus difficiles à trouver lors de vos explorations seront les cubes de compétence qui restent sans doute les plus importants à trouver pour améliorer les personnages Diana et Hugh.
À côté de cela, il y a également les mémoires terrestres, créées de façon artificielle sur la Lune à retrouver, et celles-ci permettent de créer des petites zones telles que des toboggans, une balançoire que vous pourrez offrir à Diana, ce qui permet de développer une interaction de type père/fille plutôt réussie et l’on sent au fil de l’aventure un rapprochement entre les personnages.
C’est d’ailleurs l’une des forces de Capcom, car dès les premiers instants, on comprend que D-I-0336-7 (Diana) est un robot que Capcom a volontairement « infantilisée », et que les interactions seront nombreuses tout au long de l’aventure. Elle discutera avec vous, vous offrira des dessins et vous proposera même de jouer… mais nous n’en dirons pas plus. Franchement, on peut dire : bravo aux développeurs, car le tout est plutôt bien réalisé.



Un monde lunaire avec différents biomes, avec un gameplay de qualité
A côté de cela, Pragmata propose propose de se poser dans un endroit sécurisé nommé le refuge. Cette zone n’est pas anodine : il s’agit de votre hub central durant toute l’aventure, où Hugh et Diana reviendront à la fin de chaque chapitre, mais aussi entre deux sessions, grâce à des raccourcis permettant d’y accéder plus rapidement via une échelle.
Le refuge est la zone où vous retrouvez de la santé et où vous pouvez vous préparer avant de partir à l’aventure. Autant le dire, au début du jeu, il n’y a pas grand-chose à faire, car vous ne disposez que d’une arme de base et Diana ne possède pas beaucoup de compétences… Pour cela, il va falloir partir à l’aventure, et que dire à part : waouh !
C’est court et concis, mais disons-le tout de suite, nous avons été charmés par l’univers de Pragmata et par la technologie de la lunafibre qui a recréé des zones de type terrestre sur la Lune ! Si l’on avait peur d’une exploration monochrome avec des couleurs blanches et grises dans une station spatiale aseptisée… ce n’est pas le cas, et l’on traverse des zones différentes telles que la ville de New York, une forêt, et même la plage.




Autant le dire, nous ne nous attendions pas à tout cela et nous avons été agréablement surpris par la diversité des décors. À côté de cela, Capcom a également fait du bon travail, car comme tout jeu qui se respecte, on peut faire évoluer Hugh et Diana au fil de l’aventure via le hub nommé le refuge, mais celui-ci aussi.
En effet, si au départ le hub vous permet de vous soigner, d’utiliser les cubes de compétence et d’imprimer vos armes pour les faire évoluer, cela reste assez basique… Mais par la suite, le hub monte de niveau et vous permet d’avoir un ordinateur avec des informations sur les types de robots rencontrés, mais également un autre ordinateur permettant de lire des messages classifiés, ou encore une zone d’entraînement tenue par un petit robot plutôt sympathique nommé Cabine.
Dans un premier temps, nous avons laissé les zones d’entraînement pour nous concentrer sur l’aventure, mais par la suite nous nous y sommes rendus, et autant le dire, les différents entraînements disponibles ne sont pas faciles et demandent de bons réflexes et un bon timing, car certains sont chronométrés… Mais si vous réussissez, c’est souvent le jackpot, car vous recevez un jeton de cabine, du Lumen et bien plus encore.
Le jeton de cabine est à utiliser dans une grille de bingo où vous pourrez déverrouiller des informations sur les robots, des cartes-clés rouges pour avoir accès à certaines zones fermées du jeu, ou encore des tenues pour Hugh et Diana.
Notez que si le refuge évolue, vos personnages aussi. Au départ, si Hugh dispose d’une simple arme, il pourra à la fin de l’aventure se balader avec six armes différentes sur lui. Autant le dire, niveau armement, le titre propose des choses relativement différentes telles qu’un laser à protons, un lance-missiles guidé, une arme qui bloque les ennemis en créant du stase, ou une arme qui crée un leurre, ou encore des drones d’attaque pour ne citer qu’eux.
Du côté de Diana, le personnage évolue aussi et pourra par exemple détecter des zones cachées derrière de faux murs, détruire de la lunafibre obscure qui bloque les passages, et bien plus encore… Mais c’est surtout au niveau du hacking qu’elle est importante, où elle disposera de technologies permettant d’effectuer diverses actions, comme une capacité de multihacking qui pirate plusieurs robots proches, le nœud d’absorption qui redonne des PV à Hugh lorsque Diana l’utilise, ou encore un nœud qui permet de détourner un robot qui attaque les ennemis pour vous. Et il y a encore de quoi dire.
Autant le dire, les diverses armes pour Hugh et la technologie pour Diana seront un plus indéniable, car les robots que l’on combat seront diversifiés : vous aurez des robots qui attaquent à distance avec des roquettes, des robots qui vous attaquent au corps à corps et de tailles diverses allant du petit robot difficile à toucher avec une arme à un gros robot bien visible et parfois protégé de boucliers qu’il faudra détruire pour avoir une chance de l’éliminer en utilisant les compétences de chacun des personnages qui sont complémentaires dans le gameplay.
Vous l’avez compris, le jeu est beau, maniable, propose une évolution des personnages, une histoire scriptée bien ficelée avec des rebondissements, et de nombreux collectibles qu’il faudra retrouver (d’ailleurs certains sont impossibles à trouver au début du jeu sans certaines compétences et il faudra revenir plus tard pour les découvrir.


Du côté de la technique ?
Si depuis le début de notre test, on parle de gameplay, d’asymétrie entre les personnages, de collectibles à récupérer, et avons parlé « peu » du scénario pour vous laisser découvrir cela par vous-même, il y a un point que nous n’avons pas encore vraiment discuté : il s’agit de la technique ! Alors, que vaut Pragmata sur le plan artistique et technique ? LA RÉPONSE DE SUITE !
Il faut l’avouer, malgré un développement assez long, Pragmata impressionne graphiquement, et le moteur RE Engine met une véritable claque tant les environnements sont détaillés, les animations sont fluides, les effets de particules réussis… Le tout est soutenu par une direction artistique cohérente, qui installe une ambiance pesante. Malgré une certaine répétitivité dans les décors, l’ensemble reste solide et crédible.
Au niveau de la maniabilité, malgré un petit temps d’adaptation nécessaire au départ, les touches sont plutôt bien pensées, et l’on s’y fait assez rapidement. Les commandes deviennent naturelles au fil des heures, où l’on combattra de nombreux ennemis.
De ce côté-là également, Capcom a fait un travail remarquable en proposant des ennemis diversifiés tout au long de l’aventure, même si l’on regrettera certains modèles de couleur (orangé/marron) qui seront des versions évoluées des robots de base… Malgré tout, il y a de tout : du petit robot qui vole dans les airs et vous tire des roquettes, à des robots géants qui vous foncent dessus et tirent des lasers, en passant par des robots de combat armés d’épée. Il y a vraiment une diversité, et parfois des façons différentes de les tuer.
Le tout est accompagné d’une bande sonore de qualité, qu’il s’agisse de l’OST qui se marie bien avec le jeu, tout comme le bruitage des machines, des ennemis, et bien évidemment du doublage en français très convaincant. C’est du grand art.
Au niveau de la durée de vie, cela risque de diviser les joueurs, car si vous jouez en mode normal ou au-dessus, il faudra environ 15 heures pour finir le titre. Mais si vous jouez en difficulté moins élevée, vous pourrez terminer l’aventure en 9 à 10 heures de jeu. Un temps assez court pour une aventure singulière qui restera marquée dans vos mémoires.
Néanmoins, ne prenez pas les 9/10 heures comme base, car il restera sans doute de quoi faire, même si vous avez terminé le jeu… Car il restera des coffres à trouver, des mémoires terrestres, des cubes de compétence, des entraînements à finir pour le compléter à 100 %… Et bien plus encore, car une fois le jeu terminé, vous débloquerez un mode New Game Plus, mais également une zone nommée « Signal perdu » qui vous propose de faire des missions de type « entraînement » pour déverrouiller des tenues et d’autres surprises pour Diana et Hugh.
Vous l’avez compris, Capcom rassure du côté de la technique, et l’on passe un agréable moment sur ce jeu, que l’on vous recommande de toute urgence.






Un jeu parfait ? Pas totalement
Si le jeu propose un scénario solide, des objets à trouver, des mémoires terrestres, des coffres et compagnie, il y a malgré tout quelques petites choses ici et là qui pourront déplaire à certains joueurs.
Premièrement, le jeu n’est pas un monde ouvert et oscille entre couloirs et zones larges, parfois ouvertes. En effet, il existe plusieurs zones vastes, comme la ville américaine recréée sur la Lune, ou la zone extérieure où il faut éviter de poser le pied sur le sol sous peine d’être attaqué. À côté de cela, le jeu propose de nombreuses zones de type couloirs, assez linéaires, avec quelques portes à ouvrir ici et là, ainsi que quelques collectables en hauteur.
Vous l’avez compris, le jeu mélange les genres pour un résultat plutôt sympathique, mais on imagine que certains joueurs friands de monde ouvert seront quelque peu déçus, même si cela n’entache en rien un jeu qui reste de très bonne facture et propose parfois une exploration à l’ancienne. Mais est-ce dramatique ? Pas vraiment, car les environnements ne cessent de se diversifier au fil de l’aventure, et le mélange des genres casse la monotonie de l’exploration entre zones de recherche plus profondes et zones de passage linéaires.
À côté de cela, certains trouveront que le gameplay peut devenir répétitif… et dans les faits, c’est à la fois vrai et faux. On s’explique : certes, il faut sans cesse combattre des machines durant l’aventure et les hacker via le pouvoir de Diana, mais les ennemis évoluent, les capacités de Diana également, ainsi que vos armes.
Du coup, on combat et on hacke des ennemis, mais le tout se diversifie, et certains ennemis sont plus sensibles à certaines armes qu’à d’autres. C’est donc à vous de faire des choix justes pour avancer correctement… Même si, on ne va pas se mentir, la répétitivité est présente, mais Capcom a pensé à faire évoluer le jeu dans sa deuxième phase avec des brouilleurs qui empêchent Diana de hacker… Mais on vous laisse découvrir par vous-même cela pour ne pas spoiler le scénario.
Malgré tout, on peut noter un petit bémol lorsque les ennemis sont nombreux dans des zones restreintes et qu’il est difficile de hacker un ennemi rapidement sans se faire attaquer par un autre. Dans ce cas-là, malgré la possibilité de réorienter la caméra, il n’est pas rare de prendre des coups dans le dos, car vous êtes concentré à attaquer un ennemi et à hacker via le carré de commande de Diana, sans voir ce qu’il se passe derrière. Certes, cela n’arrive pas tout le temps, mais cela peut parfois gâcher l’expérience de jeu… Mais Capcom assure aussi, car Diana peut charger une jauge qui, une fois complète, peut provoquer une attaque dévastatrice faisant de grands dégâts et figeant les ennemis sur place. C’est à vous d’en profiter pour tous les détruire, mais il faut espérer que votre jauge sera pleine lorsque ce genre de configuration avec de nombreux robots dans une petite zone arrivera…
Au final, l’équilibre action/réflexion n’est pas toujours parfait, et l’on se devait d’en parler à minima… même si, clairement, le gameplay est d’excellente facture dans l’ensemble.
Conclusion
L’exploration des environnements, les affrontements contre les ennemis et les phases de piratage s’enchaînent avec un vrai plaisir de jeu, le tout sur une durée oscillant entre 10 à 15 heures pour un premier run. Cette durée de vie peut toutefois être largement prolongée pour les joueurs complétionnistes, désireux de récupérer toutes les mémoires terrestres, de découvrir l’intégralité des coffres ou encore de terminer l’ensemble des entraînements proposés, mais également de tester le mode « Signal perdu » disponible en fin de jeu.
Au final, le titre s’impose comme une expérience singulière et maîtrisée. Un jeu « lunaire » qui mérite de se poser dessus.
Les plus
- Gameplay asymétrique original entre Hugh et Diana
- Système de hacking bien intégré aux combats
- Direction artistique réussie et variée
- Évolution des personnages et du hub intéressante
- Progression bien rythmée avec ajout régulier de mécaniques
- Ennemis variés avec différentes approches de combat
- Bande-son et doublage français de qualité
- Contenu annexe solide (entraînements, New Game Plus…)
- Exploration récompensée (collectibles nombreux)
Les moins
- Un gameplay pouvant devenir répétitif sur la durée
- Certaines phases de combat confuses (caméra / ennemis nombreux)
- Level design parfois trop linéaire (zones couloir)
- Durée de vie un peu courte selon la difficulté
- Collectibles parfois inaccessibles sans devoir revenir plus tard


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