TEST – NieR : Automata – The End of YoRHa Edition

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Final Fantasy VII et X, Baldur’s Gate, Warcraft III, etc… Nous avons tous nos madeleines de Proust. Ces jeux qui nous ont emmené loin, très loin, dans un ailleurs fantastique durant les quelques heures qu’ils ont duré. Ces titres ne sortiront jamais de notre esprit. L’œuvre qui nous intéresse aujourd’hui est de cet acabit. Nous connaissons les développeurs de chez PlatinumGames et Square Enix pour leur travail exemplaire lorsqu’il s’agit de créer des univers alternatifs. Et bien, tout leur talent transpire de NieR : Automata. Lancer ce jeu, c’est faire ses bagages et partir à l’aventure dans un monde complètement dingue. Paru initialement le 23 février 2017 au Japon sur PlayStation 4 et PC, il fallu attendre une année pour qu’il sorte sur XBOX One. Le 6 octobre dernier, nous avons eu l’immense joie de le voir arriver sur Nintendo Switch. Désormais appelé NieR : Automata – The End of YoRHa Edition, ce monument du JV est disponible avec tous ses DLC sur notre chère petite console hybride. Voyons donc ce que ce portage à dans le ventre.

Le visionnaire Isaac Asimov aurait aimé NieR : Automata – The End of YoRHa Edition

Nous sommes en l’an 11945 et la Terre est désormais entre les mains de machines envoyées par une espèce extra-terrestre il y’a fort longtemps. Alors, l’Humanité était à la limite d’être décimée par un virus. Pour éviter de s’éteindre complètement, les derniers survivants n’eurent d’autre choix que de partir pour la Lune. Aujourd’hui, l’organisation YoRHa est à la base de la création d’androïdes qu’elle envoie régulièrement sur Terre afin d’y réaliser certaines missions ayant pour but final le réinvestissement de la planète par l’espèce humaine. Notre “première” héroïne (notez l’utilisation de guillemets), nommée 2B pour Numéro 2 Type Battle, est envoyée avec son escadron afin de détruire un robot de type Goliath. Les chose ne se déroulent pas comme prévues et tous ses alliés furent détruits. Le Commandement lui envoie alors 9S, Numéro 9 Type Scanner, pour l’aider. Nos deux androïdes finissent par vaincre leur cible initiale mais se retrouvent face à trois Goliaths. Ils n’ont d’autres choix que d’auto-détruire leurs boites noires créant ainsi une gigantesque explosion. Fin de l’histoire ? Bien sûr que non. Les données de 2B et 9S sont reconfigurées dans de nouveaux corps et ceux-ci sont renvoyés sur Terre. Il vous appartient de découvrir la suite.

Arrêtons donc là en ce qui concerne le scénario, tout spoil étant criminel tellement celui-ci est magnifiquement écrit et amené. NieR : Automata est vraiment un jeu unique en termes de narration. Sachez juste que plusieurs “runs” ou “loop” seront obligatoires afin de cerner l’histoire dans son ensemble. Beaucoup de fins sont atteignables et doivent être atteintes, cela faisant partie intégrante de la narration. Nous jouons plusieurs personnages à tour de rôle et il est très important de vraiment s’impliquer sous peine de ne rien piger. Ce titre a un côté très philosophique et amène une profonde réflexion sur le cycle de la vie et de la mort. En plus d’être un superbe divertissement, il fait réfléchir le joueur, le forçant à se poser des questions existentielles. Ce jeu peut vraiment s’apparenter aux meilleurs romans de science-fiction.

Si vous êtes un habitué des Final Fantasy et autres Xenoblade Chronicles, ce savoureux mix entre sci-fi et fantasy devrait vous parler. Bien que NieR : Automata se veuille moins “joyeux” que ces derniers. Plus froid. Moins manichéen. C’est au joueur de choisir entre mener une guerre acharnée contre les robots ou bien tâcher de cerner leur “psyché”. Mais nous en disons déjà trop. En tous cas, si ce genre d’univers vous plaît, n’hésitez pas une seule seconde. Vous n’allez pas en revenir.

Un gameplay aux multiples facettes

En plus d’être unique dans l’histoire qu’il raconte et sa manière de le faire, Nier : Automata amène un gameplay vu nul part ailleurs. Accrocs de shoot ’em up, réjouissez-vous ! Nous avons là un RPG qui pioche énormément dans ce genre de niche que nous aimons tant. Certains boss nous envoient des vagues de boulettes dignes des meilleurs danmaku, bullet-hell ou encore manic-shooter, au choix. L’introduction ainsi que d’autres passages se déroulent d’ailleurs en mode pur shmup à bord d’un vaisseau pouvant se transformer en mecha. Le gameplay passe alors en mode twin-stick shooter .Oui, RPG, shoot ’em up et twin-stick shooter peuvent faire bon ménage. C’est étonnant, original et donc génial. Hormis ces moments malheureusement assez rares, les combats se passent en temps réel tel un Bayonneta et autres jeux du type. Nous enchaînons les combos ravageurs à l’aide d’armes diverses. Epées courtes, longues, énormes haches, gants de combat, etc… Il y’a de quoi faire et nous pouvons nous équiper de deux armes en même temps. Les combats sont vraiment nerveux et c’est avec un réel plaisir que nous détruisons du robot à la pelle. En plus de cela, un petit module volant, un pod, nous accompagne et permet de mitrailler à très longue distance. Il est possible de lui assigner une option comme un gros tir laser, une rangée de lances sortant du sol, le déploiement d’un bouclier… Ce genre de choses. Ce “pouvoir” a un petit temps de recharge mais est vraiment utile. Le joueur prend vite le coup d’entamer les affrontements en utilisant son pod dès qu’il aperçoit des ennemis au loin. Franchement jouissif.

Evidemment, RPG oblige, plus nous avançons dans le jeu, plus nous devenons fort. Mais “l’arbre de compétences” n’a rien à voir avec les RPG classiques. Ici, jouant des androïdes, il s’agit de placer des puces upgradant nombre de capacités précises. En augmentant de niveau, c’est la place octroyée à ces fameuses puces qui augmente. Il faudra passer du temps à correctement les “”ranger”, chacune d’entre elles prenant plus ou moins d’espace en fonction de sa puissance. Il est aussi possible d’opter pour le “classement automatique” en choisissant de maximiser l’attaque, la défense ou une moyenne entre les deux Ces puces peuvent avoir plein d’effets différents et influent énormément sur les phases de combats. Nous pourrons ainsi augmenter la puissance de nos coups au corps à corps, nous octroyer une parade renvoyant un pourcentage de dégâts, augmenter le nombre de coups de nos combos, etc…

NieR : Automata nous propose donc un gameplay efficace et nerveux. Certains affrontements sont réellement impressionnants et grisants. Les boss sont juste mémorables. Nous nous retrouvons même face à des géants dignes de Shadow of the Colossus. Impressionnant. Donc, à la poésie du scénario s’ajoute la diversité et l’originalité du système de jeu. Voyons dans le prochain paragraphe de cet article si la réalisation ajoute la beauté à ce tableau (spoil : oui).

NieR : Automata – The End of YoRHa Edition est l’un des grands jeux de la Nintendo Switch

Disons le de suite, la direction artistique fabuleuse est sublimée par une technique aux petits oignons. Voilà, au revoir… Bon, développons un peu. Sérieusement, les amoureux d’ambiances sci-fi ne pourront qu’être aux anges. Le monde que nous parcourrons est fait de débris de vie humaine perdus au milieu d’une Nature ayant depuis longtemps repris ses droits. Les différents lieux recèlent tous une part de mystère et poussent à l’exploration. Nous avons envie de tout voir, de fouiller partout. C’est d’ailleurs là l’un des seuls défauts du soft. Trop d’endroits sont “clôturés” ou plutôt bien délimités. Par exemple, nous aurions aimé pouvoir visiter chaque bâtiment mais même si certains passages dans les décombres nous permettraient d’entrer, un mur invisible nous en empêche. Le monde de NieR : Automata est tellement plaisant à parcourir que nous en demandons trop. Platinum Games et Square Enix poussent déjà la petite Nintendo Switch dans ses retranchements pour offrir aux joueurs une expérience hors du commun. Bien entendu, si nous regardons chaque petit détail de près, chaque feuille d’arbre ou chaque caillou, nous pouvons trouver quelques textures baveuses ici ou là mais l’ensemble est juste un régal pour les yeux. Tout de force, aucun ralentissement ne se fait sentir ni aucun clipping. Nous apercevons nos ennemis au loin et pouvons interagir avec eux (les mitrailler) sans souci. Chapeau. Dans la ludothèque de la console hybride, NieR : Automata se range aux côtés des Xenoblade Chronicles ou encore Zelda : Breath of the Wild sans avoir à rougir.

L’un des points forts du titre est indéniablement son OST. Mon Dieu… Mais qu’elle est belle ! Les compositeurs se nomment Keiichi Okabe, Monaca Keigo Hoashi et Kuniyuki Takahashi. En jeu, et même en plein combat, vous entendrez souvent une voix cristalline et envoûtante s’élever. Celle-ci appartient à l’artiste anglo-japonaise Emi Evans ou bien à l’américaine J’Nique Nicole. La page Wikipédia du jeu soulève un point génial qui est que les paroles des chansons sont écrites dans un langage imaginaire qui est un savoureux mélange entre l’anglais, le japonais, le français, le gaëlique et le portugais. Cela donne quelque chose de tout bonnement divin. Parfois, posez donc votre manette (dans un lieu safe), fermez les yeux et laissez-vous porter. Votre esprit s’envolera alors très très loin d’ici. Réellement, rarement un jeu n’aura eu le droit à une tel musique.

Ce test porte sur le tout récent portage sur Nintendo Switch et le moins que nous puissions dire est que nous avons là un travail respectueux du matériau d’origine et utilisant avec brio les capacités de la console du géant japonais moustachu. Dès lors que vous accrochez à l’univers proposé, vous ne verrez même pas les petits défauts ici ou là tant ceux-ci paraissent risibles face à un ensemble resplendissant. Magnifique.

CONCLUSION

Ce jeu fait suite à NieR, lui même spin-off de Drakengard. Nous avons donc un univers étendu et travaillé. Nier : Automata prend place bien plus tard dans la chronologie et peut très bien se faire sans connaître ces autres opus. Cette version affublée du sous-titre The End of YoRHa Edition pour la Nintendo Switch vient avec les DLC 3C3C1D119440927 et 6C2P4A118680823 ajoutant des costumes pour nos héros et notre petit module (pod) ainsi que trois amphithéâtres (vous comprendrez le moment venu). Vous l’aurez compris en lisant ces lignes, nous avons là un classique du JRPG. Un jeu qui marque son époque en amenant des choses vues nul part ailleurs. Nous atteignons des sommets en termes d’univers fantastiques. Nier : Automata est emprunt de poésie et d’une aura qui lui est propre. Si vous vous plongez dedans, vous n’en ressortirez pas indemne. Cette œuvre marque au fer rouge qui y prend part. C’est là le signe d’un grand jeu. Fans de RPG et de science-fiction, ne passez pas à côté de ce chef d’œuvre que vous pouvez retrouver sur Nintendo Switch, PlayStation 4, XBOX One et PC via Steam et Humble Store.

  • Jeu testé sur Nintendo Switch

NieR : Automata - The End of YoRHa Edition

9

Note

9.0/10

POINTS POSITIFS

  • Un univers ultra prenant et des plus inspirés
  • Un scénario très bien écrit et amené de manière intelligente et originale
  • Une réalisation soignée
  • Un gameplay multiple
  • Une œuvre qui fait réfléchir

POINTS NÉGATIFS

  • Certaines textures un poil "baveuses"
  • Des murs invisibles
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DickOReilly

Quinquagénaire et heureux papa deux princesses, je suis un amoureux des vieux bouquins et des gros pixels. J'aime particulièrement la scène homebrew sur Commodore 64, le versus fighting, les jeux d'horreur et quelques JRPG. Peace.

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