TEST – Mundaun

DrFamikon
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Temps de lecture:6 Minutes

Dans le monde du jeu vidéo, il y a deux catégories de personnes. Les grosses boîtes comme EA ou Ubisoft et les indépendants ou les « solitaires » comme 2BAD GAMES de Tony De Lucia que nous suivons depuis le début. Et si aujourd’hui développer son propre titre commence à faire de plus en plus d’adeptes, les projets qui ne voient jamais le jour sont nombreux. Heureusement pour nous, le jeu que nous allons tester aujourd’hui ne fait pas partie de cette catégorie. En effet, le suisse Michel Ziegler, fondateur et membre unique du studio Hidden Fields s’est lancé pour défi de proposer un jeu d’aventure horrifique très particulier. Inspiré de la légende du Pont du Diable, Mundaun propose une direction artistique originale avec des graphismes provenant de dessins au crayon, modélisés ensuite en 3D. Si sur le papier le jeu semble avoir tout pour plaire, quand est-il une fois la manette en main ? La réponse se trouve juste ici !

Ode to My Family :

Après avoir appris le décès mystérieux de son grand-père dans un incendie, notre héros se rend à Mundaun pour la première fois depuis son enfance. Il ne tardera pas à découvrir que quelque chose d’ancien et de diabolique y hante l’existence des habitants restants. Dans sa quête pour découvrir le sens de ces sinistres événements, le joueur entreprend un périple qui le mènera au sommet du mont Mundaun. Des prairies escarpées jusqu’à un sommet enneigé, en passant par des champs de pierres, le jeu propose un visuel unique et entièrement fait à la main dans des tons monochromes et des environnements 3D. Au lancement du jeu, on comprend vite qu’il s’agit d’un jeu horrifique et qu’on est pas là pour partir en randonnée. Une petite cinématique nous permet d’en apprendre un peu plus sur l’histoire du jeu dans un style un peu cubique, un peu vieillot et qui sent bon la nostalgie. Il ne faut pas oublier que derrière tout se boulot titanesque, il n’y a qu’un seul homme ! Alors on pardonnera les quelques murs invisibles et les animations un peu rouillées pour découvrir les Alpes suisses.

Et on peut dire qu’à peine arrivé sur place, on est tout de suite embarqué dans une enquête fantastique. De plus, pour rendre la chose encore plus immersive, les voix sont enregistrées en romanche, la langue locale, et sous-titrées en français. Le joueur incarne donc Curdin, un jeune homme de retour dans le village de Mundaun, où il ne s’était pas rendu depuis son enfance suite à la mort mystérieuse de son grand-père. Mais une fois sur place, on comprend vite que ça sera nettement plus compliqué qu’un simple accident ou un suicide. Il faudra donc bien TOUT explorer pour récupérer des objets et/ou des indices afin de faire avancer l’histoire et progresser sur l’enquête. Prendre le temps de visiter chaque endroit ou chaque bâtiment est souvent nécessaire pour débloquer des passages mais il faudra surtout (et en priorité) chercher de quoi se défendre car quelque chose n’est pas vraiment d’accord avec le fait que vous venez fouiner…

Gorille dans la brume :

Et oui, quelques créatures hostiles cherchent à vous faire du mal une fois la nuit tombée et la première fois, attendez-vous à faire un bond ! Mais rassurez-vous, ces apparitions ne seront pas votre principal souci ! Votre périple vous fera traverser plusieurs zones plus ou moins brumeuses, sombres et de plus en plus enneigées qui ne manquent pas de secrets (ou de temps de chargement). Pendant votre petite ballade, vous allez pouvoir découvrir de nombreux environnements et rencontrer quelques personnages…. attachants… Un curé peureux, une petite fille à l’allure glaçante, une chèvre qui parle ou encore un peintre tout droit sorti de l’univers d’Edvard Munch viendront vous hanter avec les visages et leurs mimiques. Dans les Alpes Suisses, il n’y a certainement pas que de l’eau ! Comme dit pus haut, le principe du jeu est relativement simple : on avance, on cherche, on ramasse et on combine (si besoin) les objets. Pour nous aider dans notre tâche, Curdin tient un petit carnet ou sont stockés les « quêtes » en cours ainsi que divers croquis, notes et portraits. Il n’y a jamais rien de compliqué dans les énigmes proposées pour quiconque prend le temps d’observer tout ce qui traîne. Même si le cheminement se fait de manière simpliste, la jouabilité est parfois assez laborieuse, surtout lorsque les monstres se pointent à l’écran. Il faudra parfois alterner entre le côté furtif, exploration, action etc… Quand une bestiole croise votre route, Curdin se met à réagir bizarrement et sa santé mentale en prend un coup. Une fois repéré, vous avez plusieurs choix pour vous tirer d’affaire comme la possibilité d’utiliser une fourche, une allumette ou à partir d’un moment un fusil. Mais malheureusement, à chaque fois qu’un truc étrange « pop » devant lui, les déplacements du héros sont lourdement affectés. Ses mouvements sont ralentis et il devient assez pénible de se sortir de se pétrin sans y laisser des plumes.

Alors pour augmenter ses capacités physiques et mentales, il faudra trouver et préparer des repas, du café ou bien chercher des manuels éparpillées ça et là. Finalement, le plus simple sera d’esquiver le plus possible les affrontements car le jeu ne semble pas bien optimisé à ce sujet. Un simple coup de fourche prend un temps considérable et tirer vous oblige à ouvrir votre inventaire pour recharger tous les deux coups… Et on ne peut pas dire que Curdin soit un vrai athlète… Dès que vous courez, il s’essouffle et sa démarche lourde et pataude en font plus un boulet qu’autre chose. On serait alors tenté de fuir à l’aide d’un véhicule mais encore une fois, la conduite est relativement austère et relève souvent de l’exploit… C’est dommage car Mundaun a du potentiel mais la physique, datant des années 90 se mêle trop souvent à l’agacement de voir le personnage traînant la patte à la moindre action. Au final, une fois l’aventure terminée (en 5 ou 6 heures), on est bien content de laisser les montages des Alpes Suisses pour le confort de notre canapé.

 

Conclusion :

Le projet de Michel Ziegler, fondateur du studio Hidden Fields possède tout de même de très bonnes choses. Son style artistique unique et son scénario font de Mundaun une petite pépite qui ne demande qu’à être exploitée. Son cadre unique et son folklore appuyé par la langue locale donnent réellement envie d’y faire un tour. Si le mot horrifique est peut-être un peu fort, les premières minutes attiseront très certainement la curiosité des joueurs. Malheureusement, le tout n’est pas parfait et on pourrait reprocher à Hidden Fields des déplacements un peu laborieux, un gameplay en dents de scie etc… mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit du travail d’un seul homme et que la pari d’installer un certain malaise est plutôt réussi. L’histoire se termine assez vite mais on est tout de même content d’arriver au bout, malgré les nombreux chargements et après avoir insulté plusieurs fois Curdin de ne pas vouloir se dépêcher !

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Mundaun

6.8

Note

6.8/10

POINTS POSITIFS

  • La direction artistique
  • Le folklore
  • Plusieurs fins possibles
  • Un petit côté Shining
  • Le travail d'un seul homme !

POINTS NÉGATIFS

  • Les ennemis peu variés
  • Technique parfois dépassée
  • Trop simple

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