TEST – Monster Hunter Wilds

Le dernier-né de Capcom, Monster Hunter Wilds, débarque avec la promesse d’une immersion totale dans un monde sauvage, où chaque recoin regorge de dangers et de créatures aussi fascinantes que terrifiantes. Ce nouvel opus, attendu de pied ferme par les fans de la saga, s’apprête à dévorer votre temps comme un prédateur affamé. Mais entre son univers riche et sa campagne un peu trop bavarde, que vaut réellement ce Monster Hunter nouvelle génération ? La réponse se trouve dans ce test !

Un monde vivant et sauvage :

Monster Hunter WildsDès les premiers instants, Monster Hunter Wilds impressionne par la densité et la crédibilité de son environnement. Le monde qui s’offre à nous grouille de vie : insectes, poissons, reptiles… chaque créature semble avoir sa place et ses habitudes. Les cycles saisonniers et les interactions entre les espèces ajoutent une profondeur rare, digne des meilleurs documentaires animaliers. Cependant, si cette reconstitution fascine au premier abord, elle n’influe que marginalement sur le gameplay. Le cœur du jeu reste centré sur l’action et la traque. L’exploration sert surtout à repérer ses cibles, récolter des ressources et améliorer son équipement, plongeant rapidement le joueur dans une boucle familière de chasse et de progression. L’aventure nous propulse dans les mystérieuses Terres Interdites, un territoire aussi dangereux que fascinant. À la tête d’une expédition, vous devrez explorer ces contrées inhospitalières, négocier avec les populations locales et surtout affronter une faune féroce pour transformer vos trophées en armures et armes redoutables. Hélas, la narration s’étire parfois inutilement sur une vingtaine d’heures, alourdissant le rythme. Le didacticiel manque de clarté, et les explications bancales risquent de pousser les moins aguerris à consulter des guides en ligne pour surmonter certaines épreuves ou comprendre le fonctionnement de certains mécanismes.

S’il y a bien un domaine où Monster Hunter Wilds excelle, c’est dans la conception de ses créatures. La variété et la qualité du bestiaire forcent le respect : des monstres emblématiques comme le Rathalos côtoient des nouveautés saisissantes telles que le Nu Udra, une créature visqueuse, ou le Balahara, un ver géant capable de remodeler les dunes à sa guise. Les combats sont intenses, souvent épiques, et offrent des spectacles grandioses, notamment lorsque plusieurs créatures s’affrontent sous vos yeux. Chaque confrontation devient un véritable défi où l’anticipation et la maîtrise des mécaniques de jeu font la différence. Mais cette exigence peut devenir un frein pour les novices ou les joueurs en quête d’une expérience plus accessible. L’une des grandes forces de cet opus réside dans sa conception en monde ouvert. Les anciennes transitions entre zones laissent place à des environnements vastes et connectés, allant des déserts arides aux jungles foisonnantes en passant par des grottes glaciales. Le cycle des saisons modifie la faune et la fréquence d’apparition des créatures, apportant une vraie dynamique au terrain de chasse. À cela s’ajoutent des événements climatiques extrêmes – tempêtes de sable, pluies torrentielles – qui bouleversent le gameplay et donnent parfois accès à des créatures rares. La météo devient un facteur stratégique à ne pas négliger.

Des affrontements techniques et exigeants

Monster Hunter WildsLe choix de ne pas ajouter de nouvelles armes s’avère pertinent tant les quatorze types d’armes disponibles offrent une profondeur de gameplay impressionnante. Chaque style de combat a ses subtilités : des arcs permettant d’attaquer à distance aux lames doubles pour un corps-à-corps nerveux, chacun peut affiner sa stratégie selon ses préférences. Les combats demandent rigueur et sang-froid. En pleine action, il faut constamment jongler entre l’attaque, la défense, la gestion de l’équipement et des objets. Aiguiser sa lame, se soigner ou poser un piège tout en esquivant les assauts adverses devient une véritable gymnastique mentale et physique. Cette complexité ravira les passionnés de la licence, mais risque de perdre les moins persévérants.  L’inventaire propose 25 emplacements à gérer et une quantité impressionnante d’outils : pièges, bombes, potions, tenues spécialisées… Chaque affrontement devient une danse chaotique entre la préparation minutieuse et la réactivité en combat.

Cette richesse tactique renforce l’immersion mais alourdit aussi la prise en main, surtout pour ceux qui recherchent une expérience plus fluide. Entre menus radiaux et raccourcis, la maîtrise totale du gameplay demandera de longues heures d’apprentissage. Impossible d’évoquer Monster Hunter sans parler des scènes culinaires, véritable marque de fabrique de la saga. Ce nouvel opus ne déroge pas à la règle et soigne chaque repas avec un niveau de détail impressionnant : textures appétissantes, fumées réalistes, boissons réconfortantes… Ces moments gourmands renforcent l’immersion et rappellent à quel point la préparation est essentielle avant de partir en chasse. Même en ayant parcouru les vastes contrées de Monster Hunter: World et sa redoutable extension Iceborne, se plonger dans Wilds donne vite l’impression d’entrer dans un labyrinthe d’informations mal expliquées. De nombreux systèmes de jeu ne sont que survolés ou révélés au compte-gouttes, parfois après plusieurs heures d’aventure.  Ce manque de pédagogie n’est pas forcément un défaut de conception. Introduire des mécaniques aussi complexes sans briser le rythme du jeu relève du véritable défi. Cependant, apprendre à manier ses armes ou à optimiser son équipement au beau milieu d’un combat frénétique n’est clairement pas la solution idéale. Difficile en effet de prendre le temps de lire un tutoriel quand un gigantesque Doshaguma, sorte de rat-taupe grizzly, vous charge à toute vitesse.

Une richesse stratégique qui se mérite

Monster Hunter WildsDerrière cette difficulté d’accès se cache une volonté claire des développeurs : transformer chaque chasse en véritable défi tactique. Le jeu vous pousse à devenir un expert de l’optimisation : confectionner l’armure parfaite pour résister aux flammes d’un monstre survolté, améliorer talismans et potions, ou encore stocker des boissons fraîches pour affronter les environnements les plus hostiles. Pour les moments de doute, Wilds vous offre la possibilité de lancer une fusée de détresse afin de faire appel à d’autres joueurs en coopération. Une aide précieuse, surtout face aux créatures les plus coriaces, même si cela peut transformer les combats en un joyeux chaos désorganisé. L’efficacité de ce mode coopératif reste à confirmer sur la durée, mais il promet d’atténuer la sensation de grind inhérente à la licence. Si la préparation est essentielle, Monster Hunter Wilds laisse tout de même la place aux approches plus musclées. Parfois, il suffit d’avoir une arme suffisamment puissante et de viser les bonnes parties du monstre – ailes, queue, ou flancs – pour remporter la victoire. Cette souplesse rend le jeu plus accessible aux néophytes, tout en conservant sa profondeur pour les joueurs les plus exigeants. Néanmoins, passé un certain cap, le titre vous rappellera à l’ordre avec quelques pics de difficulté glacés, obligeant à repenser sa stratégie et à plonger dans les subtilités des éléments et des équipements.

L’une des nouveautés majeures de Wilds réside dans son système de déplacement et d’exploration. Vous voilà désormais accompagné d’un Seikret, un dinosaure aux allures de moto préhistorique, prêt à vous transporter à travers les vastes étendues du jeu. Cette monture révolutionne la chasse : elle permet d’emporter deux armes et d’en changer à la volée en sifflant votre compagnon ailé. Mieux encore, vous pouvez attaquer tout en chevauchant, utiliser arcs et frondes, ou piocher dans un sac de potions et de pièges bien rempli. Un vrai condensé de fonctionnalités pensées pour renforcer l’immersion et le plaisir de la traque. Dès les premières heures de jeu, votre dinosaure de combat devient un compagnon indispensable. Majestueux et féroce, il ajoute un attrait visuel indéniable aux affrontements. Malheureusement, cette créature se transforme rapidement en un symbole du contrôle excessif des développeurs sur la narration et la progression. En effet, la monture se déplace souvent seule, trottinant automatiquement vers le prochain objectif. Le joueur n’a qu’un contrôle limité, pouvant à peine dévier de la trajectoire imposée. Cette fausse liberté se fait ressentir notamment lors des quêtes scénarisées, où l’on se retrouve spectateur d’un jeu qui avance sans nous.

Un monde magnifique… mais sous-exploité

Monster Hunter WildsGraphiquement, l’univers du jeu est somptueux. Forêts luxuriantes, canyons vertigineux et vastes plaines s’enchaînent sous nos yeux ébahis. Pourtant, cette beauté reste trop souvent superficielle. Le monde ne vous invite pas réellement à l’exploration, car les trajets entre les régions se résument à de l’auto-pilotage ou au voyage rapide. Le terrain devient alors un simple décor, un spectacle visuel sans réelle interaction. Contrairement à des jeux comme Breath of the Wild ou Shadow of the Colossus, ici, jamais vous ne vous demandez comment atteindre un sommet ou traverser un ravin. Le chemin est balisé, la réflexion absente. La carte n’est qu’un tableau figé, non un terrain d’aventure. Ce n’est qu’une fois l’aventure principale terminée que le jeu daigne enfin vous rendre les pleins pouvoirs. Les saisons changent, de nouveaux monstres apparaissent et l’arbre technologique s’ouvre enfin, dévoilant des centaines d’armes et d’armures à crafter. C’est à ce moment-là que les chasseurs aguerris savoureront pleinement le cœur du jeu : traquer, tuer, récolter, améliorer.

Toutefois, cette mécanique addictive révèle aussi la philosophie de Monster Hunter : un jeu fondé sur la répétition et le farming intensif. Chaque monstre abattu sert à améliorer votre équipement… pour abattre un monstre encore plus fort. Une boucle sans fin qui finit par user même les plus motivés. Malgré l’indéniable satisfaction de se forger des armes légendaires et d’habiller son compagnon félin, la motivation finit par s’éroder. À force de courir après le meilleur équipement, le jeu devient une succession de contrats de guilde où l’on frappe encore et encore les mêmes créatures surarmées, véritables « éponges à dégâts ». Cette philosophie du grind, si elle plaira aux puristes, risque de lasser ceux qui cherchent avant tout une aventure rythmée et variée. Chaque session de jeu ressemble alors à un marathon, où l’on peine à voir le bout du tunnel.

Conclusion :

Monster Hunter Wilds s’impose comme une véritable ode à la chasse et à l’exploration d’un monde vivant et spectaculaire. Capcom pousse encore plus loin le souci du détail dans la conception des monstres, l’écosystème et les mécaniques de combat, offrant une expérience riche et viscérale qui ravira les vétérans de la saga. La diversité du bestiaire, la profondeur du système d’équipement et l’arrivée du Seikret, cette monture-dinosaure aussi utile qu’impressionnante, apportent un vent de fraîcheur et renforcent la sensation d’immersion.

Cependant, cette richesse se paie au prix d’une prise en main complexe, alourdie par des tutoriels brouillons et un manque de pédagogie qui risque de décourager les novices. L’aspect monde ouvert s’avère souvent sous-exploité, la faute à une exploration trop dirigiste où le joueur se retrouve parfois simple spectateur de sa propre aventure. De plus, la répétitivité du gameplay et la philosophie du grind intensif finiront par lasser ceux en quête d’une aventure plus rythmée et variée.

Conclusion

8,0/10
Monster Hunter Wilds s’impose comme une véritable ode à la chasse et à l’exploration d’un monde vivant et spectaculaire. Capcom pousse encore plus loin le souci du détail dans la conception des monstres, l’écosystème et les mécaniques de combat, offrant une expérience riche et viscérale qui ravira les vétérans de la saga. La diversité du bestiaire, la profondeur du système d’équipement et l’arrivée du Seikret, cette monture-dinosaure aussi utile qu’impressionnante, apportent un vent de fraîcheur et renforcent la sensation d’immersion.
Cependant, cette richesse se paie au prix d’une prise en main complexe, alourdie par des tutoriels brouillons et un manque de pédagogie qui risque de décourager les novices. L’aspect monde ouvert s’avère souvent sous-exploité, la faute à une exploration trop dirigiste où le joueur se retrouve parfois simple spectateur de sa propre aventure. De plus, la répétitivité du gameplay et la philosophie du grind intensif finiront par lasser ceux en quête d’une aventure plus rythmée et variée.

Les plus

  • Un monde foisonnant de vie et d’interactions crédibles
  • Un bestiaire varié, spectaculaire et impressionnant
  • Des affrontements exigeants, stratégiques et jouissifs
  • Le système de monture Seikret qui renouvelle la dynamique des chasses
  • La profondeur du craft et des équipements

Les moins

  • Une narration trop verbeuse et qui ralentit le rythme
  • Une exploration sous-exploitée, trop souvent automatisée
  • Une philosophie de grind qui peut devenir épuisante sur la durée
  • Des combats qui peuvent décourager les nouveaux venus
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Développeur WordPress spécialisé Gutenberg et FSE, je craft des thèmes et plugins comme des builds optimisés. Je transforme des idées complexes en expériences fluides, avec un code propre, moderne et pensé pour l’utilisateur final.

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