Depuis le 30 juin 2023, Spike Chunsoft et Too Kyo Games vous invitent dans la ville de Kanai World exclusivement sur Nintendo Switch. Un rendez-vous proposé par les créateurs de la série Danganronpa que tout amateur d’énigmes bien ficelées se doit d’honorer ! Ainsi, que vous soyez fan d’Agatha Christie, d’Arthur Conan Doyle ou plutôt de l’ambiance proposée par la série des Phoenix Wright, Master Detective Archives: RAIN CODE pourrait fortement vous intéresser. Alors prenez votre ticket pour le Amaterasu Express, installez-vous confortablement en première classe et préparez-vous à vivre une histoire fantastique et unique dans la peau du jeune détective Yuma.

Une aventure inédite

L’histoire de Rain Code commence avec le réveil de son protagoniste dans une pièce dédiée aux objets perdus d’une gare. Amnésique, votre avatar se demande bien ce qu’il fait là. En fouillant ses poches, il découvre une carte de l’ « Agence Mondiale de Détective » (AMD) qui le renseigne sur son nom : Yuma Kokohead. Il découvre également un ticket de train à destination de la ville de Kanai Ward. Pas de temps à perdre, une annonce indique que le train va bientôt partir de gare. Il est donc temps de monter à bord de l’Amaterasu Express.
Ce train grande vitesse est le fleuron de l’entreprise Amaterasu. Il a été spécialement réservé pour des membres de l’Organisation Mondiale des Détectives. Cette dernière a décidé d’envoyer leurs membres rejoindre l’Agence de Détectives Nocturnes, la branche « Kanai Ward » de l’AMD afin d’enquêter sur cette compagnie hégémonique sur laquelle repose de nombreux soupçons.
Après avoir rencontré d’autres détectives hauts en couleur et à la personnalité forte, Yuma est loin de s’imaginer qu’un véritable massacre prendrait place à bord de ce moyen de locomotion.
Heureusement, il pourra compter sur une alliée de point en la personne d’un Dieu de la Mort particulièrement volubile et étincelante. Un shinigami bien plus agréable à côtoyer que Ryuk du manga Death Note de Tsugumi Ōba

Mais nous n’en dirons pas plus ici. Préférant ainsi vous laisser découvrir tout cela par vous-même.
Sachez néanmoins que le crime de l’Orient Express est du « pipi de chat » comparé au chapitre 0 de Master Detective Archives: RAIN CODE.

Un Visual Novel interactif

Ne vous y trompez pas. Malgré ces faux airs de RPG, Rain Code prend ses racines dans le genre des visual novel. La comparaison avec la série des Phoenix Wright n’est pas anodine, car le titre de Spike Chunsoft reprend la plupart des codes proposés par l’excellente série de Capcom.
Ainsi, il faudra attendre pas loin de 5h de jeu avant de pouvoir réellement être confronté à une scène « d’action » qui se résume à un QTE (Quick Time Event) basique.

Pour résumer, le titre propose 3 temps distincts :
Une balade dans la ville de Kanai Ward qui permet de récolter des Points détectives (PD) et résoudre des quêtes secondaires. En suivant la quête principale, vous allez ensuite être confronté à un crime dans un lieu spécifique. Dès lors, un peu à la manière d’un L.A. Noir, vous allez devoir enquêter sur les lieux du crime en récoltant de nombreux indices à travers les pièces à convictions et les divers témoignages récupérés. Toutes ces « clés » vous serviront dans le labyrinthe des mystères. Un endroit fantasque qui révélera la véritable forme de Shinigami et vous proposera une multitude de gameplay et un peu plus de véritable interactivité.

Une réalisation et un gameplay original

Les productions de la pop culture japonaise ont parfois cette capacité de rendre des choses ordinaires complètement extraordinaires, voir carrément WTF. Ceux ayant déjà vu un épisode de Mister Ajikko alias “le Petit Chef” voit de quoi je veux parler. Captain Tsubasa, alias “Olive et Tom”, reprend également ces codes. Rain Code pousse le délire encore plus loin avec son labyrinthe des mystères qui permet toutes les excentricités et délires visuels inimaginables tout en respectant une cohérence à toute épreuve.

Sans rentrer dans les détails, vous allez devoir découvrir la vérité qui se cache réellement dans les différents faits divers auxquels vous allez être confrontés. Ainsi, par exemple, les duels de raisonnement vous feront affronter un spectre des mystères qui vous attaque en faisant des déclarations sur l’affaire. Dès lors, vous allez devoir esquiver ses diatribes et réfuter la bonne déclaration en utilisant la bonne « clé » de mystère. De même, vous devrez choisir entre plusieurs propositions pour avancer. Le temps est limité et vous allez devoir réfléchir vite. J’avoue avoir parfois utilisé des screenshots et mis le jeu sur pause pour pouvoir réfléchir sans stress.
Ces scènes de confrontation rappellent un peu le gameplay vu dans Yurukill.

Il faudra vraiment être mauvais pour rencontrer un game over. De plus, le jeu est assez dirigiste. Si vous vous trompez, ce n’est pas si grave. Certes, votre score, qui permet d’obtenir des PD, sera moins élevé, mais aucune de vos actions ne sera bloquante et vous assisterez toujours au fin mot de l’histoire.
Saluons au passage le fait que le titre propose une traduction française ! Certes, certaines traductions sont maladroites et peuvent laisser dubitatives, mais dans l’ensemble, c’est plutôt irréprochable et permet sans mal de découvrir le scénario efficace de Kazutaka Kodaka

En outre, vous aurez le choix entre des doublages anglais et japonais. Personnellement, j’ai joué avec la VO japonaise qui propose un travail remarquable de la part de ses seiyus (comédiens doubleurs japonais), Sayumi Suzushiro (Shinigami) et Katsumi Fukuhara (Yuma) en tête.
D’autre part, côté sonore, vous aurez l’occasion d’écouter du Chopin. Le travail de Masafumi Takada sur les musiques contribue également à donner une identité sonore qui colle parfaitement aux visuels généraux du jeu. D’ailleurs, le travail de Rui Komatsuzaki en tant que character designer est à souligner tant les personnages proposés bénéficient d’une identité visuelle forte avec leur look et leur capacité incroyable. Pour finir, outre le fait que le protagoniste se balade avec un dieu de la mort, la plupart de vos compagnons proposent un talent caché que je vous laisse découvrir et qui sera la clé pour résoudre vos affaires. Toutes ces petites choses contribuent à rendre le titre intéressant et bien moins soporifique que la plupart des titres du genre.

Une édition collector

Un dernier mot concernant l’existence d’une édition limitée “Mysteriful“. Cette dernière comprend :

  • Le jeu et sa boîte dans un coffret collector du plus bel effet signé Rui Komatsuzaki
  • L’art Book intitulé « Le Live de la Mort ». En plus de superbes illustrations et croquis préparatoires, vous y trouverez des commentaires de Kazutaja Kodaka, Rui Komatsuzaki et Shimadoriru
  • Un SteelBook du plus bel effet
  • Une peluche de Shinigami mesurant 6.5’’
  • L’OST composé par Masafumi Takada intitulé « Noise of Neon »

Sachez également qu’une Digital Deluxe Edition est proposée sur l’eShop de Nintendo  et contient l’artbook et la bande son en numérique ainsi qu’un season pass de 4 DLC.

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Conclusion

Master Detective Archives: RAIN CODE est une véritable réussite qui réservera toute sa saveur aux amateurs d’enquête fantastique fan de pop culture japonaise. Ces derniers prendront un véritable plaisir à s’attaquer à des mystères non résolus dans une ville étrange où il ne fait que pleuvoir. Tout cela pour déjouer les plans d’une méga corporation au dessein maléfique. Ne vous fiez pas à l’esthétisme coloré du titre, les histoires et le contenu proposés par Master Detective Archives: RAIN CODE destinent le titre à un public mature. (Même si le titre est PEGI 16, il était prévu qu’il soit PEGI 18 à la base).

Les amateurs d’actions risquent par contre de s’ennuyer assez rapidement avec un titre qui place les dialogues au centre de son gameplay. Tant pis pour eux, car Master Detective Archives: RAIN CODE ne déçoit pas et les DLC prévus pourraient bien prolonger le plaisir pour quelques heures de plus.

* Les photos contenues dans ce test proviennent d’asset

Master Detective Archives: RAIN CODE

9

Note

9.0/10

POINTS POSITIFS

  • Des énigmes et un scénario remarquables
  • Des personnages attachants
  • Un gameplay original
  • Une durée de vie conséquente
  • Un humour bien venu

POINTS NÉGATIFS

  • Beaucoup de dialogues
  • Une traduction française perfectible dans de rares cas
  • Quelque peu soporifique
  • Ne plaira pas à tout le monde
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yancha

Rédacteur avec pas mal d'XP au compteur ayant grandi avec les bornes d'arcades à l'ère 8 et 16 bits.

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