TEST – Ghost of Tsushima

Luclis 1
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Temps de lecture:8 Minutes

Sucker Punch revient sur PlayStation 4 avec un jeu déjà fortement acclamé avant sa sortie. Alors qu’est donc Ghost of Tsushima ? Vaut-il toute la publicité qui lui a été faite ? La réponse juste en dessous !

Les jeux-vidéos sont connus pour nous venir tout droit d’Asie. Au commencement de Nintendo et Sony, les deux firmes japonaises sortaient leurs jeux sur le territoire nippon puis occasionnellement dans le reste du monde. De nos jours, la plupart des jeux sont disponibles de partout dans le monde. Mais il arrive toujours que certains jeux ne dépassent pas les océans japonnais. Tous ceux qui s’intéressent un petit peu à l’histoire japonaise savent que l’archipel est restée pendant longtemps isolée du reste du monde. Et c’est dans un japon moyenâgeux que vous emmène Ghost of Tsushima.

Tsushima, une île qui sépare Honshū, la province principale de la Corée, fait partie des premières îles à avoir été conquise par les mongoles en 1281. Protégée par les Samouraïs, l’île n’a pas tenu longtemps et l’ensemble des samouraïs sont morts…. A l’exception de Jin Sakai, votre protagoniste et de son oncle, le seigneur Shimura. C’est dans une monde conquis par la terreur que le jeune Sakai cherche à se débarrasser des mongoles. Pour cela, il va devoir repenser à ces engagements de samouraï… Quitte à perdre une partie du code du Bushïdo.

Entre histoire et jeu

Vous l’aurez compris à l’introduction, Ghost of Tsushima est un jeu qui va retracer l’histoire du japon médiéval. Dans un pays où l’honneur est sacré et où les seigneurs locaux font loi, l’invasion mongole bouscule bien des cadres. En découvrant des personnages aussi variés qu’attachants, vous aurez pour lourde mission de rétablir la paix sur l’île. Et pour cela, il vous faudra réussir à vaincre les mongoles. Devant la supériorité numérique, il vous faudra réussir à trouver des alliés, et ce même, chez vos anciens ennemis.

A travers une grande diversité de quêtes annexes, vous parcourrez l’île de long en large afin d’aider vos futurs alliés et de libérer la population. Le jeu compose entre anecdotes historiques, spiritualité et tradition japonaise ainsi qu’un gameplay souple. Et ceux qui connaissent les samouraïs japonais savent que leur code est tout sauf souple.

Le code d’honneur du Bushïdo

Historiquement, le Samouraï représente la droiture, se doit d’être aussi respectueux que respecté. À travers son code du Bushïdo, il doit faire régner l’ordre tout en étant loyal envers ses alliés mais également ses ennemis. Là bas, duel et confrontation sont la norme. Ainsi donc, il est difficilement concevable pour un samouraï d’étrangler un ennemi ou encore de l’empoisonner. Mais dans un pays en guerre, et étant que dernier représentant de son rang, Jin Sakai décide de bafouer le code et se tourne vers des accessoires réservés aux ninjas, les assassins japonais, maîtres du camouflage et de la discrétion.

Et c’est après s’être fait soigné par Yuna, une voleuse sans foi, que notre protagoniste va en venir à tout ça. D’abord avec des meurtres de sang froid, puis en apprenant la maîtrise des kunaï, des couteaux de lancer, et en allant jusqu’aux décapitations spectaculaires, Jin perd peu à peu sa carrure de Samouraï pour endosser le rôle de Fantôme de Tsushima. Et là où Sucker Punch a réussi son pari : le jeu gagne énormément en dynamisme grâce à ce côté discret. Cependant, les Dieux veillent. Vous êtes et devez rester un samouraï. Ceux qui s’aventureront trop du côté sombre verront les éléments se déchaîner. Tandis que les samouraïs eux auront le droit au soleil, la pluie guettera les assassins.

La spiritualité : entre Bouddha, sanctuaires et temples

Là encore, les habitués du Japon n’auront pas de mal à suivre, mais pour nous occidentaux, certains concepts peuvent être plus difficile à saisir. Deux principales « religions » se pratiquent au japon : le shintoïsme et le bouddhisme. Quand ce dernier est plutôt une façon de vivre pour atteindre la paix, le shintoïsme est polythéistes. Ainsi, vous trouverez sur l’île des dizaines de temples dédiés à des divinités tels que Amaterastu. Ces temps, vous permettront de récupérer des charmes aux pouvoirs spectaculaires.

En plus des différents temples, vous trouverez au long de votre parcours des plus petits sanctuaires. N’hésitez pas à les saluer en vous inclinant devant. Les divinités vous feront peut-être un signe. Et si par hasard, vous croisez un renard, souvenez vous que cet animal sacré et la représentation d’Inari, le kami de l’abondance et de la réussite. Alors plutôt que de lui faire du mal, suivez le, il vous fera sûrement une bonne surprise.

Les samouraïs se doivent d’être forts de corps et d’esprit. Et quoi de mieux pour entraîner son esprit qu’un peu de méditation. Puis autant prouver que vous n’êtes pas qu’une brute sanguinaire mais que vous savez utiliser les mots également. Les haïku sont l’apanage des poètes … Et des samouraïs ! De même, au travers vos balades, vous pourrez profiter de sources d’eau chaude, de pauses méditations ou encore de bambous d’entraînement pour fortifier votre corps et votre esprit.

Comme dans bien des Jeux de Rôle, l’ensemble de ses points permettent de rallonger le temps de jeu. Cependant, il arrive que certains de ces moments cassent le rythme du jeu. On ne saurait vous conseiller de parcourir les différents points d’intérêts au cours de votre balade, plutôt que tous d’un coup, tant leur répartition sur la carte, leur nombre et les avantages apportés sont nombreux et variés.

Les paysages insulaires

A travers votre progression sur l’île de Tsushima, vous rencontrerez des paysages à couper le souffle. Que ça soit au sommet d’un phare ou bien dans les forêts de bambou, les graphismes de l’équipe de Sucker Puch font de Ghost of Tsushima un jeu qui se fait remarquer. Que ça soit les détails de vos tenues ou bien tout simplement la vue au loin des montagnes, l’île vous fait traverser les saisons japonaises au fil du jeu. Alors que l’invasion mongole commence au printemps, vous déambulez sur la première plaque du jeu durant l’été, arrivez sur la seconde partie en automne et finissez le jeu courant hiver.

En suivant les classiques de nombreuses œuvres japonaises, ce jeu parait parfois moins être un jeu et plus un film. De même, il vous est possible de lancer votre histoire dans un style Akira Kurosawa. Ce grand cinéaste japonnais, à qui l’on doit entre autre Les septs Samouraïs, vous emmène régulièrement dans un film en noir et blanc. Ainsi, il vous est possible de suivre tout ou une partie de l’histoire dans ce mode là. On ne vous cachera pas que les couleurs rougeoyantes de l’automne et des érables japonais nous ont forcé à laisser la couleur la plupart du temps.

Mais que serait un bon film sans sa bande-son ? Comme on peut l’imaginer, la bande son est faite avec des sonorités proches des Shamisen, ces sortes de Banjo japonais. Ainsi, il suffit de fermer les yeux pour se sentir un peu moins dans son canapé, et un peu plus au abord d’un temple japonais ou durant une cérémonie du thé. La plupart du temps calme, la musiques s’anime durant les phases de combat avec des percussions au jeu plus rapide.

 

 

Conclusion

Durant votre aventure sur l’île de Tsushima, vous aurez appris à respecter le code du Bushïdo mais également à en dévier et à devenir le terrible Fantôme, redouté des voleurs et des mongoles. Ainsi, en alliant rigueur et fourberie, Sucker Punch nous fait vivre une histoire passionnante. D’une part, vous aurez la lourde tâche d’aider le peuple de l’île. D’autre part, les méthodes que vous emploierez vont en effrayer plus d’un. Et cette dualité qui peut être ramenée à tous passage de la vie courante est agréable à exploiter et formatrice. En plus de cette leçon permanente, tout l’univers du jeu tends en permanence vers un film. Excepté les phases de combats intensif où la cohue sera plus présente, le reste du jeu se veut calme mais envoûtant.

Ainsi, on pourra parler pendant des heures de Ghost of Tsushima sans aborder une seule fois la dimension « jeux » tant l’expérience vécu s’approche du cinéma. Et c’est ce qui fait la force de ce jeu. Passé les rares moments répétitifs à courir après le 100%, l’histoire se prête à merveille au gameplay. Que ça soit grâce à son interface épurée ou sa maniabilité, Sucker Punch montre une fois de plus son talent. Dès lors, on aura à coeur de jouer à Ghost of Tsushima comme quand on regarde une bonne série. Certains le finiront en quelques jours, d’autres prendront leur temps pour le savourer. Parce que du temps, il va en falloir, l’histoire principale nécessite une bonne trentaine d’heure. Quant à la poursuite du 100%, le but ultime de tout joueurs, comptez prêt d’une centaine d’heure de jeu.

Pour 70€ sur le PlayStation Store, les adaptes de RPG ont là une nouvelle référence. La seule chose qui peut décevoir, les habitués reste le manque de « choix ». A l’inverse des références passées tel que The Witcher 3 ou encore les jeux Quantic Dreams, vous serez obligé de suivre la trame scénarisée prévue par l’éditeur. Mais quand on voit l’étendu du scénario, on comprend le choix fait par Sucker Punch et on se délecte un peu plus chaque heure de jeu du travail accompli.

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Ghost of Tsushima

69.99
8.5

Note

8.5/10

POINTS POSITIFS

  • Son scénario exceptionnel
  • La durée de vie du premier jeu
  • Ses graphismes à couper le souffle

POINTS NÉGATIFS

  • Peu de choix impactant l'histoire
  • Des points d'intérêts trop diséminés

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