Test – Gambonanza: Le jeu d’échecs roguelike

Fans d’échecs, vous souhaitez enfin mettre en exergue votre analyse et votre réflexion ? Vous en avez assez de jouer uniquement sur Chess.com ou Lichess, et vous cherchez une nouvelle expérience tout en gardant les règles du jeu créé il y a plusieurs siècles ? Eh bien, c’est désormais possible grâce à la sortie, ce 1er mai, de Gambonanza, un roguelike d’échecs !

Troisième jeu du studio Blukulélé, Gambonanza reprend les bases du jeu d’échecs en y ajoutant une dimension roguelike qui mêle stratégie et réflexion. Mais que vaut réellement ce jeu ? Procure-t-il les mêmes sensations qu’un jeu d’échec classique ? On vous dit tout dans ce test, sans trop vous spoiler !

Jouer au jeu d’échec autrement

La communauté des échecs s’est récemment réunie autour du célèbre Tournoi des Candidats, où les meilleurs joueurs du monde s’affrontent pour obtenir le droit de défier le champion du monde, actuellement détenu par Dommaraju Gukesh. Les amateurs, de plus en plus nombreux (on y retrouve des stars du sport), se sont passionnés pour les parties, analysant chaque position et imaginant les coups possibles.

Mais une fois le tournoi terminé, l’envie de réfléchir et de se creuser les méninges reste bien présente. Et c’est là que Gambonanza entre en jeu. Sur un échiquier réduit, où chaque décision peut tout changer, le titre propose une expérience roguelike originale : affronter des ennemis, enchaîner les combats et utiliser des gambits aux effets variés pour prendre l’avantage.

Disponible dès le 1er mai, ce petit jeu indé s’adresse autant aux amateurs qu’aux joueurs confirmés. Ici, pas besoin de connaître des ouvertures par cœur : tout se joue surtout dans le milieu et dans la fin de jeu. Avec des situations toujours différentes et parfois totalement folles, à vous de bien positionner vos pièces pour venir à bout de vos adversaires.

Mais attention, rien n’est donné. Contrairement aux échecs classiques, Gambonanza vous demande de prendre en compte de nombreux éléments : les différents gambits, les pièces spéciales, ou encore des cases à effets. Autant dire qu’il va falloir réfléchir… et trouver les bons coups.

Des gambits pour gagner

L’une des particularités du jeu, c’est qu’il mélange les déplacements classiques avec différents gambits qui viennent booster vos pièces et les rendre bien plus puissantes. Alors non, les gambits présents ici ne sont pas ceux que l’on connaît sur un échiquier classique… Le gambit de la dame ou du roi, oubliez-les. Ici, on part sur des variantes totalement inédites.

Mais peut-être que vous ne savez pas exactement ce qu’est un gambit ? À la base, il s’agit d’un sacrifice volontaire, souvent d’un pion (ou parfois plus), en début de partie, dans le but d’obtenir un avantage stratégique : attaque, gain d’espace, ouverture de lignes ou encore désorganisation de l’adversaire.

Dans Gambonanza, le concept est repris et totalement détourné. On retrouve plus de 150 gambits qui modifient directement les règles du jeu et les propriétés de vos pièces. Vous voulez une armée de cavaliers complètement surpuissants ? Faire de vos pions des tours ? Ou empêcher votre adversaire de jouer pendant plusieurs tours ? C’est possible. Ici, les gambits servent surtout à donner des pouvoirs uniques à vos pièces et à complètement casser les codes des échecs traditionnels.

Et ce n’est pas tout. Le jeu ajoute d’autres mécaniques pour vous aider à prendre l’avantage. Lorsqu’une de vos pièces est capturée, vous pouvez en récupérer d’autres dans votre réserve. Des jetons sont également présents pour obtenir de nouvelles pièces, des gambits supplémentaires ou encore des cases spéciales capables de piéger votre adversaire (protéger une pièce, en renforcer une autre…). Toutefois, attention au mode Effondrement… Au bout de 5 tours, l’échiquier commence à perdre des cases littéralement et malheur à vous si vous avez laissé une de vos pièces sur ces cases…

Bref, le jeu regorge de petits systèmes qui viennent enrichir chaque partie. Au total, vous devrez enchaîner plus de 25 affrontements, du plus simple au plus difficile, organisés en séries de petites parties. Les premières vous opposent à des adversaires autour des 500 Elo, alors que les plus difficiles montent jusqu’à 1500 Elo voir plus, ce qui commence sérieusement à réfléchir.

Et après plusieurs combats, place aux boss… et là, les choses sérieuses commencent. Mais qui sont-ils ?

De grands joueurs comme boss de fin de parties…

Évidemment, le jeu ne vous laissera aucun répit. Même s’il n’y a pas de limite de temps et que vous pouvez revenir plus tard, les boss sont là pour tester vos nerfs. Après plusieurs parties, vous tombez sur un adversaire bien plus coriace, avec plus de pièces, plus d’avantages et surtout des règles parfois complètement absurdes.

Les premiers boss restent accessibles, mais à partir des niveaux 3, 4 ou 5, ça devient une vraie punition. Il faut prendre le temps d’analyser, construire une stratégie solide et surtout éviter de jouer trop vite, parce que le jeu ne pardonne pas.

Et là où Gambonanza s’amuse vraiment, c’est dans ses boss inspirés du monde réel… mais version déformée. On retrouve des clins d’œil à des joueurs comme Hikaru Nakamura en Hikaru le Banni, Magnus Carlsen (transformé en une version glitchée du style M3CH4GNUS C4ARLS3N), ou encore des variantes de Judit Polgár en Judit Polgeisha, avec des noms volontairement détournés. Même certains créateurs de contenu sont de la partie comme Kevin Bordclick.

Chaque boss possède ses propres règles spéciales. Certains vous forcent à capturer une pièce en dernier, d’autres modifient complètement le plateau. Le boss inspiré de Magnus Carlsen, par exemple, peut réorganiser toutes les pièces du plateau et de votre réserve de manière aléatoire, comme si le jeu lui-même plantait. Autant dire que votre stratégie peut voler en éclats en une seconde.

Et pour continuer à progresser, il faudra enchaîner les victoires. Plus vous gagnez, plus vous débloquez de nouveaux gambits, souvent très puissants. Mais évidemment, rien n’est gratuit : ces améliorations s’achètent, et sans ressources… vous n’irez pas très loin. Il faut donc gérer intelligemment vos gains pour construire une stratégie viable sur le long terme. La ou ca devient compliqué c’est que ces gambit sont a acheté et que pas d’argent, pas de gambit… A vous de trouver le bon équilibre pour pouvoir gagner.

Un jeu simple et amusant, mais parfois brouillon

Les premières parties donnent l’illusion d’un jeu presque détendu : peu de pièces, des objectifs simples, et une prise en main immédiate. Mais cette sensation ne dure pas très longtemps. Rapidement, le jeu commence à empiler ses mécaniques et vous force à sortir de vos automatismes.

Ici, oublier vos ouvertures apprises par cœur ou vos réflexes. Gambonanza vous demande de désapprendre pour réapprendre. Et la vraie difficulté ne réside pas uniquement dans les coups à jouer, mais dans l’anticipation des effets. Entre les cases spéciales, les pouvoirs des pièces, les événements aléatoires et les règles propres à chaque affrontement, chaque décision peut avoir des conséquences en chaîne. Un bon coup sur le papier peut devenir catastrophique une fois combiné avec un effet imprévu.

Et puis il y a cette gestion constante des ressources et des choix. Acheter un gambit maintenant ou économiser pour plus tard ? Renforcer une stratégie existante ou tenter quelque chose de totalement différent ? Le jeu pousse à expérimenter, parfois à échouer, souvent à recommencer.

Au final, derrière sa simplicité apparente, Gambonanza est presque un jeu d’adaptation permanente. Il ne récompense pas forcément le joueur le plus “fort” aux échecs, mais celui capable de s’ajuster, de comprendre ses erreurs… et d’accepter que, parfois, le jeu décide de tout bouleverser sans prévenir.

Oui, c’est simple à lancer. Mais clairement pas simple à dominer.

Conclusion

8,2/10
Au final, Gambonanza réussit là où on ne l’attendait pas forcément : transformer un jeu classique en un de jeu imprévisible. En reprenant les bases des échecs pour les mélanger à une structure roguelike, le titre propose une expérience fraîche, parfois déroutante, mais rarement ennuyeuse. Entre les gambits, les effets spéciaux et les affrontements qui changent constamment les règles, chaque partie donne cette impression de ne jamais vraiment se répéter.

Mais tout n’est pas parfait. À force d’ajouter des mécaniques dans tous les sens, le jeu peut parfois devenir confus, surtout lors des premières heures. Certains effets manquent de lisibilité, et l’équilibrage laisse parfois place à des situations frustrantes.

Malgré ça, difficile de ne pas reconnaître le potentiel du jeu. Gambonanza s’adresse autant aux amateurs d’échecs curieux qu’aux joueurs en quête d’un défi différent, capable de casser leurs habitudes. Ce n’est pas une simulation pure, ni un simple délire sans réflexion, mais un mélange des deux qui demande adaptation et patience. Un titre imparfait, parfois cruel, mais suffisamment malin pour donner envie d’y revenir… même après une défaite bien frustrante.

Les plus

  • Un mélange entre échecs et roguelike
  • Aucune partie ne se ressemble vraiment
  • Système de gambits riche
  • Les boss
  • Le prix : 6.99

Les moins

  • Lisibilité parfois confuse
  • Système qui peut ralentir l’accès aux meilleurs gambits
justemr

justemr

Fan de jeux vidéo et d'animation japonaise depuis mon enfance, j’espère partager ma passion avec tous les curieux.

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