TEST – City Hunter

Depuis le 25 février, l’éditeur Red Art Alert joue sur la corde sensible des joueurs nostalgiques du club Dorothée. En effet, l’éditeur propose la réédition de la seule adaptation vidéoludique des histoires de Ryo Saeba, alias Nicky Larson ! Un mini événement qui permet à toute une génération de s’essayer à un titre développer par Sunsoft, sorti en 1990 sur PC-Engine et qui n’avait jamais franchi les frontières de l’archipel nippon ! Pour l’occasion, le titre se voit augmenter de plusieurs petites choses pour titiller notre envie de plonger dans cette aventure résolument vintage. Pour le meilleur mais aussi, il faut bien l’avouer, pour le pire ! Découvrons sans plus attendre notre test de City Hunter sur Nintendo Switch réalisé via un code fourni par l’éditeur.

Nicky qui ?

La série City Hunter est plus connue chez nous sous le nom de Nicky Larson. Imaginé par Tsukasa Hojo, également connu pour Cat’s Eyes, le manga est publié à partir de 1985 dans le Weekly Shōnen Jump et contient plus de 35 volumes. Action et situations cocasses marquent les aventures du héros qui éprouve un véritable penchant pour la gente féminine. N’ayons pas peur des mots, Ryo est un véritable obsédé, collectionneur de lingerie qui semble passer tout son temps à draguer. Toutefois, sous ses airs de pervers bon à enfermer se cache un spécialiste des armes à feu et un tireur hors pair au passé trouble. Homme de l’ombre, vous pouvez faire appel à lui pour tout type de travail, de la filature à la protection rapprochée en passant par détective privé.

La série qui alterne moments comiques et dramatiques est adaptée en anime en 1987 par le studio Sunrise et contient plus de 140 épisodes. Elle débarque en France le 29 octobre 1990 et sera diffusée dans le club Dorothée jusqu’à la fin de l’émission jeunesse en 1995. L’adaptation anime reprend l’histoire générale du manga en aseptisant les blagues autour du « Mokkori » inopiné de son héros. (on vous laisse chercher)
Force est de constater que les mœurs ont évolué et que le manga peut sembler beaucoup, pour le moins gênant, aujourd’hui…

Il n’empêche que Nicky Larson est et reste une œuvre culte à de nombreux égards. Le succès de l’adaptation cinématographique de Philippe Lacheau en 2018 avec « Nicky Larson et le Parfum de Cupidon » montre à cet égard que le public reste au rendez-vous des tribulations du héros.

En 2024 sortait d’ailleurs un film réalisé par Sato Yuichi, produit et disponible sur Netflix, tandis que sortait un long métrage d’animation en 2023 intitulé City Hunter : Angel Dust, réalisé par Kenji Kodama. La poussière de l’ange et l’organisation Union Teipe est d’ailleurs également au cœur de l’intrigue de l’adaptation vidéoludique.

Une ombre file dans la nuit…

Cette nouvelle adaptation du titre de 1990 reprend quasi à l’identique le jeu d’origine en lui rajoutant toutefois quelques « cosmétiques » afin de rendre l’aventure plus attrayante. C’est ainsi avec un véritable bonheur que l’on entend les premières notes du générique de fin de l’anime Get Wild dès le début en voyant l’écran titre. En farfouillant dans les options, le fan se rendra compte qu’il peut même profiter de sous-titres français « Nicky Larson » qui viendront changer les noms des protagonistes afin de retrouver des noms connus comme par exemple Mamouth et Lara. Cerise sur le gâteau, et pas des moindres, le générique devient alors celui chanté par Jean-Paul Césari. Rien de tel pour donner le sourire au « vieux » fan et faire souffler un vent de nostalgie !!!

C’est dans les options également que l’on pourra admirer la « cartouche » de jeu original sous tous les angles, feuilleter les pages scannées de la notice du jeu en VO et découvrir plusieurs illustrations issues de l’anime de 1987.

Mais trêve de plaisanterie, on est là pour incarner le justicier au grand cœur que diable. Il est temps de « push start button ».

 

Nicky Larson ne craint personne ?

Le sourire que vous affichiez en écoutant le générique risque quelque peu de s’effacer face à l’austérité de l’écran d’accueil. Vous avez alors le choix entre 3 niveaux. Une fois sélectionné, vous aurez de quoi être dubitatif… C’est en effet 36 ans que vous allez prendre en pleine figure.

Si on reconnaît plutôt bien notre héros via son sprite coloré et ses vêtements emblématiques, force est de constater que le titre a vieilli. Vous avez le choix entre la difficulté d’origine ou une maniabilité plus actuelle. Dans les faits, si l’actualisation se veut un peu moins rigide, elle reste tout de même sacrément vintage. On ne peut pas avancer et tirer en même temps par exemple.

Le gameplay de City Hunter s’apparente à un jeu de tir classique et minimaliste du début des années 90. On tire sur tout ce qui bouge à l’écran et on enchaîne les tableaux en scrolling horizontal afin de récupérer une clé, un pass et trouver la sortie du niveau. De nombreuses portes sont présentes et c’est en les ouvrant que l’on obtient ses objets où que l’on a la chance de tomber sur une infirmière qui restaure notre vie. Il se pourrait même que vous tombiez sur une jeune femme en train de changer ses vêtements ! Cet événement vous donnera également l’occasion de voir votre jauge de vie se restaurer.

Les ennemis sont « cucu la praline », et vous en dénombrerez un total de 5 ou 6 types différents : du yakuza lambda au guérillero au lance-flammes. Vous aurez même l’occasion de croiser des boss belliqueux et même un animal sacrément sauvage. En fouillant bien tous les recoins des niveaux, vous aurez l’occasion de trouver un lance-roquettes voire un bazooka expérimental qui viendra compléter le .357 Python.

Les décors sont toujours un peu les mêmes et les niveaux peuvent parfois être assez labyrinthiques. En outre des pièges fatals tels que des pics ou rayons laser vont venir freiner votre progression. Un conseil, sortez une feuille A4, prenez votre stylo et dessinez un plan afin de vous y retrouver facilement dans les dédales labyrinthiques des lieux visités. L’ambiance sonore est sympathique, dommage que la musique se révèle, comme les niveaux, répétitive.

On traverse donc 3 chapitres dans l’ordre que l’on souhaite afin d’avoir accès à une dernière épreuve. L’action prend alors place dans un paquebot au danger omniprésent et met un terme à cette histoire. Finalement, il vous aura fallu environ 3 heures pour faire le tour de l’histoire… c’est peu.

Les nouveautés de cette édition

Comme indiqué précédemment, outre une section bonus sympathique, City Hunter vous propose également quelques options in-game plutôt intéressantes. Commençons par évoquer la sauvegarde instantanée qui vous permet de vous passer des mots de passe à rallonge. De plus, vous pourrez modifier le rendu visuel afin de profiter de filtres CRT (rendu cathodique), ratio pixel perfect et rendu 4/3.

Enfin, le titre bénéficie de l’option « rembobinage » afin que vous ne mourriez pas bêtement… À vrai dire, cette option ne vous servira pas beaucoup en jouant en normal avec la maniabilité améliorée. En effet, le titre est relativement facile et il suffit de revoir des infirmières ou des jeunes femmes court vêtues afin de regagner toute sa vie. Les chasseurs de trophée pourront peut-être se servir de l’option pour finir l’aventure en difficile. Selon Loïki Nihon, (Artiste/Mangaka-Scenariste/Pro Gamer) auteur du manga O.S.E. et 1er français à l’avoir Platiné, il vous faudra 6-7 heures pour obtenir le trophé ultime.
Une bonne excuse pour se procurer ce titre qui coûte malgré tout 25 €… Ce qui peut sembler peu, mais reste assez onéreux à nos yeux !

À noter que les collectionneurs pourront également se procurer des versions physiques standard mais également collector et deluxe.


La version deluxe contient une pochette deluxe tandis que la collector box à 69,99 € propose :

  • Le jeu en version physique avec un boîtier standard
  • Un boîtier steelbook
  • La bande originale sur CD dans un boîtier cristal
  • Un support en acrylique représentant les personnages Ryo, Kaori et son marteau, Saeko et Umibōzu en version chibi !
  • porte-clés (exclu Red Art Games)
  • Le tout dans un coffret/fourreau cartonné

Un objet en précommande qui ornera parfaitement votre ludothèque. Par contre, pas sûr que la cartouche ou le Blu-ray serve beaucoup.

Conclusion

Cette sortie du titre City Hunter est finalement une surprise. De quoi titiller la fibre nostalgique de tout anime fan qui se respecte né le siècle dernier. Malheureusement, le jeu n’était déjà pas très bon à l’époque et force est de constater qu’il ne s’est pas bonifié avec l’âge. Les quelques bonus de cette version ne parviendront pas à masquer les lacunes inhérentes au titre. Rappelons que des titres comme Megaman 1, 2 et 3 ou Rolling Thunder étaient déjà sortis à cette époque et proposaient un gameplay plus chiadé.
Sans être une totale déception, nous aurions tout de même aimé encore plus de bonus pour rendre cet achat indispensable. City Hunter reste néanmoins une petite madeleine de Proust qui permet de réparer le fait de ne pas avoir pu y jouer à l’époque.
Par contre, ceux ne connaissant pas la série peuvent facilement fuir cet achat et lui préférer par exemple l’adaptation d’un autre héros intemporel avec Space Opera Cobra.

Conclusion

4,6/10
Cette sortie du titre City Hunter est finalement une surprise. De quoi titiller la fibre nostalgique de tout anime fan qui se respecte né le siècle dernier. Malheureusement, le jeu n’était déjà pas très bon à l’époque et force est de constater qu’il ne s’est pas bonifié avec l’âge. Les quelques bonus de cette version ne parviendront pas à masquer les lacunes inhérentes au titre. Rappelons que des titres comme Megaman 1, 2 et 3 ou Rolling Thunder étaient déjà sortis à cette époque et proposaient un gameplay plus chiadé. Sans être une totale déception, nous aurions tout de même aimé encore plus de bonus pour rendre cet achat indispensable. City Hunter reste néanmoins une petite madeleine de Proust qui permet de réparer le fait de ne pas avoir pu y jouer à l’époque. Par contre, ceux ne connaissant pas la série peuvent facilement fuir cet achat et lui préférer par exemple l’adaptation d’un autre héros intemporel avec Space Opera Cobra. [gallery columns="4" size="large" link="file" ids="2612513,2612511,2612510,2612509,2612508,2612507,2612506,2612514"]

Les plus

  • Pouvoir enfin incarner Nicky Larson
  • Des bonus sympathiques
  • Les options diverses
  • La présence du générique français
  • La présence du générique de fin original
  • Une version deluxe appétissante (mais cher)

Les moins

  • Un gameplay basique d’un autre temps
  • Manque de variété dans les décors
  • Trop court
  • Trop répétitif
  • Trop cher
  • Trop peu de bonus (un épisode de l’anime n’aurait pas été du luxe)
yancha

yancha

Rédacteur avec pas mal d'XP au compteur ayant grandi avec les bornes d'arcades à l'ère 8 et 16 bits.

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