TEST – Beholder 3

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Bon, vous êtes peut-être comme moi un peu tombé par hasard sur la bande-annonce de Beholder 3 lors de votre petit surf quotidien. Et peut-être que, comme moi, vous vous êtes dit « C’est quoi ce p’tit binoclard qui matte la voisine par la serrure du palier et qui pose des caméras partout dans l’immeuble ? ». Alors, si vous pensiez jouer le rôle d’un gardien d’immeuble lubrique et renifleur de p’tites culottes, autant vous dire que vous allez être déçu. On vous raconte notre aventure sur le titre développé par Paintbucket Games et édité par Alawar Entertainment sortie ce 3 mars 2022 sur PC. 

Un troisième round pour la saga

Précisons que ce test a été réalisé sans avoir joué aux opus précédent. C’est donc d’un œil neuf et vierge que nous rédigeons ces prochaines lignes, sans comparaisons avec les grands frères. Parce que oui, la saga Beholder a débuté sur un premier épisode en 2016, dans lequel l’on incarnait le concierge d’un immeuble dans un pays totalitaire. Puis un second opus deux ans plus tard, dans le rôle d’un officier du gouvernement. Beholder 3 semble vouloir reprendre les ficelles de ses prédécesseurs à succès puisque nous revoilà parti pour une petite ballade en pays totalitaire dans la peau du banal concierge, Frank Schwarz. (Oui, encore un concierge !)

Banal, parce qu’à première vue, ce mari et père de famille bossant comme fonctionnaire nous met bel et bien dans la peau d’un monsieur tout le monde. Malheureusement, une petite routine qui va vite tourner court puisqu’il va falloir se retrouver à jouer les indics pour le gouvernement, afin d’éviter une peine de prison. Un accord qui nous place rapidement dans le rôle d’un espion travaillant sous couverture comme concierge pour surveiller plus facilement les locataires et remonter tout comportement contraire à la réglementation en vigueur. Et autant vous dire que niveau réglementation, ça pique un peu !

Dès l’écran du menu, une jolie petite photo de famille trônant sur la commode avec une douce mélodie angoissante. Beholder 3 vous fait directement comprendre qu’il ne va pas vous ménager et que la ballade va être piquante émotionnellement. Vous apprenez également d’un rapide coup d’œil que votre fille est une sorte de hippie anarchiste en dreadlocks… On n’a pas encore commencé, Ça sent déjà les emmerdes.  Allez ! On se lance !

Oh NOOO, I can’t believe that …

Première déception dès les premières secondes, et non des moindres puisque si vous ne parlez pas anglais ou que vous ne saisissez que quelques mots, vous allez rapidement vous rendre compte qu’aucune traduction Française n’est proposée. Pas d’autres choix que de se lancer dans la langue de Shakespeare en espérant que l’immersion n’en souffrira pas trop. Et finalement, Avec un bagage minimum, on se débrouille pas trop mal. Les sous-titres anglais permettent une meilleure compréhension et il faut cliquer pour passer au dialogue suivant. Ce qui laisse à chacun le temps nécessaire pour comprendre l’ensemble sans pression et pour chercher un petit mot sur Google traduction ou Deepl si besoin. Ça va bien se passer.

Bref, nous sommes tranquillement à glander au bureau (Francky est fonctionnaire), que nous voilà victime d’un vilain piège de la part d’un haut placé du gouvernement. Le bon vieux Franky comprend rapidement que s’il veut éviter de très sérieux problème pour lui et sa famille, il va devoir abandonner sa petite vie tranquille et obéir précisément aux ordres qui lui seront donnés.

Nous voilà ainsi, famille et bagage sous le bras, à emménager dans un nouvel appartement pour y prendre notre nouveau poste de concierge. Bien que, à première vue, on nous propose de vider les poubelles, réparer l’électricité ou la machine à laver, on constate rapidement que le job n’est qu’une couverture pour une mission bien plus délicate. Dans votre appartement du rez-de-chaussée, un véritable QG d’espion avec moniteurs de caméras et ligne directe avec le ministère de la sécurité. Voilà, on y est, votre réel travail maintenant, c’est d’espionner tous vos locataires et de rapporter le moindre petit délit ou suspicions de délit via des rapports circonstanciées. Big boss est d’ailleurs très clair, très vite.  Le moindre souci dans l’immeuble, le moindre écart de conduite d’un résident… Vous êtes le responsable, et vous allez payer pour les autres.

Un savant mélange de sobriété et d’élégance

La sobriété, c’est premier mot qui nous vient quand on commence à se balader sur ce plan unique de l’immeuble. Les graphismes, l’ambiance, le gameplay, une sobriété que l’on retrouve dans tous les aspects du jeu et qui colle parfaitement avec l’esprit que veut nous transmettre le titre.

D’abord, via les graphismes donc. Dès le départ, l’on ressent directement la pression, la tristesse de ce pays sous dictature dans lequel il va falloir survivre à travers des décors lugubres et une musique d’ambiance pesante. Les jeux de contraste et de lumières sont excellents et apportent une véritable identité graphique à Beholder 3. Sobre, mais efficace !

Côté prise en main, c’est également un jeu d’enfant. Franck n’a qu’une quantité d’actions très réduite à sa disposition : marcher, courir, interagir et c’est tout. Les menus sont simples et intuitifs avec un petit didacticiel bienvenu pour les particularités du titre dont on reparlera plus tard. Lors d’une interaction possible, plusieurs icônes apparaissent pour vous proposer de cliquer sur l’action à réaliser. Simple comme bonjour.

Pari réussi pour Paintbucket Games de ce point de vue. La sobriété de l’ensemble colle parfaitement avec l’histoire et permet une immersion quasi immédiate et d’une extrême simplicité dans un monde sombre, pesant, dangereux. Une sobriété qui rime avec efficacité pour une immersion quasi immédiate.

Francky, la poucave

Dans le royaume de la répression, le seul moment qui se prêtera un peu à sourire sera celui de la lecture des lois dans le menu. Autant, on y trouvera les classiques lois contre la lecture de certains livres ou l’utilisation de certains produits d’exportations. Autant, on aura droit à d’autres lois plus loufoques, comme l’interdiction de porter des jeans, de manger des pommes vertes ou de consommer du sucre. On appréciera cette petite pique d’humour des créateurs, rendant grotesque les excès du totalitarisme.

Francky va donc devoir commencer son aventure en faisant un profil de chaque locataire en place. Le gouvernement veut tout savoir, toute information envoyée apportera un peu d’argent à notre sympathique concierge. L’enfant de la voisine est malade ? Le bonhomme du dessus aime regarder la télé ? La jeune du numéro 6 parle vulgairement ? Balancez les infos même les plus anodines vous apportera un peu de cash. Parce que oui, l’argent est un élément clé sur Beholder 3, sans ça, impossible de payer les factures qui s’accumulent et c’est le game over assuré. D’autant que, le surplus d’argent vous servira à acheter un tas de choses utiles pour vos missions, ainsi que des gadgets afin d’améliorer notre contrôle sur l’immeuble, comme des caméras de surveillances. Faire de petits travaux dans l’appartement et également un moyen de se faire un peu d’argent, activité peu intéressante et rapidement rébarbative.

Souvent, le gouvernement vous passera un petit coup de fil agréable pour vous ajouter quelques objectifs principaux à remplir. Entendre sonner le téléphone rouge ne sera jamais une bonne nouvelle et amènera généralement à réaliser des enquêtes plus spécifiques sur un voisin dans le collimateur des autorités. Là, fini les petites informations anodines, on passe directement à de la bonne grosse délation réservant un triste sort aux personnes concernées. Allant parfois jusqu’à monter de toute pièce un dossier à charge contre un voisin innocent en infiltrant son appartement pour y cacher des objets illicites et amener à son arrestation.

Au-delà de cette trame principale, viennent s’ajouter un flot de quêtes secondaires du voisinage ou de la famille proche. Allez-vous acheter le rat de compagnie que votre fille réclame ardemment ? Où aider la voisine à trouver des médicaments proscrits pour soigner son jeune fils mourant ? C’est là, la véritable difficulté du titre. Êtes-vous prêt à prendre des risques pour sauver des voisins, quitte à entrer dans l’illégalité et à faire peser des répercussions sur votre famille ? Jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour protéger vos proches aux détriments des autres ? Avoir une réputation de collabo auprès du voisinage, n’est-ce pas également dangereux pour vous et votre famille ?

Des questions auxquelles il faudra trouver des réponses, en sachant que les choix modifieront fortement le cours de votre histoire jusqu’à la fin du jeu en elle-même. On appréciera donc le fait d’avoir une réelle prise en compte de nos décisions tout au long de l’aventure, en se sentant parfois frustré par d’autres quêtes ne proposant aucune alternative.

Conclusion

BeHolder 3 de Alawar Entertainment nous propose un titre d’une grande originalité. Parler couramment l’anglais est un point important pour pouvoir profiter pleinement d’une immersion totale au pays de la dictature de l’extrême. Le titre prendra tout son sens lors des différents passages ou la moralité vient affronter la peur des répercussions sur sa propre famille. Le joueur sera souvent confronté à choisir entre la peste et le choléra ainsi il ne sera pas rare de sentir une petite pointe de culpabilité à la suite de certains choix difficiles. Les amateurs de nouvelles expériences sauront apprécier la ballade originale proposée par Beholder 3 et sa simplicité d’utilisation le rendant très accessible.

Beholder 3

6.5

Note

6.5/10

POINTS POSITIFS

  • Des choix multiples pris en considération
  • L'ambiance sonore et la qualité graphique
  • L'originalité du titre
  • La bonne retransmission de l'ambiance étouffante d'un pays totalittaire
  • Excellent simulateur pour collabo en devenir

POINTS NÉGATIFS

  • Pas de traduction Française ...
  • Une durée de vie et une rejouabilité limitée
  • Rébarbatif à certains moments
  • Quelques bugs
  • Des dialogues insipides
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Mulligan

Leeroooooooooy Jenkins !

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