Les bandes dessinées d’Astérix et Obélix ont été une partie essentielle de notre enfance. Les aventures des Gaulois indomptables et de leur petit village ont suscité chez de nombreux fans un amour durable pour l’histoire et les bandes dessinées. Nous étions donc enthousiaste à l’idée de jouer à Astérix & Obélix – Baffez-les Tous ! 2. Le premier opus avait redoré l’image vidéoludique d’Astérix, même s’il était loin d’être parfait. Ce deuxième épisode arrive donc sur toutes les plateformes, avec l’occasion de peaufiner la recette et de donner une nouvelle fois une petite leçon aux romains et autres joyeux ennemis des chefs-d’œuvre de Goscinny et Uderzo. Mr. Nutz Studio est toujours aux commandes, donc pas de bouleversement majeur pour le développement d’un jeu qui, tout comme le précédent, reste de petite envergure. De quoi maximiser les chances de livrer une suite réussie ? Pas si sûr.

Le coup du menhir :

Astérix & Obélix – Baffez-les Tous ! 2 offre une expérience de beat ’em up 2D à défilement horizontal, idéale pour les amateurs de bagarre romaine. Que vous préfériez jouer en solo ou avec un compagnon de baffes, démolir des légionnaires et expulser les ennemis de l’écran reste une source de satisfaction, même avec le passage du temps. Les deux intrépides guerriers conservent leur charme visuel, fidèles à l’esprit de Goscinny et Uderzo. Cependant, malgré une direction artistique de qualité, l’émerveillement s’estompe rapidement. Le jeu souffre de répétitivité et d’un manque d’innovation. Dans le monde du beat ’em up, l’ajout d’itinéraires alternatifs, de scores à battre, de nouveaux mouvements à maîtriser, voire de personnages déblocables aurait été bienvenu. Malheureusement, le jeu se contente du strict minimum : une poignée de combos, une prise, un lancer, et quelques mouvements spéciaux. Aucune distinction n’est faite entre la force d’Astérix et celle d’Obélix, et les mouvements sont interchangeables. Le gameplay, faute de diversité, devient rapidement monotone et dénué d’intérêt. La situation n’est pas améliorée par le nombre limité d’ennemis, dont beaucoup sont recyclés du premier opus. En deux heures de jeu, vous affronterez les mêmes Romains et Barbares, répétant inlassablement les schémas d’attaque. Les décors manquent de variété, avec d’interminables marches entre les combats. Peut-être les développeurs ont-ils cru à tort que les amateurs de beat ’em up étaient friands de longues promenades sans action significative.

Du côté du scenario, celui-ci se veut simple mais efficace, les amateurs des aventures du petit Gaulois courageux reconnaitront aisément de quel tome cette aventure s’inspire. Le village gaulois persiste à défier l’envahisseur, et cette fois, les ennuis surgissent de Goudurix, le turbulent neveu d’Abraracourcix, accusé d’être impliqué dans le vol de l’Aquila de Lutèce, présumé orchestré par son père Océanonix. En réponse, César mobilise ses troupes pour exiger réparation. Mais Astérix & Obélix, toujours prêts à défendre leurs amis, décident de se rendre à Lutèce et de démasquer le véritable coupable. Et si cela signifie régler son compte à quelques Romains au passage, autant joindre l’utile à l’agréable. Comme dit plus haut, dès l’introduction, les premiers soldats ne tardent pas à goûter aux poings gaulois, et le jeu nous maintient dans l’action effrénée, alternant entre combats et déplacements à pied. Du côté des affrontements, on retrouve les sensations plaisantes du volet précédent, du moins au début, peu importe le héros choisi. En solo, on opte pour l’un des deux intrépides Gaulois, avec la possibilité de passer à l’autre d’une simple pression sur un bouton. Faire valser les ennemis avec Astérix ou administrer des gifles à la manière de Gérard Depardieu avec Obélix procure toujours une satisfaction palpable. Une nouveauté bienvenue dans cette suite est l’introduction d’une jauge d’énergie, se rechargeant au fil des coups assénés ou reçus. Partiellement remplie, elle déclenche une furie, augmentant la vitesse et la puissance du personnage. Il est toutefois important de noter qu’elle n’offre aucune protection contre les attaques adverses. En attendant qu’elle soit complètement pleine, on peut déclencher une attaque ultime. Astérix se transforme en tornade dévastatrice, fonçant sur les ennemis à l’écran, tandis qu’Obélix invoque une pluie de menhirs destructeurs. Un ajout stratégique qui apporte une dimension tactique bienvenue aux combats.

Une overdose de Romains !

Parlons maintenant de l’équilibrage des personnages, un sujet aussi délicat que le choix entre potion magique et potion normale. Et là, franchement, Astérix prend le dessus comme s’il s’agissait d’une baguette magique en plein délire gaulois. Avec son attaque tourbillon, le guerrier moustachu devient la Rolls Royce des baffes, jonglant avec tout l’écran et alternant entre des mouvements dignes d’un ballet, des coups de poing de base, et des uppercuts chargés. On dirait qu’il a pris des cours de danse chez les bardes gaulois. D’un autre côté, Obélix et ses menhirs semblent déployer une puissance de destruction digne d’une potion concoctée par Panoramix lui-même. On se demande même si il n’est pas retombé dedans pour faire autant de dégâts. C’est presque triché, non ? La bonne nouvelle, c’est que nos deux compères ne partagent toujours pas la même barre de vie. On ne mélange pas les potions et les menhirs, après tout. Mieux encore, la défaite de l’un d’entre eux n’est plus synonyme de fin de partie. La revanche est un plat qui se mange chaud autour d’un bon banquet, même après un KO. Mais se battre dans Astérix & Obélix Baffez-les Tous ! 2, c’est comme maintenir un cycle vertueux. Dès que les ennemis débarquent, il faut les assommer sans pitié et spammer sans relâche le bouton “attaque”. Sinon, on se retrouve à encaisser les attaques adverses sans pouvoir riposter, comme si on était pris dans un déluge de potions explosant à nos pieds. Et la protection, c’est bien gentil, mais ça ne dure jamais très longtemps. On aurait bien aimé quelques frames d’invulnérabilité, histoire de se sentir un peu moins vulnérable, non ?

Le jeu ressemble également à une potion magique qui aurait perdu son piquant. On a eu comme une impression de pénurie de contenu, un peu comme si le banquet gaulois avait oublié les sangliers rôtis. Parlons des scores élevés, un peu comme des pièces de drachmes qu’on ramasse sans vraiment savoir pourquoi. Vous mettez KO des gladiateurs, vous ramassez de la nourriture, et paf, votre compteur de combo fait la java. À la fin du niveau, le jeu vous annonce fièrement que vous avez établi un nouveau score élevé. Grand moment de célébration, non ? Sauf qu’on se rend compte qu’il n’y a pas de classements, ni en ligne ni ailleurs, pour comparer ses prouesses gauloises. C’est un peu comme gagner une course de chars sans savoir qui est à la seconde place. La collecte de points et la chasse au score, c’est comme la potion magique dans la vie d’un Gaulois, essentielles. Mais ici, elles sont complètement absentes. On se demande pourquoi le jeu a même un système de points. Le résultat, c’est qu’on a l’impression qu’une énorme partie du jeu a été oubliée, comme si on avait laissé la moitié de la recette magique sur la table du druide.

Je veux revoir ma Gergovie…

En ce qui concerne les décors, on observe une légère diversification par rapport au premier volet, avec une escapade dans le Grand Nord et une visite des ruelles, de l’arène, et même des souterrains de Lutèce. L’équipe de développement a insisté sur l’idée de faire ressortir l’ambiance dessin animé/BD, et visuellement, on se croirait presque dans un tableau gaulois en mouvement. Bon, on traverse moins de paysages, mais au moins, l’histoire est plus vivante, cette fois originale et pas juste une dégustation de différents albums de BD. Et le petit plus qui fait tout, c’est le doublage intégral des dialogues entre les niveaux. Fini les répliques en boucle, on a maintenant Jean-Claude Donda et Guillaume Briat, les voix officielles d’Astérix et Obélix, qui mettent du cœur à l’ouvrage. Ça donne vie à l’aventure, avec des commentaires différents selon le Gaulois que vous incarnez. Bon, pour les autres personnages, c’est un peu plus chaotique, mais on applaudit l’effort, surtout quand l’accent est mis sur l’humour. Certes, ça ne fait pas toujours mouche, mais les allusions à la circulation parisienne, quelques jeux de mots, et quelques répliques réussissent à tirer quelques rires.

Cependant, le reste du jeu est comme une soupe aux champignons concoctée par Prolix : un peu fade, sans réel intérêt et le tout arrive mêle à nous donner la nausée (ou plus exactement, un sentiment d’éternel recommencement). Les ennemis, les animations, les boss, c’est comme une fête où tout le monde porte le même costume que l’année dernière. Ça sent un peu le réchauffé, non? Mais ce qui est encore pire que la redondance, c’est que Astérix & Obélix Baffez-les Tous ! 2 réussit à faire un plongeon dans la potion magique de la régression au niveau du contenu. L’aventure déjà courte du premier épisode se termine en cinq heures après avoir bouclé 50 niveaux. Ici, on fait la boucle en moins de quatre heures avec seulement 22 niveaux. OK, ils sont un peu plus longs, mais sérieusement, on fait le tour du jeu à la vitesse d’un sanglier fuyant Obélix. Et en prime, pas de rejouabilité. Les stages de course et de castagne chronométrée ont disparu ! Une déception qui donne l’impression que cette suite a été développée avec l’enthousiasme d’un Romain en fin de garde.

Conclusion :

Astérix & Obélix Baffez-les tous ! 2 aurait pu être un beat ’em up défilant inspiré d’arcade formidablement amusant. Au lieu de cela, la suite semble avoir mis ses sandales gauloises en mode ralenti. Malgré quelques tentatives timides d’innovation dans le gameplay, une histoire originale qui se pavane, et une ambiance BD qui prend la vedette, on a l’impression d’avoir affaire à un DLC du premier épisode qui a décidé de faire la sieste. Ce deuxième opus ne fait pas grand-chose pour secouer la potion magique de la nouveauté, et pour couronner le tout, il a décidé d’être plus court, moins varié dans les niveaux, et il continue à snober la rejouabilité. C’est presque comme si on avait besoin d’avoir manqué le premier épisode pour ne pas se sentir floué par cette suite. C’est dommage, parce qu’il y avait vraiment moyen de concocter quelque chose de délicieux avec cette recette. Malgré tout, on réussit quand même à passer un moment plutôt sympa, que ce soit en solo ou à deux, histoire de pimenter une soirée gauloise. Allez, au moins, ils n’ont pas oublié l’apéro dans cette aventure !

Astérix & Obélix Baffez-les tous ! 2

6.5

Note

6.5/10

POINTS POSITIFS

  • L'humour et l'ambiance de la bande dessinée
  • L'histoire
  • Agréable en solo
  • Meilleur en duo
  • Les dialogues !

POINTS NÉGATIFS

  • Manque de contenu
  • Ressemble à un simple DLC
  • Plus court que le premier opus
  • Un peu répétitif
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DrFamikon

Amateur de bières et de FPS, grand fan de Heavy Metal et collectionneur

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