Pour les passionnés de mystères et d’enquêtes originales, le studio Capcom nous dévoile Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy, regroupant les trois jeux Apollo Justice, Dual Destinies et Spirit of Justice, tous initialement sortis sur les anciennes consoles Nintendo entre 2007 et 2016 et depuis peu sur Playstation 4, Xbox One et Android et iOs. La trilogie, lancée le 25 janvier 2024, vise à reconquérir les amateurs de mystères, qu’ils soient fans des romans d’Agatha Christie, du célèbre Détective Conan ou encore de la licence du Professeur Layton qui reviendra avec un nouvel opus en 2025.

La trilogie plonge les joueurs dans un “âge sombre de la justice”, caractérisé par des mensonges, la corruption, un tribunal en ruine et une justice sous pression. Le droit et la justice familiers sont sérieusement remis en question. Comment nos personnages vont-ils s’en sortir dans cet environnement oppressant ? Êtes-vous prêt à vous immerger ou à vous replonger dans ces trois aventures ? GeekNPlay a eu le privilège de tester en avant-première cette trilogie sur Switch, fournissant ainsi un aperçu de la richesse que cette franchise a accumulée au fil des années.

Pour faciliter la lecture de cette critique, nous commencerons par une analyse approfondie de la trilogie dans son ensemble avant de nous pencher sur chacun des jeux. Nous espérons que cette approche permettra une compréhension rapide, car les jeux sont extrêmement riches en contenu. Commençons notre exploration !

I) La voie de la justice

Apollo Justice : Ace Attorney TrilogyRegroupée dans Apollo Justice: Ace Attorney Trilogy, englobant les titres Apollo Justice (Nintendo DS), Dual Destinies et Spirit of Justice (3DS), cette deuxième trilogie Ace Attorney succède à Phoenix Wright: Ace Attorney Trilogy. Désormais disponible en français, elle renforce la réputation de la série pour son écriture de qualité.

Le premier opus de la série a vu le jour en 2001. Mettant en scène Phoenix Wright, un avocat confronté à des affaires toujours plus complexes, le jeu a connu un succès immédiat après sa sortie sur Gameboy Advance. Initialement lancé au Japon, le jeu a réussi à conquérir le public occidental. Depuis ce début, la série compte plus de 10 opus, mettant principalement en avant l’avocat de la défense Phoenix Wright, qui, de débutant, devient une figure incontournable grâce à son talent d’avocat.

Après plusieurs titres, Phoenix Wright laisse la place à un nouveau protagoniste, Apollo Justice, lui aussi débutant en tant qu’avocat. Partageant les mêmes caractéristiques que son prédécesseur, Apollo Justice reprend le flambeau des anciens jeux avec des scénarios riches en éléments fantastiques et des intrigues surprenantes. Cette formule rencontre un succès continu au fil des années, donnant lieu à de nombreux produits dérivés, dont une série animée et le célèbre cross-over avec la licence Professeur Layton, sorti en 2014 en Europe.

Au sein de cette trilogie, l’aspect le plus frappant réside dans l’évolution marquée à travers les époques au fil des jeux. Tandis que le premier opus se caractérise par de nombreux plans fixes et des personnages statiques aux gestuelles distinctes, les deux volets suivants révèlent une modernisation des enquêtes, mettant en avant l’importance des cinématiques pour dynamiser le jeu et le rendre plus captivant. La licence puise dans l’animation japonaise et la 3D, séduisant les fans grâce à des doublages français convaincants.

Chaque jeu de la trilogie présente ses propres spécificités, et il est particulièrement réjouissant d’explorer les multiples personnages créés, chacun doté de personnalités distinctes. Ponctuées par des expressions telles que “Objection”, “Un instant” ou encore “Silence”, les intrigues de cette trilogie, consacrée aux récits d’Apollo Justice, Phoenix Wright et Athena Cykes, promettent de rendre justice dans des affaires se déroulant dans des lieux variés tels qu’une salle de concert, une école de droit ainsi que le Royaume de Khura’in.

L’un des aspects les plus appréciés au niveau du gameplay est l’ajout d’une fonctionnalité qui permet d’accélérer le déroulement des dialogues. Une touche permet de faire défiler automatiquement le texte, offrant ainsi une lecture plus fluide sans la nécessité constante d’appuyer sur A. Cette option améliore considérablement la fluidité du jeu et rend les actions des personnages plus dynamiques. De plus, d’autres réglages sont disponibles pour personnaliser son aventure selon les préférences individuelles.

II) Objection, votre Honneur !

Lors de ses premiers pas dans le domaine juridique, le jeune avocat Apollo se voit soudainement impliqué dans une affaire où Phoenix Wright, la figure emblématique du jeu, est accusé de meurtre. Apollo se sent déstabilisé, d’autant plus que Phoenix ne lui simplifie pas la tâche malgré l’aide de son mentor, Krystoph Gavin. Cette affaire, qui sert de tutoriel, offre aux joueurs l’occasion de se familiariser avec les commandes, mais surtout avec le rythme du jeu. Malgré son statut de débutant, Apollo parvient à élucider les mystères entourant son futur mentor, radié du barreau il y a sept ans pour des raisons encore inconnues, lors de son affrontement avec l’avocat Victor Boulay (avec son début de calvitie).

Suite à ces révélations, Apollo se retrouve sans emploi. Phoenix, impressionné par ses compétences, le prend sous son aile et l’introduit dans son nouveau cabinet, “l’agence artistique Wright“, tout en lui présentant sa fille, Vérité.

À la suite de ce retournement de situation, accompagné de la jeune Vérité Wright, Apollo se trouve confronté à de nombreuses affaires où son talent d’avocat fait la différence, mais pas seulement. Les investigations demeurent plutôt basiques, se limitant à 4 ou 5 lieux à examiner et impliquent de se déplacer sur différents lieux clés d’une affaire pour collecter des pièces à conviction et recueillir des informations cruciales en vue du procès. Bien que la deuxième enquête soit plus étendue que la première, le nombre de déplacements peut s’avérer laborieux.

Généralement, ces phases répétitives de l’enquête sont interrompues par la première partie du procès, introduisant de nouveaux personnages tels que Konrad Gavin, le frère jumeau de l’ex-mentor d’Apollo, Emma Skye, policière à la criminelle, Dick Tectiv (Pas mal !) ainsi que nos témoins (ou meurtriers) impliqués dans l’enquête.

Les phases de procès restent l’élément essentiel du jeu, tandis que les phases de recherche semblent parfois trop étirées. Le procès diversifie sa dynamique avec les contre-interrogatoires, l’aide de la police, ainsi que les pouvoirs d’Apollo avec son bracelet magique (et ses mèches rebelles en forme de pics) qui détecte les tics. Finalement, on se laisse emporter par ces quatre enquêtes d’Apollo Justice, toutes liées entre elles et se concluant par des révélations tonitruantes.

La bande son, à la fois répétitive dans les procès et captivante dans le thème des personnages, correspond de manière significative aux atmosphères des lieux. Elle atteint son apogée lorsque nous approchons du moment crucial où le meurtrier est sur le point de révéler la vérité, la musique s’intensifiant et s’accélérant. Bien que les graphismes aient subi d’importantes évolutions, l’atmosphère entourant les lieux et les personnages demeure inchangée.

III) Une modernisation du jeu qui ne passe pas inaperçu !

Apollo Justice: Dual Destinies, le cinquième volet de la série Phoenix Wright: Ace Attorney a vu le jour en 2013 au Japon. Ce jeu marque le retour d’Apollo Justice en tant que protagoniste, introduisant également de nouveaux personnages, dont l’énigmatique avocate Athena Cykes. Cette suite se distingue par une modernisation de la franchise, tant sur le plan graphique que narratif. Les graphismes bénéficient d’une amélioration nette par rapport aux jeux précédents, exploitant pleinement les capacités de la Switch. Les animations sont plus fluides, les décors plus détaillés, procurant ainsi une expérience visuelle beaucoup plus immersive. (Bye bye les plans fixes ! Enfin, pas vraiment…)

Le scénario reste à la hauteur du premier opus, seulement certaines histoires n’ont aucun lien entre elles contrairement au premier. Les retournements de situation, bien que constituant une caractéristique centrale de la série, peuvent être perçus comme trop nombreux ou complexes, suscitant parfois des interrogations sur les motivations des meurtriers. Cependant, l’ajout d’Athena Cykes apporte une nouvelle dynamique à l’équipe, offrant une perspective différente sur les enquêtes. De plus, il en va de même pour le mystérieux avocat du procureur Simon Blackquill. (Silence !)

Le point fort de Dual Destinies réside dans l’introduction de la psychologie analytique grâce à Athena, considérant le psychisme d’un individu comme constitué d’éléments de sa vie personnelle ainsi que de représentations faisant appel aux mythes et symboles universels. Cette approche modifie la perception des témoins et permet aux joueurs d’analyser les émotions. On notera tout de même que le style d’interrogatoire est parfois confus, notamment en raison d’émotions contradictoires qui ne sont pas toujours pertinentes. Néanmoins, cela dynamise les procès en offrant une perspective unique.

La bande sonore de Dual Destinies maintient la qualité exceptionnelle des jeux précédents, contribuant significativement à l’atmosphère immersive. Les thèmes musicaux sont judicieusement choisis pour accompagner chaque moment, que ce soit lors des enquêtes, des procès ou des révélations. Les thèmes sont plus énergiques et se démarquent très bien du premier titre pour notre plus grand bonheur ! Le seul point négatif observé dans Dual Destinies réside dans le fait que, dans certaines histoires, les auteurs des meurtres sont dévoilés assez rapidement, ce qui peut parfois diminuer l’intensité du suspense.

IV) Un verdict qui fait l’unanimité !

Spirit of Justice symbolise le sixième opus de la série de jeux vidéo Phoenix Wright: Ace Attorney. Proposant une expérience juridique captivante qui ne manque pas de susciter l’enthousiasme des fans de la franchise. L’intrigue de Spirit of Justice se démarque par sa complexité et son ambition et ceux dès les premiers lignes. Les scénaristes ont réussi à tisser une toile narrative riche, pleine de rebondissements et de mystères. L’introduction du Royaume de Khura’in ajoute une dimension culturelle intéressante à l’histoire.

L’intrigue se poursuit en suivant les péripéties d’Apollo Justice tout en réintroduisant Phoenix Wright en tant que personnage jouable. Sans aucun doute préféré et vénéré par de nombreux fans qui le placent avant Apollo, notre avocat préféré fait son retour pour contrer ceux qui sont corrompus et exploitent la justice à des fins personnelles. Cette dualité apporte une diversité aux mécanismes de jeu, offrant aux joueurs l’occasion de retrouver les deux avocats emblématiques de la série.

Si la plupart des mécanismes disponibles dans le deux premier titres de la trilogie sont tous rassemblé, Spirit of Justice introduit de nouvelles mécaniques de gameplay, notamment le “Séance Vision”, qui permet à Rayfa, la fille de la reine du Khura’in de revivre les derniers moments des victimes grâce à des visions. Cela ajoute une dimension supplémentaire aux enquêtes et aux procès.

La qualité exceptionnelle de la bande sonore persiste dans la série, avec des compositions musicales judicieusement adaptées au royaume de Khura’in. Les décors sont également soigneusement élaborés qui contribue à l’atmosphère globale du jeu. L’ajout d’éléments en 3D, avec de nouveaux points de vue lors des procès ou encore des cinématiques en 3D, procure une expérience véritablement plaisante. On a davantage l’impression de participer à un film interactif plutôt que d’être simplement un spectateur, se contentant d’appuyer sur les touches au moment opportun.

En ce qui concerne la durée de jeu pour l’un des opus d’Apollo Justice, il faut prévoir entre 20 et 25 heures. Cela dépendra considérablement de votre rapidité et de votre compréhension des enquêtes. Pour l’ensemble de la trilogie, la durée de jeu se situe entre 70 et 80 heures. Les dernières enquêtes sont particulièrement longues, regorgeant de détails et de retournements de situation.

V) Conclusion

En conclusion, la trilogie des jeux Apollo Justice, composée de “Apollo Justice: Ace Attorney”, “Apollo Justice: Dual Destinies”, et “Apollo Justice: Spirit of Justice”, représente une évolution significative au sein de la franchise Phoenix Wright: Ace Attorney. Ces jeux ont introduit de nouveaux personnages, mécaniques de gameplay innovantes, et ont contribué à moderniser l’expérience globale de la série.

Le premier opus, “Apollo Justice: Ace Attorney”, a marqué le début du protagoniste éponyme et a posé les bases pour les jeux suivants. Avec son scénario engageant et ses retournements de situation emblématiques, il a réussi à raviver l’intérêt des fans tout en introduisant de nouvelles dynamiques. “Apollo Justice: Dual Destinies” a ensuite poursuivi cette modernisation, mettant en avant une amélioration graphique notable, de nouveaux personnages tels qu’Athena Cykes, et des mécanismes de gameplay novateurs, bien que certains aient pu les trouver trop complexes. Enfin, “Apollo Justice: Spirit of Justice” a consolidé ces avancées en offrant une intrigue narrative plus complexe, une dualité entre Apollo et Phoenix, et des mécaniques de jeu innovantes comme la “Séance Vision”. L’ajout du Royaume de Khura’in a enrichi l’univers du jeu, même si cela a pu introduire un univers plus complexe que les précédents.

Dans l’ensemble, la trilogie Apollo Justice a su maintenir la qualité narratrice, l’immersion visuelle, et l’émotion musicale caractéristiques de la série Phoenix Wright: Ace Attorney, tout en introduisant des éléments nouveaux qui ont réussi à captiver les joueurs et à revitaliser la franchise. Ces jeux continuent à rester des références incontournables pour les amateurs d’aventures juridiques vidéo-ludiques.

*Test réalisé sur Switch

Galerie d’image

Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy

8.4

Note

8.4/10

POINTS POSITIFS

  • Les graphismes, la direction artistique et les décors
  • Une durée de vie "énorme"
  • Une ost de qualité
  • L'écriture des scénarios est très immersive
  • Enormément de contenus
  • Les procès
  • L'intégralité des titres jouable en francais

POINTS NÉGATIFS

  • Certaines enquêtes sont un peu redondantes
  • Une certaine confusions sur les pouvoirs
  • La révélation des meurtriers au début
  • Les tout petits boutons à appuyer en mode nomade sur le petit écran tactile de la Switch
  • Une difficulté qui semble avoir diminué par rapport aux versions "DS"
, , , , , , ,

justmr

Fan de jeux vidéo et d'animation japonaise depuis mon enfance, j’espère partager ma passion avec tous les curieux.

Laisser un commentaire