Test 007 First Light – Un James Bond prometteur mais encore en formation

Le monde du cinéma s’invite parfois dans celui du monde du jeu vidéo. C’est le cas de la franchise James Bond, qui avec GoldenEye 007 sorti le 23 août 1997 sur Nintendo 64 avait marqué les esprits. Depuis, nous avons eu le droit à d’autres titres, mais cela semblait pas aussi bon. Le 27 mai dernier, 007 First Light est sorti avec à la baguette, l’équipe ayant travaillé sur la licence Hitman… Nous parlons bien évidemment d’IO Interactive ! Que nous réserve ce nouvel opus ? James Bond revient-il en force ? Notre réponse complète sans spoilers comme toujours, par le biais d’une version presse sur PlayStation 5.

Les premiers pas d’une future légende

Avec 007 First Light, IO Interactive pose les bases d’une aventure qui mise autant sur son gameplay que sur sa dimension cinématographique. Dès les premières minutes, le jeu prend son temps pour installer son univers et présenter les enjeux de son récit. Ici, notre très cher agent 007 n’est encore qu’une simple recrue, bien loin de l’espion élégant et redoutable que le monde entier connaît aujourd’hui. Le titre nous invite ainsi à découvrir les véritables débuts de James Bond, avant qu’il ne devienne la légende du MI6. Âgé de seulement 26 ans, Bond sert alors au sein de la Royal Navy. Après un acte héroïque qui attire l’attention des hautes instances britanniques, il est repéré par le MI6. Une opportunité inattendue s’offre alors à lui : intégrer le prestigieux programme Double 0, récemment rouvert afin de former une nouvelle génération d’agents. Mais avant de pouvoir prétendre au célèbre matricule 007, James Bond va devoir faire ses preuves.

Ce programme d’entraînement se révèle particulièrement exigeant et permet à notre protagoniste d’apprendre les bases du métier : infiltration, discrétion, adaptation face au danger et maîtrise de soi. 007 First Light fait le choix d’un rythme volontairement plus lent durant ses premières heures. Un parti pris qui pourrait surprendre certains joueurs en quête d’action immédiate. Il faut d’ailleurs compter entre une heure et demie et deux heures avant que le titre ne dévoile pleinement son potentiel. Pourtant, cette introduction plus posée se révèle particulièrement pertinente. Elle permet de mieux comprendre les mécanismes du jeu, mais surtout de s’attacher progressivement à ce jeune Bond encore inexpérimenté. En prenant le temps de développer son personnage et les relations qu’il entretient avec son entourage, le jeu renforce considérablement l’impact émotionnel des événements qui suivront. Une approche intelligente qui donne davantage de poids à l’aventure.

Au fil de son périple, Bond croisera la route de plusieurs figures emblématiques du MI6. Parmi elles, M, la directrice de l’organisation, qui décèle rapidement le potentiel du jeune agent malgré son tempérament parfois impulsif. De notre côté, Miss Moneypenny s’est imposée comme l’un des personnages les plus marquants de cette aventure. Bien plus qu’une simple présence au sein du MI6, elle devient une alliée précieuse sur laquelle Bond pourra compter à plusieurs reprises. Le joueur fera également la connaissance de John Greenway, ainsi que d’autres protagonistes qui réserveront leur lot de surprises tout au long du récit. De notre point de vue, le scénario de 007 First Light est particulièrement bien construit. Certes, son démarrage demande un peu de patience, mais il permet de poser des bases solides pour la suite de l’aventure. Plus encore, le jeu réussit à capturer ce qui fait l’essence même de la franchise : cette sensation de vivre un véritable film d’espionnage tout en gardant constamment la manette entre les mains. Et c’est sans doute là l’une des plus grandes réussites de cette première mission signée IO Interactive.

Infiltration, improvisation et liberté d’action

Parlons de l’élément central d’un jeu vidéo, le gameplay. Derrière 007 First Light, on retrouve IO Interactive, les créateurs de la franchise Hitman. Et cela se ressent immédiatement, notamment dans les phases de combat et d’infiltration particulièrement réussies. Les affrontements au corps-à-corps sont dynamiques et viscéraux. Il est possible d’enchaîner les coups après une saisie, de projeter un ennemi contre un mur, dans le décor ou même dans le vide. L’environnement devient rapidement un véritable allié : objets à lancer, surfaces interactives, ou encore éléments dangereux comme des sources d’électricité peuvent être exploités pour prendre l’avantage.

Si le corps-à-corps occupe une place importante, les armes à feu sont bien présentes. Cependant, les munitions restent limitées, ce qui encourage clairement une approche plus méthodique et discrète. On retrouve ici la patte Hitman, avec une forte incitation à observer, planifier et éliminer ses cibles une par une sans se faire repérer. Les zones de jeu sont pensées pour favoriser cette liberté d’approche. Cachettes multiples, passages alternatifs et level design vertical offrent de nombreuses possibilités d’infiltration. À cela s’ajoute un arsenal de gadgets particulièrement utile, qui enrichit encore les options disponibles.

Au fil de la progression, James Bond débloque différents outils technologiques permettant de créer des opportunités, déclencher un appareil à distance, attirer un ennemi avec une diversion sonore, empoisonner une cible via des fléchettes ou encore aveugler temporairement les adversaires. Ces gadgets consomment toutefois des ressources, qu’il faudra récupérer dans l’environnement, ce qui renforce encore l’aspect survie et infiltration. L’un des aspects les plus réussis du gameplay réside dans la liberté laissée au joueur. Chaque objectif peut être abordé de plusieurs manières, ce qui encourage la rejouabilité et l’expérimentation. Revenir sur une mission plus tard pour tester une autre approche devient rapidement une vraie motivation.

Lorsque l’infiltration échoue, le jeu bascule vers des phases de combat plus intenses. Dans ces situations, il faut composer avec les armes disponibles à savoir pistolets, fusils à pompe ou snipers, tout en gardant en tête la rareté des munitions. Les ennemis, eux, ne pardonnent pas, ce qui renforce la tension des affrontements. Enfin, quelques séquences de QTE viennent ponctuer l’action, bien intégrées et sans casser le rythme global de l’expérience.

Variété des environnements et liberté encadrée

Parlons désormais des différentes missions, sans entrer dans les détails afin d’éviter tout spoil. 007 First Light vous fait voyager à travers le monde, ce qui apporte une vraie richesse à la progression et renforce le sentiment de dépaysement. Les missions offrent une certaine liberté d’approche, mais on ressent malgré tout une forme d’encadrement. En effet, lorsque vous évoluez dans des environnements intérieurs, il est impossible de rejoindre les zones extérieures ou d’explorer librement l’ensemble de la carte. Certaines sections restent fermées et toutes les portes ne sont pas accessibles. Cela peut donner une légère impression de limitation, même si cela reste cohérent avec la structure des missions.

Malgré cela, chaque lieu possède sa propre identité et une ambiance bien travaillée. La vie dans les environnements est particulièrement réussie, avec de nombreux PNJ et une sensation de mouvement constant qui rend les zones crédibles et vivantes. Chaque mission intègre également plusieurs défis secondaires, qui encouragent à rejouer les niveaux. Ceux-ci peuvent demander d’adopter une approche spécifique, éviter d’être repéré, suivre un itinéraire précis, ou encore accomplir des objectifs annexes. Dans un premier temps, il est recommandé de profiter pleinement de l’expérience sans se soucier des objectifs secondaires. Ensuite, revenir sur les missions permet de découvrir de nouvelles approches et d’explorer davantage les possibilités offertes par le gameplay.

Une identité Bond globalement bien respectée

Parlons désormais de l’univers de James Bond à proprement parler. La réputation musicale de la saga est bien respectée, et cela se ressent immédiatement dans le jeu. La bande-son est globalement de qualité et reprend parfaitement les codes de la franchise. À noter également la participation de Lana Del Rey, qui contribue à renforcer cette identité sonore soignée et élégante. En revanche, un point vient ternir légèrement l’ensemble, les séquences de conduite. Si certaines missions proposent de prendre le volant, les sensations ne sont malheureusement pas à la hauteur du reste. La conduite manque de précision et donne parfois l’impression de piloter un véhicule lourd et peu réactif, avec une tenue de route approximative. Un aspect clairement en dessous du reste de la production.

Heureusement, les séquences de courses-poursuites rattrapent en partie ce constat. Inspirées des films, elles offrent des moments plus dynamiques et spectaculaires, avec des enchaînements d’obstacles, des sauts et des raccourcis à exploiter pour semer les adversaires. Ces passages restent efficaces et fidèles à l’esprit de la licence. Enfin, impossible de ne pas évoquer l’humour, élément emblématique de James Bond. Les répliques et petites vannes tombent souvent juste et apportent une vraie légèreté à certaines situations. Le personnage conserve ce charisme et ce sens du détachement, parfaitement incarné par Patrick Gibson, qui interprète un Bond jeune mais déjà très convaincant.

Une réalisation solide et maîtrisée

Sur le plan technique, le titre se montre globalement très réussi. Durant notre session de jeu, nous n’avons rencontré aucun problème majeur de freeze ou de fermeture du jeu, ce qui est toujours appréciable pour ce type de production ambitieuse. L’ambiance générale est particulièrement soignée. Comme évoqué précédemment, les environnements sont riches, détaillés et bénéficient d’un véritable travail de mise en scène. Chaque zone regorge de petits éléments qui renforcent l’immersion et donnent vie à l’univers.

Un effort notable a également été apporté aux expressions faciales, qui se révèlent très réussies dans l’ensemble. Les personnages gagnent en crédibilité, notamment lors des scènes cinématiques, ce qui renforce l’aspect narratif du jeu. En revanche, l’absence de doublage français pourra en freiner certains, même si la présence de sous-titres permet de suivre l’histoire sans difficulté. Le jeu propose par ailleurs de nombreuses scènes spectaculaires et “explosives”, particulièrement bien mises en scène. Ces moments participent pleinement à cette sensation constante de vivre un film interactif, où la frontière entre cinéma et jeu vidéo s’efface progressivement.

Conclusion

Avec 007 First Light, IO Interactive propose une relecture ambitieuse des débuts de James Bond, en misant autant sur la narration que sur l’expérience manette en main. Le choix de partir sur un Bond encore inexpérimenté fonctionne très bien et permet d’installer progressivement un univers riche, porté par une mise en scène très cinématographique et des personnages du MI6 globalement bien intégrés. Sur le plan du gameplay, le titre assume clairement son héritage Hitman, avec une infiltration très présente, une grande liberté d’approche et des niveaux conçus pour encourager l’expérimentation. Les combats au corps-à-corps sont dynamiques et satisfaisants, tandis que les phases d’infiltration offrent plusieurs manières d’aborder chaque situation. On regrettera cependant quelques petites limites dans la structure des missions et une conduite en retrait, qui tranche avec la qualité globale du reste du gameplay.

L’univers sonore et visuel renforce cette immersion, avec une bande-son fidèle à l’ADN de la franchise et une direction artistique soignée. Les environnements sont détaillés, vivants, et les cinématiques participent pleinement à cette impression constante de suivre un véritable film interactif. Malgré l’absence de doublage français, l’ensemble reste parfaitement lisible et immersif. Au final, 007 First Light s’impose comme une expérience solide et prometteuse, qui réussit à capturer l’essence de James Bond tout en proposant une approche plus lente et méthodique de l’action. Ce n’est pas un jeu sans défauts, mais c’est clairement une base très encourageante pour l’avenir de la licence.

Conclusion

8,0/10
007 First Light propose une immersion solide dans les débuts de James Bond, avec une forte orientation infiltration et une mise en scène très cinématographique. Le gameplay, inspiré de Hitman, offre de nombreuses approches possibles grâce à des niveaux ouverts et des gadgets variés. Les combats sont satisfaisants, même si la conduite reste en retrait. L’univers, les personnages du MI6 et la direction artistique renforcent l’expérience, malgré l’absence de doublage français et quelques limites dans la structure des missions. Au final, il s’agit d’un jeu prometteur, immersif et fidèle à l’esprit de la licence.

Les plus

  • Mise en scène très cinématographique, proche d’un film James Bond
  • Gameplay infiltration riche et varié, inspiré de la formule Hitman
  • Combats corps-à-corps dynamiques et satisfaisants
  • Gadgets et interactions nombreux, qui enrichissent le gameplay
  • Rejouabilité intéressante grâce aux défis de missions

Les moins

  • Conduite des véhicules ratée et peu agréable
  • Absence de doublage français
  • Certaines missions un peu trop encadrées malgré la liberté annoncée

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