Des vagues d’ennemis, un personnage qui tourne dans une arène, des améliorations à récupérer et un boss à la fin. Sur le papier, RUNZ pourrait facilement passer pour un roguelite de plus dans la grande famille des Brotato et autres Vampire Survivors. Sauf que les deux développeurs derrière le projet ont eu une idée légèrement différente : faire du chargeur de votre arme votre build.
Développé par les frères Théo et Paul, sous le nom de sardin-ventures, RUNZ est un arena shooter roguelite indépendant développé avec Godot, sans éditeur. Le jeu participera au Steam Next Fest du 19 au 26 octobre 2026, avec une démo gratuite disponible sur Steam.
Et derrière son apparence de petit jeu indé, le concept pourrait bien être beaucoup plus malin qu’il n’en a l’air.
Un arena shooter où l’on vise soi-même
RUNZ reprend la structure désormais bien connue du roguelite arena shooter. La partie se déroule dans une arène vue du dessus, avec des vagues d’ennemis de plus en plus nombreuses et agressives. Mais contrairement aux jeux qui automatisent une bonne partie des attaques, RUNZ adopte une approche twin-stick shooter. Ici, le joueur doit donc gérer lui-même ses déplacements, viser ses ennemis et surtout esquiver leurs attaques. Une partie classique se compose de 20 vagues, avant de devoir affronter un boss. Et c’est entre ces différentes vagues que les choses deviennent intéressantes.
Le principe central de RUNZ repose sur une idée plutôt originale : les balles constituent votre build. Entre deux vagues, le joueur peut dépenser l’argent récupéré dans un magasin pour acheter de nouvelles balles. Il peut ensuite utiliser des rerolls pour modifier les possibilités proposées. Mais surtout, trois exemplaires d’une même balle peuvent être fusionnés afin d’obtenir une version plus puissante et de choisir son amélioration. On retrouve donc une mécanique directement inspirée des auto battlers, mais appliquée aux munitions. Et chaque balle occupe un emplacement dans le chargeur. L’ordre dans lequel les balles sont placées est également important puisqu’elles seront tirées dans cet ordre.
Résultat : le joueur doit non seulement réfléchir à ce qu’il équipe, mais également à l’endroit où il le place.
Moitié bullet hell, moitié puzzle
C’est probablement là que RUNZ tente de se démarquer le plus. Le jeu mélange les réflexes d’un bullet hell avec une dimension presque puzzle autour de la construction du chargeur. Une balle peut déclencher un effet de brûlure, une autre provoquer une chaîne, une autre encore rebondir sur les ennemis. Certaines partagent également des tags permettant d’activer des synergies. Le chargeur devient donc une sorte de petite machine à combinaisons qu’il faut optimiser avant de retourner dans l’arène. Et avec 90 types de balles, 23 synergies et 89 mods, les possibilités annoncées devraient laisser quelques possibilités de bricolage.
La construction du chargeur ne s’arrête pas au simple choix des munitions. Le joueur peut également enchanter les emplacements afin de leur attribuer de nouvelles synergies. Une balle peut ainsi hériter d’une capacité supplémentaire en fonction de l’emplacement dans lequel elle est installée. Les mods viennent compléter le système pour modifier encore davantage le comportement du personnage et de son arsenal. L’idée est donc moins de trouver « la meilleure balle » que de construire un chargeur capable de faire fonctionner plusieurs mécaniques ensemble.
Sept personnages, sept façons de jouer
RUNZ proposera également sept personnages, chacun disposant de son propre chargeur et de ses propres règles. Cela devrait permettre de modifier sensiblement la manière d’aborder une partie selon le personnage choisi. Le jeu proposera par ailleurs cinq niveaux de difficulté baptisés Depth, chacun se terminant par son propre boss. Et si cinq niveaux ne suffisent toujours pas à vous faire regretter vos choix de vie, un mode infini sera également disponible.
Le titre compte également 43 succès. Ceux-ci permettent notamment de débloquer de nouveaux personnages, de nouvelles balles, des mods et des niveaux de Depth supplémentaires. Le système de progression ne repose donc pas uniquement sur la réussite d’une partie : les différentes découvertes doivent progressivement élargir les possibilités offertes au joueur.
Une petite production indé à surveiller
Derrière RUNZ, on retrouve donc seulement Théo et Paul, deux frères qui développent le jeu sans éditeur. Le projet est réalisé avec Godot 4.6.3 et sera disponible sur Windows, macOS et Linux via Steam.
Les développeurs annoncent par ailleurs une sortie du jeu complet au 13 novembre dans leur présentation du projet, même si leur fiche récapitulative indique encore simplement « Coming soon » et ne précise pas son prix. Le jeu sera disponible en anglais et en français, avec l’espagnol et le portugais brésilien actuellement en préparation.
Avec son mélange de twin-stick shooter, bullet hell et auto battler, RUNZ pourrait donc être l’un des petits projets à garder dans un coin de l’œil pendant ce Steam Next Fest.
Parce qu’au fond, transformer son chargeur en arbre de compétences était probablement la seule chose qui manquait encore à l’industrie vidéoludique. Et maintenant, quelqu’un l’a fait.
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