Depuis plusieurs années, Nintendo place la lutte contre le piratage au cœur de sa stratégie. La sortie récente de la Nintendo Switch 2, il y a tout juste 12 jours, ne fait pas exception. La firme japonaise semble bien décidée à ne plus laisser la moindre brèche exploitable par les hackers.
La Switch 1, une console vite piratée
Lors de la sortie de la première Nintendo Switch en 2017, de nombreux utilisateurs avaient rapidement découvert une faille matérielle. Cette vulnérabilité a permis le développement de nombreux outils de piratage, notamment ceux de la Team Xecuter. Cette équipe, célèbre pour ses accessoires de contournement comme le SX Pro qui a permis à des milliers de joueurs d’utiliser des jeux piratés. Nintendo a riposté fermement en 2021, et Gary Bowser, l’un des membres clés de la Team Xecuter, a été condamné aux États-Unis pour sa participation à la commercialisation de ces outils illégaux. Si celui-ci est désormais sorti de prison, il lui reste a payer 10 millions de dollars auxquels une ordonnance a rajouté 4,5 millions de dollars supplémentaires , soit un total de 14,5 millions de dollars. Un jugement qui a eu un retentissement mondial, et depuis la lutte contre le piratage et ce type de contournement ne faiblit pas de la part de Nintendo
Yuzu et Ryujinx : les cibles de Nintendo
A côté de cela, on pourrait également parler des deux émulateurs Switch, Yuzu et Ryujinx qui ont contribué à rendre les jeux Switch accessibles sur PC. Si ces outils sont légaux en soi, ils ont souvent été associés à des pratiques illégales, notamment l’utilisation de ROMs piratées! Nintendo a fini par trouver une faille et c’est en février 2024 que la firme engagé des poursuites contre Yuzu, ce qui a conduit à la fermeture de son site officiel, et la fin de l’émulateur qui n’aura plus de mise à jour officiellement .
Plus récemment, Nintendo a conclu un accord avec les développeurs de Ryujinx pour qu’ils arrêtent leur projet et ferment leur site. Ici les créateurs ne son pas passé par la justice ,et on tout simplement fait un accord avec Nintendo of America qui est devenu officiellement le propriétaire du nom de domaine ryujinx.org, selon les données WHOIS. Ce mouvement montre la détermination de Nintendo à étouffer toute source facilitant le piratage sur Switch.
La Nintendo Switch 2 : une protection déjà active ?
À peine sortie, la Nintendo Switch 2 montre que la firme n’a rien laissé au hasard cette fois. Plusieurs témoignages récents sur Reddit rapportent que des joueurs utilisant la carte Might Switch qui permet de lancer des Dump de ses jeux ou des jeux téléchargés via cette cartouche ont vu leur console bannie des services en ligne. Un bannissement aussi rapide laisse penser que Nintendo est capable d’identifier l’utilisation de cette carte de façon automatique, en analysant les données système. C’est un signal clair : Nintendo surveille activement l’usage de sa nouvelle console, et entend bien empêcher tout usage illicite dès le départ.
Cette situation ne surprend pas vraiment, car rappelons que Nintendo a récemment renforcé ses conditions d’utilisation. Dans sa dernière mise à jout, il est désormais clairement écrit que toute tentative de contourner, modifier ou utiliser des copies non autorisées des services Nintendo peut entraîner que Nintendo rende la console « inutilisable » partiellement ou totalement sans autre forme de procès. Le texte précise notamment :
« Sans limitation, vous acceptez de ne pas contourner, modifier, décrypter, défaire, trafiquer ou autrement contourner toute fonction ou protection des Services de Compte Nintendo… Vous reconnaissez que si vous ne vous conformez pas aux restrictions précédentes, Nintendo peut rendre les Services de Compte Nintendo et/ou l’appareil Nintendo concerné inutilisables de façon permanente, entièrement ou en partie.«
De plus, Nintendo a aussi précisé dans sa politique qu’il peut surveiller les interactions en ligne des utilisateurs afin de détecter des violations ou des comportements illégaux, ce qui renforce leur capacité à bannir rapidement les consoles « modifiées ». Sale temps pour les pirates, mais un rayonnement pour Nintendo qui vend ses œuvres a des millions d’exemplaires, et qui fait un démarrage canonique avec la Nintendo Switch 2.
Rappel : le piratage de jeux vidéo est illégal
Il est important de rappeler que le téléchargement ou l’utilisation de copies non autorisées de jeux constitue une violation du droit d’auteur, passible de sanctions pénales et civiles. Au-delà des aspects légaux, cela nuit directement aux développeurs et à l’industrie vidéoludique dans son ensemble. Nintendo semble déterminé à tourner la page des failles de la première Switch. Avec une Switch 2 mieux protégée, les temps risquent d’être durs pour les pirates…
Reste maintenant à voir si Nintendo parviendra à maintenir cette protection sur le long terme, comme le font Sony avec la PS5 et Microsoft avec la Xbox Series, qui restent à ce jour très peu touchées par le piratage.
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