Critique – Third Editions : L’œuvre de Christopher Nolan 

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Pour découvrir de quoi je parle, c’est ici que ça se passe. 

Si le sous titre du livre, Les théorèmes de l’illusion, a été intitulé ainsi, ce n’est clairement pas pour rien. Comment imaginer écrire un ouvrage sur L’Oeuvre de Christopher Nolan sans parler de l’illusion ? C’est tout à fait impossible ! Et l’illusion laisse souvent place aux casse-têtes, qui eux, ne sont pas si faciles à résoudre. Cette idée est mise en avant, déjà par la couverture, qui annonce la couleur. À la réception de ce magnifique livre, il était question de repérer les petits clins d’œil à la filmographie de Nolan qui se cachaient parmi le dédale bleu et gris qui révèle le nom du réalisateur. Si certains sont tout à fait visibles, comme le logo Batman, d’autres sont moins évidents à déceler. Je ne sais même pas, à l’heure actuelle, si j’ai réussi a tous les voir ! Et rien que pour la couverture/casse-tête signée France Mansiaux, L’oeuvre de Christopher Nolan vaut le détour. 

Pour la petite histoire, l’auteur, Guillaume Labrude décèle l’homme qui se cache derrière les œuvres. Et il procède, pour cela, à des analyses poussées des films. Pour cela, il étaye ses propos de nombreux articles, livres et autres films dont Nolan s’inspire. Il mentionne aussi des auteurs et autrices ayant fait l’objets de recherches cinématographiques. Pour faire simple, j’ai eu l’impression de lire une thèse fort aboutie mise sous format littéraire. 

Un livre de passionné 

Il ne suffit pas d’aimer Christopher Nolan pour écrire un tel livre, il faut adorer Christopher Nolan. Il faut limite l’aduler pour produire un tel récit. Et ça se ressent bien à la lecture. Guillaume Labrude est tombé dans la spirale Nolan quand il était petit. Il a commençait par Batman (dont il était déjà fan) et ne s’est plus arrêté. Car c’est avec The Dark Knight qu’il a compris que derrière chaque film se cachait un humain, un artiste. Mais ce qui est bien ici, c’est que même si Labrude est, pour ainsi dire, un fan du cinéma de Nolan, il en reste pour le moins objectif ! Par exemple, il n’a pas aimé le film Dunkerque et bien qu’il trouve quelques qualités à ce long-métrage, ne se gêne pas pour en faire ressortir les défauts. Il en va de même pour certaines scènes de son premier long-métrage par exemple.

Mais on ne peut être que passionné pour dire qu’il propose du cinéma d’auteur. Certes, Nolan flirte avec la ligne qui sépare cinéma d’auteur et Blockbuster, on ne sait jamais trop où le situer. À mon sens, il peut être assimilé à du cinéma d’auteur grand public, étant donné qu’il a une véritable patte artistique, mais il ne fera jamais l’affiche d’un cinéma d’art et essai. Il est, tout comme James Cameron, inqualifiable. C’est donc particulièrement risqué d’émettre une telle qualification. Et même en le qualifiant de Blockbuster d’auteur, je ne suis pas sûre que Labrude soit dans le juste. Je préfère ne pas poser d’étiquettes à son cinéma, ce qui garde encore plus la part de mystère et d’ambivalence propre à sa filmographie. 

 

La filmographie en long, en large et en travers 

Guillaume Labrude ne se contente pas de parler des longs-métrages qui ont fait le succès du, pour paraphraser, « grand gaillard aux cheveux pales ». Il développe aussi sur les courts-métrages qui ont pu être réalisés dans la jeune carrière du cinéaste. J’ai d’ailleurs découvert l’existence de bon nombre de petites réalisations dont je n’avais jamais entendu parler. Et je pense ne pas me tromper en émettant l’hypothèse que ce sera aussi votre cas. Mais vous ne pourrez pas tous les voir, si d’ordinaire vous en aviez envie. Ses deux premiers courts-métrages ont été passés à la trappe sans être numérisés. Dommage, on ne pourra jamais les visionner… D’autant plus que déjà à l’époque, les femmes n’occupaient pas une très grande place dans les films de Nolan. Comme le jeune auteur le fait si bien remarquer, les femmes sont, dans la majeure partie des cas, des prétextes aux récits. Le cinéma de Nolan est essentiellement masculin. À croire que la réalité et la vérité, domaines de prédilections du cinéastes, ne peuvent être mis à l’écran que par des figures masculines.

Le rapport entre rêve et réalité, illusion et vérité est inspiré d’un concept très particulier de 1953. J’aurai évidement envie d’en dire bien plus sur cela mais j’en dévoilerai trop. Tout ce que je peux en dire, c’est que ça a la mérite d’être réfléchi et bien pensé. Tout comme ses films, résumés de façon très détaillés par un écrivain soucieux de bien faire. Tellement bien faire que des scènes sont analysées en expliquant les inspirations, les envies, les procédés,… Nous comprenons aussi le concept du miroir et pourquoi ils sont aussi présents. Ils sont une inspiration directe de sa cinéphilie et notamment de son admiration pour Stanley Kubrick. 

Des plus et des moins   

Bien que ce livre soit autan enrichissant, qu’instructif, je pense qu’il ne s’adresse pas à tout le monde. Il vise sans conteste un public cinéphile. Certes, il ne faut pas forcement être absolument fan de Christopher Nolan pour lire un tel ouvrage, mais il faut cependant s’y connaitre en cinéma. Et par s’y connaitre, je veux dire qu’il faut avoir les termes spécifiques ou des références propres aux cinéphiles pour pouvoir tout comprendre. Certains sont expliqués en notes de bas de page mais d’autres ne le sont pas. Avec la magie d’internet, vous n’aurez pas de mal à retrouver ce que les termes veulent dire, mais ce n’est pas, à mon sens ce que l’on attend d’un livre. Quand on se plonge dans une lecture, on ne veut pas avoir à chercher les termes techniques qui ne sont pas expliqués. Et l’on pourra me traiter de mauvaise langue, car moi-même j’utilise ce genre de langage spécifique au jargon cinématographique dans mes critiques, sans pour autant les expliquer. Mais il faut cependant noter une différence : les critiques que l’on fait chez GeekNPlay ne font pas 257 pages (en ne comptant que le texte pur et dur). Cependant, j’ai apprécié les analyses des films qui m’en ont encore plus appris et qui m’ont permis d’avoir une autre vision des histoires. Même en ayant fait une « fac de ciné » comme on dit, je n’avais acquis à ma connaissance toutes les subtilités des films. C’est appréciable d’avoir une autre vision des œuvres déjà analysées. 

Ce qui est bien aussi, c’est que le livre ne se concentre pas seulement sur les films de Christopher Nolan. Il nous en apprend plus sur la vie d’un réalisateur plutôt discret, en offrant même, en début du premier chapitre, une biographie du réalisateur. J’ai été ainsi informée que Nolan a un frère incarcéré et un autre scénariste, intéressant n’est-ce pas ? 

Par contre, ce qui est moins bien si vous n’avez pas vu tous les films de Christopher Nolan, c’est qu’il y a un résumé du film. Vous me direz que c’est une très bonne chose de savoir de quelle histoire il parle, d’autant plus que quelques lignes plus haut, je n’ai pas noté cela comme négatif. Il est vrai. Mais les résumés racontent l’entièreté des films mais de manière concise. Une bonne manière d’être spoilé sans n’avoir rien demandé. Ce n’est qu’un infime détail mais il a son importance pour une personne qui n’a pas vu toute la filmographie du britannique américanisé.  

 

 

Conclusion 

L’œuvre de Christopher Nolan : Les théorèmes de l’illusion est un livre tout à fait plaisant à lire. Il est intéressant de pouvoir voir le cinéaste et ses films d’un autre œil. Et de comprendre les liens tissés entre tous ces films, même les courts-métrages. Même si j’en connaissais déjà une partie, j’ai été frappée par tous les détails et les sens cachés des films Inception et Tenet. C’est absolument incroyable et en même temps fascinant de savoir ce qui l’a inspiré et où est-ce qu’il est allé puiser tout ça.

Comme je le disais un peu plus haut, il faut être cinéphile et avoir une culture du septième art un peu poussée pour en apprécier toute l’essence des propos de Guillaume Labrude. N’ayez crainte, si vous ne l’êtes pas, vous pouvez tout aussi bien acheter cet ouvrage en vous imprégnant de son essence ! C’est un livre bien ficelé et qui apporte vraiment beaucoup d’éléments. J’aurais aimé en dire bien plus, mais il est difficile de développer un tel sujet sans en dévoiler son contenu. Mais je tiens à souligner que c’est un ouvrage qui m’aurait grandement aidé quand j’étais étudiante. Néanmoins, si vous cherchez un livre léger et facile à lire, il n’est pas fait pour vous. Mais si vous souhaitez vous enrichir tant cinématographiquement que culturellement et avoir pleins d’anecdotes à raconter, je vous encourage chaudement à vous le procurer. Par exemple, dire que le réalisateur d’Interstellar est daltonien par exemple, ou qu’il n’a jamais fait la moindre école de cinéma, vous fera briller à coups sûrs.  Si je n’ai pas réussi à vous convaincre avec ça, je ne sais vraiment plus quoi faire. 

Excellente lecture à toutes et tous ! (Car je sais que vous ne pourrez pas résister).

L’oeuvre de Christopher Nolan 

8

Note

8.0/10

POINTS POSITIFS

  • Intéréssant
  • Instructif
  • Bien écrit
  • Beaucoup d'éléments extérieurs qui ajoutent du crédit au livre
  • Captivant

POINTS NÉGATIFS

  • Massif
  • Pas assez grand public
  • Certains regretteront le spoil présent dans le livre
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Anais MORENO

Diplômée d'un master en cinéma et audiovisuel. Je suis passionnée par le monde du septième art de manière générale (cinéma comme séries). Ce que j'aime par dessus tout c'est écrire des articles sur l'actualité audiovisuelle et faire des analyses/critiques.

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