Nouveau manga à découvrir ! L’été arrive et chez GeekNPlay, on vous fait découvrir les nouveaux mangas qui débarquent en librairie, histoire d’avoir de quoi lire sur la plage, dans le train ou pendant vos vacances d’été. Et quoi de mieux que de se lancer dans une nouvelle licence avec Le Diable s’habille en Papa (et non pas Le Diable s’habille en Prada avec Meryl Streep), dont le premier tome sortira le 4 juin. Imaginé par Tamagokake Candy, Segawa Ryu et Nagahama Megumi, le manga mélange action, fantasy, isekai et même une petite touche tragique. Mais alors, que vaut réellement ce premier tome ? Est-ce que le manga est à la hauteur de son titre complètement improbable ? On vous dit tout dans cette critique, sans trop vous spoiler bien évidemment, grâce à l’envoi du tome par Mana Books.
Un monde Isekai avec des dieux et des diables
Trêve de plaisanterie, on vous fait aujourd’hui découvrir la première œuvre de Tamagokake Candy, et on doit dire que le manga commence plutôt très bien. Dans un univers d’isekai où le héros, autrefois simple humain lambda, meurt avant de se retrouver projeté dans un autre monde en tant que démon, on pourrait croire que l’œuvre va suivre les codes classiques du genre. Mais très vite, l’auteur montre qu’il veut aller un peu plus loin que le simple “héros réincarné surpuissant”.
Notre protagoniste, Kakyu, survit pendant plus de 2000 ans en enfer, au milieu de guerres incessantes entre démons. Un détail qui change beaucoup de choses, car contrairement à beaucoup d’isekai où le héros obtient ses pouvoirs presque gratuitement, ici Kakyu passe littéralement des siècles à survivre, combattre et développer sa force dans un environnement ultra hostile. Le manga prend finalement assez peu de temps pour montrer cette période, mais elle suffit à construire le personnage et à nous faire comprendre qu’il n’a plus grand-chose d’humain.
Et alors qu’on pense que l’histoire va simplement parler de guerres démoniaques, le manga surprend encore : Kakyu meurt une seconde fois. C’est là que l’intrigue commence réellement. Propulsé dans un nouveau monde mêlant magie, dragons et architecture médiévale, le héros débarque dans ce qui ressemble davantage à un fantasy classique. Un isekai… dans un isekai. Oui, l’idée est étrange sur le papier, mais elle fonctionne étonnamment bien.
L’auteur prend ensuite le temps de montrer une facette plus calme de son personnage. Kakyu devient marchand ambulant, voyage entre différents villages et crée progressivement des liens avec les habitants. Derrière son apparence de diable, il découvre une vie plus paisible et surtout une forme de famille qu’il n’avait jamais réellement connue auparavant. Cette partie est importante, car elle humanise énormément le personnage et donne du poids émotionnel aux événements qui suivent.
Et évidemment, comme souvent dans ce genre d’histoire, le drame finit par arriver. Lorsqu’il découvre que des chasseurs recherchent un démon ayant laissé des traces derrière lui… traces qui sont les siennes, la situation dégénère rapidement. Le village de Jorn est détruit et Kakyu retrouve un unique survivant dans les flammes : Ars, le fils nouveau-né de Juiz. À partir de là, le manga change presque de direction et devient autant une histoire d’aventure qu’un récit centré sur la parentalité, avec un démon essayant d’élever un enfant dans un monde qui le rejette. Et honnêtement, c’est probablement là que le tome devient le plus intéressant.
Voilà ce qu’on pouvait dire sur ce début assez surprenant, mais on vous laisse également avec le résumé officiel de Mana Books pour vous faire votre propre avis :
Kakyu est un diable de rang inférieur ayant survécu en enfer pendant plus de 2 000 ans, durant lesquels il a développé une force phénoménale. Après s’être retrouvé au milieu d’une querelle entre Satan et Zeus, il a été propulsé dans un monde parallèle.
Désormais, il a trouvé sa place parmi les habitants du village de Jorn et mène une vie paisible en tant que marchand ambulant. Malheureusement, un jour où il est absent, le hameau est réduit en cendres. Kakyu trouve un seul survivant dans les décombres : Ars, un nouveau-né. Il décide alors de l’élever pour faire de lui la personne la plus heureuse du monde ! Avec un diable venu d’ailleurs et un bébé, une histoire d’éducation hors norme impliquant le monde entier commence !


Notre héros devient évidemment… papa
Dès lors, l’histoire prend un tournant assez inattendu, puisque notre héros devient malgré lui le père adoptif du petit Ars. Si le début du tome était surtout centré sur la vie de Kakyu, son passé et sa survie en enfer, cette seconde partie s’intéresse davantage à sa nouvelle vie et surtout à ce que cela implique de devoir élever un bébé alors qu’on n’a absolument aucune expérience. Et forcément, voir un démon vieux de plus de 2000 ans totalement dépassé par un nourrisson reste assez drôle à regarder.
Le manga rappelle forcément des œuvres comme Beelzebub, où un personnage se retrouve à devoir s’occuper d’un enfant démoniaque sans vraiment savoir comment faire. On peut aussi penser à SPY×FAMILY ou encore Clavates dans cette idée de “famille improvisée”, même si ici le traitement est différent. Là où certains mangas jouent surtout sur l’humour ou l’espionnage, Le Diable s’habille en Papa mélange plutôt parentalité, fantasy et aventure.
Et évidemment, Ars n’est pas un bébé normal. On découvre rapidement qu’il possède lui aussi des pouvoirs. Par exemple, lorsqu’il éternue… il crache littéralement du feu. Un détail amusant au début, mais qui montre aussi que Kakyu doit constamment rester vigilant. Petit à petit, un vrai lien se crée entre eux. Kakyu, qui n’avait jamais vraiment connu de famille stable, s’attache énormément à l’enfant, au point de devenir presque paranoïaque lorsqu’il doit le confier à quelqu’un d’autre.
Le manga aborde alors des problématiques très humaines : la fatigue, les nuits blanches, la peur de mal faire, l’inquiétude quand un enfant disparaît de votre champ de vision pendant quelques secondes… Toutes ces petites situations du quotidien sont plutôt bien retranscrites et rendent le personnage beaucoup plus attachant. Même avec son apparence de démon surpuissant, Kakyu reste totalement perdu face aux responsabilités de parent. Et c’est probablement là que le manga fonctionne le mieux : lorsqu’il mélange scènes de fantasy et moments très simples de la vie quotidienne.
Cette deuxième partie met un peu les combats de côté, mais elle en profite pour approfondir davantage l’univers. On découvre plusieurs informations sur le lore, des cartes du monde ou encore certaines démons et dieux. Et justement, ces derniers semblent commencer à remarquer l’existence de Kakyu et surtout l’utilisation de ses pouvoirs dans ce nouveau monde. Une menace commence donc doucement à se mettre en place pour la suite.
Enfin, dans la troisième partie du tome, Kakyu fait la rencontre d’un des marchands les plus influents du pays, accompagné d’une mystérieuse femme esclave possédant elle aussi des capacités particulières. Réalisant qu’il ne peut pas continuer à élever Ars complètement seul, Kakyu commence alors à chercher quelqu’un capable de l’aider dans cette nouvelle vie. Une évolution assez logique pour le personnage, mais qui ouvre aussi la porte à de nouvelles relations et probablement à de futurs problèmes.


Une histoire classique qui accroche
Soyons honnêtes, Le Diable s’habille en papa ne révolutionne pas le manga fantasy ou l’isekai. On retrouve beaucoup de concepts déjà vus ailleurs : un héros réincarné, des pouvoirs démoniaques, un monde rempli de magie et un personnage extrêmement fort qui cherche une nouvelle vie. Mais malgré ça, le manga réussit à être accrochant grâce à une chose toute simple : il est facile à suivre et ne cherche pas à partir dans tous les sens dès le premier tome.
L’histoire prend son temps pour installer ses bases. Certains lecteurs trouveront peut-être le rythme un peu lent, surtout ceux qui veulent de l’action immédiate ou des combats à chaque chapitre. Ici, on est clairement sur un début qui préfère construire ses personnages, montrer le quotidien de Kakyu avec Ars et développer tranquillement son univers avant de vraiment lancer les gros enjeux. Et honnêtement, ce choix fonctionne plutôt bien. On comprend les motivations du héros, son attachement progressif au bébé et surtout les problématiques qui viennent se mélanger à la fantasy. Ce côté “tranche de vie” apporte une vraie douceur au récit et casse un peu l’image du démon ultra badass classique.
Côté dessin, le style reste assez traditionnel dans son approche. Les designs sont efficaces, les expressions passent bien et les scènes émotionnelles fonctionnent correctement, même si visuellement le manga ne réinvente pas le genre. Les combats, eux, arrivent surtout vers la fin du tome. Normal pour un shōnen qui prend le temps de poser son univers avant de lancer ses affrontements plus importants.
En revanche, on aimerait déjà voir certains personnages secondaires un peu plus développés. Le tome se concentre énormément sur Kakyu et Ars, ce qui est logique pour un début, mais plusieurs personnages introduits restent encore assez mystérieux ou en retrait. On espère donc que les prochains tomes iront davantage en profondeur sur cet univers et sur ceux qui gravitent autour du duo principal.
Conclusion
Les scènes du quotidien fonctionnent bien, les expressions des personnages sont réussies et l’ambiance fantasy reste agréable à suivre. Au final, Le Diable s’habille en papa est un manga accessible et plutôt attachant, qui mélange des thématiques humaines avec une fantasy légère sans jamais devenir trop compliqué à suivre. Ce n’est peut-être pas le manga le plus original du moment, mais il possède suffisamment de bonnes idées et de moments touchants pour donner envie de découvrir la suite.
Les plus
- Un concept de démon “papa” qui fonctionne très bien
- Une histoire facile à suivre
- De bonnes thématiques autour de la parentalité
- Un univers fantasy qui intrigue
- Un bon équilibre entre humour, émotion et aventure
Les moins
- Un rythme assez lent sur ce premier tome
- Un manga qui ne plaira pas à tout le monde
- Des personnages secondaires encore trop peu développés
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