CRITIQUE – De l’Autre Côté Du Ciel

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poubelle

Aujourd’hui, j’ai assisté à la projection du long métrage intitulé De l’Autre Côté Du Ciel diffusée en avant première. L’occasion était trop belle pour vous faire part de mon avis à propos de ce long métrage d’animation japonaise qui est bien parti pour rester dans les annales de la japonisation. Geeknplay vous propose donc de vous conter l’histoire de Poubelle et de son jeune ami. Une critique garantie sans spoil !

Pour être franc, lorsque j’ai décidé de me rendre à la projection de ce long métrage, je ne m’attendais pas à grande chose. Je n’ai jamais voulu m’intéresser plus que ça à ce titre pour ne pas être spoiler. La diffusion d’un film d’animation japonaise n’étant pas courante, autant se rendre en salle afin de soutenir cette initiative. Le cinéma n’étant, rappelons le, jamais mieux qu’au cinéma.

Le titre était diffusé en VF, l’occasion de redécouvrir Philippe Catherine dans le doublage. (Pour rappel, l’artiste avait déjà prêté sa voix à un personnage du film Avril et le Monde truqué de Franck Ekinci et Christian Desmares). Le titre commence et, passé l’intro, un doute s’installe lors de la dance d’Halloween orchestré par le chanteur Hideto « Hyde » Takarai. Cette performance, tout en déguisement, rappelant les folles chorégraphies d’un Just Dance à de quoi surprendre et déstabilise quelque peu. Mais très vite, les doutes se dissipent, les temps morts se font rares, l’histoire est prenante et on se laisse emporter sur prés de 100 minutes en accompagnant les pérégrinations de Poubelle et Lubicchi.

L’histoire du petit ramoneur et de son ami Poubelle.

De l’Autre Côté Du Ciel, anciennement nommé Poupelle (Entotsu-chou no Poupelle en VO), est un film d’animation de Yusuke Hirota, adaptation du livre « Poupelle et la ville sans ciel » d’Akihiro Nishino, sorti en 2020.
Il raconte l’histoire de Lubicchi et d’un être constitué de déchets nommé « Poubelle ». Ils vivent tous les deux au milieu de la fumée épaisse des cheminées d’une ville isolée. Lubicchi se languit de voir les « étoiles » et d’apprendre cette vérité dont son père lui a tant parlé.

Inutile d’en rajouter. Et ne comptez pas sur Geeknplay pour vous en divulguer plus concernant l’histoire de cette œuvre. Nous préférons en effet que vous arriviez en total neutralité sur votre siège dans la salle obscure.
Nous vous dirons simplement que le titre est rempli de second rôle amusant, émouvant et parfois agaçant. Un florilège de personnages haut en couleur que l’on découvre avec plaisir. Personnellement, je vous déconseille même de visionner le trailer présent ci-dessous pour rester totalement « vierge ».

Une réalisation de haute volée au service d’un déluge d’émotions agrémenté de clins d’oeil appréciables.

Inutile de dire que sur un point vu technique, le Studio 4c a su animer à la perfection son film. Les éléments 3D sont plutôt bien intégrés et certains passages sont remarquables. Sans être une claque visuelle, le titre s’en sort très bien, notamment grâce au character design plutôt orignal des personnages qui change des standards stéréotypés de la japanim’. Mais au délà de la forme, c’est bien sur le fond que De l’Autre Côté Du Ciel nous bouscule.

En effet, c’est à un véritable déluge d’émotions auquel nous assistons durant la projection. De nombreux thèmes sont abordés tels que, la maladie, l’exclusion, la stigmatisation, l’autoritarisme et le deuil sans jamais tombé dans la mièvrerie ou le pathos. Le titre était annoncé spécial « jeune public » il s’avère que les adultes trouveront facilement leur compte dans cette fable des temps modernes qui est loin d’être « cucu la praline ».

Yusuke Hirota et le studio 4c parviennent à nous emporter durant 1h40 tel que Hayaho Miyazaki arrivait à le faire. Et contrairement à un Mamoru Hosada, le titre sera également compréhensible du jeune public. Toutefois, nous vous conseillons d’avoir un enfant âgé d’au moins 7 ans pour comprendre le film dans sa globalité.
Les plus grands se régaleront des clins d’œil à d’autres œuvres. Citons par exemple le design du dirigeant de la ville qui fait irrémédiablement penser au roi Charles-V-et-trois-font-huit-et-huit-font-seize issu du Roi et l’Oiseau. On sait quel impact a eu l’œuvre de Paul Grimault sur les réalisateurs du pays du soleil levant. D’ailleurs, rappelons que l’histoire de Jacques Prevert s’inspire de la Bergère et le Ramoneur de Hans Christian Andersen dont le héro est un… ramoneur.
A noter également la private joke en référence au doubleur de Poubelle, l’artiste Philippe Catherine, lorsqu’un protagoniste s’exclame « Quel Suspense… J’adoooooore ».
Enfin, comme Geeknplay est un site centré principalement sur le jeu vidéo, vous devriez apprécier le petit passage faisant penser à un jeu de plate forme 2D ou encore ce passage sur les rails se déroulant à 100 à l’heure.
De nombreux petits détails qui, mis bout à bout, renforcent encore un peu plus le sentiment positif que nous avons envers cette œuvre.

Conclusion

De l’Autre Côté Du Ciel est une œuvre remarquable que nous ne pouvons que vous conseiller de découvrir sur grand écran. Ce titre devient en effet une référence de la japanimation à côté de laquelle il serait dommage de passer. A fortiori lorsque la VF est convaincante ! Et si jamais vous n’adhérez pas à l’onirisme du titre, ce n’est peut-être pas l’œuvre de Yusuke Hirota qu’il faut remettre en question, mais plutôt le rapport que vous entretenez avec vous-même. Le réalisateur s’impose avec cette œuvre comme un nouveau mastodonte dans la fabrique de rêves venue du soleil levant.

De l'Autre Côté Du Ciel

9.3

Note

9.3/10

POINTS POSITIFS

  • Une oeuvre remarquable
  • Une réalisation de qualité
  • Des personnages et un doublage en VF convaincant
  • Les clins d'oeils
  • Les thèmes abordés

POINTS NÉGATIFS

  • Le choix du titre du film
  • A voir avec le temps
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yancha

Rédacteur avec pas mal d'XP au compteur ayant grandi avec les bornes d'arcades à l'ère 8 et 16 bits.

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