C’est une situation qui risque de faire grincer des dents chez Nintendo ! Alors que la Nintendo Switch 2 est encore toute récente, les hackers enchaînent les découvertes à une vitesse impressionnante, parfois avec l’aide de l’intelligence artificielle. Exploits logiciels, premiers homebrews, extraction de jeux et démonstrations d’émulation : en quelques jours seulement, les choses se sont considérablement accélérées. La console de Nintendo serait-elle déjà en train de livrer ses secrets ?
Le calendrier a de quoi donner le tournis. Depuis le 22 octobre, un exploit visant la Nintendo Switch 2 a été rendu public. Dès le lendemain, une première preuve de concept liée au homebrew aurait été présentée. Le 24 octobre, les premières extractions de ROM ont suivi, avant la publication, le 25 octobre, d’un outil permettant à davantage de personnes de s’intéresser à ces manipulations.
Mais c’est à partir du 26 octobre que la situation a pris une tournure encore plus surprenante, avec une première démonstration de recompilation de Mario Kart World fonctionnant sur macOS. Le lendemain, une preuve de concept liée à l’émulation de la Switch 2 aurait été présentée, tandis que des travaux concernant Pokémon Pokopia, Donkey Kong Bananza et Fire Emblem: Fortune’s Weave auraient également commencé à circuler. Une démonstration de Mario Kart World sur un iPhone 18 Pro aurait même été signalée même si se dernier annonce qu’il ne publiera pas son projet !
En seulement six jours, la scène du hack semble donc avoir franchi plusieurs étapes majeures. Et le plus surprenant, c’est que cette course contre la montre pourrait bien continuer : de nouveaux outils d’émulation et de recompilation seraient attendus dans les prochains jours.
Nintendo doit-il déjà s’inquiéter ?
Attention, il convient tout de même de garder la tête froide. Les démonstrations actuelles restent expérimentales et ne signifient absolument pas que les jeux Switch 2 sont désormais parfaitement jouables sur PC ou smartphone. Une extraction de ROM, une recompilation et une véritable émulation sont des opérations différentes, qui nécessitent chacune un travail technique conséquent.
Reste que la rapidité des avancées a de quoi interpeller. La première Nintendo Switch avait déjà connu une scène du hack particulièrement active, mais voir autant d’expérimentations apparaître en si peu de temps sur sa remplaçante soulève forcément des questions sur la sécurité de la machine.
Pour Nintendo, le risque est clair : si ces outils deviennent accessibles au grand public et que de nouvelles failles sont découvertes, le constructeur pourrait devoir multiplier les mises à jour pour tenter de garder le contrôle.
Mais n’est-il pas déjà trop tard ? La faille est-elle logicielle ou matérielle ? Dans le premier cas, elle pourrait potentiellement être corrigée par une mise à jour. En revanche, si elle repose sur une vulnérabilité matérielle, la situation pourrait être beaucoup plus compliquée : une simple mise à jour ne suffirait pas nécessairement à la corriger.
Bref, c’est une ALERTE ROUGE pour Nintendo ! Les prochains jours pourraient être déterminants, notamment si les outils annoncés sont effectivement rendus publics.
Nintendo pourrait-il riposter en justice ?
On imagine que, de son côté, Nintendo surveille déjà attentivement la situation et pourrait engager des actions en justice si des droits de propriété intellectuelle étaient enfreints, si des logiciels protégés étaient distribués illégalement ou si des outils étaient commercialisés dans le but de faciliter le piratage de la Switch 2. Les conséquences pourraient être lourdes pour les personnes impliquées, selon les faits reprochés et la législation applicable.
Rappelons qu’en 2022, Gary Bowser, membre de la Team Xecuter, a été condamné aux États-Unis à 40 mois de prison pour son rôle dans la commercialisation de produits facilitant le piratage de consoles Nintendo. Il devait également verser 4,5 millions de dollars à Nintendo au titre des sanctions pénales, en plus d’un règlement distinct de 10 millions de dollars dans le cadre d’une procédure civile.
Dans un autre registre, Nintendo a également poursuivi Tropic Haze, l’équipe derrière l’émulateur Yuzu. En février 2024, les deux parties ont conclu un accord à l’amiable prévoyant le versement de 2,4 millions de dollars à Nintendo. Le projet Yuzu a également été abandonné dans le cadre de cet accord.
Ces affaires montrent que Nintendo est prêt à défendre ses intérêts devant les tribunaux lorsque des activités portent atteinte à ses droits. Attention toutefois : le développement d’un émulateur n’est pas automatiquement illégal. La légalité dépend notamment des méthodes employées, de l’utilisation éventuelle de codes protégés, du contournement des mesures techniques de protection et de la distribution des jeux.
Bref, les bidouilleurs et les hackers sont à l’action, mais Nintendo n’a pas dit son dernier mot !
Que dit la loi en france ?
En France, l’article L. 335-3 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que la reproduction, la représentation ou la diffusion d’une œuvre en violation des droits de son auteur peut constituer un délit de contrefaçon. Par ailleurs, l’article L. 335-2-1 vise notamment la mise à disposition, en connaissance de cause, de logiciels manifestement destinés à permettre la diffusion non autorisée d’œuvres protégées. Ces dispositions peuvent être pertinentes en cas de distribution de jeux piratés ou d’outils spécifiquement destinés à faciliter cette diffusion illicite.
Il faut néanmoins distinguer l’émulation, la recherche en sécurité informatique et le piratage. Leur qualification juridique dépend des circonstances : un exploit, un émulateur ou un homebrew ne constitue pas automatiquement une infraction. En revanche, contourner certaines protections techniques, reproduire des éléments protégés sans autorisation ou distribuer des copies illicites peut exposer leurs auteurs à des poursuites.
Votre email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont marqués *