Dont Nod lève enfin le voile sur son nouveau projet prometteur, Lost Records: Bloom & Rage. Avec une intrigue qui rappelle l’atmosphère des anciens Life is Strange, cette nouvelle licence semble vouloir suivre les traces de son aîné, tout en s’en démarquant avec un univers inédit et une approche différente.Développé par DON’T NOD Montréal et édité par DON’T NOD, le jeu sort en deux parties : la Tape 1 est disponible depuis le 18 février 2025, tandis que la deuxième partie arrivera le 15 avril 2025 sur PC, Playstation 5 et Xbox Series.
Alors, cette nouvelle aventure narrative parvient-elle à captiver autant que Life is Strange ? Le scénario vaut-il vraiment le détour ? GeekNPlay vous livre son verdict dans ce test réalisé sur Xbox Series grâce à un code fourni par DON’T NOD. Et promis, on ne vous spoilera pas.
Lost Records: Bloom & Rage – Une ambiance digne des années 90
Avec Lost Records: Bloom & Rage, Dont Nod joue la carte du mystère dès le début. Les bandes-annonces du jeu se gardent bien de révéler quoi que ce soit sur l’intrigue ou les défis qui attendent les joueurs, laissant planer une véritable aura d’inconnu autour du scénario. Un choix audacieux qui attise la curiosité et renforce l’envie de plonger dans cet univers.
Dès les premières images, l’ambiance des années 90s frappe instantanément. Le jeu nous plonge dans une petite ville quasi déserte, où un groupe de jeunes filles va être témoin d’étranges phénomènes. Un cadre qui rappelle bien sûr Life is Strange, mais qui s’en distingue par une direction artistique singulière et une atmosphère plus lumineuse et nostalgique.
Les décors alternent entre grands espaces naturels et maisons d’époque, renforçant ce sentiment de liberté et d’insouciance propre aux années 90. Contrairement aux tons plus sombres et mélancoliques de certains Life is Strange, Lost Records semble privilégier une esthétique chaleureuse et immersive, tout en distillant subtilement une tension intrigante.
Avec ce mélange de teen movies (on pense notamment a YellowJackets), de mystère et d’esthétique rétro, Dont Nod pourrait bien réussir un nouveau coup de maître. Reste à voir si l’histoire saura nous captiver autant que son ambiance prometteuse…
Plongée dans l’histoire mystérieuse de Lost Records
Si vous n’avez pas encore entendu parler de Lost Records: Bloom & Rage, voici ce que Dont Nod nous en dit :
Retournez dans les années 90 et vivez l’été déterminant de quatre lycéennes qui tissent des liens à travers leur amitié grandissante, leur groupe punk et un événement inexpliqué qui changera leur vie à jamais. Que s’est-il vraiment passé cet été-là ?
Naviguez entre deux lignes temporelles et façonnez les deux récits – en 1995 et en 2022 – chacun offrant une pièce du grand puzzle : les secrets bouleversants qu’ils ont découverts à l’époque et la raison pour laquelle ils se réunissent aujourd’hui, après toutes ces années. Ensemble, dans ce lieu, ils sont forcés d’essayer de se rappeler clairement les souvenirs fatidiques qui leur ont échappé au cours des 27 dernières années.
Dans cette histoire, on incarne Swan Holloway, une adolescente de 16 ans qui l’été prochain déménagera de Velvet Core, la petite ville où elle a grandi. Peu sûre d’elle, elle trouve refuge derrière sa caméra, filmant tout ce qui l’entoure : la nature, les animaux et surtout ses nouvelles amies, afin d’immortaliser leur relation. Car oui, Lost Records : Bloom & Rage tourne autour d’un thème central : l’amitié.
Swan fait la rencontre d’Autumn, Nora et Kat, trois jeunes filles qui, comme elle, ressentent une certaine solitude dans cette ville étouffante. Chacune a un passé compliqué, des relations tendues avec sa famille et un besoin de se libérer. Ensemble, elles forment un groupe inséparable, soudé par leurs blessures et leur besoin d’évasion.
Le jeu se distingue par des dialogues plus naturels et dynamiques que dans Life is Strange. On peut choisir de rester silencieux, interrompre un interlocuteur si on réagit trop vite, ou encore laisser une discussion s’installer sans intervenir. Ce système fluidifie les échanges et renforce l’immersion, rendant les conversations plus crédibles et vivantes.
Votre caméra, votre meilleure alliée pour capturer chaque instant
Oubliez les super-pouvoirs des Life is Strange ! Ici, pas de manipulation des émotions ou d’objets en lévitation. Lost Records: Bloom & Rage mise sur une approche plus terre-à-terre, où l’une des seules particularité du gameplay sera la caméra de Swan. Un simple appareil ? Pas tant que ça. Elle servira à immortaliser les meilleurs moments de son été 1995, mais aussi les plus anodins (comme des vidéos de sa chambre ou encore de la cabane dans les bois)… des fragments de souvenirs qui prendront tout leur sens lorsque, 27 ans plus tard, elle et ses amies se retrouveront pour affronter un passé qu’elles ont tout fait pour oublier.
Car quelque chose s’est passé cet été-là. Un événement si marquant qu’il les a poussées à se promettre de ne plus jamais en parler et de couper tout contact. Pourtant, en 2022, elles se retrouvent… Mais leurs souvenirs vacillent, et aucune d’elles ne semble prête à affronter la vérité. Pourquoi ? C’est à travers les enregistrements de Swan et les souvenirs que vous allez reconstruire que la réponse émergera petit à petit.
Dans cette première partie du jeu, Lost Records alterne entre deux époques : l’été insouciant de 1995 et l’après-pandémie de 2022, où chacune a changé. Ce bond temporel renforce l’aspect narratif et met en avant vos choix et leurs conséquences. Votre relation avec les autres filles évoluera en fonction de vos actions : serez-vous une confidente de confiance ou une simple amie ? Certaines vous livreront leurs secrets, tandis que d’autres pourraient choisir de ne rien vous dire. Et si ces liens devenaient déterminants pour comprendre ce qui s’est réellement passé cet été-là ?
Un mystère qui s’épaissit au fil de l’aventure
Si le début de Lost Records: Bloom & Rage prend son temps pour poser son ambiance et ses personnages (peut-être un peu trop par moment), DON’T NOD réussit à faire monter la tension au fil de l’histoire. Dès les premières minutes, une question obsède le joueur : que s’est-il réellement passé durant l’été 95 ? Les indices sont distillés au compte-gouttes, les conversations de 2022 sont volontairement floues, et chaque souvenir semble cacher une vérité plus complexe qu’il n’y paraît. Les différentes pistes évoquées nous plongent dans une véritable enquête où rien n’est jamais clairement révélé. En six heures de jeu, le mystère ne cesse de s’intensifier, dévoilant une intrigue bien plus complexe qu’il n’y paraît. Et lorsque cette première partie s’achève, elle laisse plus de questions que de réponses…
Les développeurs ont plutôt bien écrit les personnages, mais la construction de Swan présente quelques incohérences. Son comportement oscille parfois entre agressivité et passivité au sein d’une même conversation, ce qui peut sembler déroutant. Certaines scènes pâtissent également d’animations faciales et corporelles maladroites, notamment lors de la première interaction avec Corey et Dylan. Bien que ces défauts n’altèrent pas l’expérience de jeu dans son ensemble, quelques bugs visuels, comme le chargement tardif des textures, viennent entacher l’immersion. Heureusement, Don’t Nod a déjà prévu des correctifs pour améliorer ces aspects.
L’idée d’intégrer le caméscope comme mécanique est intéressant, mais son potentiel n’est pas totalement exploité. La fonction de montage reste anecdotique sauf pour les succès, et on peut rapidement oublier qu’elle existe tant elle n’apporte pas grand-chose.
Enfin, pour une immersion totale, on recommande vivement de jouer en version originale sous-titrée. La qualité des doublages anglais apporte une intensité dramatique que la version française ne parvient pas toujours à retranscrire. Avec un casque sur les oreilles, l’expérience sonore devient encore plus prenante.
Lost Records: Bloom & Rage Tape 2 – Une suite attendue qui peine à faire vibrer
Deux mois après la sortie de la première Tape, on retrouve Swan et sa bande pour la suite de cette aventure mystérieuse signée DON’T NOD. Si la fin de la première partie nous avait laissés sur une note intrigante, laissant présager un cliffhanger digne de la maison, la promesse d’une montée en puissance n’est que partiellement tenue…
Dès les premières minutes, on retrouve cette ambiance 90s qui nous avait tant plu dans la première partie. Les décors sont toujours aussi réussis, les couleurs chaleureuses nous replongent avec plaisir dans l’univers de Velvet Core, et la direction artistique continue de faire mouche. Malheureusement, le rythme de cette deuxième partie se révèle bien plus lent que prévu.
On s’attendait à une reprise intense, portée par les conséquences de nos choix dans Tape 1… mais le jeu choisit plutôt de s’enliser dans une longue phase introspective. Pendant plus d’une heure, la narration s’enfonce dans la mélancolie, et même si c’est bien écrit, l’émotion semble un peu surjouée. La tristesse des personnages est omniprésente, au point de saturer l’ambiance.
Swan, Autumn, Kat et Nora peinent à se remettre des événements survenus après leur concert. Le lien qui les unissait commence à se fissurer, et cette fracture est perceptible dans nos choix de dialogues. On sent que les tensions montent : on peut tenter d’apaiser les choses ou au contraire, se détacher du groupe… mais dans tous les cas, l’harmonie du quatuor est brisée.
La Swan du présent continue de hanter les lieux du passé, cherchant désespérément à recoller les morceaux qu’elle a oublié et qu’elle essaie de se remémorer. Mais là encore, le dynamisme manque : certains dialogues tournent un peu en rond, et la passivité de certaines protagonistes (notamment Autumn et Nora et Dylan) peut parfois frustrer. Exemple frappant : lors d’une scène tendue avec Corey, seule Swan prend la parole, tandis que les autres restent de marbre…
Côté gameplay, on note une nette diminution de l’utilisation du caméscope par rapport à la première Tape. Si la fonction reste présente, elle se résume à quelques scènes anecdotiques (comme celle où la lumière de la caméra est utilisée pour aller dans la maison de Kat). Et c’est bien dommage, car on aurait aimé que cet outil narratif prenne une vraie importance dans la progression.
Ajoutons à cela des bugs persistants (textures qui se chargent tardivement, bugs lors des flashs de lumières), et l’immersion s’en trouve parfois écornée.
Une fin… confuse et frustrante
Alors que l’on pensait que l’histoire allait enfin décoller dans sa dernière ligne droite, la tension ne monte vraiment qu’au cours de la dernière heure. C’est à ce moment-là que les pièces commencent à s’assembler et que l’on retrouve les quatre amies face à leur passé. Malheureusement, le climax tombe un peu à plat.
Le surnaturel, pourtant teasé dans la première partie, est ici sous-exploité, presque laissé de côté sans explication claire. On ne comprend pas vraiment le traitement de la fameuse « boîte envoyée 27 ans plus tard », qui perd tout son mystère dans un final confus et expédié.
Certes, Swan montre enfin son visage dans le présent, et certaines révélations pointent le bout de leur nez… mais l’impact attendu n’est pas au rendez-vous. Pire encore : on sort de l’aventure avec le sentiment d’avoir été teasés pour rien. Une possible suite est vaguement suggérée, mais rien n’est sûr.
S’il y a bien un point que l’on retiendra de cette seconde partie, c’est la qualité visuelle des dernières scènes. La colorimétrie s’envole avec des tons violets intenses, des jeux de lumière réussis avec la cabane en feu et une mise en scène enflammée qui claque à l’écran. Les yeux des personnages ressortent d’une manière sublime, donnant un souffle artistique final à cette aventure qui aurait mérité plus de panache.
Conclusion :
Avec Lost Records: Bloom & Rage, Dont Nod continue de tracer sa route dans le paysage du jeu narratif en livrant une œuvre qui sent bon les années 90, l’amitié sincère et les mystères enfouis. La première partie posait des bases solides : un groupe attachant, une mise en scène léchée, un gameplay original centré sur la caméra, et une ambiance nostalgique bien ficelée. On retrouvait un peu l’ADN de Life is Strange, mais avec un nouveau ton, plus doux et mélancolique.
Malheureusement, cette belle promesse s’essouffle quelque peu dans la deuxième partie. Si l’émotion est toujours là, portée par une écriture sensible et des thèmes puissants (culpabilité, rupture, résilience…), le rythme ralentit dangereusement. Le surnaturel, pourtant bien installé dans le premier acte, s’efface au profit d’une introspection parfois trop poussée, au détriment de la tension et du mystère que l’on espérait voir exploser.
Le gameplay, lui, reste en retrait. La caméra de Swan, censée être un outil central, n’est finalement que peu sollicitée, et l’originalité du montage n’a pas l’impact qu’on aurait aimé. Ajoutons à cela quelques bugs techniques… et on comprend pourquoi cette deuxième partie divise.
Mais tout n’est pas perdu : la direction artistique continue d’éblouir, certaines scènes finales offrent un vrai spectacle visuel, et le lien entre les personnages reste au cœur de l’expérience.
En bref, Lost Records: Bloom & Rage nous embarque dans un voyage émotionnel fort, imparfait mais sincère. Un titre à découvrir en version originale pour mieux ressentir les nuances des dialogues…
*Test effectué sur Xbox Series via un code fourni par l’éditeur.
Conclusion
Malheureusement, cette belle promesse s’essouffle quelque peu dans la deuxième partie. Si l’émotion est toujours là, portée par une écriture sensible et des thèmes puissants (culpabilité, rupture, résilience…), le rythme ralentit dangereusement. Le surnaturel, pourtant bien installé dans le premier acte, s’efface au profit d’une introspection parfois trop poussée, au détriment de la tension et du mystère que l’on espérait voir exploser.
Le gameplay, lui, reste en retrait. La caméra de Swan, censée être un outil central, n’est finalement que peu sollicitée, et l’originalité du montage n’a pas l’impact qu’on aurait aimé. Ajoutons à cela quelques bugs techniques... et on comprend pourquoi cette deuxième partie divise.
Mais tout n’est pas perdu : la direction artistique continue d’éblouir, certaines scènes finales offrent un vrai spectacle visuel, et le lien entre les personnages reste au cœur de l’expérience.
En bref, Lost Records: Bloom & Rage nous embarque dans un voyage émotionnel fort, imparfait mais sincère. Un titre à découvrir en version originale pour mieux ressentir les nuances des dialogues…
Les plus
- Les graphismes
- L'ambiance années 90
- La version originale
- L'intrigue
- Le jeu des couleurs à la fin
Les moins
- Des bugs récurrents
- Un démarrage qui prend son temps
- La caméra et le montage
- Une fin qui déçoit énormément
- Une certaine confusion sur l'histoire jusqu'à la fin










