TEST – Bye Sweet Carole

Bye Sweet Carole est un titre signé Chris Darril, développé par le studio italien Little Sewing Machine en partenariat avec Meangrip Studios et Maximum Entertainment. Il s’agit d’un jeu qui mélange thriller horrifique, fantastique et une pointe de click-and-play, le tout avec une patine en animé. Celui-ci est disponible depuis peu sur PlayStation 5, Nintendo Switch, Xbox Series X et PC via Steam. Est-ce qu’il a réussi à nous charmer ? On vous dit tout ci-dessous.

Bienvenue à Bunny Hall

Depuis l’annonce de Bye Sweet Carole, j’ai effectué de nombreuses actualités sur GeekNPlay dessus, car le titre tente un pari audacieux : marier la poésie d’un film d’animation à la tension d’un cauchemar éveillé. Ce qui est dingue avec ce jeu, c’est que nous n’avons pas vraiment l’impression de jouer à un titre, mais de regarder un animé, et cela se ressent dès les premières minutes du jeu.Tout est fait pour passer un bon moment avec une musique chatoyante qui se lance, une vidéo de qualité où l’on voit Lana, notre jeune héroïne, courir après une lettre et faire ses premiers pas dans le jeu ! Nous n’avons qu’une hâte : traverser de part en part le titre pour savoir si celui-ci sera à la hauteur !

Mais avant cela, nous avons remarqué que le titre ne propose pas d’audio en français, et si c’est dommage, le jeu reste tout de même compréhensible via les sous-titres dans la langue de Molière, qui sont de petite taille… Mais là aussi, pas de panique, car il est possible de modifier la taille de la police d’écriture et même d’ajouter un arrière-plan en fond du texte, ce que nous vous conseillons de faire, car dans certains passages trop clairs en jeu, les textes pourront être illisibles !Vous l’avez compris : avant de partir à l’aventure, il va falloir modifier quelques paramètres pour en profiter comme il se doit !

L’histoire nous place dans la peau de Lana Benton, une jeune orpheline déterminée à retrouver son amie disparue, Carole. Celle-ci a disparu du sinistre orphelinat de Bunny Hall, un lieu qui cache bien des secrets… Et très vite, la réalité se déforme, et Lana bascule entre rêve et réalité… Mais est-ce vraiment la réalité ou un rêve ?

Il semblerait que ce soit un rêve, au rire moqueur des élèves de la classe dans laquelle vous semblez vous être endormie… À moins que ce ne soient des créatures maléfiques qui vous jouent des tours ? C’est fort possible aussi… Et comme nous souhaitons éviter de spoiler le scénario pour vous laisser le découvrir par vous-même, nous n’entrerons pas davantage dans les détails. Nous pouvons simplement dire que le récit est finement écrit, et que derrière son apparence de conte de fées et sa direction artistique animée, Bye Sweet Carole aborde des thèmes forts tels que les traumatismes et l’émancipation, le tout dans un contexte social inspiré de l’Angleterre du début du XXᵉ siècle. Le ton reste volontairement ambigu, et c’est sans doute ce qui fait la force du jeu.

Enfin, la seconde force du jeu devrions-nous plutôt dire, car la force principale, c’est son univers dessiné à la main, réalisé à l’aide de techniques cinématographiques inspirées des plus grands films d’animation, qui nous permettra d’explorer des endroits parfois chatoyants et d’autres lugubres.

Un gameplay solidaire, parfois asymétrique, avec une forte touche d’exploration

Dans un premier temps, le gameplay de Bye Sweet Carole nous place dans la peau de Lana, sous sa forme humaine. Elle devra explorer, fouiller chaque recoin et résoudre différentes énigmes : ouvrir des portes, trouver une solution pour créer un passage grâce à un jet d’eau, allumer une chaudière, placer un fusible, remettre l’électricité… et bien plus encore.

Mais très vite, une nouvelle mécanique vient enrichir l’expérience : la possibilité pour Lana de se transformer en lapin. Sous cette forme, elle peut se faufiler dans des passages étroits et atteindre des zones inaccessibles à son corps humain, ajoutant une belle dimension d’exploration et de réflexion. D’ailleurs, il est bon de noter que l’on peut se transformer à l’envie et passer du lapin à la forme humaine en appuyant sur une seule touche… Ce qui est pratique, car le lapin est rapide et pourra être efficace pour se cacher à vive allure, si un ennemi arrive.

Mais ce n’est pas tout, car au fil de l’aventure, le scénario se tisse progressivement, révélant de nouveaux alliés et mystères. Lana finira notamment par rencontrer son fidèle ami M. Beasie, un personnage aussi étrange qu’attachant… et jouable ! Ce dernier peut être contrôlé sous deux formes : sa forme complète avec son corps et ses jambes, ou dans sa forme réduite à sa seule tête. Car oui, M. Beasie n’est pas un compagnon ordinaire mais fantastique, et sa tête possède des capacités surnaturelles qui interagissent avec l’environnement : elle peut prendre feu, s’électrifier ou se déformer pour résoudre certaines énigmes. Une mécanique à la fois ingénieuse et déstabilisante au début, mais qui est parfaitement en phase avec l’atmosphère du jeu.

Du coup, vous passerez du début de l’expérience à une exploration solitaire, puis à une exploration en deux phases (lapin, humain) et pour finir à un gameplay parfois asymétrique avec Lana et M. Beasie. Exemple : il faudra parfois avoir M. Beasie à un endroit précis pour appuyer sur un bouton et déverrouiller un mécanisme, puis prendre en main Lana qui devra atteindre une autre zone pour résoudre une énigme et avancer dans le jeu.

Mais l’univers de Bye Sweet Carole n’est pas qu’énigmes et exploration paisible. Il est aussi peuplé de créatures terrifiantes qui vous pourchassent sans relâche : la sinistre chouette Velenia, le terrifiant Mr Kyn, ou encore un essaim incontrôlable de lapins de goudron. Chacune de ces menaces renforce le sentiment d’angoisse et d’urgence, tout en rappelant que le monde de Corolla est aussi fascinant que dangereux… D’ailleurs, les créatures qui vous pourchassent dans Bye Sweet Carole ne laissent que très peu de répit… et il faudra se montrer réactif pour s’échapper et parfois se cacher dans une armoire ou autre. Même là, vous ne serez pas à l’abri, car il faudra retenir sa respiration sous peine d’être détecté et frappé ou mourir.

Vous l’avez compris, le jeu propose à la fois un conte de fées, mais également une histoire intrigante où le malaise et la peur sont accentués, avec parfois la mort dans les parages. En effet, il est parfois impossible de savoir d’où viendra le danger, et la mort peut survenir à tout instant, parfois là où on ne l’attend pas : un vide sous une plateforme, une Lana mal stabilisée sur un pan rocheux, ou une créature surgissant par surprise pour ruiner tout espoir de terminer le jeu sans mourir. Et pour les plus téméraires, cette difficulté rend encore plus précieuse la réussite d’un run parfait, synonyme de trophée ou de succès déblocable dans le jeu… Mais clairement, seule l’élite y réussira : à l’heure actuelle sur Xbox, 0 % des joueurs ont réussi à le débloquer, c’est pour dire !

Cette tension constante de la peur et de la mort n’est pas là par hasard. Elle s’inscrit dans la vision ingénieuse des développeurs, qui tentent de nous faire voyager entre deux mondes : d’un côté, le sombre orphelinat de Bunny Hall, oppressant et mystérieux, et de l’autre, l’univers enchanteur  mais tout aussi dangereux de Corolla, où la magie et l’horreur se mêlent avec brio. Ce contraste permanent entre beauté et terreur donne au jeu une identité unique, presque hypnotisante, le tout avec une héroïne forte et des messages de fond puissants. Mais est-ce pour autant un jeu parfait ? Finira-t-on le test avec un « Happy End » ? La réponse est malheureusement négative.

Il était un fois…Un jeu sans bug n’arriva jamais !

Nous avons adoré parcourir le jeu Bye Sweet Carole, qui propose une direction artistique de toute beauté, une bande-son de qualité, et qui nous donne l’impression de nous balader dans un conte qui peut parfois être cauchemardesque !On avance dans le jeu, on ramasse des pages, on fouille, on récupère des items pour ouvrir une porte, réparer une horloge ou tout simplement résoudre une énigme… Et tout serait plus simple si certains ennemis ne passaient pas leur temps à nous coller, nous obligeant à courir et à nous cacher.

Si la ficelle marche plutôt bien au début, on regrette qu’ils aient régulièrement repris cette dernière, où il faut se cacher, arrêter de respirer pour espérer voir une créature sans se faire attraper… Certains joueurs apprécieront, et d’autres trouveront cela répétitif au fil du temps… ce qui peut être compréhensible ! Mais ce n’est pas le point le plus sombre du jeu, et c’est le cas de le dire, car parfois, après notre mort, nous avons réapparu avec un écran noir et du son… Aucune image sur le téléviseur, et il a fallu redémarrer le jeu sur la Xbox Series X pour revenir là où nous étions.

À côté de cela, nous avons également eu un souci sonore avec un son d’arrière-plan désagréable qui persistait pendant de longues minutes ou encore voir son personnage marcher en moon walk … Et il faut l’avouer, ce genre de problème technique ruine littéralement l’immersion dans le jeu. C’est dommage, car le titre est de bonne facture, chatoyant, et propose une bouffée d’air frais dans l’univers vidéoludique. Du coup, on espère que ces soucis seront réglés dans le futur avec de prochaines mises à jour, qui feront du bien au titre… Mais dans l’état actuel du jeu, il était de notre devoir de le notifier.

Conclusion 

Ne vous y trompez pas, malgré son côté enjolivé et sa direction soignée, Bye Sweet Carole n’est pas vraiment un conte de fées. Il s’agit plutôt d’un jeu d’aventure avec du point-and-click, le tout emballé dans une ambiance horrifique animée.Le jeu n’essaie pas de vous faire sursauter toutes les deux minutes, mais plutôt de vous transmettre des messages et de vous plonger dans une atmosphère étrange, où chaque recoin peut signer votre mort, que ce soit par une créature, des falaises, et bien plus encore.

D’ailleurs, ce n’est pas vraiment un titre horrifique classique, mais plutôt un jeu d’aventure click-and-play qui vous demandera de trouver de nombreux objets, de les combiner parfois et de résoudre de nombreuses énigmes pour avancer. Vous l’avez compris, il faudra faire travailler votre matière grise pour progresser, et si vous n’êtes pas adepte du style, vous risquez de tourner un peu en rond, voir de vos ennuyer. Mais si vous lui laissez une vraie chance, en dehors de ses quelques soucis techniques et ficelles à répétition, Bye Sweet Carole pourrait bien vous surprendre entre son histoire soignée, son ambiance singulière, sa direction artistique sublime et une durée de vie franchement honnête, le tout pour seulement 19,99 €.

Conclusion

7,8/10
Ne vous y trompez pas, malgré son côté enjolivé et sa direction soignée, Bye Sweet Carole n’est pas vraiment un conte de fées. Il s’agit plutôt d’un jeu d’aventure avec du point-and-click, le tout emballé dans une ambiance horrifique animée.Le jeu n’essaie pas de vous faire sursauter toutes les deux minutes, mais plutôt de vous transmettre des messages et de vous plonger dans une atmosphère étrange, où chaque recoin peut signer votre mort, que ce soit par une créature, des falaises, et bien plus encore. D’ailleurs, ce n’est pas vraiment un titre horrifique classique, mais plutôt un jeu d’aventure click-and-play qui vous demandera de trouver de nombreux objets, de les combiner parfois et de résoudre de nombreuses énigmes pour avancer. Vous l’avez compris, il faudra faire travailler votre matière grise pour progresser, et si vous n’êtes pas adepte du style, vous risquez de tourner un peu en rond, voir de vos ennuyer. Mais si vous lui laissez une vraie chance, en dehors de ses quelques soucis techniques et ficelles à répétition, Bye Sweet Carole pourrait bien vous surprendre entre son histoire soignée, son ambiance singulière, sa direction artistique sublime et une durée de vie franchement honnête, le tout pour seulement 19,99 €.

Les plus

  • Une direction artistique et animée de qualité
  • Un récit immersif qui parle de sujets forts comme les traumatismes et l’émancipation
  • Un gameplay évolutif et parfois asymétrique
  • La diversité des énigmes et mécaniques dans le jeu
  • Une durée de vie correcte

Les moins

  • Quelques soucis techniques (écran noir, personnage en moonwalk, etc.)
  • Les séquences où l’on est pourchassé sont trop fréquentes et deviennent rébarbatives
  • On aurait aimé le titre avec un audio en français pour parfaire l’illusion d’un animé
  • Certaines énigmes peu intuitives