TEST – Adorable Adventures

Adorable Adventures est un jeu d’ambiance et d’exploration animalière en solo, édité par PQube, développé par Wild Sheep Studio et sorti le 30 avril 2026 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Le joueur y incarne Boris, un marcassin devant retrouver sa famille après un incendie, dans des décors sylvestres inspirés du parc national des Cévennes. Si le titre apparaît d’emblée mignon et apaisant, qu’en est-il de sa qualité globale ?

Splendeur et tendresse

Dans un monde de plus en plus chaotique, où l’industrie du jeu vidéo répond avant tout à des impératifs d’argent et où les œuvres elles-mêmes mettent en scène la violence et la confrontation, il y a des jeux qui donnent une bonne bouffée d’oxygène. C’est notamment le cas de Adorable Adventures, un titre solo aussi attendrissant que cosy.

Ce jeu plonge les joueurs et les joueuses dans des décors forestiers et montagneux inspirés des Cévennes (cocorico). Ils y incarnent Boris, un petit marcassin espiègle qui se retrouve séparé de sa famille après un incendie. À l’aide de son odorat très développé, il devra se réunir avec ses sept frères et sœurs afin de briser la porte en bois derrière laquelle est coincée leur mère.

Tout au long du jeu, la narration est assurée par Maxime, le garde-forestier, qui guide le joueur à travers le parc. Bien qu’on ne le voie jamais, Maxime est entièrement doublé (y compris en français). L’interprétation de l’acteur permet à la fois une immersion agréable dans l’univers apaisant du jeu, et une explication claire du chemin à suivre et des objectifs à remplir.

Cette narration ajoute au plaisir déjà grand d’arpenter le parc de Adorable Adventures et ses environnements splendides. Plaines herbues, montagnes rocailleuses, forêt dense, rivière, cascades, grottes phosphorescentes… et même une partie incendiée du parc, recouverte de cendres et où brûlent encore quelques brasiers. À chaque fois qu’un de ses frères et sœurs rejoint Boris, leur force conjuguée leur permet d’enfoncer des barrières pour accéder à de nouvelles zones, toutes interconnectées.

Ces décors sont par ailleurs magnifiés par la 3D très bien travaillée du jeu. Le moteur est performant, la lumière dynamique et les graphismes détaillés. Chaque marcassin est identifié par un pelage différent, et la faune et la flore se distinguent aisément, notamment les éléments que l’on peut ramasser. Quant aux animations, elles ne manquent pas de fluidité, que ce soit celles des marcassins, des autres animaux croisés pendant l’aventure, de l’eau qui coule (l’écran se recouvre même de gouttes près des cascades) ou des rochers qui roulent. Une qualité indéniable pour un jeu indépendant qui se veut avant tout une expérience relaxante.

Quant à l’ambiance sonore, elle mise avant tout sur l’immersion dans l’univers sauvage du jeu. Autrement dit, on a affaire à des musiques calmes et à beaucoup de sons ambiants. Par exemple, quand Boris court contre un mur, un petit couinement accompagne l’animation (adorable) du marcassin qui tombe sur ses pattes.

La bande-son sert aussi à accompagner le gameplay. Par exemple, un son continu particulier se joue tant que Boris renifle ses alentours. Même chose quand il court : une mélodie intense à base de percussions se fait entendre. Enfin, elle permet de rythmer la progression : une musique festive se lance notamment chaque fois qu’un nouveau marcassin rejoint le groupe.

Renifler pour avancer

S’il est possible de courir, de sauter et de ramasser des objets, le gameplay de Adorable Adventures repose essentiellement sur le fait de humer des odeurs pour dénicher des éléments importants. C’est ainsi que Boris peut retrouver ses frères et sœurs pour briser les barrières et progresser dans le parc. Alors, comment est-ce que ça marche ?

Un bouton permet d’activer le “sentomètre”, c’est-à-dire la fonction qui permet de renifler les alentours. Une traînée de couleur apparaît alors dans le ciel, reliant Boris et l’élément odorant le plus proche et/ou qui sent le plus fort. La couleur dépend de l’élément senti. S’il n’a pas encore été identifié, la traînée sera blanche. Le sentomètre se désactive automatiquement si Boris s’écarte de la traînée ou s’il se déplace dans la cendre, notamment.

Toutes les odeurs perçues par Boris en temps réel sont consignées dans le menu de l’herbarium, ainsi que dans celui du sentomètre, qui peut s’afficher à gauche de l’écran. Ce menu permet de savoir quelles odeurs Boris sent en priorité (donc généralement lesquelles sont les plus proches), mais aussi de désactiver celles qu’on ne veut plus sentir. Cependant, pour ignorer une odeur, il faut d’abord bien la connaître. Cette action n’est donc possible qu’en collectant un certain nombre d’exemplaires de l’élément que l’on veut ignorer.

Souvent, pour dénicher un élément, il faut ruser. Par exemple, pousser un rocher au milieu de la cendre pour déblayer le terrain et renifler les environs très proches. Mais aussi déterrer une carotte et la donner à un lapin, afin d’obtenir sa confiance.

En bref, c’est ainsi que l’on progresse dans Adorable Adventures. Pour retrouver ses frères et sœurs, Boris doit pister leurs odeurs. Mais, distrait par d’autres parfums, il doit d’abord en apprendre plus sur la faune et la flore locales pour pouvoir les ignorer. Souvent, une fois un des membres de sa fratrie retrouvé, il doit accomplir une petite quête pour le convaincre de l’accompagner. Cette quête consiste souvent à récupérer un ou plusieurs éléments à l’aide de son odorat.

D’ailleurs, pour les joueurs férus de collection, sachez qu’il est possible de récolter certains éléments au-delà de ce qui est nécessaire pour ne plus les sentir. Cela permet de débloquer des éléments de personnalisation pour Boris. Par exemple, une robe de fleurs, un chapeau-champignon ou même une apparence de ballon de foot.

Un parc plein de défis à relever

Car il n’y a pas que des plantes et des animaux dans le parc. Au cours de son périple, Boris tombera sur bon nombre de déchets ou d’objets incongrus, abandonnés au milieu de la nature. Parmi eux, des boîtes de conserve, de la limonade, des lunettes de soleil… Bref, des choses qui n’ont rien à faire là, mais qui comptent dans le catalogue recensant tous les objets à récupérer dans le parc.

S’il y a une chose que l’on peut reprocher à l’usage du sentomètre, c’est certainement son côté répétitif. D’autant que, comme dit plus haut, il s’agit du seul véritable élément de gameplay du jeu. L’essentiel de l’aventure consiste à renifler des odeurs afin de retrouver sa famille et d’avancer pour sentir de nouvelles odeurs. Ce qui, au demeurant, ne présente pas une grande difficulté. Mais il y a aussi là-dedans une dimension apaisante qui conviendra aux joueurs appréciant la recherche et l’exploration, surtout dans des décors naturels somptueux.

Heureusement, même si le sentomètre est le cœur du gameplay de Adorable Adventures, il y a d’autres choses à faire dans le parc que sentir des fleurs et des champignons. L’aventure de Boris est en effet jalonnée de mini-jeux et défis en tous genres à relever. Ces derniers, nombreux et variés, sont tous indiqués sur une des pages de l’herbarium, le principal menu du jeu.

Par exemple, dénicher une truffe permet de débloquer une course contre-la-montre au milieu de la nature sauvage. Pour accomplir le défi, il faut alors battre le temps record en traversant tous les portails sur le chemin. Certains défis consistent également à jardiner. Autrement dit, à placer certaines plantes dans des lopins de terre précis pour reconstituer un motif coloré.

À cela s’ajoutent des défis photo. L’objectif : dénicher un appareil photo et le placer de sorte à immortaliser un lieu donné. Mais aussi d’autres épreuves, comme jeter des déchets à la poubelle, détruire des cairns en pierre disséminés dans le parc ou encore profiter de la fraîcheur d’une cascade.

À noter que tous ces défis peuvent s’accomplir après la fin du jeu. Une fois la mère des marcassins sauvée, une phase de post-game est effectivement disponible pour continuer à explorer le parc.

Mignon mais pas très long

Cependant, Adorable Adventures n’est évidemment pas exempt de problèmes. Comme déjà évoqué, le gameplay reste un peu répétitif. Boris accède à une nouvelle zone du parc, renifle les environs, retrouve un de ses frères et sœurs puis se rend dans la zone suivante. La plupart des défis annexes ne sont qu’optionnels, tout comme la recherche de la majorité des plantes. En effet, ces dernières sont avant tout là pour attirer Boris sur de fausses pistes.

Évidemment, les fans d’exploration prendront plaisir à dénicher tous les éléments cachés dans le parc. Mais pour les autres, l’expérience risque de se révéler ennuyeuse, voire plutôt vide.

Le corollaire de ce problème, c’est que la durée de vie du jeu se révèle également très courte. Quatre heures suffisent pour faire le tour du parc (la carte n’étant pas très vaste). Et ce en ayant accompli quelques défis et complété la recherche de plusieurs plantes. À la rigueur, cet écueil se compense par la possibilité de continuer à jouer après la fin du jeu. Mais l’ensemble des défis annexes n’ajoute pas tant de rejouabilité que cela.

Enfin, le dernier problème majeur du jeu n’est autre que l’existence d’un certain nombre de glitchs. Or, certains peuvent nuire à l’exploration et à l’immersion. Il arrive relativement souvent que Boris se coince dans certains décors, notamment en effectuant un saut au mauvais endroit et en chutant le long d’un escarpement. Mais aussi en grimpant à certains murs pas prévus à cet effet. Dans le pire des cas, la situation peut dégénérer en softlock si Boris est complètement incapable de s’extirper.

Heureusement, les développeurs ont prévu cette éventualité. Une commande “Réapparaître” est ainsi disponible dans le menu Pause. Elle ramène Boris au début du jeu, sans influencer la progression. Par ailleurs, les zones de la carte se relient toutes entre elles. Il n’est donc jamais très long de retourner là où l’on était.

Restons dans le domaine des glitchs. Lorsque les frères et sœurs de Boris rejoignent sa quête, ils se mettent alors à le suivre tout au long du jeu. Cela ajoute de l’immersion ainsi que de la mignonnerie. Car en plus de courir autour de lui, ils s’asseyent, se couchent, voire se cognent aux obstacles. Mais il leur arrive aussi parfois de traverser des textures, notamment lorsque Boris évolue dans des environnements escarpés et étroits.

Néanmoins, ces glitchs sont souvent bien plus amusants que véritablement gênants. De fait, ils n’influent en rien sur le gameplay. En outre, dans un titre en 3D, les modèles des personnages non joueurs connaissent souvent quelques problèmes de collision. Surtout lorsque sept d’entre eux gambadent à côté du joueur. Rien d’étonnant donc, surtout pour un jeu indépendant. D’autant que Adorable Adventures parvient à livrer des textures bien modélisées, et ce sans sacrifier de performances.

Test réalisé sur PC (Steam) via un code fourni par l’éditeur.

Conclusion

7,5/10
Adorable Adventures est un jeu qui, en plus de très bien porter son nom, remplit parfaitement ses objectifs. Pour un titre indépendant qui n’a pas d’énormes ambitions, il jouit de décors somptueux et dynamiques, d’un gameplay accessible et somme toute efficace, ainsi que d’un récit engageant sur la découverte, le respect et l’amour de la nature.

En revanche, il souffre des écueils habituels de son genre. Parmi eux notamment, une durée de vie très courte et des possibilités de gameplay assez réduites. Mais, pour les aficionados de jeux d’exploration et d’ambiance casual et cozy, nul doute qu’il s’agit d’une perle rare.

Les plus

  • Une direction artistique particulièrement soignée.
  • Une narration immersive et assurée avec brio.
  • Un gameplay simple et accessible, relevé de défis en tous genres.
  • Des décors et des missions qui font tomber amoureux de la nature.
  • Une aventure effectivement adorable !

Les moins

  • Une durée de vie très (trop) courte.
  • Un gameplay répétitif et plutôt limité.
  • Quelques glitchs, notamment des softlocks.
Paprika

Paprika

L'écriture et le gaming sont mes passions, donc j'ai fait d'une pierre deux coups. Fan éternel de Nintendo et de jeux indé.

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