À l’occasion de la 39ème édition de la Paris Manga, ce 14 et 15 mars 2026, où les amoureux de la culture nippone se retrouvent pour partager leur passion commune. Pour certains, cela passe par la fête et le chant. C’est le cas de l’association Mugen Sekai, créée en 2022, ayant pour but, via des soirées bon enfant, de réunir les gens autour de la pop culture japonaise. Présents pour la première fois à la Paris Manga, nous avons eu la chance de nous entretenir avec 3 membres fondateurs de l’association, à savoir Hadel Vaudandaine, président de l’association, Adam Lorté, vice-président, et Abatte Alimentchi, trésorier de Mugen Sekai, afin de mieux comprendre leurs objectifs et ambitions.
Geeknplay (GNP) : Comment est née l’association ? C’est quoi qui vous a poussés à créer justement cette association ?
Hadel Vaudandaine (H.V) : Alors, l’association est née d’une part après le Covid. Donc une idée a émergé : pouvoir faire sortir tout le monde, pour, bien évidemment, dans un premier temps, se changer les idées. Créer aussi une synergie avec les consommateurs de manga qui sont généralement, que ce soit dans leur maison, leur appartement, et qui consomment justement seuls ce plaisir. Et le but, c’était bien évidemment de se retrouver après cette crise pour profiter tous ensemble et créer une certaine sociabilité, et partager des événements ensemble. Dans un second temps, c’était aussi un moyen de nous retrouver entre amis, puisqu’on a fini nos études. Et pour aussi conserver un lien et créer quelque chose, on a donc décidé de lancer l’association.
GNP : Et je voudrais savoir justement, c’est quoi comme type d’animations pendant vos soirées ?
Adam Lorté (A.L) : Par rapport aux soirées, disons qu’on a plus ou moins trois thèmes. Le premier qu’on a appelé les OAV, c’est vraiment dans un esprit très familial, très convivial, où on regroupe jusqu’à 40 personnes. Le thème principal, c’est vraiment le jeu. Donc ça peut varier entre toutes les animations qu’on peut proposer. On a par exemple fait intervenir des humoristes, il y a d’autres artistes aussi. Je ne vais pas trop en dévoiler forcément, le but c’est de venir un petit peu (rire). On a d’autres événements d’une toute autre ampleur qu’on va appeler les arcs, sur lesquels là c’est un peu plus dans l’ambiance de la soirée même, donc avec des boissons sans alcool bien évidemment, mais un petit peu revisitées, avec des noms justement manga, histoire de rester dans le thème, et quelques animations qui relèvent plus du spectacle qu’autre chose. A s’ajoute aussi beaucoup de musique, ainsi que du social, de la danse et tout ce qui peut aller dans l’univers. Enfin, le dernier type d’événement, ce sont nos festivals. Et là, on est vraiment ouverts à tous, en l’espace d’une journée. Et souvent, ça se fait en partenariat avec les municipalités qui veulent bien nous accueillir. Le but, c’est un petit peu de promouvoir la culture, notamment la littérature, qui, on estime, peut passer par le biais des mangas. Aujourd’hui, on ne peut pas nier l’émergence justement de ce secteur-là. Et c’est vrai que c’est bien de raccrocher la jeunesse justement à cette activité, parce que clairement, c’en est une. Et pourquoi pas le faire en s’amusant.
GNP : Et juste pour repréciser un point, quand tu dis littérature, c’est-à-dire ?
A.L : En fait, il y a la version papier, donc des mangas, ceux qu’on achète à la Fnac ou dans d’autres commerces. Après, il y a également les animés, donc là c’est du visuel, il y a quand même un petit peu de lecture, mais c’est pas pareil. Et il ne faut pas oublier tout ce qu’il y a autour. Je pense par exemple à My Hero Academia, qui a des spinoff comme vigilantes. Il y a par exemple d’autres mangas comme Bleach par contre je n’ai pas les noms (Can’t Fear Your Own World), mais en fait il y a des romans qui sont faits derrière, et ce sont des histoires annexes au personnage principal. Il y a un peu un segment qui se crée au travers de l’animation, parce que très souvent on a des mangas qui voient le jour, on a une saison une, et après il faut attendre combien d’années pour voir le reste. Mais ce qu’il faut comprendre derrière ça, c’est que c’est une invitation, pour ceux qui ne veulent pas patienter, à aller voir plus loin et acheter le reste de l’œuvre sous format papier. d’ou cette volonté via nos événement à pousser les participants à aller en plus de l’anime vers la version papier.
GNP : Pourquoi, selon vous, c’était important de vulgariser la culture manga à travers des rencontres ?
Abatte Alimentchi (A.A) : Je pense que c’est plus simple pour les personnes de discuter autour du manga. C’est une passion qu’on a en commun. Et on ne va pas se mentir, moi j’ai 32 ans, on est tous dans la trentaine. Et il y a plus de 10 ans, les mangas c’était mal vus. Enfin… c’était pas… t’étais vu un peu comme le ringard qui est derrière ton PC, le petit geek et tout. Et là, on a vu que ça s’est démocratisé. Du coup, on n’a pas tous forcément grandi avec des gens autour de nous qui aimaient bien les mangas. Du coup, ça permet forcément de réunir les gens et de pouvoir discuter autour du manga.

GNP : Comme tu l’as dit, le manga, on voit qu’il y a une vraie évolution dans sa perception, etc. Comment vous pensez que les associations dans votre type peuvent accompagner ce mouvement-là ?
H.V : Dans plusieurs domaines. Comme le disait précédemment Adam, sur les festivals par exemple, on accompagne que ce soit des artistes dans le manga, mais également quand on dit artistes, c’est artistes de scène que ce soit des associations, que ce soit dans le domaine sportif, mais également des artistes qui font de la peinture, des étudiants, des étudiantes qui, justement, se sont pris de passion pour les mangas et ont voulu justement créer des choses avec cela, donc de la calligraphie ou autre. Et derrière, le but, pour une association comme la nôtre, c’est de mettre en lumière ces personnes-là qui agissent dans le seul but de la passion. Et nous, notre but, bien évidemment, c’est d’interagir et de connecter ces personnes-là.
GNP : Donc si je comprends bien, à l’avenir, l’un de vos buts aussi serait de mettre en avant, entre guillemets, la scène mangaka française, on peut dire ?
H.V : Totalement !
GNP : Pour le moment, ça a été quoi pour l’instant l’événement qui vous a le plus marqués, que vous avez organisé ?
A.A : En vrai, le premier festival qu’on a organisé à Limay, c’était… Je pense que c’était vraiment là où on a pris un tournant.
A.L : Le premier festival a changé le tout pour nous. Il y a eu une opportunité qui s’est présentée, il y a eu une grosse réunion en interne, beaucoup de discussions, beaucoup de rigolades, une bonne soirée entre nous. Ça paraissait anodin, mais ça a donné lieu à de très belles choses derrière. Le festival a été très bien reçu, que ce soit par la ville ou ses habitants, et on ne s’y attendait pas du tout. Même nous, c’était une belle expérience. Il y a eu beaucoup de travail, beaucoup de préparation. Le président a beaucoup œuvré (rire), il faut dire, il y a eu beaucoup de travail de fond dans l’ombre. Mais voilà, sur la journée même, c’était inoubliable.
GNP : Dernière question, je voudrais savoir, ça va être quoi la suite pour vous ?
H.V : Continuer à préparer des événements, préparer des soirées, des arcs, des OAV, des festivals, pouvoir se développer. On est situés, bien évidemment, en Île-de-France. Aujourd’hui, on est à Paris Manga. Donc je pense que c’est une belle consécration aussi pour nous d’obtenir une place dans ce lieu mythique. C’est la 39e édition, donc forcément, ça ne date pas d’hier. Donc le but, c’est bien évidemment de poursuivre ça, et j’ai envie de dire de saisir chaque opportunité pour bien évidemment faire profiter un maximum de personnes.
Merci à Mugen Sekai pour cet entretien.



