Avis – Tokyo Ghoul S, le film live sur le manga éponyme !

Tokyo-Ghoul-S

Tokyo Ghoul S, la suite du film sortie en 2017 a été révélé en avant première européenne lors de la Japan Expo 2019. Ce deuxième opus de la saga racontant les aventures de Ken Kaneki est une adaptation du manga du même nom, écrit par Sui Ishida. Dans cet article nous vous livrons notre avis sur ce film qui est prévu pour le 19 juillet 2019 dans les salles de cinéma japonaises.

Afin de mener à bien notre review, il est possible que certains éléments d’intrigues du manga soient révélés. Il est donc fortement conseillé d’avoir pris connaissance du film précédent ou bien de l’histoire des trois premiers tomes de Tokyo Ghoul afin d’apprécier au mieux cet avis critique sur le film Tokyo Ghoul S. **SPOILER ALERTE**spoiler

Que le festin commence.

Tokyo Ghoul S est une uchronie dans laquelle les humains vivent dans un monde semblable au nôtre à la seule différence qu’ils coexistent avec une autre espèce d’humanoïde, les goules. Ces dernières, bien qu’elles ressemblent physiquement à des êtres humains normaux, sont des anthropophages qui se cachent parmi la population et se nourrissent de chair humaine.Lize Tokyo Ghoul

C’est ainsi que Ken Kaneki un jeune étudiant humain, le protagoniste, devient la victime d’une attaque de goule. À la suite de l’incident, il découvre avec effroi que son métabolisme se change progressivement en celui d’une goule. Le manga de Sui Ishida raconte l’histoire de Ken Kaneki qui au fur et à mesure de sa transformation physique, luttera pour ne pas y perdre son humanité.

Tout d’abord, Tokyo Ghoul S reprend l’intrigue du premier film directement où ce dernier c’était terminé en 2017. En termes chronologiques, cela correspond à la fin du troisième tome du manga original. Ainsi, l’histoire narré dans Tokyo Ghoul S est une adaptation plus ou moins fidèle des événements du quatrième et du cinquième tome de Tokyo Ghoul.

I want to eat your pancreas, Kaneki-kun.

En outre, si vous êtes un lecteur et ou un fan de l’univers de Tokyo Ghoul, alors vous savez que le film introduit l’un des personnages iconiques de la série, la goule Tsukiyama Shû. Ce dernier, qui dès la première minute est caractérisé comme le principal antagoniste du film, est incarné à l’écran par l’acteur Matsuda Shota.

Tsukiyama Shû Tokyo Ghoul S
Matsuda Shota, dans le rôle de Tsukiyama Shû.

L’intrigue du film, tout comme dans le manga, s’attarde sur la rencontre de Tsukiyama et Kaneki. Le premier est une goule vorace amateur de chair fraîche, qui développe une attirance morbide pour le personnage principal, qu’il va tenté de mettre dans son assiette. S’en suit donc le déroulé de l’intrigue qui repose en grande partie sur le duo Kaneki / Tsukiyama où le méchant cherchera à tromper Kaneki et le faire tomber dans son piège.

Entre autre, le premier point positif qu’on décèle, est ici lié à la performance de Matsuda Shota. La dynamique qui se crée entre le protagoniste, encore naïf à propos du monde des goules qu’il vient d’intégrer, et son adversaire, qui est un prédateur sans pitié, fonctionne très bien dans le film.

Le défi ici, était de réussir à retranscrire à l’écran la folie de Tsukiyama, qui perd progressivement la raison à mesure que son désir de dévorer Kaneki Ken grandit. En cela, on ne peut que saluer le jeu d’acteur de Matsuda Shota, qui fournit une performance constante et retransmet avec une justesse effrayante toute la folie de ce personnage sans jamais basculer dans le grotesque.

Tokyo Ghoul S : Une bonne adaptation…?

Tokyo Ghoul S Casting
Casting de Tokyo Ghoul S, Japan Expo 2019.

Une des premières choses qui transparaît à l’écran mis à part l’apparition marquante de Tsukiyama Shû, est la direction artistique de Tokyo Ghoul S qui demeure de très bonne facture.

On saluera le choix des décors du film, qu’on imagine choisis minutieusement, et le look des personnages, qui restent fidèles au manga. En contrepartie, le film qui choisit délibérément de ne s’attarder que sur Kaneki Ken, Kirishima Touka et Tsukiyama Shû durant les deux heures de visionnage, tout un pan de l’arc narratif originel se voit alors passer à la trappe.

 

kotaro amon
Kotaro Amon, inspecteur de la brigade anti-goule (CCG).

Celui qui subit le plus les conséquences de ce parti pris est sans doute Kotaro Amon. L’inspecteur du CCG qui est pourtant l’un des personnages principaux de la série n’a le droit qu’à deux apparitions de quelques secondes durant le film. Sans vraiment que celles-ci fassent avancer en quoi que ce soit l’histoire. De ce fait, à moins que vous ne connaissiez déjà qui il est et son importance dans le récit de base, sa présence au casting passera totalement inaperçue à vos yeux.

Ce dernier point illustre une des faiblesse du film. Tokyo Ghoul S, condense en deux heures un arc narratif qui aurait mériter d’être traiter en trois heures ou bien en deux films de 2 heures chacun. Incapable de parler de tout, le film prend des raccourcis dans le scénario et échoue à installer son univers.

L’aspect trop net et propre du film donne l’impression que Tokyo Ghoul S a été calibré pour le grand public. Parallèlement à cela, le film comporte par moment des visuels très cru, notamment durant les cinq premières minutes du film, qui font totalement sens dans l’univers sombre de Tokyo Ghoul. Jonglant avec ses contradictions, Tokyo Ghoul S échoue malgré sa bonne volonté, à faire ressentir au spectateur l’atmosphère viscéral présent dans le manga et l’anime japonais, notamment lors de la scène du restaurant des goules, très marquante dans le manga, mais qui est ici totalement remaniée. Tsukiyama blessure

… Ou un bon film ?

tokyo ghoul kaneki mask
Kaneki Ken, alias la goule borgne.

Tomohiro Nagae, le réalisateur du film, en cherchant à trop faire plaisir aux fans de Tokyo Ghoul, échoue à rendre l’œuvre totalement convaincante dû au manque de moyens à sa disposition. Bien que certains décors et certains rendus graphiques soient esthétiquement très correct et élégant, les limites se font vite ressentir lorsque il s’agit de donner vie aux goules et au Tokyo alternatif dans lequel elles évoluent.

Ne disposant pas des mêmes moyens qu’un Seigneur des anneaux ou bien un Harry Potter, certains visuels comme les masques de goules (que ces dernières utilisent pour masquer leur identité) et la CGI manque de crédibilité.

En premier lieu, les masques des goules,qui servent d’accessoires aux goules pour chasser et qui leur confèrent une aura inquiétante dans le manga, sont loin de faire honneur aux personnages dans le film, et n’ont ici plus rien d’effrayant à l’exception de celui du héros. D’un masque de prédateur sanguinaire, on tient plus souvent ici du masque de carnaval.

Deuxièmement, les effets spéciaux et la CGI (computer generated imagery) convaincant par moment, manquent totalement de crédibilité lorsqu’il s’agit d’animer des scènes d’actions. C’est d’autant plus étonnant, qu’on sera plus agréablement surpris par la finesse des chorégraphies de combats à mains nues dans le film. Ces phases réussissent l’exploit, grâce à l’utilisation habile de plans séquences et de filins de sécurités, à nous faire ressentir avec justesse la puissance des coups et l’agilité des goules qui les différencient des êtres humains.Touka wing

Toutefois, on ne peut pas en dire autant de la modélisation des Kagune (appendice permettant aux goules de chasser et combattre entre elles lors de luttes de territoires) qui malgré les efforts consentis par l’équipe des effets spéciaux, rate totalement dans sa tentative de matérialiser ce membre propre aux goules, et son côté organique présent dans le manga et l’anime. Pire que ça, la piètre qualité de la CGI des Kagune nous rappelle constamment que ce ne sont pas des goules qu’on voit combattre à l’écran, mais des humains qui jouent aux goules.

Bande Annonce de Tokyo Ghoul S

Conclusion Pour Tokyo Ghoul S

Le film échoue dans ce qu’il tente d’entreprendre malgré ses qualités. Bataillant entre le désir de rester fidèle au manga et l’impératif d’être un film grand public. C’est en ne sachant pas sur quel pied danser que Tokyo Ghoul S échoue à la fois à être une bonne adaptation de l’oeuvre originale et un bon film. C’est d’autant plus dommage qu’il lui manque peu de choses afin d’y parvenir. À la fin de la séance, il subsiste une désagréable sensation d’être rester sur notre faim devant un film incapable, tout comme Kaneki Ken, de s’assumer pleinement dans ses idées de mises en scènes originales trop peu nombreuses pour rendre le film mémorable.

►►►Japan Expo 2019 – Un vingtième anniversaire réussi !
►►►Japan Expo 2019 – Une journée idéale avec GeekNplay.
►►►Japan Expo 2019 – Faire vivre le Cinéma japonais en France.
►►►Japan Expo 2019 – Que vaut My Hero Academia saison 4 ?
►►►Japan Expo 2019 – Découvrez la maquette avec Anigetter !
►►►Japan Expo 2019 – L’art dans Samurai Shodown.
►►►Avis – The Saga of Tanya the Evil : Le film.

6.3

scénario

7.0/10

asqpect visuel

6.5/10

bande sonore

4.5/10

ambiance

7.0/10

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire