Directeur de la Paris Games Week, Nicolas Vignolles a présenté les nouveautés et ambition du salon lors de la soirée presse. Nous avons échangé avec lui sur l’accent mis sur la jouabilité, l’ambition d’étendre l’événement à toute la capitale, le soutien aux studios français et l’inclusion des joueuses.
GeeknPlay (GNP) : Durant le point presse, vous avez évoqué le fait que l’événement allait davantage s’axer sur la jouabilité. Comment cela se caractérise-t-il concrètement ?
Nicolas Vignolles (N.V) : Nous avons fait un effort très particulier cette année sur le nombre de positions de jeu. Cela correspond clairement au nombre de manettes, de consoles et de PC qui permettent aux joueurs de poser la main sur une manette. Il y a par exemple une zone qui n’existait pas l’an dernier, la zone Open Gaming. Pendant les quatre jours, elle permet de tester des jeux qui ne sont pas forcément de méga nouveautés, pour que les gens puissent jouer à plus de jeux avant de quitter le salon.
GNP : Comment faire en sorte que cet événement reconstruise encore davantage l’aspect réel et festif du jeu vidéo ?
N.V : C’est une bonne question. Déjà, on multiplie les licences présentes. Il y a de grands univers dans le jeu vidéo, et tous ceux qui connaissent notre industrie savent que l’univers Zelda, l’univers Final Fantasy, celui d’Assassin’s Creed chez Ubisoft, ou encore le dernier Dragon Ball chez Bandai Namco, sont incontournables.



On crée aussi des moments communautaires sur les stands, où l’on dit aux communautés de fans de ces jeux : « Retrouvez-nous. » On fait venir des développeurs, des gens qui créent les jeux. Cela produit des moments où les gens se battent pour prendre leurs billets afin de voir ces créateurs de jeux vidéo.
GNP : Vous évoquiez aussi l’idée de faire vivre la ville de Paris avec le jeu vidéo, grâce à des événements en dehors du salon. Où en êtes-vous ?
N.V : On tente cela cette année encore de manière assez modeste, mais on aimerait vraiment le passer à grande échelle dans les années qui viennent. L’idée, c’est de proposer quelque chose de très différent de la Gamescom et du Tokyo Game Show, parce que nous avons un atout à Paris, c’est Paris (rires). On se dit donc que, peut-être en 2027-2028, on aimerait déployer la Paris Games Week partout dans la capitale.
Cette année, on a par exemple des activations dans une dizaine de bars. On a aussi fait un DJ set avec la RATP à la station de métro Glacière, avec des musiques de jeux vidéo. Ça, on aimerait le développer encore beaucoup plus.
GNP : Le secteur du jeu vidéo connaît actuellement beaucoup de licenciements. Quel regard honnête l’événement porte-t-il sur cette situation, et que peut-il apporter aux éditeurs et aux développeurs français ?
N.V : La Paris Games Week est un salon vraiment grand public. À la base, ce n’est pas un salon de professionnels. Il se tient huit semaines avant Noël, et l’objectif est de donner envie aux familles, aux enfants, aux adultes de tester un jeu et de se dire : « Je le veux absolument pour Noël».
Pour autant, il joue un vrai rôle pour les professionnels et pour tout le secteur, parce qu’on y multiplie les occasions de rencontres. Il y a un énorme espace B2B, avec des conférences entre professionnels où ils peuvent se connecter. Je pense notamment aux studios français, qui peuvent y rencontrer des éditeurs, parler de leur jeu et de leurs nouveaux contrats, et le faire tester dans l’espace du Pavillon Game France. Pour les petits studios, c’est un rendez-vous incontournable pour faire connaître leur jeu et essayer de trouver des partenaires.
GNP : Au début de la conférence de presse, vous avez indiqué qu’un joueur sur deux est désormais une femme. Comment le salon œuvre-t-il pour suivre cette tendance et favoriser l’inclusion dans le jeu vidéo ?
N.V : Vous avez raison, c’est un sujet en soi. Nous menons une sensibilisation, notamment auprès de nos grands stands, comme celui d’Ubisoft. Dès qu’il y a des animations, on porte une attention particulière à la présence de petites filles sur le salon. Certains éditeurs sont particulièrement engagés sur ce sujet, je pense à Ubisoft et à Xbox, et des démarches sont faites sur leurs stands.
Il y a aussi le fait, tout simplement, de mettre en avant des jeux qui, par leur iconographie et leur narration, valorisent des héroïnes ou des héros parfois non genrés, ni complètement femmes ni complètement hommes. Sur le salon, vous allez voir que c’est très visible. Si on compare avec le salon des années 2015/2016, où les héros étaient très sexualisés, ça n’a plus du tout la même allure aujourd’hui. C’est toute cette démarche que l’on promeut.
Enfin, il y a Women in Games, la grande association qui milite pour l’égalité dans le jeu vidéo et qui est très présente sur le salon. C’est un aspect important pour nous. Il y a notamment une safe zone : si une femme veut venir se confier sur un harcèlement subi dans le monde professionnel ou sur le salon, elle trouve un endroit dédié pour signaler ce comportement inadmissible. Ce sont plein de petites choses. On n’a pas de recette miracle, mais on essaie de bien accueillir les visiteuses autant que les visiteurs.
GNP : Un dernier mot à ajouter ?
N.V : Je l’ai dit en ouverture de la conférence, c’est vraiment l’état d’esprit qui nous anime. Nous voulons être un petit rayon de soleil au milieu d’une actualité très noire, très négative. On espère que ces quatre jours redonneront un peu le sourire à nos visiteurs et à nos visiteuses, dans une actualité plutôt grisâtre.
Un grand merci à Nicolas Vignolles pour sa disponibilité lors de la soirée presse de la Paris Games Week.
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