Vous n’êtes pas sans le savoir si vous suivez l’actualité de la pop culture et plus particulièrement celle de l’animation : l’un des animes les plus attendus de ce mois d’octobre est bel et bien français ! Et pour cause, le manga d’origine célèbre une étape historique. Sorti en 2004 chez Pika Édition, Dreamland de Reno Lemaire a su s’imposer comme un véritable pilier du manga tricolore. Fort d’un univers atypique et d’un bouche-à-oreille des lecteurs, l’œuvre continue d’intriguer.
À l’occasion de ce 20ème anniversaire, Pika Édition a eu l’excellente idée de publier un « mook » (fusion entre un magazine et un book). Nous avons eu la chance de recevoir un exemplaire presse de cet ouvrage de 288 pages de Pika Edition tout en couleurs, vendu au prix de 22 €. Sans trop vous en dévoiler évidemment, voici pourquoi ce livre est un indispensable pour tout fan de Dreamland ! Le mook est déjà en librairie donc n’hésitez pas !
Dreamland, les débuts : La naissance d’une épopée
L’un des plus grands atouts de ce mook est sans conteste la place accordée aux origines de la série. Pour saisir pleinement comment un projet né dans le sud de la France a pu devenir le monument qu’il est aujourd’hui, l’ouvrage remonte aux racines même de l’auteur. On y apprend notamment que toute l’aventure de Terrence a failli ne jamais voir le jour sans un détail : un sweat bleu offert à Reno Lemaire par sa sœur en 2004. Cet élément vestimentaire, devenu indissociable du héros, a agi comme le déclencheur d’un univers foisonnant. Mais au-delà de l’anecdote, le mook révèle la méthode de travail de l’auteur. Lors de sa grande interview menée par Charles de la chaîne Pain sur la planche, Reno confie avoir structuré l’intégralité du manga en à peine une semaine. Il a imaginé simultanément tous les chapitres aves les grandes lignes de la série afin de sceller immédiatement la trajectoire narrative du manga. Pour l’auteur, le récit est apparu sous forme d’images animées et colorées, et donc n’a eu aucun mal à reconstituer les images de son esprit en dessins.
L’ouvrage retrace ensuite le virage décisif de l’été 2005, lorsque les premières planches sont publiées dans la pré-publication Shōnen Collection chez Pika Édition. La toute première dédicace organisée à la librairie Ikoku de Montpellier suscite immédiatement la curiosité du public local.
Sur le plan purement artistique, cette première partie du mook offre un panorama fascinant sur la métamorphose visuelle de la franchise entre 2004 et 2026. À ses débuts, Reno adoptait un trait très fin, associé à des décors épurés qui laissaient toute la place à l’expressivité des visages, à l’ambiance et à l’intensité dramatique des scènes. Année après année, au fil des chapitres et du travail mené aux côtés de ses assistants sur les décors et les trames, le dessin a pris du volume, s’est épaissi et a gagné en assurance sans jamais perdre son élan d’origine. Pour autant, Reno Lemaire ne s’est jamais laissé enfermer dans la démonstration technique gratuite, rappelant l’un de ses préceptes fondamentaux : « Le dessin sert la narration, pas l’inverse ». Ce qui fait la force de Dreamland, c’est cette lisibilité sans faille et cette énergie communicative qui emportent le lecteur d’une case à l’autre. En combinant rétrospective technique, souvenirs humains et confessions sans filtre, le mook dépasse le cadre du simple livre commémoratif : il dresse le portrait authentique d’un auteur passionné et dévoile l’envers d’une aventure créative exceptionnelle.
Des lecteurs qui ont poussé l’œuvre !
Dreamland n’aurait évidemment pas pu durer vingt ans sans ses lecteurs. Le mook revient donc également sur les premières années de publication et sur l’accueil réservé à la série. On comprend comment une communauté (même si le mot ne plait pas à l’auteur) s’est progressivement créée autour de Dreamland. Le manga de Reno Lemaire n’est pas présenté uniquement comme le travail d’un auteur, mais comme une aventure qui implique énormément de personnes, des assistants jusqu’à l’éditeur et aux libraires.
C’est ce bouche-à-oreille qui a véritablement propulsé Dreamland au sommet du manga français. Reno Lemaire le souligne lui-même dans l’ouvrage : au tout début, les lecteurs de Dreamland passionnés qui n’hésitaient pas à parier sur l’œuvre et à venir accompagnés de leurs amis lors des séances de dédicaces. (Rassemblant plus de 80 personnes au fur et à mesure.) De fil en aiguille, ces rencontres en librairie se sont transformées en rassemblements, créant un effet boule de neige qui témoigne du lien unique et indéfectible tissé entre l’auteur et son public depuis vingt ans.
Pika rappelle d’ailleurs qu’en vingt ans, la série a dépassé les 800 000 exemplaires en circulation et compte désormais 24 tomes.
Des planches, des spins off et des interviews pour mieux comprendre l’univers !
Le mook renferme de véritables trésors pour les fans, à commencer par le tout premier chapitre pilote de 2004 bien différent du premier chapitre que l’on connait. Dreamland étant une œuvre qui fédère et inspire, quatre artistes de la scène manga française ont répondu à l’appel pour livrer leur propre vision du monde des rêves. En plus d’un story-board inédit signé Reno Lemaire, plusieurs spin off dont Tokyo Trip sont présenter dans ce mook.
Outre les planches et les interviews, l’ouvrage regorge de précieux documents visuels d’archive. Les fans peuvent ainsi y découvrir l’évolution graphique des protagonistes à travers les premiers chara designs de Terrence et des figures marquantes de la série, accompagnés de nombreux croquis de recherche jusqu’alors jamais dévoilés. Le mook pousse l’immersion encore plus loin en proposant une série de photographies immortalisant le studio de travail de Reno Lemaire à différentes époques.
On retrouve ainsi Jeronimo Cejudo, Federica Di Meo, Romain Lemaire et Miya, qui proposent chacun leur propre one-shot. Parmi eux, Miya livre notamment un chapitre intitulé Dream Beach – La Daronne voyageuse. Chacun apporte sa sensibilité et son identité graphique pour réinventer l’univers des Rêveurs.
L’autre grande force du livre réside dans ses 100 pages de rétrospectives et de témoignages. À travers différentes interviews menée dans ce livre, Reno Lemaire revient en détail sur son parcours et sur l’évolution de sa création. Le mook prend également le temps de décortiquer la chaîne du livre, rappelant le rôle crucial de chaque intermédiaire entre le bureau du mangaka et les étagères des libraires. Cette immersion est complétée par les interventions poignantes des assistants. Roro (ancien assistant) y explique son travail sur les décors, le tramage et la conception de designs marquants, comme le virus bernard-l’hermite de la tour Poisson.
Ce volume de 288 pages arrive au moment le plus stratégique pour la licence. L’année 2026 marque non seulement cet anniversaire symbolique, mais aussi le lancement de l’adaptation animée sur ADN et Crunchyroll. Cet événement s’accompagne d’une actualité éditoriale dense chez Pika Édition, entre la sortie du tome 24 collector, la réédition de l’artbook, une exposition dédiée au festival Quai des Bulles et un pop-up store parisien en octobre. (du 16 au 19 octobre pour ceux qui souhaite y aller !)
*Critique réalisée grâce à l’envoi d’un exemplaire press du mook par Pika Edition !
Conclusion
Destiné en priorité aux fans de la première heure et aux curieux des coulisses de l'édition, l'ouvrage réussit avec brio sa mission commémorative. Il permet de mesurer avec nostalgie le chemin parcouru depuis 2004 pour comprendre comment l'œuvre est devenue l'un des piliers du manga français, avec 24 tomes.
Les plus
- Des anecdotes intéressantes !
- Les spins off et les interviews
- Parfait pour les fans de Dreamland
- On attend l'animé le 17 octobre avec impatience !
Les moins
- Vous devez déjà connaitre l'œuvre avant
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