Du 9 au 12 juillet se tient la Japan Expo 2026, un événement majeur pour les fans de la culture nippone. En cette année 2026, l’événement a une saveur particulière : en effet, la Japan Expo fête son 25ème anniversaire. Présents lors de l’événement, nous avons pu notamment échanger avec Satoshi Shiki, connu notamment pour Riot et Kamikaze, des univers nés de son coup de crayon mais aussi L’Attaque des Titans Before the Fall et plus récemment Persona Persona × Tantei NAOTO et Casshan R. Nous avons ainsi pu revenir sur sa démarche artistique, sa façon d’aborder les univers codifiés et le plaisir qu’il prend à partager son art au-delà des frontières japonaises.
GeeknPlay (GNP) : Vous avez créé votre propre univers avec des mangas comme Riot, Kamikaze, mais aussi adapté des licences déjà installées comme L’Attaque des Titans Before the Fall. Quelle est votre démarche artistique lorsque vous partez d’une page blanche sur une histoire qui vous appartient entièrement ?

Satoshi Shiki (S.S) : Pour des œuvres comme Riot et Kamikaze, j’avais le contrôle du début jusqu’à la fin, que ce soit sur le style artistique ou sur la façon dont on raconte l’histoire, donc c’était beaucoup plus libre. Mais pour des histoires comme Before the Fall de L’Attaque des Titans, ou encore Cross Blade, une autre adaptation sur laquelle j’ai travaillé, il fallait vraiment s’immerger dans l’histoire, dans le roman qui avait déjà été créé. Et en tant qu’adaptateur, mon rôle c’était vraiment de représenter l’histoire telle qu’elle était, sans y imposer mon interprétation personnelle.
GNP : Et justement, à l’inverse, quand l’univers est déjà existant et codifié, comment trouvez-vous votre propre voix graphique et narrative sans trahir l’œuvre originale ?
S.S : C’est vrai qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut dans ce genre de situation. Mais vraiment dans les détails, dans le style des dessins, je peux pleinement m’exprimer artistiquement. Et du coup, je n’ai aucun regret ni aucun doute, parce que je pense avoir mis toute mon identité de mangaka via les dessins.
GNP : Vous avez travaillé sur Persona × Tantei NAOTO, un univers extrêmement codifié. Quelle était votre marge de liberté graphique dans ce cadre-là ?
S.S : L’univers de Persona, c’est une licence extrêmement stricte. Il y avait plein de règles, plein de choses que je ne pouvais pas faire librement. Mais en ce qui concerne la façon de faire ressortir mon identité en tant que mangaka, pour moi travailler sur la licence Persona a été un challenge positif, notamment sur comment réussir malgré tout à exprimer mon identité de mangaka. Je l’ai vu comme un défi qui pouvait faire avancer ma carrière. En travaillant sur Persona, j’étais dans l’état d’esprit d’absorber l’histoire de la série et de la faire ressortir le plus authentique possible. Ce n’était pas du tout un frein pour moi, mais justement un moyen de me perfectionner en tant que dessinateur.
GNP : Actuellement, vous travaillez sur Casshan R depuis 2023. Où en est ce projet, et qu’est-ce qui vous a donné l’envie de replonger dans cette licence culte ?
S.S : Le projet continue sur le web et le deuxième volume sortira bientôt, donc gardez un œil dessus. Quant à l’envie d’y replonger, c’était vraiment fait par demande. Mais Casshan, c’est un animé qui a commencé avant ma naissance, et ce qui a été difficile, c’est vraiment d’y aller revoir l’animé depuis le début. C’est ça qui a été assez difficile pour moi.
GNP : Vous êtes un mangaka qui voyage énormément hors des frontières japonaises, notamment ces dernières années. Est-ce que ces rencontres avec un public différent, une culture différente, vous ont donné l’envie de travailler sur des licences cultes non japonaises ?
S.S : Dans ma vie, je n’ai connu que le manga, et ça fait partie de ma vie, de mon identité. Je ne vois que faire du manga. Mais justement, je prends le plaisir de dessiner, de faire ce que j’aime, dans d’autres pays, et de partager ce plaisir avec d’autres personnes.
GNP : Durant cette Japan Expo, vous proposerez un format live drawing sur les quatre jours du festival. Comment abordez-vous cet exercice en direct, alors que le travail de mangaka est quand même un travail très solitaire ?
S.S : C’est vrai que les mangakas travaillent tout seuls dans leur chambre, et c’est un peu là notre spécificité. Mais quand j’arrive dans des endroits comme la Japan Expo, des conventions où je dois dessiner devant beaucoup de monde, dans une grande ambiance, c’est un changement d’environnement qui fait que c’est beaucoup plus difficile, c’est certain. Mais je le prends positivement, et pour moi, c’est une autre opportunité de sortir de ma zone de confort et d’expérimenter sur ce que je suis capable de faire.
GNP : Pour finir, quel message souhaitez-vous adresser à vos fans français ?
S.S : Les mangas et les animés ont vraiment le pouvoir de rassembler des personnes, et pour moi, c’est mon objectif en tant que dessinateur de continuer à écrire des histoires, des récits qui rassemblent les gens pour passer un bon moment.
Merci à Satoshi Shiki et à son interprète pour leur disponibilité.
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