Critique – Daemons of the Shadow Realm (Yomi no Tsugai) Episode 1

Une nouvelle saison d’anime démarre, et autant dire qu’elle s’annonce bien chargée ! Entre les retours très attendus et les nouveautés intrigantes, le printemps nous réserve son lot de surprises. Si certains titres avaient déjà attiré notre attention avant même leur diffusion, comme Dorohedoro, Witch Hat Atelier ou encore Dr. Stone, d’autres créations débarquent plus discrètement… mais pourraient bien créer la surprise.

C’est justement le cas du nouveau projet signé Hiromu Arakawa, la talentueuse autrice derrière Fullmetal Alchemist. Avec un chara-design immédiatement reconnaissable et un univers encore une fois intriguant, cet anime avait de quoi piquer notre curiosité. Mais derrière ce nom prestigieux, que vaut réellement ce premier épisode ? Hérite-t-il de la qualité de son aîné ou reste-t-il en retrait ? On a pu découvrir ce début de série grâce à un accès fourni par Crunchyroll, et voici notre verdict !

L’histoire de faux jumeaux

Après Fullmetal Alchemist et Silver Spoon, Hiromu Arakawa revient sur le devant de la scène avec une nouvelle œuvre : Daemons of the Shadow Realm. Un titre qui ne vous dit peut-être rien au premier abord, mais dont le chara-design reconnaissable entre mille trahit immédiatement la patte de l’autrice. Et pour les fans, difficile de ne pas y voir un retour aux sources : aventure, action… et surtout une relation forte entre un frère et une sœur.

Publié au Japon depuis décembre 2021 dans le Monthly Shōnen Gangan chez Square Enix, le manga Yomi no Tsugai est disponible en France chez Kurokawa depuis juillet 2023. L’anime, quant à lui, est produit par le studio Bones.

Mais alors, que raconte Daemons of the Shadow Realm (Yomi no Tsugai) ? Dès les premières minutes, la série plante son décor : la naissance de jumeaux est perçue comme un mauvais présage… et encore plus lorsqu’il s’agit de faux jumeaux qui « séparaient le clair de l’obscur » (un garçon et une fille). Seize ans plus tard, Yuru et Asa ont grandi, marqués par leurs yeux rouges atypiques et des apparences opposées. Yuru chasse en dehors du village alors que sa soeur Asa est contrainte a rester enfermée dans une cellule. Vivant paisiblement en apparence dans un village reculé, loin de toute civilisation, leur quotidien semble calme… du moins en apparence. Car comme souvent dans ce genre d’histoire, la tranquillité ne dure jamais bien longtemps, et tout laisse penser que quelqu’un en a après eux.

Pour ceux qui souhaite un résumé officiel, le voici :

Du mystère, du surnaturel, de l’aventure, une histoire de fraternité : le nouveau Hiromu Arakawa est un manga inclassable qui réserve bien des surprises ! Chasseur aguerri, le jeune Yuru mène une vie paisible dans un village reculé au sein des montagnes, au contact de la nature. Il prend grand soin de sa jeune sœur jumelle, Asa, recluse depuis sa naissance afin de satisfaire un rituel divin. Quand de mystérieux oiseaux de métal attaquent la cité ancestrale, les rouages du destin se mettent en marche…

Un village qui se cache

Dès les premières images, Daemons of the Shadow Realm nous plonge dans un décor presque trompeur. Verdure à perte de vue, montagnes isolées, ambiance paisible… tout laisse penser à un monde coupé du temps, figé dans une époque ancienne. Pourtant, très vite, Hiromu Arakawa joue avec nos attentes et brouille les pistes.

Le village où ont grandi Yuru et Asa n’est pas seulement reculé : il est littéralement dissimulé. Protégé par des statues mystérieuses servant de barrière, il vit à l’abri du regard extérieur… jusqu’au moment où tout bascule. Lors d’une attaque brutale, cette protection cède, incapable de contenir la puissance des assaillants. Et avec elle, c’est toute la perception du monde de Yuru qui s’effondre.

Car au-delà de cette montagne qu’il n’a jamais quittée, il existe bien plus que ce qu’il imaginait. Là où il pensait voir des dragons dans le ciel, ce sont en réalité des avions et des hélicoptères militaires qui surgissent, marquant un contraste brutal entre tradition et modernité. Arakawa mêle folklore, mysticisme et monde contemporain.

Ce basculement soudain donne immédiatement envie d’en savoir plus sur cet univers rempli de mystères. Toutefois, tout n’est pas parfaitement limpide : entre les règles du monde, les enjeux autour des jumeaux et les motivations des assaillants, certains éléments restent encore flous dans ce premier épisode. Les bases sont posées, mais le spectateur, comme Yuru, avance encore à tâtons… et cherche déjà des réponses.

Les Tsugai, une introduction un peu précipitée ?

C’est sans doute ici que le premier épisode de Daemons of the Shadow Realm commence à perdre légèrement en clarté. En quelques minutes, les révélations s’enchaînent, les twists tombent, et certaines informations viennent presque embrouiller le spectateur. Pourtant, tout n’est pas à jeter, loin de là. On retrouve même une intensité dans les combats et les situations de danger qui rappelle clairement le savoir-faire de Hiromu Arakawa, notamment dans Fullmetal Alchemist.

Mais là où ça se complique, c’est avec l’introduction des fameux Tsugai. Alors que Yuru semble être la cible des forces militaires, il reçoit un talisman de la part d’un proche, lui permettant d’invoquer ces entités mystérieuses. Dans le manga, les Tsugai sont des esprits liés à des objets ou à des individus, souvent représentés sous forme de paires complémentaires, avec des capacités bien distinctes. Une mécanique centrale de l’univers… mais qui arrive ici de manière un peu abrupte.

Le problème vient surtout du rythme : déjà chargé en informations (le village caché, la malédiction des faux jumeaux, l’attaque, les ennemis, les enjeux autour de Yuru et Asa), l’épisode en rajoute une couche avec l’apparition soudaine de Left et Right (oui, c’est leurs noms…), deux Tsugai qui débarquent quasiment en fin d’épisode. Une introduction rapide, presque expédiée, alors même qu’ils sont censés être au cœur du récit. (vu le nom du manga)

Résultat : on se retrouve face à un premier épisode dense, parfois même trop. L’univers est riche, les idées sont là, mais tout semble un peu condensé, comme si la série voulait trop en montrer d’un coup. Cela peut laisser une impression de confusion, le temps de remettre chaque élément à sa place.

Malgré tout, difficile de nier l’essentiel : la curiosité est bien là. Ce premier épisode, imparfait dans son rythme, donne malgré tout envie d’en voir plus et de comprendre les véritables enjeux derrière ces mystérieux Tsugai.

Conclusion

10,0/10
Au terme de ce premier épisode, Daemons of the Shadow Realm laisse une impression assez contrastée, mais clairement intrigante. D’un côté, on retrouve immédiatement la patte de Hiromu Arakawa, avec un univers riche, des personnages marquants et une mise en scène efficace dès que l’action démarre. L’ambiance fonctionne, le mystère est bien installé, et certaines séquences rappellent pourquoi Fullmetal Alchemist reste une référence du genre. Mais de l’autre, ce premier épisode souffre d’un rythme inégal. À vouloir poser trop d’éléments en si peu de temps, entre le village caché, la malédiction des jumeaux, l’attaque militaire et l’introduction des Tsugai, la narration devient parfois confuse. On sent un univers dense et prometteur, mais encore mal digéré à ce stade.
Malgré ces défauts, difficile de décrocher. La curiosité prend rapidement le dessus, notamment grâce aux nombreuses questions laissées en suspens et à l’envie de mieux comprendre les enjeux autour de Yuru et Asa. En l’état, ce premier épisode n’est pas parfait, mais il pose des bases solides. Reste à voir si la suite prendra le temps de développer correctement ses idées… ou continuera à nous noyer sous plus de questionnement.

Les plus

  • Un univers intrigant
  • La patte de Hiromu Arakawa
  • Des scènes d’action dynamiques
  • Un mystère bien installé
  • On attend avec impatience les prochains épisodes !

Les moins

  • Une narration parfois confuse
  • L'introduction des Tsugai maladroite
  • Un rythme inégal