Dans le paysage saturé des simulations agricoles, Doloc Town tente une approche originale : mêler le confort d’un jeu “cozy” à un univers post-apocalyptique rempli de mystères. Développé par RedSaw Games et publié par Logoi Games, le titre propose une aventure en pixel art où l’on construit une ferme dans un monde dévasté, entre ruines industrielles et villages improvisés. Le jeu est actuellement en Early Access sur PC, mais il bénéficie déjà d’une communauté enthousiaste et de mises à jour régulières, dont la récente Harvest Fusion, qui enrichit fortement ses systèmes de jeu.
Avec son mélange de gestion agricole, d’exploration, de combat et de narration, Doloc Town ambitionne clairement de dépasser le simple clone de Stardew Valley. Mais réussit-il réellement à se démarquer ?
Un univers cosy… au milieu des ruines
Le premier élément qui saute aux yeux dans Doloc Town, c’est sans doute la richesse de son univers visuel et narratif. Le jeu nous transporte dans une petite oasis de civilisation reconstruite au cœur d’un monde ravagé par une catastrophe passée. Les vestiges de l’ancienne société sont omniprésents : wagons de train recyclés en habitations, structures métalliques transformées en ateliers improvisés, ponts effondrés qui témoignent d’un passé industriel aujourd’hui révolu. La nature, elle, reprend progressivement ses droits sur ces ruines, créant un paysage à la fois mélancolique et étrangement accueillant. Ce contraste constitue l’un des grands atouts du jeu. Là où l’on pourrait s’attendre à un univers sombre et oppressant, Doloc Town parvient au contraire à instaurer une atmosphère presque réconfortante. Le village, avec ses habitants attachants et ses installations bricolées avec ingéniosité, devient un véritable refuge au milieu d’un monde hostile. Cette dualité entre désolation et espoir donne une identité très particulière au titre et contribue fortement à son charme.
Le pixel art joue également un rôle central dans cette réussite. Les environnements regorgent de détails : animations subtiles des cultures qui poussent, machines artisanales qui tournent lentement, petits gestes des villageois dans leur quotidien. Plusieurs tests étrangers saluent d’ailleurs la finesse du style graphique, qui parvient à transmettre beaucoup d’émotions avec un format pourtant minimaliste. Chaque zone possède sa propre personnalité visuelle, ce qui renforce l’envie d’explorer les alentours pour découvrir de nouveaux lieux et secrets. La bande-son complète admirablement cet ensemble. Les compositions musicales oscillent entre mélodies douces et thèmes plus contemplatifs, parfaitement adaptés aux différentes activités du jeu. Que l’on parte explorer des ruines oubliées ou que l’on passe simplement la journée à s’occuper de ses cultures, les musiques accompagnent l’action avec subtilité sans jamais devenir envahissantes. Plusieurs critiques soulignent d’ailleurs la qualité de cette ambiance sonore, qui participe pleinement au sentiment de sérénité et d’immersion qui se dégage de Doloc Town.
Un gameplay classique mais plein d’idées
Sur le papier, Doloc Town reprend les grands piliers que l’on retrouve dans de nombreuses simulations agricoles modernes. Le joueur commence par développer sa petite exploitation, cultiver différentes plantes, améliorer progressivement sa ferme et fabriquer de nouveaux équipements. À cela s’ajoutent les activités classiques du genre : partir pêcher dans les rivières alentour, cuisiner des recettes à partir des récoltes, fabriquer des objets utiles ou décoratifs, et tisser des liens avec les habitants du village. L’exploration occupe également une place importante, invitant le joueur à s’aventurer dans les zones sauvages et les ruines disséminées autour de la ville. Mais là où le jeu parvient à se démarquer, c’est dans la manière dont il réinterprète ces mécaniques bien connues. L’exploration, par exemple, adopte une approche en 2D à défilement horizontal plutôt inhabituelle pour ce type de jeu. Ce choix donne parfois une sensation proche de titres comme Terraria, avec des environnements qui s’étendent sur plusieurs niveaux et encouragent une exploration plus verticale. Les joueurs peuvent d’ailleurs construire leurs installations en hauteur, empiler des structures ou aménager leurs bâtiments sur plusieurs étages, ce qui introduit une dimension stratégique supplémentaire dans l’organisation de la ferme.
L’environnement lui-même ajoute une couche de complexité intéressante. Contrairement à d’autres jeux agricoles où la météo reste surtout décorative, Doloc Town transforme les conditions climatiques en véritables défis. Certaines zones sont exposées à des phénomènes hostiles, comme des pluies acides ou des tempêtes violentes capables d’endommager les cultures et les installations. Le joueur doit donc anticiper ces dangers en protégeant ses plantations, en améliorant ses infrastructures ou en adaptant ses méthodes de culture. Enfin, l’exploration du monde ne se limite pas à une simple promenade. Les terres qui entourent la ville regorgent de créatures et de dangers, ce qui introduit une dimension d’action légère mais bienvenue. Pour faire face à ces menaces, le joueur peut compter sur des drones personnalisables qui l’accompagnent dans ses expéditions. Ces petits assistants technologiques peuvent être améliorés ou modifiés pour remplir différents rôles, apportant un soutien précieux lors de l’exploration de ruines, de zones contaminées ou d’autres environnements plus dangereux. Cette combinaison entre farming, exploration et combat contribue à donner à Doloc Town une identité bien à lui, à mi-chemin entre simulation relaxante et aventure de survie.
Harvest Fusion : une mise à jour majeure
La mise à jour Harvest Fusion représente une étape majeure dans l’évolution de Doloc Town. Depuis son lancement en Early Access, le jeu a déjà bénéficié de plusieurs améliorations, mais cette update marque un véritable tournant en enrichissant en profondeur son système agricole. L’objectif des développeurs est clair : transformer la simple culture de plantes en un système plus stratégique et expérimental, où chaque récolte peut devenir le résultat d’une véritable recherche. Au cœur de cette mise à jour se trouve un nouveau système génétique appliqué aux cultures. Désormais, chaque graine peut intégrer jusqu’à trois modules génétiques distincts, ouvrant la porte à de nombreuses combinaisons possibles. Grâce à près d’une vingtaine de mutations différentes, les joueurs peuvent créer des plantes aux propriétés uniques : certaines pousseront plus vite, d’autres résisteront mieux aux conditions climatiques hostiles, tandis que certaines offriront des rendements plus importants ou des effets particuliers. Cette mécanique transforme la gestion de la ferme en une sorte de laboratoire agricole, où l’expérimentation devient aussi importante que la simple plantation. Pour accompagner ce système, les développeurs ont également introduit un arbre de technologies entièrement dédié à la génétique végétale. Les joueurs peuvent débloquer de nouveaux équipements, améliorer leurs installations et accéder à des outils permettant d’analyser ou de modifier les cultures. Cette progression ajoute une dimension supplémentaire à la gestion de la ferme, en récompensant les joueurs qui prennent le temps d’expérimenter et d’optimiser leurs plantations.
Mais Harvest Fusion ne se limite pas à ces nouvelles mécaniques agricoles. La mise à jour apporte également une série d’ajouts qui enrichissent la vie quotidienne dans le village et renforcent l’immersion. Parmi les nouveautés les plus notables, on trouve notamment le Long Night Festival, un nouvel événement saisonnier qui rassemble les habitants autour d’activités et de célébrations spécifiques. De nouveaux meubles et objets décoratifs font également leur apparition, offrant davantage d’options pour personnaliser sa ferme ou son habitation. Le contenu narratif s’étoffe lui aussi avec de nouvelles quêtes principales et l’introduction de factions supplémentaires, qui permettent de découvrir davantage l’histoire et les tensions présentes dans cet univers post-apocalyptique. Le système de gestion du courrier a été amélioré pour faciliter les interactions avec les personnages et suivre plus facilement les différentes missions. Enfin, plusieurs ajustements viennent améliorer certains aspects du gameplay, comme l’automatisation de l’élevage, qui devient plus efficace et plus simple à gérer sur le long terme. L’ensemble de ces ajouts donne à Doloc Town une profondeur supplémentaire et renforce la sensation de progression. En multipliant les possibilités d’expérimentation et de personnalisation, Harvest Fusion élargit considérablement la liberté offerte aux joueurs, qui peuvent désormais façonner leur ferme selon leur propre stratégie et leur style de jeu.
Conclusion :
Avec Doloc Town, les développeurs parviennent à proposer une variation rafraîchissante du jeu de ferme classique. En mélangeant un univers post-apocalyptique étonnamment chaleureux, une direction artistique en pixel art très soignée et des mécaniques de gameplay qui cherchent à sortir des sentiers battus, le titre réussit à construire une identité propre dans un genre pourtant très concurrentiel.
La mise à jour Harvest Fusion renforce encore cette impression en ajoutant de la profondeur au système agricole et en élargissant les possibilités offertes aux joueurs. L’expérimentation génétique des cultures apporte une vraie dimension stratégique, tandis que les nouveaux contenus narratifs et les améliorations de confort rendent l’expérience plus riche et plus cohérente.
Bien sûr, tout n’est pas encore parfait. Le jeu reste en Early Access, certains systèmes demandent encore à être équilibrés et le contenu narratif n’est pas totalement finalisé. Mais la base est solide et surtout très prometteuse. Si le développement continue sur cette lancée, Doloc Town pourrait bien devenir l’un des représentants les plus originaux du genre “farm-sim” dans les années à venir.
Pour les amateurs de jeux relaxants à la Stardew Valley, mais qui souhaitent découvrir une ambiance différente et des mécaniques un peu plus expérimentales, Doloc Town constitue déjà une expérience très agréable… et qui ne demande qu’à s’épanouir davantage.
Conclusion
Les plus
- Un univers post-apocalyptique original et étonnamment chaleureux
- Un pixel art très détaillé et une direction artistique réussie
- Une bande-son immersive et apaisante
- Un mélange réussi entre farming, exploration et action
- La construction verticale qui apporte une vraie originalité
- Le système génétique des cultures introduit par Harvest Fusion
- Des mises à jour régulières qui enrichissent progressivement le jeu
Les moins
- Encore en Early Access, avec certains contenus incomplets
- Un équilibrage parfois perfectible sur certaines mécaniques
- L’histoire principale encore limitée à ce stade
- Quelques répétitions possibles dans les activités à long terme




