TEST – The 9th Charnel

The 9 Charnel est un jeu développé par Saikat Deb et édité par SOEDESCO, il est disponible depuis le 30 janvier 2026 sur Xbox Series, PlayStation 5 et PC. Est-ce un jeu horrifique de qualité ? Ou faut-il faire l’impasse sur le jeu vendu à 19,99 € ? La réponse ci-dessous .Avec The 9th Charnel , le studio Saikat Deb voulait proposer une expérience résolument atypique, à mi-chemin entre le jeu d’aventure narratif et l’horreur psychologique.

Si l’on pouvait penser en regardant les trailers d’annonce que le jeu pourrait s’éloigner des codes classiques du genre, ce n’est pas vraiment le cas, et si le jeu sera horrible, ce n’est pas forcément de la bonne manière.Avant d’entre dans le dur dans le test du jeu, il est bon de noter que derrière le nom du studio Saikat Deb se cache en réalité un développeur indépendant qui a créé sa vision de l’horreur avec un titre misant avant tout sur son ambiance oppressante, son univers symbolique et une narration fragmentée… Malheureusement, cette proposition audacieuse ne tient pas ses promesses manette en main.

Univers & narration

Dès les premières minutes,The 9th Charnel installe une atmosphère malsaine avec une cinématique effectuée avec le moteur du jeu qui met en avant la relation entre son père et sa fille. On y découvre notre personnage, souvent pris par le travail, qui délaisse sa fille pour se plonger pleinement dans ses projets professionnels en tant que généticiens à l’Institut de recherche sur le génome d’Epsilon … Mais, la cinématique permet rapidement de se rendre compte du manque d’optimisation du jeu : la fille a un regard rond, avec les yeux qui tournent et semble parfois louchée, la musique en arrière-plan ne colle pas forcément avec le tout, e tune ambiance malsaine s’installe.

Néanmoins, on se dit que c’est le début de l’aventure et que peut-être tout cela va changer… Effectivement, l’ambiance va changer quand vous aurez un accident de voiture et que vous vous réveillerez en bas d’une falaise avec des créatures bizarres qui semblent rôder dans les lieux !Ici, ce sont nos premiers pas dans le jeu où l’on dirige le personnage principal, et les déplacements de celui-ci confirme qu’il s’agit d’un jeu d’horreur , car il ne peut pas sauter, dispose d’un pas lourd et d’une lampe torche pour s’éclairer. On se dit à ce moment-là que le jeu a peut-être du potentiel, et qu’il ne faut pas juger le titre uniquement par ses cinématiques douteuses et par un scénario qui semble avoir du mal à prendre forme. Ici, nous n’étions qu’au début, on avait encore de l’espoir pour ce jeu… Malheureusement, la suite ne sera pas à la hauteur de nos attentes.

Gameplay

Vous l’avez compris, nous rentrons directement dans le gameplay, The 9th Charnel qui sur le papier semble logique, proposer une exploration méthodique avec des mécaniques volontairement simples : déplacement, interaction avec l’environnement, résolution d’énigmes symboliques et quelques screamers, et phases de tension plus marquées. On se dit que le jeu évite l’action pure et privilégie le malaise psychologique. Les énigmes, souvent métaphoriques, peuvent parfois dérouter, mais elles servent pleinement le propos narratif… Ça, c’est ce que nous aurions aimé noter !Car dans les faits, le jeu a voulu proposer tout cela, mais l’ensemble est mal optimisé pour plusieurs raisons.

Premièrement, notre personnage peut bien évidement marcher, mais également courir en appuyant sur le joystick de sa manette. Néanmoins, il s’arrête rapidement et aucune barre d’endurance n’est présente pour nous indiquer la fin de course. Verdict, on passe à appuyer sur le joystick pour explorer l’environnement, car en marchant cela prend une éternité.

La-vous nous direz : Ok, ça abîme le stick en appuyant souvent dessus pour courir, il manque la barre d’endurance, mais ça reste jouable, non ? Oui, le jeu reste jouable, mais une nouvelle fois, nous pouvons critiquer les choix du développeur qui nous ramènent 10 voire 20 ans en arrière sur certains points… On s’explique. Dans The 9th Charnel , comme la plupart des jeux horrifiques, on propose de l’exploration de terrain, et de ce côté-là, le jeu proposera plusieurs environnements différents, que ce soit des bâtiments, des bois, voire même un lieu ayant des ressemblances à un monument égyptien.. Et durant cette exploration, il ne sera pas rare de trouver divers items comme une pince-monseigneur pour couper une chaîne, des fusibles pour remettre l’électricité ou encore des cartes magnétiques ou des clés pour ouvrir des portes… Néanmoins, rien ne se fait tout seul.

Vous avez la pince et vous êtes devant la porte pour couper la chaîne, il faudra impérativement se rendre dans le menu, choisir sa pince pour que celle-ci puisse être coupée, et il en sera de même pour les fusibles, pour les cartes magnétiques, mais pas pour les clés ? Pourquoi ? Aucune idée.On ne comprend pas trop la logique du développeur. Si vous souhaitez utiliser le menu à la manière d’un vieux Resident Evil, alors obligez les joueurs à l’utiliser durant toute l’expérience sans fragmenter cela.Si au contraire, vous voulez proposer un jeu horrifique « chill » avec l’utilisation automatique des objets, faites-le pour l’ensemble des items et non uniquement pour les clés.

Ça, c’est le premier souci du jeu, et désolé, mais il y en a quelques-uns. Le deuxième problème dan The 9th Charnel, c’est la « hitbox » et pour le coup, cela peut avoir des répercussions sur l’exploration du jeu. On vous donne plusieurs exemples : vous ouvrez un tiroir, vous voyez un livre ou un objet dedans, et là, il faudra réussir à mettre le pointeur en forme de point au milieu  sur l’objet, et croyez-nous, c’est du sport, et il ne sera pas rare de ne pas réussir à attraper ledit objet.Et quand vous arrivez à attraper un objet comme un livre ou une feuille avec des dessins bizarres dessus, vous pourrez les analyser… enfin les regarder, car dans les faits, il est possible de faire tourner l’objet sur lui-même en 360 degrés, mais cela est assez lent et la plupart du temps ne servira à rien, car aucune description de l’objet n’apparaîtra à l’écran.

Bonne nouvelle malgré tout, les objets utilisables qui permettent d’avancer dans le scénario sont souvent posés sur une table ou sur le sol, ce qui évite de galérer, comme c’est le cas dans les meubles, où l’objet sera difficilement récupérable et vous fera fermer le tiroir plusieurs fois de suite.Là, vous vous dites : ok, si les objets dans les tiroirs ou autres ont peu d’importance et que les objets mis en avant permettent de jouer malgré tout au titre et d’avancer dans le titre, il y a peut-être un infime espoir ? Oui… et non. Car une nouvelle fois, le jeu est bancal avec des points de sauvegarde aléatoires et des commandes mal pensées qu’il est impossible de modifier.

Il nous est par exemple arrivé de mourir plusieurs fois dans le jeu parce que l’on croisait une créature et que nous ne disposions d’aucune arme, ce qui représente plus de 80 % du titre. Dans ces cas-là, il faut courir et se cacher sous un lit, dans un baril ou une armoire en appuyant sur la touche X sur Xbox ou carré sur PlayStation 5… Mais il s’agit du même bouton qui allume la lampe torche de base, qui est automatiquement activée sur notre personnage.

Verdict : vous arrivez devant le lieu pour vous cacher, et vous appuyer sur le bouton qui allume votre lampe, puis vous appuyez dessus une deuxième fois sur le bouton pour arriver à vous cacher… Certes, on prend le pli dans l’aventure, mais clairement, les commandes ne sont pas non plus optimisées. Vous en voulez plus ? Si vous avez de la chance, la sauvegarde ne sera pas très loin et vous reprendrez quasiment à l’endroit où vous êtes mort, et si vous n’avez pas de chance, il faudra refaire le niveau dans sa grande partie pour pouvoir continuer d’avancer ! Mais est-ce que vous le voudrez vraiment ? La question reste posée !

De notre côté, comme nous sommes des professionnels, nous avons bien évidemment fini l’aventure au complet avant de rendre notre verdict, et celle-ci a une durée de vie de 4 à 6 heures… Tout dépendra si vous mouriez ou pas, et si vous rencontreriez des bugs dans l’aventure.Et si la grosse partie du jeu nous explore les environnements sans armes, mais uniquement avec sa lampe torche, cela ne sera pas le cas sur la fin où vous disposerez de deux armes, à savoir un fusil à pompe et un pistolet… Et une nouvelle fois, si le titre reste à minima jouable, les ennemis apparaissent assez près, le but étant de vous faire sursauter et de vous faire paniquer… Car là, vous tirerez pour la première fois sur une créature et vous arriverez au moment de recharger, où un message apparaîtra en haut de votre écran, vous implorant d’appuyer sur la touche Y sur Xbox ou sur la touche triangle sur PlayStation… Malheureusement, le temps de le lire, vous serez sans doute mort. D’ailleurs, n’espérez pas viser comme un tireur d’élite comme sur Battlefield ou Call of Duty, cela n’est pas le cas. Le personnage ne semble pas être un professionnel et la maniabilité des armes est un peu laborieuse… Néanmoins, on aurait aimé qu’il puisse à minima être du niveau de James Sunderland de Silent Hill 2 qui lui aussi est un civil.

Direction artistique & ambiance sonore

Mais est-ce que tout est vraiment à jeter dans The 9th Charnel? La réponse est négative, et l’on regrette même que le jeu soit sorti dans cet état ! En vérité, avec une optimisation plus poussée, des sauvegardes mieux pensées, la possibilité de mapper les commandes comme on le souhaite, l’ajout de plusieurs niveaux de difficulté, une meilleure gestion de la bit box et une refonte des cinématiques, le titre aurait même pu être agréable, certes pas un chef d’œuvre, mais pas la catastrophe actuelle !Car la direction artistique de The 9th Charnel peut briller parfois avec une ambiance sonore de qualité qui joue un rôle essentiel. Bruits étouffés, respirations lointaines, nappes sonores dissonantes… La bande-son ne cherche jamais à rassurer, renforçant l’impression d’être observé, voire jugé, à chaque instant.

L’ambiance est oppressante, et à cela s’ajoutent quelques screamers ici et là qui vous feront sursauter par l’effet de surprise, mais également par la qualité audio les accompagnant.De plus, le jeu peut parfois surprendre graphiquement, et ici aussi le jeu est inégal ! Certains niveaux semblent avoir eu un peaufinement avec de nombreux éléments de décors, des graphismes passables pour un jeu à 19,99 €, tandis que d’autres niveaux sont vides, sans vie, sans âme, comme si le développement avait été précipité et qu’il manquait des ajouts…À côté de cela, certains joueurs apprécieront sans doute le scénario, même si celui-ci est décousu… Et il ne faudra pas uniquement se contenter des cinématiques pour comprendre ce qu’il en ressort, mais également lire les documents que vous pourrez trouver durant votre exploration qui s’étend de 4 à 6 heures… Et n’espérez aucune rejouabilité pour une meilleure compréhension du récit : une fois l’aventure terminée, vous revenez au début avec un écran titre qui vous propose de démarrer une nouvelle aventure… Maintenant, oserez-vous relancer le jeu ? La question reste posée.

Conclusion

The 9 Charnel n’est clairement pas un jeu pour tout le monde ,et les joueurs passionnés de survival horror, de jeux d’action horrifique trouveront rapidement des défauts que nous avons en partie énumérés lors de notre test écrit. Au final, le jeu s’adresse avant tout aux joueurs novice ou en quête d’une expérience dérangeante dans tous les sens du terme, et malgré quelques faiblesses dans son gameplay,et sa maniabilité, le titre compense par son ambiance sonore de qualité, de nombreuses énigmes et quelques screamers ici et là. Reste à savoir si cette atmosphère suffira à faire oublier ses nombreuses maladresses, ou si The 9 Charnel ne laissera finalement qu’un souvenir aussi frustrant que marquant. Chez GeekNPlay, nous n’avons pas adhéré, mais cela ne représente que notre avis, et une démo est disponible sur consoles et PC pour les joueurs souhaitant lui laisser sa chance et se faire un avis dessus avant un potentiel achat.

Conclusion

4,5/10
The 9 Charnel n’est clairement pas un jeu pour tout le monde ,et les joueurs passionnés de survival horror, de jeux d’action horrifique trouveront rapidement des défauts que nous avons en partie énumérés lors de notre test écrit. Au final, le jeu s’adresse avant tout aux joueurs novice ou en quête d’une expérience dérangeante dans tous les sens du terme, et malgré quelques faiblesses dans son gameplay,et sa maniabilité, le titre compense par son ambiance sonore de qualité, de nombreuses énigmes et quelques screamers ici et là. Reste à savoir si cette atmosphère suffira à faire oublier ses nombreuses maladresses, ou si The 9 Charnel ne laissera finalement qu’un souvenir aussi frustrant que marquant. Chez GeekNPlay, nous n’avons pas adhéré, mais cela ne représente que notre avis, et une démo est disponible sur consoles et PC pour les joueurs souhaitant lui laisser sa chance et se faire un avis dessus avant un potentiel achat.

Les plus

  • Une ambiance au départ globalement réussie
  • Certaines séquences de gameplay bien pensées et plaisantes malgré tout
  • Une ambiance sonore de qualité qui joue un rôle essentiel
  • Un projet indépendant ambitieux, développé par une seule personne

Les moins

  • Des problèmes de hitbox qui nuisent à la précision
  • Une qualité visuelle inégale selon les niveaux
  • Des énigmes parfois trop simples et peu inspirées
  • Plusieurs soucis techniques (chutes de framerate, chargement tardif des textures, etc.)
  • Un gameplay des armes parfois maladroit et peu satisfaisant
  • Impossibilité de modifier les commandes
  • Une absence totale de rejouabilité